Les derniers soubresauts de la milice de Bemba

29 mars 2007

Actualités


(LAI 29/03/2007)

Il y a quinze jours, le 6 mars, le haut commandement de l’armée congolaise et le ministre de la défense ont exigé que la milice de l’ancien vice-président Bemba se présente aux casernes les plus proches pour être intégrée dans l’armée.

Le noyau dur de la milice de Bemba, qui se présentait comme la garde personnelle de ce dernier et comptait de 200 à 500 hommes, était cantonnée dans la principale résidence de Bemba, dans le centre de Kinshasa. Bemba a toutefois refusé la proposition et, dans une interview télévisée, le 18 mars, il a surenchéri dans la provocation et a accusé le gouvernement de haute trahison et le commandement de l’armée de corruption. Il a essayé également de dresser des soldats de l’armée régulière contre le haut commandement.

Les jours suivants, ses miliciens, parés de symboles de guerre, ont pris position avec ostentation autour de la résidence de Bemba. Mercredi, Tatia Bemba, son frère, a été impliqué dans un attentat manqué contre le Premier ministre Gizenga1. Avec sa voiture, il a foncé intentionnellement sur la Mercedes de Gizenga. Arrêté sur-le-champ, il a toutefois été relaxé un peu plus tard.

Jeudi, vers 11 h 30, des combats ont éclaté. Quelques heures plus tard, les hommes de Bemba ont fait irruption au centre commercial pour s’y livrer à des pillages. Vers 18 h, Bemba s’est réfugié à l’ambassade sud-africaine. Il a fallu attendre vendredi midi pour voir l’armée congolaise reprendre le contrôle de la situation. De nombreux miliciens se sont rendus aux Casques bleus de l’ONU, d’autres ont été tués ou capturés par l’armée, d’autres encore ont réussi à s’enfuir. Samedi, les officiers de la milice de Bemba à Gbadolite et Gemena –des villes importantes de la province de l’Équateur, favorables à Bemba– ont accepté de se soumettre aux ordres du gouvernement Kabila-Gizenga2.

Bemba poursuivi pour haute trahison

La dissolution définitive de la milice de l’un des principaux anciens seigneurs de guerre est désormais un fait. Il s’agit d’une étape importante vers plus de stabilité.

Bemba a perdu les élections de l’an dernier, mais il voulait conserver sa garde privée. En fait, il s’agissait du noyau dur de sa milice, qu’il avait gardé depuis l’époque 1998-2003, quand il occupait et pillait le Congo oriental en compagnie des armées rwandaise et ougandaise et avec le soutien des USA. Une guerre qui a fait 4 millions de morts.

L’an dernier, Bemba a essayé à plusieurs reprises de fomenter une révolte populaire et de provoquer des pillages massifs, chaque fois en vain. La population congolaise en a assez des seigneurs de guerre et veut qu’on passe enfin à la phase de reconstruction du pays. Après les élections, Bemba s’est encore fait proclamer vainqueur, absolument à tort. Via ses émetteurs de télévision, il a appelé la population de Kinshasa à « protéger les véritables résultats des élections ».

Le 21 novembre 2006, dans une tentative d’annuler la victoire électorale de Kabila, ses partisans ont incendié la haute cour de Justice. Chaque fois, la « garde prétorienne » de Bemba a joué un rôle central. Et, chaque fois, la communauté internationale, sous la direction des USA, est intervenue afin de sauver la position de Bemba par des négociations et des pressions sur Kabila, et ce, « au nom de la démocratie ». De la sorte, les grandes puissances néocoloniales entendent continuer à affaiblir l’État congolais et à maintenir leur tutelle sur le pays. Entre 2003 et 2006, le Comité international d’accompagnement a exercé une tutelle de ce genre sur le gouvernement de transition. Ce comité, sous la direction de l’Américain Swing, un agent de la CIA, rassemblait les ambassadeurs des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU et de quelques autres pays et était censé « accompagner » le gouvernement congolais.

Mais, au lieu de « respecter les règles du jeu de la démocratie », comme le chantent à l’unisson nos chers hommes politiques, le seigneur de guerre Bemba s’est senti de plus en plus fort. Cette fois, il a toutefois mal évalué la réaction du gouvernement Kabila-Gizenga et sa milice privée a été dissoute.

Vendredi, le procureur général du Congo a accusé Bemba et ses officiers et soldats mutinés de haute trahison et a réclamé la levée de l’immunité parlementaire de Bemba.

1 L’Avenir et le Forum des As du 22 mars. • 2 Radio Okapi, 25 mars

source : Solidaire
http://www.anti-imperialism.net/lai/texte.php?langue=1&section=BC&id=25326

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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