Irène Masangu Kayembe, femme engagée dans l’action sociale

4 juillet 2007

Actualités

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La R.D. Congo vient d’accueillir concomitamment les plus hauts argentiers du monde: FMI, BAD, Banque mondiale – celle-ci dont la délégation était conduite par l’Américain Paul Wolfowitz lui-même et – last but not least – le Belge Louis Michel, commissaire européen au Développement. De quoi faire dire à Mme Masangu née Irène Kayembe que notre pays se trouve face à des promesses de «plusieurs milliards» de dollars qui, si elles sont tenues, vont permettre le redressement des conditions de vie de nos Concitoyens. Occasion pour «le Soft International» de lever un coin du voile d’une femme, la compagne du Gouverneur de la Banque Centrale Jean-Claude Masangu Mulongo, afin, par le jeu d’un modèle de rubrique achevé, de donner une lumière sur un couple exemplaire qui va fêter cette année un quart de siècle de vie commune sans histoire.

Avec le sérieux légendaire du «Soft International», Côté Jardin, par le repos des esprits que la rubrique permet, aide à toucher les choses à l’heure où l’être est le plus réceptif et à donner à celles-ci un sens.

Mme Masangu a, indubitablement, un trait de caractère: c’est une mère de famille modèle, une épouse attachée et attachante qui cherche à donner mais aussi à effacer une trace dans l’ombre de son Gouv’ de mari – de son «Ngouvu» de mari, pour reprendre le publicitaire et qui fait éclater tout le monde dans la famille quand le clip passe à la télé -, très certainement une grande dame que rien ne perturbe, une «Maman Calme» qui s’occupe de son mari, de ses enfants et de la pleine harmonie au sein du couple.

Cela ne l’empêche pas d’être très engagée dans le social – la promotion sociale – comme ces actions qu’elle lance en direction de la «fille d’aujourd’hui et de la femme de demain», appellation bien contrôlée de son ONG très implantée dans son Katanga natal mais aussi dans la Capitale.

«Je m’occupe de la jeune fille et de la femme parce que j’ai remarqué qu’il y avait une défaillance que je pouvais combler. J’agis donc dans le cadre de mon ONG «Filles d’aujourd’hui, femmes de demain».

Quel type de défaillances remarquez-vous?
Chez la femme, dans l’ensemble, il y a un laisser-aller qu’il faut essayer de remédier…

L’État ne remplit-il pas correctement son devoir?
Au début, l’État était bien capable. Il s’occupait de la population. Aujourd’hui, il fait face à beaucoup de problèmes qu’il doit résoudre en même temps. Dans le domaine de l’éducation, j’ai remarqué que depuis le départ des religieux, les écoles devenues laïques, font face à des difficultés.

De combien de filles et de femmes vous vous occupez?
Au début, dans le cadre de notre programme, nous avons commencé par encadrer les enfants au sein des écoles. Nous mettions en jeu des prix d’excellence décernés aux meilleurs élèves dans dix écoles du pays, cinq à Kinshasa et cinq au Katanga. Nous demandions aux directeurs d’écoles de nous communiquer les besoins de ces enfants «excellents», des besoins en uniforme ou en frais scolaires.
Nous avons aussi réfectionné l’école où j’ai fait mes études primaires. Il s’agit de l’Institut Sainte Margueritte de Luisha, dans le Katanga. Je pense qu’à ce jour, cette école offre le meilleur internat du pays. Après le départ des sœurs, Luisha a connu beaucoup de problèmes. Je me suis impliquée pour la relance de l’école. Aujourd’hui, Sainte Margueritte reprend peu à peu vie. Les laïcs n’y sont plus, les sœurs ont repris la gestion de l’école.

Pensez-vous avoir atteint vos résultats?
Je suis satisfaite du travail accompli. Ailleurs, nous nous sommes concentrés dans un petit village: cela présentait l’avantage de voir de visu nos réalisations. Le village ne disposait pas d’école. Les enfants devaient marcher sur au moins 7 km – 14 km à aller et au retour – pour joindre l’école et retourner à la maison. Nous avons construit une école dans ce village du nom de Bungu-Bungu. C’est un village situé à 85 km de Lubumbashi. Aujourd’hui, nous encadrons 354 enfants. Il faut être modeste: nous n’avons pas l’ambition de pousser plus loin – c’est fort compliqué. Notre projet ne se limite qu’à l’école primaire…

Cette disposition à aider la fille et la femme est-ce un effet de mode – étant l’épouse d’un grand commis de l’État – ou s’agit-il d’un élan du coeur très ancré en vous?
Moi, j’ai eu la chance de grandir dans de bonnes conditions. Mes parents ont bien encadré et bien éduqué leurs enfants. Aujourd’hui, je suis une femme bénie et je ne puis jouir seule de cette bénédiction. C’est donc un devoir pour moi d’aider ceux qui n’ont pas été bénis comme je l’ai été.

Vous parlez de votre éducation. Pouvez-vous dire plus, sur vous-même?
D’ici quelques années, j’aurai 50 ans. Je suis l’aînée d’une famille de 9 enfants, dont 5 filles successives. Après ce furent des garçons, quatre. Nous avons perdu l’une de nos sœurs.
L’opportunité que nos parents nous ont donnée d’avoir une bonne instruction et une bonne éducation nous a sans doute permis d’avoir aujourd’hui une certaine position dans la société. C’est grâce à cela que j’ai pu rencontrer mon mari. Nous ne nous sommes pas rencontrés par un heureux hasard. Ce fut vraiment quelque chose d’organisé par les deux familles. Nos deux familles se connaissaient très bien et elles ont décidé de notre mariage.

Ce sont vos parents qui vous ont mariés?
Ce sont eux qui nous ont fait nous rencontrer. Certes, nous avions le choix de ne pas nous aimer. Mais, nous nous sommes aimés.

Et vous coulez des jours heureux…
Nous avons maintenant huit enfants. Cette année, nous allons célébrer les 25 ans de notre mariage…

Masangu père a été et est ambassadeur. Parlez-nous de votre père?
Mon père a fait le petit et le grand séminaires, mais il n’a pu rester prêtre. Son père n’en voulait pas. Il disait que son fils devait travailler et avoir des enfants. C’est comme ça que mon père a renoncé au sacerdoce.
Il a travaillé à la SNCC, a été conseiller dans un cabinet ministériel à l’époque de la sécession du Katanga. Il a ensuite travaillé au ministère des Finances et du Budget. Ce qui nous a permis de beaucoup voyager en province. Je connais par exemple très bien le Bandundu. Aujourd’hui, il travaille à l’INS, l’Institut national de la statistique à Lubumbashi. Mon père a voulu préparer et y vivre sa retraite.

Vingt-cinq ans de mariage. Cela veut dire que vous vous êtes mariés en 1982? Votre mari venait alors de terminer ses études aux États-Unis…
C’est exact. Mon mari avait déjà, à cette époque, terminé son MBA. Il avait déjà travaillé aux États-Unis pendant un an et nous nous sommes mariés à son retour au pays. Un mois après qu’il a commencé de travailler à la Citibank Zaïre.

Il avait déjà été victime de l’accident de travail?
C’est exact. Cela s’est passé aux États-Unis. Il a eu son accident dans une usine de fonderie d’aluminium. Il a glissé et est tombé dans le four. Ses mains ont été touchées: il a eu des brûlures au troisième degré.
Il était ingénieur et travaillait déjà. Après cet accident, il a quitté la métallurgie pour retourner aux études afin de préparer la maîtrise. Il ne voulait plus travailler comme ingénieur. Il a repris les études et a regagné le pays pour travailler.

Comment avez-vous vécu cet accident?
Cela remonte à très longtemps. On se connaissait vaguement et on n’était pas fiancé. En fait, on ne se connaissait pas physiquement mais nos deux familles entretenaient déjà de très bonnes relations.

Vous êtes une femme bénie, dites-vous. Est-ce du fait d’avoir une vie bénie par Dieu ou du fait d’être l’épouse du gouverneur de la Banque Centrale?
À bien y regarder, je dirais que j’ai eu une jeunesse sans problème. Je n’ai pas souffert… J’ai eu des parents qui n’étaient pas très riches, mais qui étaient des gens bien. J’ai bien grandi et j’ai très bien fait mes études.
J’ai eu la chance d’avoir des enfants très sages et intelligents. C’est important dans la vie parce que vous pouvez avoir beaucoup d’enfants qui ne sont pas sérieux. Si tout va bien, nos deux premiers enfants vont terminer l’université l’année prochaine. Ils se sont très bien conduits à l’étranger…
Pour étudier dans les bonnes écoles, il faut que l’enfant soit d’abord intelligent. Il y a des enfants qui n’ont pu étudier malgré les moyens dont disposaient leurs parents. Je me dis que je suis une femme comblée parce que j’ai eu des enfants qui me donnent la joie de vivre. J’ai un mari qui me comble. Et je ne cesserai toute ma vie de dire merci à Dieu.
Souvent, les gens pensent à Dieu quand ils ont des problèmes. C’est quand ils souffrent qu’ils se réfugient à lui comme seul espoir. Il faut prier sans cesse pour voir la main de Dieu. Mon mari aussi a une étoile. Il a étudié certes. Mais combien ont fait des études comme lui sans avoir une bonne position sociale? En plus de ses études, Dieu lui a mis sa main.

C’est pour cela que vous remerciez Dieu chaque matin quand vous allez à l’église tous les jours à 6 heures 30’?
J’essaie d’aller tous les jours à l’église. J’ai d’e l’énergie que je peux même exporter. Certes, je ne peux ne pas aller à l’église. J’ai un programme: je vais à l’église à 6 heures 30’ et, après la messe matinale, je fais la marche à pied. Je pars de chez moi vers Batetela. Cela me prend 30 minutes.

C’est pour votre santé corporelle. Est-ce important pour vous?
Non seulement pour moi-même, c’est important pour tout être humain. À un moment, on se sent lourd et il faut se mettre à des exercices pour garder la forme. À part la marche à pied, je fais le tennis et la natation.

Quelle idée de la femme développez-vous?
Je crois que désormais, la femme ne peut plus compter uniquement sur sa beauté physique parce qu’avec l’âge qui arrive forcément, nous perdons beaucoup de notre attrait physique. La beauté que toute femme a ne suffit pas. Il faut qu’elle y ajoute l’intelligence. La femme ne doit pas seulement compter sur son corps, il faut qu’elle travaille dans tous les domaines.
Il ne s’agit pas pour elle de viser le poste de président de la République ou de celui de ministre, la femme peut travailler comme femme au foyer, maman maraîchère ou autre. La femme au foyer fait un grand travail même si ce travail n’est pas toujours rémunéré. Il faut que la femme ajoute à sa beauté l’intelligence et le travail dans n’importe quel domaine afin d’acquérir une indépendance.

Cette indépendance, l’avez-vous, Irène Masangu? Avez-vous créé des entreprises?
Je suis dans l’immobilier. Comme je ne peux pas aller en Chine ou à Dubaï comme d’autres le font, l’immobilier reste pour moi le meilleur investissement. En fait, je construis des maisons… À Kinshasa et à Lubumbashi. Je parle de petites maisons.

Cela vous rapporte-t-il de l’argent?
Je ne suis pas une personne qui aime beaucoup l’argent. Je n’ai aucun projet d’achat d’un avion. Moi, j’ai besoin du minimum, un peu au-dessus de la moyenne. J’ai juste besoin de me payer un billet d’avion aller-retour Kinshasa-Lubumbashi quand je veux. Ce ne serait pas normal que je puisse voir toujours le mari.
Quand mes parents tombent malades, par exemple, il faut que je puisse être en mesure de leur assurer les premiers soins afin de décharger mon mari. La femme, vous le savez, rencontre des problèmes après le départ du mari, divorce ou mort de celui-ci. De là, la nécessité d’avoir une activité lucrative…

Épouse du gouverneur, vous utilisez au marché les billets de banque signés de la main de votre mari. Quel effet, cela vous fait-il?
Au début, c’était drôle…

Peut-on évaluer vos avoirs? Peut-on connaître votre portefeuille?
C’est vraiment privé… Mais il faut savoir que si nous avons des biens, nous les avons eus tout au long de nos 25 ans de vie commune. Nous n’avons pas commencé notre vie avec la fonction de gouverneur.

Voulez-vous dire que vous n’avez pas épousé un patron, encore moins un grand patron?
Non. À Kinshasa, nous avons eu à monter à bord des transports en commun, des bus publics. Nous avons pris le taxi. Au départ, nous avons habité la Cité Salongo. Nous prenions la ligne 11 de la Sotraz. Petit à petit, mon mari a eu son premier crédit voiture à la Citibank, puis un crédit maison. Nous avons habité Bandal avant d’aller à Limeté, puis à Binza Pigeon.

Avez-vous déjà vu 1 million de dollars?
Un million de dollars? Non! Jamais.

Même en passant?
Jamais. Mon mari, c’est quelqu’un de très professionnel. S’il a de l’argent, c’est en écriture. Jamais en espèces.

Quel est le meilleur souvenir que vous gardez de lui?
Son attitude que je revois encore à la naissance de notre fils aîné. Quand j’ai eu cet enfant, il se trouvait en stage en Grèce dans le cadre de la Citibank. L’expression et la joie qu’il avait en retrouvant notre fils aîné, cela m’a marqué pour la vie. J’étais restée à Kinshasa et je l’ai rejoint un mois plus tard en Grèce avec le bébé. C’est cette joie d’avoir une femme qui lui a donné un bébé, que je revois. Il était si comblé qu’il m’a couvert de cadeaux de toutes sortes. Il venait de commencer à Citibank. Il n’était qu’un simple agent.

Vous, vous veniez de terminer vos études en Informatique?
Je venait d’être graduée en informatique à l’Institut supérieur des statistiques. Mais je n’ai pas pratiqué parce qu’à chaque fois j’avais soit une grossesse, soit un bébé sous le bras. J’ai en revanche, outre mon ONG, un centre d’informatique, un cybercafé à Kintambo et une maison de couture où j’encadre des filles mères.

Si on parlait politique. Avez-vous des relations personnelles avec la Première Dame?
Nous n’avons pas de relations personnelles. Nous nous sommes en revanche déjà rencontrées. C’était à Lubumbashi. Et nous avons échangé quelques idées. Je crois que d’ici peu, on pourra approfondir nos relations.

Vous êtes des voisines?
Oui, mais on ne peut pas se voir comme ça. Il faut prendre un rendez-vous. Il s’agit de la Première Dame du pays qui a de multiples occupations.

Avez-vous déjà rencontré le président de la République?
Oui.

Cela s’est-il passé dans un cadre moins officiel?
Non. Je l’ai toujours rencontré à l’occasion de cérémonies officielles.

Parlant de la femme, de la fille et de l’émancipation, que pensez-vous d’une relation à trois?
Je ne comprends pas ce que vous voulez dire.

Il y a des idées qui émergent au fur et à mesure que le monde va – et se placent. Couple entre personnes de même sexe, couple entre frère et soeur – l’inceste ne serait plus tabou -, famille à trois, à quatre…
Personnellement, je ne vis pas cette situation. Et je ne peux en parler. Depuis que je suis mariée, mon mari revient toujours à la maison. Il est tous les jours à la maison à 20 heures et, à table, à 20h30’ pour le repas du soir. Nous mangeons toujours ensemble, en famille. Après, il ne sort plus. Il n’a jamais passé une nuit hors de la maison. Il prend son petit déjeuner chaque jour à 8 h 30’. Je crois qu’il a eu une très bonne éducation. Je sais que les aventures ne manquent pas. Si j’avais à vivre cette situation, elle n’aurait aucune incidence sur notre famille.

Vous pourriez comprendre?
Si cela arrivait et que mon mari le reconnaissait, pourquoi pas? Moi, je ne veux pas vivre dans la distraction. J’ai un grand travail à faire. Les aventures des hommes sont pour moi une distraction. J’ai des devoirs et des obligations à remplir en tant que mère, épouse et être humain. Je veux me consacrer à mes objectifs et les atteindre. J’ai beaucoup d’enfants et je ne peux me laisser distraire.

Êtes-vous du genre compréhensif?
Je ne suis pas compréhensive de ce point de vue là. Je suis une femme stricte. Mon mari le sait…

Êtes-vous femme libérée ou plutôt possessive?
Je suis une femme possessive et en même temps libérée. Je ne coince pas mon mari: il est libre de faire ce qu’il veut et il me permet aussi de faire ce que je veux. Chacun de nous respecte l’autre…

Il vous permet quoi?
Quand je dois voyager ou si j’ai un programme avec mon ONG, il permet. Mais je reste dans les normes: possessive comme toute femme doit l’être.

Vous le voulez pour vous et pour vous seule?
C’est pour cela qu’on s’est marié. Ne pensez-vous pas?

Les femmes ne comprennent-elles pas qu’un homme, étant homme, il puisse lui arriver…
En général, ce sont des aventures de courte durée. Si dans mon cas, cela m’arrivait, je ne pourrais rien faire parce que ce serait une perte de temps.

Vous ne pourriez donc pas demander le divorce?
Jamais. Je suis Catholique. Une Catholique ne pourrait ni avorter ni divorcer. Mon mari aussi est Catholique. C’est pour cela que nous avons 8 enfants. Il y a beaucoup de gens qui ont avorté, mais je suis Catholique convaincue et convaincante. Je ne peux ni avorter, ni divorcer. Mon mari et moi nous nous sommes mariés pour le meilleur et pour le pire. Nous restons unis jusqu’à la fin de nos jours. Seul Dieu nous séparera.

Le monde célèbre la journée internationale de la femme. Vous avez organisé une réception à cette occasion. Avez-vous quelque chose à dire? Une vision, une ambition, un projet?
J’ai passé un message aux femmes que j’ai reçues à la maison à cette occasion. Nous devons réclamer beaucoup quant aux violences faites à la femme. Mais j’ai ajouté quelque chose: les violences faites à la femme viennent de l’éducation que la femme a donnée à l’enfant.
Ces gens qui commettent ces violences auraient dû être éduquées par une femme. Si nous les femmes avions bien éduqué nos enfants, il n’y aurait pas tant de violences faites à la femme. Même au sein de nos maisons se développe un climat d’injustice. Maman préfère le garçon. Elle lui autorise certaines choses, la fille est la mal aimée. C’est une injustice dans la famille qui doit être combattue.
Nous devons mettre tous les enfants sur un même pied d’égalité et leur accorder à tous les mêmes chances. Il y a des filles qui sont plus intelligentes que les garçons… Nous, les femmes, devons assumer nos devoirs et obligations. Et réclamer après nos droits et en jouir.

Êtes-vous êtes pour l’égalité homme-femme? La parité qui à la mode aujourd’hui, qu’en dites-vous?
Je ne suis pas pour la parité. Je demande aux femmes qui exigent la parité d’être capables pour l’assumer.

Vous pensez qu’elles ne sont pas toujours capables?
Il y a beaucoup de femmes qui sont capables. Tout le monde ne peut être capable parce qu’à un moment donné, les femmes n’ont pas étudié comme l’ont fait les hommes. Pour les femmes qui ont étudié, pour les femmes qui sont capables, c’est différent.

Aux élections, on a compté beaucoup de cadavres femmes?
C’est parce qu’on ne croit pas encore en la capacité de la femme… Avec le temps, la femme prouvera qu’elle est capable.
Je prends l’exemple de la femme qui est actuellement ministre du Portefeuille, Mme Jeannine Mabunda Lioko que je connais très bien. Elle est capable. Elle a vraiment fait ses preuves. Elle a travaillé avec mon mari à la Citibank, puis à la Banque Centrale. C’est dire qu’il y a des femmes qui sont capables.
Mais quand une femme occupe un poste, c’est mieux qu’elle garde sa dignité de femme. On nous critique souvent, nous les femmes, parce que nous perdons notre dignité en faisant n’importe quoi pour gagner un poste.

Faites-vous allusion, Madame, à «l’Opération Canapé»?
Je ne sais pas exactement cela mais la femme ne doit pas exposer son corps pour disposer d’un poste. Elle doit vendre sa tête, ses capacités intellectuelles pour mériter un poste. Non son corps.

Avez-vous quelque chose à ajouter, Madame le Gouverneur?
Je ne peux que réitérer mes conseils aux femmes. Elles ne doivent pas croiser les bras. Elles doivent vraiment se battre, pas seulement pour la parité, mais aussi pour avoir une place au soleil, chacune dans son domaine. Moi je suis présidente d’une ONG, je me bats pour que tous les projets de mon ONG soient réalisés.

Comment voyez-vous l’avenir du pays?
Je crois que notre pays est tellement riche et j’ai de la peine à voir notre population vivre dans cet état de pauvreté. J’espère personnellement qu’avec la IIIème République, un grand changement sera possible. Nous ne pouvons rien faire sans le travail. Nous devons apprendre à travailler.
L’extérieur promet de mettre beaucoup d’argent à la disposition de notre pays. J’ai entendu qu’il y aura des milliards, mais il faut que ces milliards soient bien gérés pour que notre pays décolle.

Ces derniers temps, il y a beaucoup de délégations qui séjournent à Kinshasa. Voyez-vous de moins en moins votre mari ou est-il toujours là à 20 heures devant son assiette?
Non, il revient plus tard.

Je vous remercie Madame. 

 

Écrit par Le Soft International    

 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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