Isaïe Karegeya en prend pour six ans
Un journaliste rwandais travaillant pour la radio gouvernementale Radio Rwanda a été condamné mercredi à six ans de prison, dont un avec sursis, après avoir été reconnu coupable de participation au génocide de 1994, rapporte vendredi une organisation régionale de défense des droits de l’Homme.
Isaïe Karegeya a été condamné par le tribunal populaire « gacaca » de Gahana (environ 200 km au sud de Kigali), rapporte la Ligue des droits de la personne dans la région des Grands Lacs (LDGL), collectif régional regroupant des associations de défense des droits de l’Homme et basé à Kigali.
En vertu de la nouvelle loi sur les juridictions gacacas promulguée en mars, la moitié de la peine de M. Karegeya (soit trois ans) sera commuée en travaux d’intérêt général (TIG). Il passera donc deux ans en prison. M. Karegeya était accusé de complicité de génocide et de complicité d’assassinats pour avoir participé à des attaques contre des Tutsis et à des pillages de leurs biens, selon la LDGL. M. Karegeya avait demandé pardon, reconnaissant avoir participé à des pillages mais niant toute responsabilité dans les attaques.
Son aveu a été jugé incomplet et rejeté par les juges. Il comparaissait avec son jeune frère, Elias Hategekimana, qui a été condamné à 19 ans de prison, selon la LDGL. Le génocide de 1994 au Rwanda a fait, selon l’ONU, environ 800.000 morts, parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés.
Les gacacas, juridictions populaires inspirées des anciennes assemblées villageoises, peuvent juger tous les présumés auteurs du génocide, sauf les planificateurs et les violeurs, jugés par les tribunaux conventionnels. Les gacacas ne sont pas dirigées par des magistrats professionnels mais par des personnes qualifiées d’ »intègres », élues par la communauté. La LDGL dispose d’une équipe permanente d’observation des procès de génocide à travers le Rwanda.










9 juin 2007
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