RDC : Joseph Kabila sous la menace directe des Mobutistes

20 mai 2007

Actualités

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Lundi 14 mai 2007 Botowamungu Kalome (AEM)

Depuis la chute de Mobutu, le quartier Matonge (Galerie d’Ixelles) à Bruxelles est devenu un haut lieu de réflexions militaires où la concentration au mètre carré des officiers congolais en exil bat tous les records. Les « nganda » (bistrots) résonnent sans arrêt des « Mon colonel ! », « Major ! », « Mon Capitaine ! », « Mon lieutenant ! ». Depuis dix ans, les Congolais entendent ces orphelins du Mobutisme annoncer le grand soir, à savoir la chute imminente de Kabila ou encore une opération militaire d’envergure à Kinshasa pour renverser le régime en place. Depuis peu, dans une sorte d’aveu de désillusion, certains se sont convertis dans le hooliganisme politique, sous le label « Bana Congo », en s’en prenant physiquement à ceux qui ne sont pas de leur bord. Depuis la semaine dernière, un élément majeur est venu redonner espoir et corps au seul rêve de ces exilés : l’élection à la présidence du Sénat de Léon Kengo wa Dondo (photo ci-contre). Une élection qui fait de cet ancien Premier ministre de Mobutu le successeur légal de Joseph Kabila à la présidence de la République en cas de décès ou d’incapacité à assumer sa fonction.


Une situation incongrue pour tous les observateurs qui ne comprennent pas que ce poste sensible et stratégique ait échappé au jeune président congolais et son conglomérat politique : l’Alliance pour la Majorité Présidentielle (AMP). Une situation surprenante pour cet attelage politique qui vient, peut-être, de démontrer par cette élection que la communauté de destin entre ses alliés s’est arrêtée après la distribution des ministères et des gouvernorats. Le vote qui était secret empêche, de plus, Kabila de sanctionner les « traîtres » lors de la distribution à venir de postes aux sommets des entreprises publiques.  Cette situation aurait pu rester anecdotique car l’AMP reste majoritaire au Sénat, sauf que les Mobutistes en exil fanfaronnent en déclarant que c’est l’une des phases décisives de leur plan de reprise du pouvoir à Kinshasa. Ils feignent ainsi d’ignorer que si la vacance de pouvoir était provoquée par un attentat sur la personne de l’actuel président, le pays repartira pour de longues années de troubles. Il serait, en effet, illusoire de penser que Kabila assassiné ou contraint à la fuite, les forces politiques et surtout militaires qui lui sont acquises laisseront Kengo bénéficier d’une application automatique et pacifique de la constitution.Echafauder un tel plan équivaudrait à ériger le nouveau président du Sénat congolais en danger pour Kabila et pour la jeune et bégayante démocratie congolaise. Surtout qu’il n’est pas exclu que le camp de Kabila, inquiet, soit tenté de réagir par anticipation et de décider de neutraliser physiquement Kengo wa Dondo. A titre préventif.
La RDC joue à « Qui perd gagne »
À l’issue de l’élection des exécutifs provinciaux, l’AMP s’est offert le bonheur de remporter les élections dans trois assemblées provinciales où elle était pourtant minoritaire. L’explication n’était pas à chercher loin, aux dires de l’opposition congolaise qui a accusé Joseph Kabila d’avoir « honteusement corrompu des députés provinciaux de l’opposition à coup de dizaines de milliers de dollars. »  Maintenant que l’inverse s’est produit, la même opposition affirme que Kabila aurait laissé faire pour respecter les injonctions des pays occidentaux qui auraient exigé un rééquilibrage des pouvoirs. Du coup, les mêmes pays éternellement accusés d’avoir soutenu une mascarade électorale en RD Congo sont présentés comme soucieux de préserver les équilibres politiques en RDC. D’autres voix de l’opposition parlent plutôt d’un coup fourré de certains sénateurs de l’AMP qui estimeraient que leurs ethnies ont été faiblement servies à l’issue des premiers partages du gâteau. Du coup, ces versions « démentent » celle des réseaux proches de Kabila qui avancent que Kengo aurait investi la conquête somme de 8 millions de dollars pour acheter les voix de certains sénateurs.
Tout cela mériterait simplement d’être rangé dans les singularités qui caractérisent de plus en plus une classe politique congolaise qui, quelque soit le camp, n’écoute que les gargouillements de son ventre. J’aimerais bien qu’il en soit ainsi, sauf que c’est le destin de 50 millions de Congolais et d’un pays vaste comme un sous-continent qui est en jeu. Ce qui rend pathétiques les rêves de ces officiers en chômage de longue durée en Europe, sevrés – depuis le 17 mai 1997 – de becquées made in Mobutu.|Botowamungu Kalome (AEM )


À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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