En ce 30 juin 2007 les Congolais sont interpellés davatantage

30 juin 2007

Actualités

Les Congolais ont de nouveau rendez-vous avec l’histoire. Le 30 juin est la date de l’accession de notre pays à l’indépendance. Une date pas comme les autres pour autant qu’elle a donné naissance à un Etat qui s’es engagé dans sa démarche vers l’auto-détermination à faire partie du concert des Nations. Cet objectif est-il atteint ? Si oui, quels sont les faits palpables. Dans l’hypothèse d’une réponse négative, quelles en sont les raisons principales. Le Potentiel essaie de répondre à toutes ces interrogations dan le dossier consacré aux 47 ans de l’indépendance de la République démocratique du Congo. Toujours est-il que le 30 juin 2007 demeure une date anniversaire cruciale. Tout simplement parce qu’elle intervient à un moment important de notrepays au terme d’un processus électoral qui doit marquer la refondation du Congo. Si tel ne serait pas le cas, force est d’imaginer la suite des événements quand on sait le but visé par ces guerres d’agression qui nous ont été imposées est de consacrer la balkanisation de la République démocratique du Congo. Alors, quelle option levée ce 30 juin ? Renaître ou disparaître ? Voila une série d’articles publiés par le Potentiel.

 

30 juin 2007 : renaître ou disparaître 

Par  Le Potentiel

30 juin 1960 – 30 juin 2007. La République démocratique du Congo vient de totaliser 47 ans d’indépendance. Raison valable pour s’imposer une introspection en vue de jeter un regard rétrospectif sur le chemin parcouru avant de scruter l’avenir. 

Il est important de souligner que cette date anniversaire intervient à un moment crucial de l’histoire de notre pays. Après plusieurs décennies tumultueuses, cet anniversaire est le premier qui est célébré après la mise en place des institutions issues des élections démocratiques. Il est vrai que depuis le changement intervenu le 24 novembre 1965, avec la prise de pouvoir par Mobutu Sese Seko, le Congo a raté plusieurs fois les grands rendez-vous de l’histoire. Le Congo n’a su tirer profit de sa situation géostratégique aux temps forts de la guerre froide. 

Au plan économique, il a mal négocié les faveurs d’une conjoncture économique à sa portée avec la montée du cours du cuivre sur le marché international dans les années 68-72. Et lorsque le « boom pétrolier » intervient une année plus tard, le Congo était déjà dans la zone des turbulences. C’est ainsi qu’avec l’ouragan de la perestroïka et de la glasnost qui a soufflé, le Congo n’a su résister. C’est dans ces conditions que Laurent-Désiré Kabila a réussi facilement à renverser le régime Mobutu qui n’a pas su lire les signes des temps. 

Mais ce changement, au lieu de marquer une nouvelle étape vers des lendemains meilleurs, a plutôt émis les signes d’une aliénation de la souveraineté de la République démocratique du Congo et de la mise en marche de ce plan machiavélique longtemps évoqué pour balkaniser la République démocratique du Congo. Ce, afin de contrôler ses richesses. D’où ces deux guerres d’agression qui laissent des stigmates et marquent encore la mémoire des Congolais toujours à la recherche de leurs repères. C’est sur cette inquisition pour connaître ce qui s’est passé et se passe réellement qu’intervient le 47ème anniversaire de la RDC. 

UNE INTERPELLATION 

Cette fête anniversaire est placée sous le signe de la décentralisation territoriale. Une façon de marquer réellement le changement et placer ce 30 juin 2007 sous un nouveau jour. L’option vaut la peine dans la mesure où la classe politique n’a pas su se montrer à la hauteur de sa tâche et de ses hautes responsabilités politiques. La question est de savoir ce que nous avons fait des 47 ans de l’indépendance. Evidemment, la réponse est négative dans la mesure où le bilan est catastrophique. Le Congo accumule plus de 5 millions de morts, des infrastructures socio-économiques totalement détruites en plus d’un comportement pervers sur fond de médiocrité qu’affichent les personnalités politiques. Le rêve des pères de l’indépendance de disposer d’un pays plus beau qu’avant s’est effrité comme une peau de chagrin, juste après la passation des pouvoirs avec le colonisateur. La situation s’est empirée avec la gestion d’une classe politique malléable à souhait; victime de son amateurisme politique, otage du protectionnisme politique, de sa mauvaise gouvernance caractérisée par des gains immédiats et personnels, et enfin l’aliénation de l’identité nationale pour satisfaire des intérêts étrangers. 

Un bilan qui choque les bonnes consciences. La classe politique est interpellée en ces instants précis où il faut relever les grands défis de la refondation de la République démocratique du Congo pour qu’elle renaisse. 

Une interpellation au moment où les Congolais s’emploient à donner un sens à l’anniversaire de ce jour, alors qu’une troisième guerre pointe à l’horizon. La situation au Kivu est préoccupante que l’on craint la reprise des hostilités. Chaque jour qui passe apporte son chapelet de faits qui confirment justement cette imminente guerre. Les « faucons » de tous bords remuent ciel et terre pour transformer, une fois de plus, la RDC en un enfer afin de tirer les prébendes de la guerre. 

Une interpellation dans la mesure où ce 30 juin intervient aux lendemains de la mise en route de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Une initiative qui vise à restaurer la sécurité, à consacrer la stabilité en vue d’amorcer le développement des pays de la région. Or, cette conférence a été initiée pour permettre à la RDC de se relever et de jouer le rôle moteur dans la région des Grands Lacs, compte tenu de toutes les opportunités qui s’offrent en elle pour placer cette partie de l’Afrique sur le sentier du progrès. 

Reste à savoir si tous les Congolais ont pris la mesure de cette responsabilité morale, politique, économique, sociale tant sur le plan national que régional pour sortir de l’imbroglio et cesser d’être la légende de l’insécurité, de l’instabilité dans la région. Car aujourd’hui plus que jamais, il n’y a qu’un objectif à atteindre : sortir de l’auberge. Pour ce faire, l’alternative est la suivante : renaître ou disparaître. 

 

 Rêve d’indépendance 

Par  Le Potentiel 

Placé sous le signe de la méditation, le 47ème anniversaire d’accession de la RD du Congo à la souveraineté nationale et internationale, le 30 juin 2007, devrait interpeller la communauté nationale, aussi bien les gouvernants que les gouvernés. 

En effet, quand, dans les années 1950, certains indigènes du Congo belge prenant conscience de leur statut de colonisés, sujets de Sa Majesté le Roi des Belges, se mirent à revendiquer, bien que timidement, l’autodétermination de leur pays, on était loin de s’imaginer que celle-ci leur serait octroyée un certain 30 juin 1960. Mais que firent-ils de leur indépendance ? 

Le rêve premier des pères de l’indépendance a été de «bâtir un pays plus beau qu’avant». Autrement dit, leur idéal a été de faire mieux que la puissance colonisatrice en 80 ans de gestion de son Congo Belge. En extrapolant leur pensée, les pionniers entendaient faire du Congolais un citoyen à part entière, maître de son pays et de sa destinée, un interlocuteur des autres citoyens et civilisations du monde. 

47 ans après ce rêve de bâtir une République plus prospère que le Congo belge, les Congolais réalisent à leur corps défendant que l’illusion de leurs pionniers fut incommensurable. Tout l’héritage de la colonisation, en termes d’infrastructures, est aujourd’hui méconnaissable. 

C’est ainsi que l’on reconnaît à peine les vestiges des routes jadis carrossables, des hôpitaux autrefois réputés. L’industrie extractive et les grandes plantations des cultures d’exportation elles-mêmes n’ont pas été épargnées par la secousse de l’indépendance. Etait-ce cela le «rêve de l’indépendance» ? 

Il serait irresponsable, 47 ans après, de culpabiliser le Belge dans la débâcle congolaise. Celle-ci est essentiellement le fait des élites congolaises : l’élite politique des indépendances et l’élite politico-intellectuelle post-indépendance. On peut tout juste imputer à la colonisation le crime de n’avoir pas, en 80 ans, formé les Congolais à la relève. 

Pour le reste, l’administration du pays après l’indépendance a ressemblé, 47 ans durant, davantage à la gestion d’une ferme, où le propriétaire exerce le droit de vie et de mort sur sa volaille ou ses capridés. Sur ce modèle, les gouvernants se sont accordé le droit divin. Le sens du bien commun a laissé la place à l’accumulation des richesses du patrimoine national pour la satisfaction des intérêts égoïstes. 

Qu’avons-nous fait de l’indépendance ? Le constat est douloureux. Mais, un sursaut de patriotisme, sur fond de la coalition Savoir, Pouvoir et Avoir, est capable de remobiliser le Congolais à croire en l’avenir. A participer à la construction d’un avenir commun. Tout ceci est possible à condition que les gouvernants aient une vision pour le pays. Est-ce le cas à la date du 30 juin 2007 ?

Cha cha cha 

Par  Ben-Clet 

30 juin, jour anniversaire de l’indépendance de la RD du Congo. Une journée mémorable dans des pays «gouvernés», et qui donne traditionnellement lieu à des réjouissances populaires, du genre kermesse et folklore. Une journée au cours de laquelle les peuples se permettent de festoyer sans modération. 

Comme la RDC et RDC, avec les tares qu’elle traîne comme un boulet depuis 47 ans, l’événement n’est pas l’événement. Il n’est donc pas festif. Si un semblant de fête est esquissé, dites-vous bien que celle-ci concerne les privilégiés du régime. Elle n’a rien à voir, absolument rien, avec le citoyen électeur et, par-dessus tout, faiseur récent des rois. 

Pour les anciens, la catégorie des Congolais qui ont exhibé le pas d’«Indépendance cha cha», en 1960, aucun pouvoir n’est capable de les empêcher d’exhumer la nostalgie du bon vieux temps. Dans leur for intérieur, ils se demandent quel tort ils ont commis en souscrivant à «l’indépendance immédiate» en 1960. N’aurait-il pas mieux valu se conformer à l’obscurantiste «plan Van Bilsen» ? 

Nostalgie mise à part, tout ça, c’est de l’histoire. Une bien triste histoire qui fait que les Congolais, en cette journée anniversaire, au lieu de chanter, boire, rire et danser, ils vont se morfondre dans la méditation. Au risque d’attraper l’infarctus du myocarde. Que Dieu les en garde ! 

Savez-vous ce que les «indigènes» du Congo belge attendaient de l’indépendance ? Savez-vous pourquoi, selon l’Administration coloniale, ils étaient «très» pressés de croquer à leur indépendance ? 

Des témoins et des acteurs de l’époque vous diront, sans fausse modestie, que les «indigènes» voulaient en finir avec le statut de «sous-homme» qui leur était affublé. Ils voulaient, par ce transfert, hériter des biens du colonisateur – villa, voiture, bureau, pouvoir – et se substituer à lui, dans un nouvel environnement 100% indigène émancipé. 

Qu’ont-ils ensuite fait de l’indépendance ? Pendant 47 ans, ils ont mangé comme le blanc. Se sont habillés comme lui, parfois avec extravagance. Mais, contrairement à lui, ils sont passés experts ès discours. Discours creux. Discours démagogiques. Discours tribalistes. 

Côté praxis, les indigènes au pouvoir ont développé le sous-développement des populations. Ils ont institutionnalisé la prédation des biens publics. Ils ont raffiné la politique de la sébile mendiant l’assistance internationale. Tout compte fait, eux, au moins, peuvent danser le cha cha cha le 30 juin 2007.

Confidences de chauffeur de ministre  – 47 ans d’« Iindépendance Cha cha» !  – Par  Le Potentiel 

Je ne sais pas ce qui prend et pique tous ces jours-ci mon patron, le Ministre des Affaires Stratégiques (à prononcer avec respect… ). Depuis la fameuse virée à Kinkole dimanche passé en hommage au … poisson congolais, peu d’eau a coulé sur le fleuve. C’est le ronronnement, le train-train, le « kwenda – vutuka » habituel et routinier des colloques et autres séminaires ministériels, les mêmes attentes des gens en-bas-d’en-bas à quai, sans savoir si le poisson sera à gogo dans leurs assiettes. C’est enfin la grisaille de la saison sèche, avec ses poussières, sa pollution, et la série noire des démences et des deuils … 

Malgré tout ça, je ne sais pas ce qui prend et pique mon patron de Ministre. C’est coutume désormais chez « Son Excellence », dès qu’il entre dans la voiture officielle, d’exiger que je mette la cassette auto-radio de l’emblématique chanson « Indépendance cha cha ». Et je l’observe: il sifflote comme un jeune fan, trépigne sur son siège arrière, tape des mains, tape des pieds. Et quand la chanson s’essouffle et se tait, il me demande de recommencer, de recommencer encore. 

Il connaît cette chanson, « Indépendance cha cha », par cœur: tous les refrains et les couplets, tout le chapelet énumérant les personnalités politiques déléguées à la mémorable Table Ronde de Bruxelles en 1960 ; mais aussi toute la partie instrumentale et le « Sebene ­chauffé». Et tout le souffle non-dit, souterrain, de l’inspiration poétique. 

Moi j’écoute et suis tout ça dans une relative indifférence, sans état d’âme, avec en fin de compte quelque agacement. 

Il n’en a cure lui, mon patron de Ministre: «Indépendance cha cha», «Indépendance cha cha» !.. Matin- midi-soir, et je devine même au lit, comme vêpres avant de se coucher et de coucher… 

Il est vrai que la date «fatidique» (comme disent les Kinois) du 30 juin suscite bien des nostalgies. Même si la majorité des jeunes en-bas-d’en-bas entre 18 et 35 ans, n’a jamais su ni chanter ni danser «Indépendance cha – cha», n’a jamais su quoi en faire. Leurs refrains sont ailleurs. Eux chantent avec leur ventre et leur gosier la tragédie de cette famille de «12 enfants», tous morts tour à tour qui de la sorcellerie, qui d’un accident de travail, qui d’une morsure d’un chien enragé, qui de la faim etc. Eux chantent avec leurs mains, leurs jambes et leurs cris « le monde est fou, fou, fou ! ». Eux chantent la misère de ce père tombé en grossesse à force d’être herbivore et de ne manger que du légume «Matembele», du 1 a au 31 du mois, matin-midi-soir. Eux revendiquent plutôt la violence et la revanche du «Monde arabe» à travers des danses simiesques, mécaniques, robotiques inspirées des « A talaku ». Eux disent enfin, philosophes cyniques et épicuriens : « Ve dire, tozali kaka ha système ya lifelo; kasi motu akozika te» (« Nous sommes tous prisonniers dufeu de l’enfer; mais personne ne sera brûlé »). 

Nous en sommes là, avec ces jeunes en-bas-d’en-bas, loin de 1′«Indépendance cha cha», de Lumumba, de Kasa-Vubu, d’Essandja, de Kalondji, de Mbuta Kanza, du Roi Baudouin, d’Eyskens, de Pétillon, de Buisseret, et que sais-je encore … Tous, des fantômes préhistoriques vaporeux pour des jeunes en-bas-d’en-bas plutôt drogués de «ndombolo», de «Primus» et de «Skol», de clips sulfureux à la limite des pornos, et des idoles préfabriquées sur le tas, sur le tard, sur le trottoir, sur le tintamarre, sur le narcotique des «paradis artificiels» et psychédéliques. 

…Puis le Ministre m’apprend, au hasard de nos conversations filtrées et épisodiques, que la fête du 30 juin est, cette année, décentralisée: chacun fête chez soi mais avec un faste modéré, mais néanmoins dans une méditation jubilatoire. 

Je m’observe et regarde autour de moi: mes co-locataires de parcelle n’ont pas l’air particulièrement excités par la fête de l’ « Indépendance cha cha». Eux disent ne plus savoir ce que représente cette fête; eux disent aussi ne pas savoir sur quel pied danser ce «cha – cha – cha». Eux disent enfin ne plus savoir à quel saint se vouer, puisque désormais, d’après Radio-trottoir, le seul système qui fonctionne et maintient la vie et la survie, c’est… le feu de notre enfer. 

… Je sais, moi chauffeur de Ministre, qu’en cette aube du 30 juin, en sa quarante-septième grâce, je me lèverai comme d’habitude, le doux soleil se lèvera comme d’habitude, il sera jour plus ou moins sacré, plus ou moins témoin d’un serment plus ou moins immortel de liberté que nous léguons plus ou moins à la postérité. Plus ou moins pour toujours … 

YOKA Lye 

Congo-Kinshasa: 47 ans de chute libre, des chiffres en témoignent 

 

Le Potentiel (Kinshasa) – OPINION
29 Juin 2007 –
Faustin KuediasalaEn 1960, la Belgique, puissance coloniale, lègue à la République démocratique du Congo, un pays promis à un avenir meilleur. Ce 30 juin 1960, le peuple congolais a toutes les raisons de rêver d’un pays plus beau qu’avant. 

Car, l’économie héritée de la colonisation est bine prospère. A cette date, la RDC est comptée parmi les pays promoteurs. En effet, son économie rivalise avec celle des pays tels que l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, le Canada, etc. 

Le 30 juin 1960, le peuple congolais a eu bien droit de rêver. En se proposant à travers l’hymne national de bâtir « un pays plus beau qu’avant », le Congolais ne s’est pas forcément trompé. Les réalités de ce temps légitimaient un tel rêve. 

Mais, 47 ans après, le rêve s’est effrité au point de se fondre dans la réalité. Aujourd’hui, c’est plus des chiffres qui en témoignent. L’économie congolaise est bien à la dérive. 

En 1960, la RDC est dans le rang des premiers. A cette époque, rien que dans la rubrique des produits agricoles, elle est dans le carré des producteurs de l’huile de palme, du caoutchouc, du café, du cacao, etc. Mais, c’est aussi une puissance minière avec ce que lui lègue notamment l’Union minière du Haut-Katanga (UMHK), qui se transformera plus tard en Générale des carrières et des mines (Gecamines). Quoi de plus normal qu’en ce 30 juin 1960 que le peuple congolais se permette réellement de rêver. 

UN PAYS PROMOTEUR EN 1960 

En 1960, la Belgique lègue à la RDC un pays voué à un avenir meilleur. C’est bien un pays prospère économique que le premier président de la RDC, Joseph Kasa-Vubu, découvre. 

En ce temps, la RDC est non seulement une puissance agricole mais aussi une puissance minière. Le tableau de la production agricole est très impressionnant. Sur cette liste, on trouve le Cacao, le café, le bois, etc. 

Le plus frappant, c’est dans la configuration de la production minière. En effet, tout y est ; au moins les métaux pour lesquels la RDC est qualifiée d’un scandale géologique par la richesse de son sous-sol. L’on croyait que le coltan est venu avec la guerre de 1996, tout comme le germanium. Mais, entre 1959 et 1967, la RDC produit ce qui, aujourd’hui est ignoré des statistiques nationales. 

Pour preuve, les statistiques de l’activité productive renseignent au 15 juin 2007 comme production minière rien que le cuivre et le cobalt. 

Où est parti le reste ? Nulle part en tout cas ; peut-être dans la nature ou dans les poches de ceux qui détiennent le pouvoir d’Etat. C’est cela aussi les signes de la paupérisation de ces 47 ans d’indépendance. 

Pour se rendre compte du désastre qui s’est abattu sur l’économie congolaise, il faut bien comparer la situation entre 1959 et 1967 à la situation actuelle. Le fossé est bien grand. Car, en plus de quarante ans, l’économie Congolaise a tout perdu, et le congolais en même temps. 

Aujourd’hui, la RDC est une puissance minière qui ignore même ce qui est produit sur son sol. Le coltan sort de l’Est sans que Kinshasa en soit au courant, tout comme le germanium est produit au Katanga sans qu’aucune trace apparaisse dans les comptes nationaux. Le pays a tout perdu au point de se dépouiller de ce qu’il a de plus cher, sa souveraineté. 

Entre 1959 et 1967, la contribution de différents secteurs au Produit intérieur brut place le secteur primaire – agriculture et mines, avec prédominance du secteur agricole – au premier rang, vient en second lieu le secteur secondaire, et enfin le secteur tertiaire. Le décollage était donc bien planté pour un possible décollage économique, en prenant appui sur les secteurs agricoles et miniers. 

A partir de 1967, le secteur agricole va céder sa place au secteur minier. Les 32 ans de la 2ème République va finalement reléguer l’agriculture aux oubliettes. C’est seul sur le secteur minier que la RDC d’appuiera pour son développement. Au commencement de la crise congolaise, affirme-t-on dans certains milieux, était le cuivre. Car, au début des années 1970, le cours du cuivre est à son plus fort. La RDC, avec la Gecamines, réaffirme son rêve d’un « pays plus beau qu’avant » et pense, malheureusement tout réussir grâce au métal rouge. 

EVOLUTION DES INDICATEURS MACRO-ECONOMIQUES DEPUIS 2001 

Des projets, dits « éléphants blancs » – car non productifs pour le pays – sont réalisés à l’espace de quelques années. Mais, quand la Gecamines commence sa descente aux enfers, le pays découvre le désastre d’une économie désarticulée, bâtie sur le cuivre. Le rêve s’est effondré. 

Depuis 2001, l’économie congolaise s’est engagée sur le sentier de la croissance, après avoir enregistré beaucoup de contre-performances durant la décennie de 1990 à 2000. 

En effet, d’importantes mesures en matière économique ont été arrêtées par le gouvernement dès l’aube du nouveau régime en 2001, au nombre desquelles l’on peut citer l’option du libéralisme de l’économie nationale, avec notamment la libéralisation des marchés minier et pétrolier, l’adoption du système de taux flottant de change, la promulgation de nouveaux textes de lois dont l’esprit est de promouvoir les initiatives privées, notamment en leur assurant la sécurité et les facilitations dont ils ont besoin (code des investissements, code minier, code forestier, code de travail), la réduction des taux de la fiscalité intérieure et la reprise de la coopération avec les institutions financières internationales (Banque mondiale, Fonds monétaire international). 

Le dispositif économique ainsi mis en place a eu comme conséquence la stabilité des paramètres macro-économiques et la maîtrise de l’inflation qui ne faisait que galoper. Un regain de la productivité nationale est observé depuis lors, à la faveur de l’installation de nouvelles unités de production et/ou du ré-dimensionnement des entreprises existantes. 

Dans ce contexte nouveau, après avoir enregistré beaucoup de contre-performances, l’économie congolaise s’est engagée sur le sentier de la croissance avec un taux de croissance de 5,8% en 2003 contre 3,5% en 2002. Il est passé à 6,6% en 2004 ; 6,5% en 2005 et 7 % en 2006. Il est attendu une croissance de 6,5 % en 2007. 

L’inflation galopante qui prenait des allures inquiétantes a été maîtrisée, son taux ayant été ramené de 511,2 % à 135 % en 2001 ; 15,8 % en 2002 ; 4,4 % en 2003 et 9,2 % en 2004. La situation politique difficile en 2005 et en 2006 a entraîné une dégradation passagère, avec un taux d’inflation de 21,3 % en 2005 et 18 % en 2006. 

 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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