Départ de Jean-Pierre Bemba pour le Portugal: précisions de l’ambassadeur Alfredo Duarte Costa

2 avril 2007

Actualités

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L’ambassadeur du Portugal en République Démocratique du Congo a accordé samedi une interview à la radio de la paix. Dans cet entretien que radiookapi-net  a publié intégralement dans les lignes qui suivent, le diplomate portugais donne des précisions sur l’éventuel départ du sénateur Jean-Pierre Bemba dans son pays.  

Radio Okapi: Monsieur Alfredo Duarte Costa, vous êtes ambassadeur du Portugal en République Démocratique du Congo. Depuis un certain temps, dans certains journaux et dans l’opinion, on vous accuse vous et votre gouvernement, d’organiser la fuite du sénateur et ancien vice-président Jean-Pierre Bemba. Qu’est-ce que vous répondez ? 

Ambassadeur Alfredo Duarte Costa : En effet, on porte des accusations très graves contre moi et contre mon gouvernement et mon pays le Portugal. Le Portugal et moi-même, nous faisons tout pour ne pas nous ingérer dans les affaires intérieures de la République Démocratique du Congo. Alors, c’est avec beaucoup de tristesse que je vois des telles accusations qui bien sûr, sont tout à fait fausses. 

R.O. : De quoi s’agit-il ? Il n’y a pas de fumée sans feu… 

ADC : Si vous me permettez, je vais raconter comment les choses se passent. On n’avait décidé de maintenir tous ces dialogues, toutes ces négociations secrètes, mais entre-temps, le représentant permanent d’Afrique du Sud aux Nations unies a donné une interview à la BBC, alors, l’affaire n’est plus confidentielle. Je me permets ainsi de vous la raconter. Le mard, j’ai été approché par mon collègue sud-africain, ici à l’ambassade d’Afrique du Sud. Il m’a dit que M. Bemba a manifesté le souhait de partir au Portugal pour se faire soigner. Moi j’ai trouvé cela normal, parce qu’il s’était cassé la jambe et qu’il a été opéré en décembre dernier au Portugal, dans un hôpital portugais. L’ambassadeur sud-africain m’a demandé si mon pays était prêt à accepter cette demande. Je lui ai dit bien sûr que c’était un dossier tellement délicat et de grande responsabilité que je ne pouvais pas répondre. J’ai dit que j’allais consulter les autorités portugaises. J’ai parlé à mon ministre, et la position du Portugal est très, très claire. Cette position est la suivante : nous, on ne cherche pas à ce que M. Jean-Pierre Bemba vienne au Portugal. Mais ce sont plutôt les autorités congolaises et M. Bemba qui pensent que le départ de ce dernier au Portugal est de nature à faciliter la situation en RDC, qu’il est de nature à rétablir la paix et à réduire les tensions. Le Portugal, pas comme demandeur, mais comme pays facilitateur, est tout à fait disponible vis-à-vis d’un pays ami. Nous sommes en relations avec le peuple congolais depuis cinq siècles. S’il y a la requête de M. Bemba et des autorités congolaises, nous sommes prêts à recevoir M. Bemba au Portugal. Mais naturellement avec des conditions. 

R.O. : Quelles sont ces conditions, M. l’ambassadeur ? 

ADC : Notre principal souci c’est de sauvegarder nos bonnes relations avec la RDC. Nous avons exigé plusieurs conditions. Une lettre de M. Jean-Pierre Bemba dans laquelle il demande expressément qu’il souhaite partir au Portugal. Et une deuxième chose aussi importante, il s’engage dans cette lettre à ne pas avoir des activités politiques au Portugal contre les autorités légitimes en place en République Démocratique du Congo. On a demandé de l’autre côté une lettre aux autorités congolaises dans le sens de demander aux autorités portugaises d’accueillir M. Jean-Pierre Bemba au Portugal. On a négocié. Je dois dire qu’on a négocié depuis mardi avec M. Bemba et avec M. Vital Kamerhe qui représente dans cette négociation les autorités de la République Démocratique du Congo. On est arrivé à un accord verbal. Alors, les deux parties ont accepté les conditions que le Portugal a posées. M. Bemba m’a fait parvenir avant-hier (ndlr, jeudi), la lettre avec ses engagements, par le biais du Représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, l’ambassadeur Swing. Et, j’attends la deuxième partie de l’engagement, c’est-à-dire, l’engagement des autorités congolaises. Il y a un accord verbal de M. Kamerhe, mais pas encore un engagement écrit. Alors, une fois qu’on aura cet engagement, toutes les conditions seront réunies pour que M. Bemba parte au Portugal. Mais je dois souligner qu’en ce moment les conditions posées par le gouvernement portugais ne sont pas réunies, par conséquent M. Bemba ne peut pas entrer en ce moment au Portugal. C’est très clair. 

R.O. : Donc, pas de voyage au Portugal pour le sénateur Bemba sans les engagements écrits et de Bemba et du président Kabila ? 

ADC : Nous ne demandons pas que le président Kabila signe nécessairement la lettre d’engagement côté autorités congolaises. Il peut mandater par exemple le premier ministre Antoine Gizenga ou Vital Kamerhe qui est le président de l’Assemblée nationale. Si l’une ou l’autre de ces personnalités signe la lettre, alors les conditions seront réunies. Mais pour le moment, je tiens à le souligner, ces conditions ne sont pas encore réunies. 

 

 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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