Mémo des journalistes à Dieudonné Kayembe, Chef d’EMG DES FARDC

28 juin 2007

Actualités

KINSHASA, LE 27 JUIN 2007 – CE MEMO  de la part de: Organisations professionnelles des médias de la RDC a été adressé  au Lieutenant Général Dieudonné KayembeØ Chef d’Etat Major général des Forces Armées de la RDC (FARDC) et concerne : ATTAQUES A MAINS ARMEES, AGRESSIONS ET ASSASSINATS DES JOURNALISTES ET PROFESSIONNELS DES MEDIAS

I. LES FAITS

Dans l’intervalle de 17 mois, cinq journalistes et professionnels des médias ont été victimes d’agressions et assassinats perpétrés par des bandes armées parmi lesquelles on retrouve, chaque fois, des militaires identifiés comme appartenant aux Forces Armées de la RDC (FARDC) ou à la Police Nationale Congolaise (PNC).

Sur ces cinq journalistes et professionnels des médias, quatre ont été tués et un blessé par balles et hospitalisé. Il s’agit de :

• FRANCK NGYKE KANGUNDU (du journal La Référence Plus) et son épouse HELENE MPAKA, assassinés par balles le 3 novembre 2005 à leur domicile à Kinshasa/Mombele. Parmi les assassins jugés et condamnés et dont le procès est en appel, on retrouve les sous-lieutenants Joël Munganda et Didier Awatimbine, l’adjudant Papy Munongo, tous membres actifs des FARDC;

• MUTOMBO KAYILU (Technicien de Maintenance des émetteurs à la RENATELSAT), tué au poignard le 29 mars 2006 sur le site de Kisanga (bourgade situé au sud de Lubumbashi, province du Katanga) le jour où ont été saboté, les émetteurs de la chaîne de télévision privée CCTV (Canal Congo Télévision). Au moins un des assaillants de ce collaborateur des médias était un militaire non autrement identifié. Pour ce cas, aucune enquête fiable n’a été menée et aucun procès n’a eu lieu à ce jour ;

• BAPUWA MWAMBA, ancien de Jeune Afrique Economie et journaliste free lance pour plusieurs organes de presse de Kinshasa, tué le 8 juillet 2006 à son domicile de Kinshasa/Matete par des inconnus en civil mais armés. Les enquêtes policières ont conduit à l’arrestation de quatre hommes accusés de ce crime et dont le procès a commencé depuis quelques semaines au tribunal de la garnison militaire de Kinshasa/Matete. Au moins un de ces présumés assassins est présenté comme un déserteur des FARDC. Selon la police, ce groupe avait déjà attaqué le même journaliste le 8 mars 2006 et une plainte contre inconnus restée sans suite avait été déposée par le journaliste ;

• SERGE MAHESHE KASOLE, journaliste à Radio Okapi à Bukavu (dans la province du Sud-Kivu), tué par balles par deux inconnus armés mais en civils. La Police a arrêté deux militaires des FARDC qui sont jugés, pour ce crime, par un tribunal militaire à Bukavu. Il s’agit du caporal Katuzelo Mbo et du sergent Bokungu Lokombe. Quelques semaines avant cet horrible épisode, Serge Maheshe avait été menacé de mort par deux militaires de la Garde Républicaine positionnés non loin de son domicile pour une histoire banale.

• ANNE-MARIE KALANGA, journaliste à la chaîne publique RTNC (Radiotélévision Nationale Congolaise), attaquée à son domicile de Kinshasa/Ngaliema dans la nuit du 16 juin 2007 par trois hommes armés en tenues de policier selon son propre témoignage. Elle a été atteinte de deux balles au niveau de la jambe droite. Son frère a également été blessé par balle. Tous les deux sont hospitalisés à la Clinique Ngaliema à Kinshasa/Gombe.

Ces cas extrêmes et parmi les plus récents ne peuvent faire oublier d’autres comportements inexplicables qui ont visé et qui visent encore des professionnels des médias en RDC. Juste à titre d’illustration on peut épingler ce qui suit :

 Des militaires, non autrement identifiés jusqu’à ce§ jour, avaient tiré, le 28 mai 2005 à Lubumbashi, sur JEAN NGANDU, journaliste à la station locale de Radio Okapi. Le journaliste s’en était tiré par miracle sans blessure. Une enquête ouverte par les autorités locales n’a jamais livré ses conclusions ;

 A Kisangani, c’est un autre journaliste de Radio§ Okapi, ANSELME MASUA qui avait été battu, le 24 avril 2006 par des militaires de la Garde Républicaine alors que le journaliste s’était présenté au camp pour vérifier des informations en rapport avec le brassage des troupes de la GR ;

 A Mbuji-Mayi, capitale de la province du Kasaï Oriental, une réunion§ des journalistes réunis au sein de la section locale de l’UNPC (Union Nationale de la presse du Congo) a été violemment dispersé, le 31 mai 2007, par une vingtaine d’ éléments de la police nationale congolaise. Un journaliste a été hospitalisé des suites des coups reçus.

 A Kananga, un journaliste de§ Radio Okapi, Basile Bakumbane, a été évacué en catastrophe sur Kinshasa par la Monuc, le 18 juin 2007, à la suite de plusieurs visites insolites des hommes en armes, et après qu’il ait reçu plusieurs menaces anonymes de mort.

§ Presque chaque jour, des journalistes, reporters-photographes et autres cameramen (nationaux et étrangers) font état auprès des organisations professionnelles des tracasseries allant jusqu’à la confiscation ou destruction des cassettes ou pellicules chaque fois qu’ils filment ou photographient sur la place publique. Ces atteintes à la liberté de chercher l’information sont l’œuvre des policiers ou des éléments des FARDC qui exigent des journalistes congolais, un ordre de mission pour travailler dans leur propre pays !

II. CONSIDERATIONS

De ce qui précède, les professionnels des médias considèrent ce qui suit :

o Dans tous les cas d’assassinats ou d’agressions violentes des journalistes et autres professionnels des médias, des militaires ou policiers sont impliqués et bon nombre d’entre eux sont des récidivistes ;

o Les hommes servant sous le drapeau donnent l’impression de considérer les journalistes et autres professionnels des médias comme des ennemis à abattre;

o Tout porte à croire qu’un syndicat du crime opère allègrement dans le pays et recrute des exécuteurs parmi les hommes de nos forces armées et de notre police qui sont payés et équipés avec l’argent du contribuable congolais;

o Par des relations amicales/familiales ou avec un peu d’argent, des hommes et femmes (nationaux et étrangers) disposant d’une parcelle de pouvoir politique ou économique abusent de la force publique pour régler, à leur manière, des questions personnelles ou relevant des cours et tribunaux ;

o Des hommes sous le drapeau jouissent d’une impunité scandaleuse chaque fois qu’ils commettent des bavures non seulement sur la population mais aussi sur les journalistes en plein exercice de leur travail. C’est cette impunité qui alimente le cycle de la violence ;

o Des affaires des journalistes tués ont connu, au niveau de la justice militaire, des enquêtes partielles (faute de moyen ou à cause des pressions politiques) au point où à l’issue des procès, si justice a été rendue, la vérité n’a jamais éclaté ;

III. RECOMMANDATIONS

Pour remédier à cette grave situation qui menace l’intégrité physique des journalistes et autres professionnels des médias ainsi que leur travail, les professionnels des médias recommandent à l’état-major général des FARDC et l’inspection générale de la police nationale ce qui suit :

 Concernant les journalistes tués, deØ donner tous les moyens matériels et l’indépendance nécessaires à la justice militaire pour conduire des enquêtes professionnelles et des procès justes et équitables sans exclure aucune piste. En effet, des enquêtes bâclées ne peuvent produire qu’un simulacre de procès qui ne ferait qu’alimenter l’impunité ;

 L’armée et la police, de par leurs missions, ne doivent pas être leØ repère des « enfants difficiles » et autres marginaux de la société. La Haute hiérarchie de l’armée et de la police doit veiller à ce que le processus de recrutement des hommes et femmes appelés sous le drapeau tienne compte de la moralité et d’un minimum acceptable d’instruction ;

 Mettre fin auØ règne de l’impunité des hommes et femmes sous le drapeau non seulement pour des cas de meurtres mais aussi dans tous les cas où des menaces ont été proférées contre les journalistes ;

 Mener des campagnes d’éducation desØ militaires et policiers sur l’importance du travail des journalistes dans une démocratie que nous appelons de tous nos vœux en RDC. Des organisations professionnelles des médias sont prêtes à relayer ces campagnes destinées à faire comprendre aux hommes en uniforme que L’armée et la Police protègent et sécurisent la démocratie, tandis que les journalistes et les médias alimentent le débat démocratique.

 Prendre une mesure interdisant à tous, sansØ exception, le recours ou l’utilisation des forces combattantes dans des affaires privées ou ayant trait aux délits de presse. Diriger tous ceux qui sollicitent les FARDC et la Police Nationale vers les cours et tribunaux civils. Sanctionner sévèrement les récalcitrants.

 Prendre une mesure mettant fin auxØ tracasseries dont sont victimes les journalistes et autres reporters qui filment ou prennent des photos dans la rue, exception faite pour des endroits stratégiques dont la liste doit être connue ;

 Dépolitiser l’armée etØ la police qui doivent être au service de la protection de tous les citoyens sans considération de leurs origines ethniques ou de leurs opinions politiques ;

FAIT À KINSHASA, LE 27 JUIN 2007

POUR LES JOURNALISTES ET PROFESSIONNELS DES MEDIAS EN RDC : 1. UNPC  2. OMEC 3. JED 4. ANEAP 5. ANECO 6. SNPP 7. AJSC 8. AJPF 9. UCOFEM 

Marcel Ngoyi

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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