Quand l’ONU consacre l’impunité en RDC…

24 juin 2007

Actualités

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La délégation de l’ONU conduite par M. Jean Marc de la Sablière vient de séjourner deux jours durant en RDC pour conférer de la situation sécuritaire à l’Est avec les autorités congolaises. Ces entretiens ont accouché de la résolution 1756 portant pour objectif primordial de garantir la sécurité à l’Est du pays.

Jeune Afrique rapporte que dans son adresse à la presse M. de la Sablière a laissé entendre : « Nous pensons qu’il faut une stratégie globale pour le Kivu et nous sommes prêt à aider les autorités congolaises. Il faut une stratégie qui comporte toutes les dimensions, politiques, diplomatiques. Nous sommes prêt à aider le président dans cette affaire, a-t-il insiste ».

A entendre la déclaration du chef de la délégation Onusienne, on a l’impression que c’est maintenant seulement que l’ONU se rend compte de la gravité du problème en proposant une stratégie globale. Pourquoi avoir attendu le pourrissement de la situation pour envisager cette stratégie globale ? Par cette déclaration, l’ONU ne serait-elle pas entrain de se culpabiliser pour n’avoir pas mis de moyens conséquents susceptibles d’anéantir Laurent Nkunda et ses troupes, les milices de FDLR et biens d’autres forces négatives, déstabilisant l’Est, massacrant de centaines de milliers de nos compatriotes ? Dès lors faut-il dans ce cas, aider le président qui, du reste, est parmi ceux qui entretiennent cette insécurité avec ses frères rwandais Laurent Nkunda, Paul Kagame et ses mentors occidentaux ?

M. de la Sablière, l’insécurité dans le Kivu est une situation bien connue par l’institution au nom de laquelle vous avez fait ces déclarations. Le peuple congolais en a assez de déclarations et résolutions de l’ONU, lesquelles à ses yeux s’apparentent à de bonnes intentions et ne sont pas suivies d’effets. L’ONU devra pour convaincre le peuple congolais mettre fin à sa largesse à l’égard de Laurent Nkunda. Ce dernier est sous le coup d’un mandat d’arrêt international mais reste libre de tout mouvement dans une région où un contingent conséquent de la Monuc opère.

Ce dernier temps sous l’instigation de la présidente du tribunal pénal international Carla del Ponte, l’Union Européenne conditionne l’entrée de la Serbie parmi les 27 à l’arrestation du général criminel de guerre Serbe et son transfert au TPI pour répondre de crimes à sa charge. Pourquoi l’ ONU, les Etats-Unis, l’UE ne mettraient-ils pas de moyens conséquents pour arrêter Nkunda et ses hommes ainsi que le miliciens de FDLR et autres seigneurs de guerre truffés à l’Est du Congo ?

Dernièrement un autre seigneur de guerre congolais, Thomas Lubanga, y a été transféré et tous les moyens ont été mobilisés pour ce faire. Pour Charles Taylor ancien homme fort du Libéria, la contribution de la communauté internationale a été mise à profit dans son arrestation et son acheminement au TPI. Il y a quelques semaines a été remise sur la table le dossier Bemba s’agissant des massacres dans lesquels il serait impliqué en République Centrafricaine. Alors pourquoi laisse-t-on Nkunda et les autres seigneurs de guerre ?

L’ONU doit reconnaître sa responsabilité dans l’insécurité à l’Est après avoir cautionné en RDC un processus de démocratisation vicieux ayant abouti à une parodie d’élections truquées d’avance consacrant Kabila, un président incompétent et complice de ceux qui massacrent nos compatriotes de l’Est.

Cette responsabilité est le fait de l’impunité qui semble caractériser les instances de Nations Unies dans la gestion d’un certain nombre de conflits à travers le monde. Cette politique de deux poids, deux mesures préjudicie et plonge nombre de populations dans l’errance. Comment alors exiger aux pays du tiers-monde, de la bonne gouvernance notamment en matière de respect des droits de l’homme, si comme pour le cas du Congo, l’ONU n’adapte pas ses mandats à la réalité de la situation sur le terrain mais les restreint à la protection de populations civiles, la riposte en cas d’agression contre son personnel, l’information sur les mouvements de milices armés sans pour autant les arrêter et les déférer devant le TPI.

Dans ce contexte d’impunité généralisée et cautionnée par l’ONU, on comprend les répercussions que cela engendre à l’échelle nationale notamment avec le massacre des adeptes de Bundu dia Kongo. Il apparaît clairement qu’après un rapport bâclé sur ce massacre, que ces commanditaires comme Joseph Kabila, Denis Kalume, son ministre de l’intérieur et une panoplie de généraux et officiers de FARDC maillons de la chaîne cités dans le rapport de Human Right Watch (p. 7-8 § : Officiers qui devraient faire l’objet d’enquêtes visant à déterminer leur responsabilité dans les événements) notamment les Généraux Bonjuka Botunga (Kitona), Mbuayama Nsiona,Joseph Mukendi, le major Mbakulu le capitaine Emmanuel Matuka Mokweke, les commandants kota et Jean Paul Songa. Ces commanditaires et exécutants ne seront jamais inquiétés et resterons impunis.

Il est clair que dans ce contexte d’impunité généralisée, l’ONU ne devra pas se contenter de déclarations de bonnes intentions mais doit AGIR en requalifiant notamment son mandat en RDC. Cela permettra d’arrêter dans un premier temps Laurent Nkunda, les miliciens de FDLR et les autres forces négatives puis en second lieu contraindre Kabila à transférer Denis Kalume et les officiers impliqués dans le massacre des adeptes de BDK au TPI pour crime contre l’humanité en attendant le terme de son mandat, enfin qu’il répondent, à son tour, de crimes perpétrés durant la marche de l’AFDL vers Kinshasa, et ceux commis sous Mzee Kabila et actuellement.

C’est seulement quand l’ONU commencera à AGIR réellement que le peuple congolais pourra croire à l’impact de toutes ses innombrables missions en RDC. Au lieu de nous contenter « des déclarations coups d’épée dans l’eau » de l’ONU, Peuple congolais, prenons notre destinée en mains.

Blaise B. MANTOTO

Courriel : bula_mantoto@yahoo.fr  – Source: http://www.spcm.org/Journal/spip.php?article12723

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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