Sarkozy va mettre en œuvre une nouvelle politique africaine

7 mai 2007

Actualités

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Pari gagné. A 52 ans, Nicolas Sarkozy est le nouveau président de la république française. Il réalise ainsi l’ambition de sa vie: devenir président de la France, un pays qu’il estime être le seul à pouvoir « changer profondément ». Il entend rénover la politique africaine de la France

Il fascine, irrite ou fait carrément peur: ce chantre de la « rupture », qui veut « inventer un nouveau modèle français » basé sur la « valeur travail », ne laisse personne indifférent.

Ses partisans louent son énergie, sa détermination et sont convaincus qu’il saura sortir le pays de l’ornière. Ses détracteurs le jugent « brutal » et « dangereux », le comparant à un « petit César ».

Le destin politique de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, fils d’un immigré hongrois et d’une avocate parisienne, est celui d’un homme pressé.

Entré en politique à 19 ans, il milite rapidement aux côtés de Jacques Chirac. A 28 ans, il est élu maire de Neuilly, une banlieue huppée de Paris; à 34 ans, il devient député; à 38 ans, il obtient son premier poste ministériel.

En 2004, année où cet avocat de formation prend la tête du parti UMP qui a remplacé le RPR de Jacques Chirac, il déclarait: « Cela fait 25 ans que les gens me connaissent. Il y a un moment où (ils) disent: C’est pour lui, c’est son heure (…) Je suis habité, je pense toujours à ça. J’y pensais déjà quand personne n’y pensait pour moi ». Ca? La présidence de la République.

Il veut tourner la page de l’ère Chirac, avec lequel il entretient des relations difficiles depuis sa « trahison » de 1995, lorsqu’il choisit de soutenir Edouard Balladur contre son ancien mentor.

Après cet épisode, sa « traversée du désert » ne durera pas: il est devenu un acteur incontournable d’une droite qu’il veut « décomplexée ».

C’est surtout au ministère de l’Intérieur, entre 2002 et 2005 (hormis quelques mois à l’Economie), qu’il peaufinera son image de « présidentiable ».

Il médiatise son action focalisée sur la lutte contre l’insécurité et l’immigration clandestine et met en avant son « parler vrai », quitte à alimenter les accusations de « populisme ».

Une petite phrase sur sa volonté de « nettoyer » les banlieues à problèmes, pour lutter contre la délinquance, et l’emploi du terme de « racailles », l’ont rendu impopulaire auprès de nombreux jeunes d’origine étrangère. Ces mots lui seront vivement reprochés lors de la crise des banlieues à l’automne 2005.

Il aime se placer là où on ne l’attend pas, en se prononçant, par exemple, sur la discrimination positive.

Il a renforcé son image d’homme à poigne lors de la campagne, en reprenant à son compte des thèmes chers à l’extrême droite. Critiqué par ses adversaires quand il propose un « ministère de l’immigration et de l’identité nationale », il répond qu’il est possible de parler d’immigration « sans être un raciste » et revendique la « reconquête » des électeurs de Jean-Marie Le Pen.

La première fois que Nicolas Sarkozy a laissé paraître une certaine fragilité, c’était lors d’un journal télévisé où il était venu parler de ses « problèmes conjugaux » avec son épouse Cécilia, dont il a eu un enfant (il a deux fils d’un premier mariage). Cette dernière l’avait quitté pour un autre avant de réapparaître à ses côtés.

Pour changer son image, Nicolas Sarkozy met en avant son « humanité » et aime à dire qu’il a « changé ».

En Afrique, on s’interroge sur ce que sera sa politique africaine. Les questions internationales n’ont pas dominé la campagne, loin s’en faut. Lors du débat Sarkozy-Royal à quelques jours du second tour, seul le Darfour a eu droit à quelques points de vue des candidats.

Sarkozy n’est pas passionné par l’Afrique. A cet égard, cette position devrait dans les faits mettre fin à ce que l’on a appelé la « Françafrique », mélange de paternalisme et de réseaux. La France devrait avoir désormais des relations plus classiques avec les pays du continent au même titre qu’avec les autres nations.

Cela ne signifie pas cependant une baisse de l’aide ou une révision de la coopération. On devrait, en revanche, assister à une redéfinition de la présence militaire française en Afrique (en Côte d’Ivoire, au Gabon et au Tchad, notamment).

Pour les piliers de la « Françafrique » que sont les présidents du Congo, Denis Sassou Nguesso, et du Gabon, Omar Bongo Ondimba, l’élection de Nicolas Sarkozy n’est pas forcément une bonne nouvelle.

Non pas que leurs relations soient crispées avec le nouveau locataire de l’Elysée, mais le Quai d’Orsay aura son mot à dire dans la gestion de la politique africaine. Une politique qui risque d’être moins complaisante à l’égard des dinosaures africains.

Publié le 7 mai 2007.

Source:  http://afriquecentrale.info/central.php?o=9&s=0&d=3&i=439

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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