Un jeune Congolais, créateur d’une entreprise montante de vêtements au Canada

4 juillet 2007

Interview

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Écrit par www.sansfacon.ca    

01-06-2007 


Je m’appelle Dimitri Boweya-Ngombo. Je suis d’origine congolaise. J’ai fait des études Latin Philosophie au Collège Boboto à Kinshasa. J’ai quitté le Congo pour la Belgique où je devais entamer des études de Droit. Malheureusement suite à quelques difficultés financières, j’ai dû interrompre mes études à mi-chemin.  En 1996, je quitte l’Europe pour venir rejoindre ma famille ici au Canada. A mon arrivée, c’était le choc des cultures car ma maîtrise de la langue était fort rudimentaire. Je me rappelle que pendant les rudes hivers je passais mes journées entre quatre murs devant radio et télé sans comprendre ce qui se racontait. J’ai appris la langue en allant à l’école le matin puis le soir nettoyer cuisines et toilettes d’un grand hôtel de la place. J’ai décroché mon premier emploi en tant que col blanc quelques mois plus tard et j’y suis resté jusqu’en l’an dernier. Aujourd’hui à 34 ans, je travaille comme homme d’affaires a temps plein. Depuis 2002, je suis aussi co-propriétaire d’une entreprise audio visuelle du nom d’Amen Productions. Et depuis octobre de l’an dernier, je suis fondateur et président d’une compagnie de vêtements du nom de Sans Façon.
Je suis marié et bientôt papa. Chrétien, je sers auprès d’une assemblée anglophone du nom de Rhema Christian Ministries en qualité de ministre. En attendant l’heure du pastorat, j’exhorte quand l’occasion se présente et rédige des messages qui sont publiés sur notre site web.

J’aime la politique, la philosophie, et l’Homme au sens générique du terme.

2. Quel est votre principal objectif en tant qu’être humain sur terre ? Comment définissez-vous votre mission sur terre ?

Mon objectif principal a toujours été de bien représenter l’Afrique d’où je viens. Mais attendu que j’évolue dans les milieux anglophones, ce souci s’est vite mué en besoin de bien représenter l’Afrique francophone. Et derrière des gens comme Margery Steele, j’entends moi aussi laisser une empreinte dans l’histoire de la haute couture en Amérique du Nord.
Ma mission est semblable à celle de tout autre chrétien : évangélique. Prêcher au travers des talents entre mes mains: la haute couture et l’audio visuel. Dans ce dernier point, je m’inspire du phénomène « chitling circuit » aux Etats-Unis où le noir a montré que notre manière d’interpréter la réalité a aussi droit au chapitre à Hollywood.
En Amérique du Nord, je sers d’interprète pour les gens de ma culture tout comme Armani interprète ses racines italiennes ou encore Spike Lee ses origines et positions afro-américaines.
Dieu a voulu que je sois né en Afrique et ce n’était pas un hasard. C’est parce qu’Il voulait m’utiliser comme ambassadeur de la terre de mes ancêtres dans cette partie du globe.
Ma mission dans cette optique est non seulement de faire la fierté des miens mais aussi celle de trouver des voies et moyens pour répondre aux besoins de ceux qui n’ont pas eu accès aux mêmes opportunités que moi.
Car, d’après un rapport de la Banque Mondiale, d’ici 2030 la population mondiale va atteindre 9 milliards et 90% de cette population sera dans les pays en voie de développement comme le Congo… 

3. Quel a été votre parcours ? Quels sont les obstacles que vous avez rencontrés et comment les avez vous surmontés?

Mon parcours dans la création de ces deux entreprises a été quelque peu particulier. J’aime vendre et parler aux gens. En créant mes deux entreprises, l’aspect ventes était plus ou moins facile, mais c’est l’intégration dans les milieux d’affaires anglophones qui a été le plus dur à surmonter.
Au fil du temps, je me rends compte que les anglophones sont moins intolérants que les francophones envers ceux pour qui l’anglais n’est pas la langue maternelle. Mes barrières étaient plus psychologiques que réelles. L’anglophone lui est pragmatique: il veut des résultats et veut parler à un expert plutôt qu’avec un pédant qui ignore tout de ce dont il parle.
Je lis beaucoup et je passe beaucoup d’heures à étudier mes marchés. Alors quand je prends la parole, l’anglophone me prête son oreille.

4. Quels sont les principes qui vous guident dans la vie et avez vous été tenté de les compromettre ?« Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. » Jusqu’ici je suis demeuré fidèle a ce principe.
En fait, je n’ai pas le choix. Car, chaque jour qui passe Dieu me rappelle que l’argent que je mets de côté pour les défavorisés rachète ce temps qui leur serait autrement perdu. Il est vrai que souvent c’est difficile surtout lorsqu’il y a d’autres obligations à respecter: les taxes du gouvernement, les employés, les fournisseurs, mes obligations envers la maison de Dieu, et ma famille.
Mais, je continue à contribuer 5$ -sur chaque écharpe vendue- vers une mission en République Dominicaine. Car, lorsque je n’ai plus le courage de continuer; ce sont les voix de ces orphelins qui de loin me donnent un second souffle. 

5. Quelle est votre vision pour les dix années à venir? Et quel est votre message d’encouragement pour notre génération ?

Au travers de Sans Façon et Amen Productions, établir des marques mondialement reconnues au même titre que Nike et par la grâce de Dieu commencer à bâtir en Afrique quelque chose de plus grand que ce que mon grand frère Dikembe Mutombo a bâti au Congo.
Mon message d’encouragement pour ma génération est très simple: l’argent sans l’humanitaire c’est du vol, non pas seulement vis-à-vis de soi mais aussi et surtout des autres autour de soi. Car, en limitant l’argent à l’assouvissement de ses propres besoins personnels, on limite aussi tout ce que Dieu aurait pu faire au travers de nous. J’ai bâti ma seconde entreprise au lendemain d’un licenciement surprise. J’ai été renvoyé vers ma femme -enceinte!- sans un sou. Mais en créant mon entreprise, Dieu a ordonné mes pas en ce sens que tout s’est fait avec le concours de nombreux talents qui n’ont demandé d’autre compensation que celle de participer à ma vision.
La vision est plus importante que l’argent en soi. Ne demande pas à Dieu de l’argent mais demande une vision qui peut avoir un impact sur la communauté. Car, l’argent seul peut nourrir ta famille et seulement pour un temps limité. Alors qu’une vision peut nourrir non seulement ta propre famille mais aussi les étrangers autour de toi. Et ce, pendant de très longues années.  

 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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