La Prospérité (Kinshasa) - 19 Mai 2007 – Eugène Khonde et Tyty Muya
17 mai 1997-17 mai 2007
Jeudi 17 mai 2007, la République Démocratique du Congo a totalisé 10 ans, jour pour jour, de sa libération par l’Alliance des forces démocratiques pour la libération (AFDL en sigle) dont ses troupes avaient pris le pouvoir sous la conduite de Mzee Laurent-Désiré Kabila. Pour marquer d’une empreinte indélébile cette date mémorable, un défilé militaire monstre a été organisé sur le boulevard triomphale non loin du stade de Martyrs sous la houlette du Chef de l’Etat, Joseph Kabila, accompagné de son épouse, Mme Olive Lembe Kabila.
Une cérémonie grandiose qui a connu la présence d’importantes personnalités politico-administrative, militaire et celles de la police nationale. Les membres du gouvernement sous la conduite du Premier ministre, Antoine Gizenga, le président de l’Assemblée nationale, les représentants du système de Nations- Unies et de la Monuc, les chefs de missions diplomatiques accrédités en RDC.
Etaient aussi remarquablement présents, les officiers supérieurs de l’armée et de la police nationale, les honorables députés et sénateurs ainsi que les forces vives de la nation. Le Président de la République est arrivé sur le lieu de l’événement autour de 10 heure15 minutes. A l’occasion, vingt et un coups de canons ont été tirés en l’air en guise d’honneur et respect au Commandant suprême des forces armées et de la police nationale, Joseph Kabila. Honneur militaire et passage des troupes en revue, le Chef de l’Etat a, enfin, pris place à la tribune d’honneur à coté de son épouse. C’est alors que le défilé militaire proprement dit a démarré par la force aérienne.
On a noté un nombre impressionnant des engins lourds et armement militaire. Ainsi, l’on a senti la bravoure de militaires et policiers très aguerris voués à la cause nationale. Les éléments de toutes les forces que compose la Rdc à savoir : les forces terrestres, forces navales et aériennes ont défilé devant le Commandant suprême de l’armée et de la police nationale. La Garde républicaine, la base logistique centrale, les forces d’artillerie, les régiments blindés, la bataillon Tank ont tous prouvé au Chef de l’Etat leur expertise et ont fait prévaloir leur capacité à contrer l’ennemi d’où qu’il vienne. Agrémentée par deux fanfares à savoir : la fanfare de la garde républicaine et celle de l’école de musique de la police nationale, le défilé a duré environ 2h30′.
Au delà de la cérémonie, l’opinion doit savoir par ailleurs que bien que l’Afdl fut dissoute une année après son installation au pouvoir pour céder la place au CPP (Comité de pouvoir populaire), puis au PPRD, on a constaté que tous ceux qui étaient à la tête du pays étaient l’émanation de ce mouvement armé. L’occasion s’offre donc aux analystes de la politique congolaise de faire une évaluation objective par rapport à la marche du pays. Un regard rétrospectif s’impose afin de savoir qu’est ce qui a été fait et quelles sont les perspectives d’avenir. Force est de reconnaître que le président Joseph Kabila a concrétisé sa promesse faite au peuple congolais lors de son règne pendant la transition en 2001.
Et point n’est besoin de rappeler ici ces promesses tenues. Aujourd’hui, le Congo a des institutions et des dirigeants issus des élections à tous les niveaux. Joseph Kabila a, au cours de son adresse à la nation la veille de la fête du dixième anniversaire de la libération, promis de faire aboutir le processus électoral par l’organisation des élections municipales et locales. Eu égard à cela, beaucoup reste encore à faire. Le pays est encore loin de surmonter des défis. Notamment ceux relatifs à la lutte contre la pauvreté, à la réhabilitation des infrastructures routières qui sont totalement détruites, aux impaiements des salaires des fonctionnaires de l’Etat etc. Autant d’écueils auxquels le gouvernement Gizenga doit faire face.
La sécurité quel que peu débordée
Le périmètre qui occupait la presse a été abusivement envahi par la foule en liesse qui est venue nombreuse assister au défilé. Les agents de sécurité n’étaient à mesure de contenir cette foule. Le drame, c’est que la presse a eu du mal à faire son travail surtout pour les confrères de la télévision et de la radio. Il n’est pas facile certes d’organiser ce genre de manifestation sans connaître des petits incidents ou égarements.
Mais, avec un peu de professionnalisme, il y a possibilité d’éviter de tel désagrément. Les premières victimes sont souvent les journalistes. Dans leurs excès des zèles, les agents de sécurité arrêtent et confisquent souvent les matériels de travail des journalistes.
C’est le cas notamment pour ce jeune cameramen de la chaîne RTAE qui a été arrêté et voir sa camera ravi. Semble-t-il, parce qu’il n’avait pas son macaron d’accès sur le lieu de la manifestation. Ces pratiques ne sont pas de nature à favoriser un climat de paix et de confiance entre la presse et la présidence de la République.










19 mai 2007
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