Après la violence, critiques et recommandations

28 mars 2007

Actualités

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Les ambassadeurs des pays membres de l’Union européenne à Kinshasa ont fermement condamné mardi le « recours prématuré » et « inadapté » à la force par les autorités congolaises et fait part de leurs inquiétudes pour le processus démocratique, au cours d’un point presse commun. 

Quatorze ambassadeurs ou chefs de mission européens ont exprimé « leur indignation à la suite des graves affrontements armés » qui ont opposé les 22 et 23 mars les Forces armées de République démocratique du Congo (FARDC) et la garde rapprochée de l’ex-vice-président Jean-Pierre Bemba, qui refusait de voir ses hommes intégrer l’armée régulière.

« Ils déplorent la perte de nombreuses vies humaines, parmi lesquelles (de nombreux) civils, ainsi que le recours prématuré à la force, alors même que toutes les voies de la négociation n’étaient pas encore épuisées », dans une déclaration commune lue par Karl-Albrecht Wokalek, ambassadeur d’Allemagne (qui préside actuellement l’UE).

Condamnant un usage « inadapté » de la force, ils ont appelé les autorités à « désormais tout mettre en œuvre pour assurer l’existence d’un espace démocratique, afin de garantir la libre expression de toutes les opinions politiques ».

M. Wokalek a estimé à « entre 200 et 500″ le nombre de morts au cours de ces violences, au vu des éléments d’information recueillis jusqu’à présent auprès des sources hospitalières, humanitaires et diplomatiques.

Le dernier bilan établi lundi par l’ONG Caritas faisait état de 155 morts et 150 blessés graves.

Les diplomates « condamnent les nombreux cas de pillage et de viols commis par les militaires des deux camps » et exigent « le respect des droits de l’Homme et du droit international humanitaire ».

Ils ont aussi dénoncé de « graves violations des normes internationales » et « pris acte des excuses des autorités congolaises » après le bombardement des ambassades d’Espagne et de Grèce, de bureaux de l’Unicef (Fonds des Nations unies pour l’enfance) et de l’intrusion de militaires dans la résidence privée de l’ambassadeur d’Italie.

Interrogés sur la situation actuelle du sénateur Bemba, hébergé depuis le 22 mars dans une résidence de l’ambassade d’Afrique du Sud, les ambassadeurs ont plaidé pour une « diplomatie discrète » et assuré être en contact avec toutes les parties.

L’ambassadeur britannique Andy Sparkes a toutefois souligné que Jean-Pierre Bemba avait obtenu 42% des voix au second tour de la présidentielle d’octobre 2006 contre Joseph Kabila.

« Quoi qu’on pense des événements, ça lui donne une certaine importance sur le plan politique et la stabilité (en RDC) est aussi attachée » au sort qui sera réservé à M. Bemba et à l’opposition incarnée par son parti, a-t-il ajouté.

Les combats meurtriers sont « d’abord dus à un problème d’indiscipline dans l’armée », a estimé de son côté mardi à Rome le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Apollinaire Malu Malu.

« Ce qui s’est passé est d’abord dû à un problème d’indiscipline au sein de l’armée », a déclaré Apollinaire Malu Malu, lors d’une conférence de presse à la Communauté de Sant’Egidio, une association catholique qui joue un rôle de médiateur dans les conflits, notamment africains.

« Les événements montrent qu’un homme politique très important de l’opposition (Jean-Pierre Bemba) est capable de monter un camp militaire au centre-ville (…) Mais pour le déloger, l’armée utilise un armement de guerre, parce qu’on a laissé pourrir la situation pendant trop longtemps », a ajouté M. Malu Malu.

« Il faut plus d’organisation, sinon dès qu’il y a un problème, on répond avec des moyens disproportionnés », a ajouté le président de la CEI.
« Je crois qu’il est encore trop tôt pour parler de musèlement de l’opposition », a estimé M. Malu Malu, en ajoutant qu’ »il ne faut plus permettre qu’un individu ait à sa disposition un groupe armé. »

Le président de la CEI a également appelé « à réfléchir à un plan de casernement sur l’ensemble du territoire pour que l’on sache où sont les militaires. »

« Les conditions de vie des militaires doivent devenir une priorité, sinon ils continueront de faire partie d’un monde de pillards », a ajouté M. Malu Malu.

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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