Missionnaires « martyrs » assassinés en 2006

4 avril 2007

Actualités

 Rome, le 4 avril  2007 – (D.I.A) – Dans son édition du 26 mars 2007, l’agence catholique Misna consacre plusieurs pages aux missionnaires qui ont quitté le monde de manière tragique en 2006 et au début de l’année.  

Le 24 mars l’Eglise célèbre la journée des missionnaires martyrs, rappelle l’agence catholique Apic dans son bulletin du 27 mars 2007.    

Dans son éditorial, l’agence Misna constate que cette journée est passée quasiment inaperçue ». Toutefois, l’agence note le message prononcé le 25 mars 2007 par le pape Benoît XVI avant la prière de l’Angelus. Bien peu de souvenirs ont été ravivés pour des femmes et des hommes qui ont été des « signes d’espoirs pour le monde », selon le thème de la journée des missionnaires martyrs, relève l’agence catholique Misna.  En 2006, sur la base des bilans établis par des sources missionnaires, 24 d’entre eux ont perdu la vie. Sans compter les laïcs, précise Misna. - Le chirurgien n’a pas voulu prendre le risque de traverser seul la ville de Divo 

« Dieu s’est pris le meilleur! » répète don Bernardo Torres, responsable du chemin néocatéchuménal de la paroisse de la Sainte Famille de Nazareth à Divo. C’est dans cette petite localité à 200 kilomètres au nord-ouest d’Abidjan, que dans la nuit du 31 octobre 2006 a été tué le père Pascal Koné Naougnon. Né en 1955, le père Koné est entré au séminaire en 1990 au Pérou.  Il y est ordonné prêtre en 1999. En 2003,  il rentre dans son pays,  la Côte d’Ivoire pour exercer son ministère à Divo, important centre de production d’huile de palme.  La veille de la Toussaint, continue don Torres, « Pascal a surpris des voleurs entrés dans la cour de la paroisse, ligotant le gardien. Don Koné a pris une torche pour voir ce qui se passait et il est sorti. Les bandits ont tiré et le père a été atteint. Accompagné à l’hôpital en urgence, le religieux ivoirien n’a pu être soigné, car à minuit, le chirurgien n’a pas voulu prendre le risque de traverser seul une ville où sévissent les « coupeurs de route ». 

Au Kenya, la vie du prêtre missionnaire d’Afrique Martin Addai a été « donnée jusqu’au bout ». « Nous garderons toujours de lui le souvenir d’un homme accueillant, toujours prêt à l’écoute des autres, complice et fraternel ». Tels sont les propos du père Richard Baawobr, vice-supérieur général des Missionnaires d’Afrique. Les membres de cette congrégation étaient profondément touchés par la perte de leur confrère ghanéen tué dans la capitale kenyane, Nairobi, le 10 mars 2006, par des agresseurs. Ceux-ci ont bloqué la voiture de la victime, l’ont tué et laissé son corps sur le bas-côté avant de voler le véhicule. Le père Addai avait été ordonné prêtre en 1990 et avait oeuvré au Mozambique où il avait enseigné au Séminaire majeur de Maputo avant d’être nommé recteur du séminaire de philosophie d’Ejisu, au Ghana, son pays natal. Avant sa mort tragique, le père Martin Addai a occupé la charge de recteur au séminaire de théologie à Nairobi. 

  

- N’en faisons pas une question liée à l’islam 

“Pour l’amour de Dieu, n’en faisons par une question liée à l’Islam, ce n’est pas comme ça. Nous ne voudrions pas que l’on associe ce qui s’est passé à de choses qui ne sont pas exactes, il s’agit du geste d’extrémistes isolés ». Tels sont les mots de la soeur Gabriella Bono, supérieure des Missionnaires de la Consolata, contactée dans la maison généralice de Nepi (Viterbe) en Italie réagissant à la nouvelle de l’assassinat de sœur Leonella, tuée par balles.  Pendant deux ans, elle a été l’enseignante de jeunes garçons et jeunes filles de Mogadiscio de confession musulmane, dans le respect réciproque de leurs convictions religieuses. Les sœurs Marzia, Annalisa et Gianna Irene, consoeurs de Leonella, qui gèrent depuis des années l’hôpital ‘Sos’ de Mogadiscio n’ont jamais abandonné la capitale somalienne, pas même durant les moments les plus durs du conflit. 

En Papouasie Nouvelle Guinée, le 28 août 2006, frère Augustine Taiwa, missionnaire de la congrégation de Saint Jean de Dieu, rendait son dernier souffle, suite à une agression près de la capitale de Papouasie-Nouvelle-Guinée, Port-Moresby. Frère Taiwa, 40 ans, originaire de l’île de Nouvelle-Bretagne, a été attaqué alors qu’il conduisait un fourgon de retour au séminaire Xavier de Bonama, où il était coordinateur des cours pastoraux. Un homme sur le bord de la route a lancé une barre de fer sur le véhicule, atteignant Frère Taiwa à la tête.  Le fourgon du missionnaire s’est écrasé contre un arbre. 

- Colombie : 60 morts et 19 enlèvements parmi les religieux et les séminaristes En Colombie, fin juin 2006, Frère Luis Alfonso Herrera Moreno, un religieux franciscain de 46 ans, a été tué dans des circonstances obscures dans une zone rurale des environs de Santa Marta, capitale du département de Magdalena. Frère Herrera, économe du collège San Luis Beltrán de Santa Marta, avait disparu mardi 28 juin 2006. Le religieux était parti en voiture pour faire quelques commissions.  Son corps a été retrouvé le jour suivant près de la localité de Bonda et présentait, selon les médecins légistes, de graves contusions provoquées apparemment par des coups de pierre. 

Ces 20 dernières années l’Eglise colombienne a payé un lourd tribut de la violence sévissant dans le pays, avec plus de 60 morts dont évêques, prêtres, religieux, missionnaires et séminaristes. Quelque 19 religieux et séminaristes ont été enlevés. 

- Poignardé dans son sommeil pour un cambriolage 

En Argentine, le père Humberto Montenegro, âgé de 77 ans, curé de l’église de Nuestra Senora de Rosario à La Calera (localité proche de Cordoba, au nord-ouest de Buenos Aires) a été poignardé dans son sommeil le 28 juin 2006.  La police a arrêté un suspect âgé de 25 ans, qui selon le procureur Dolores Romero Díaz aurait tué le religieux pour ne pas être pris pendant qu’il cambriolait la maison. 

Au Brésil, le 31 mars 2006, le père Bruno Baldacci, 63 ans, prêtre italien, a été tué dans sa paroisse de “Nossa Senhora das Candeias” à Vitória da Conquista, dans l’État de Bahia. Selon les enquêteurs, le prêtre aurait été assassiné à coups de bâton par des jeunes qui voulaient apparemment le cambrioler. “C’était un prêtre très aimé de tous, par le clergé comme par la population de Vitória da Conquista ». Le Père Bruno Baldacci, originaire de La Spezia (Ligurie), était depuis 36 ans au Brésil. “Je le connaissais bien, il était très généreux et vivait dans la pauvreté. Il était aussi un professeur de séminaire et un prédicateur très estimé », a déclaré le père Víctor Menezes, secrétaire national de l’Oeuvre pontificale pour la Propagation de la foi au Brésil. 

En Angola, le 9 février 2006, un missionnaire spiritain portugais, le père Alfonso Moreira, a été trouvé mort, tué dans sa résidence de Bailundo (archidiocèse de Huamba) dans le centre de l’Angola, Le père Moreira avait 80 ans et vivait en Angola depuis une quarantaine d’années. Pendant très longtemps, ont indiqué des spiritains de Rome, le missionnaire portugais a œuvré seul pendant presque 30 ans dans sa grande mission située dans une zone isolée et difficile d’accès, représentant le seul atout pour les nombreux catholiques de la région, située à environ 600 kilomètres de la capitale. Les circonstances de sa mort n’ont pas été pas élucidées. 

Au Burundi, le père Elie Koma, jésuite burundais de 59 ans, a été tué par balles dans une fusillade, le 6 février 2006, apparemment entre des malfaiteurs et des agents des forces de sécurité. Le père Koma est décédé un samedi soir sur la route entre Kanyosha et sa communauté du lycée du Saint Esprit de Kamenge, en périphérie de Bujumbura. Le père Koma est entré dans la compagnie de Jésus (jésuites) en 1967 et a reçu l’ordination sacerdotale en 1980. Le prêtre burundais était depuis trois ans responsable de la nouvelle église des jésuites à Kamenge, l’une des zones les plus pauvres de la capitale. 

L’opinion se  rappelle aussi l’émotion suscitée par l’assassinat du père italien  Andrea Santoro, à Trabzon (ancienne Trébizonde) en Turquie le 5 février 2006 par un déséquilibré.  La liste ainsi présentée par l’agence catholique Misna ne concerne que quelques-uns des 24 religieux en mission tués en 2006. 

La date choisie pour commémorer les missionnaires décédés de mort violente pour leur fidélité à la mission est celle de l’assassinat de Mgr Oscar Arnulfo Romero, tué en 1980 alors qu’il célébrait la messe dans la chapelle de l’hôpital de la Divine Providence de San Salvador.  Mgr Oscar Arnulfo Romero a été assassiné pour avoir défendu les pauvres et avoir demandé  l’arrêt de la sanglante répression militaire dans son pays. (Agence catholique D.I.A.

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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