Deux miliciens ont été tués et quatre blessés dimanche dans des combats entre deux groupes de miliciens locaux Maï Maï au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé lundi Radio Okapi, parrainée par l’ONU. Ces accrochages ont opposé les hommes de colonel Muhuka Mtubo Jackson à ceux de colonel Kakule La Fontaine, à Kasiki, une localité située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Goma, la capitale du Nord-Kivu.
Selon Radio Okapi, ces combats ont fait deux morts et quatre blessés graves dans les rangs des troupes du colonel Jackson. Aucun bilan n’était pour le moment disponible du côté des hommes du colonel La Fontaine.Des centaines d’habitants de cette zone ont fui les violences, en direction de la localité voisine de Kayna, selon la radio. Le colonel Delphin Kahimbi, commandant en second de l’armée congolaise au Nord-Kivu, a confirmé à l’AFP ces « accrochages, qui ont commencé dès samedi et se sont intensifiés dimanche soir » et se sont poursuivis jusqu’à lundi matin, sans être en mesure de chiffrer les pertes. Les deux factions Maï Maï rivales se disputent depuis plusieurs mois le contrôle du sud du territoire de Lubero, où se trouve Kasiki.
Après des années de résistance, le colonel Jackson a accepté de rentrer dans le giron de l’armée régulière, mais ses troupes n’ont pas encore quitté leurs positions pour aller dans des camps militaires en vue de leur intégration à de nouvelles brigades, dans le cadre de la réforme en cours de l’armée. De son côté, le colonel La Fontaine tente de fédérer, depuis mars 2007, plusieurs chefs miliciens du Nord-Kivu au sein d’une coalition des Patriotes résistants congolais (Pareco), farouchement opposée au déploiement dans la région de brigades « mixées », constituées pour moitié d’ex-soldats insurgés répondant aux ordres du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda.
Après de violents combats fin 2006 entre l’armée régulière et des soldats insurgés ralliés à Nkunda, le « mixage » avait été présenté par Kinshasa comme une « solution pacifique » à la crise, après un accord avec l’ex-général, pourtant visé par un mandat d’arrêt pour des crimes de guerre commis en 2004 au Sud-Kivu voisin. Depuis le déploiement – entre janvier et mars – des brigades mixées dans les territoires de Masisi et Rutshuru, au sud du Lubero, les violences contre les civils ont décuplé au Nord-Kivu, tant du fait de rebelles hutus rwandais que de militaires des brigades mixées, selon les Nations unies. Plus de 130.000 nouveaux déplacés ont été enregistrés depuis janvier dans cette province, qui compte au total plus de 600.000 déplacés internes.










3 juillet 2007
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