Par Le Potentiel
Le conflit entre la Haute autorité des médias (HAM) et le ministère de l’Information, Presse et Communication nationale s’est exporté à Ouagadougou, au Burkina Faso, où s’est ouverte le lundi 2 juillet 2007, la 4ème conférence des instances de régulation d’Afrique (CIRCAF).
En effet, l’organisateur de ladite conférence, le Conseil supérieur de la communication (CSC) du Burkina, s’est retrouvé face à deux délégations congolaises, l’une dépêchée par la Ham, en la personne de son président, M. Kambale Bahekwa, et l’autre par le ministère de l’Information, Presse et communication nationale, représenté par un conseiller dont le nom ne nous a pas été communiqué.
Le conseiller du ministère était, avons-nous appris, porteur d’une lettre du ministre Toussaint Tshilombo adressée aux organisateurs du forum et faisant état de la non existence de la Ham, laquelle serait, selon lui, dissoute par la nouvelle Constitution de la RDC.
Quant au président Kambale, il était porteur d’une invitation officielle dûment signée par le président du CSC, M. Luc Adolphe Tiao, dont l’institution entretient de bonnes relations avec la Ham. On se rappellera, d’ailleurs, qu’il y a un peu plus d’année, la Ham avait fait appel à M. Tiao pour qu’il fasse bénéficier de son expérience à l’instance congolaise de régulation des médias qui s’apprêtait à organiser sa première campagne électorale à travers les médias. A cette occasion, l’homme d’Etat burkinabè, qui a rang de Premier ministre, avait participé à la confection de la directive de la Ham relative à la campagne électorale à travers les médias. Le CSC s’est donc trouvé dans l’embarras avant de jeter finalement son dévolu sur M. Kambale Bahekwa qui, jusqu’à preuve du contraire, demeure président de l’instance de régulation des médias de la RDC.
L’organisateur a fondé son choix sur le fait que l’invitation n’était pas adressée au gouvernement de la RDC et qu’il n’appartient pas au ministère de l’Information, Presse et Communication nationale de substituer à la Ham ou, tout au moins, d’exercer ses prérogatives légales, étant entendu l’indépendance d’actions de ces deux institutions.
Qu’à cela ne tienne. L’acte posé par le ministre Tshilombo est lourd de conséquences d’autant qu’il a terni l’image de la RDC à l’extérieur, particulièrement au ‘‘pays des hommes intègres’’. Ceci est d’autant plus grave que le scandale, que l’on aurait pu éviter si le ministre Tshilombo avait la tête sur les épaules, arrive par celui-là même qui est investi du pouvoir de veiller à l’image de marque de la RDC.
Quel intérêt ‘‘Toussaint Lagaffe’’ avait-il à internationaliser un conflit interne, du reste créé par lui-même pour avoir interprété, à la place de la Cour suprême de justice, une disposition contenue dans la Constitution.
Si l’existence de la Ham lui pose vraiment problème ou l’empêche de travailler, pourquoi ne saisit-il pas les instances compétentes, habilitées à traiter ce genre de différend, plutôt que de se rendre justice et de manière maladroite ?
Par ailleurs, que pense le ministre de l’Information et Presse de l’existence à ce jour de la CEI et de la Cour suprême de justice que la nouvelle Constitution ne reconnaît pas puisqu’elles sont respectivement remplacées par la CENI et la Cour constitutionnelle ?
On aurait pu croire, comme l’a déclaré récemment un responsable d’une Ong de défense des journalistes, que ‘‘le ministre était ignorant de bonne foi’’. Mais là, on est en présence d’un illuminé de mauvaise foi, qui persiste délibérément dans l’erreur.
L’opinion se rappellera que le même ministre a déjà eu maille à partir avec l’Assemblée nationale au sujet du dossier Kahemba. Ce qui avait amené le rapporteur de la chambre basse de réagir à travers les médias en demandant au Premier ministre de rappeler à l’ordre son ministre de l’Information et Presse.
L’opinion n’a pas non plus oublié les contre-vérités de son « Excellence » s’agissant du pillage « imaginé » des supermarchés Peloustore et City Market dont il s’était fait le chantre dans la soirée du 21 février 2007.
Il est donc temps que le porte-parole du gouvernement revienne sur terre et qu’il se concentre sur son travail, afin de contribuer efficacement à la réalisation des cinq chantiers du chef de l’Etat.
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3 juillet 2007
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