Passer d´une économie de guerre à une économie de paix

10 juillet 2007

Actualités

Voilà le résumé d’une publication que nos amis et collègues de

Ökumenishes Netz Zentralafrika veulent partager avec nous.

L´étude présente différentes entreprises allemandes travaillant dans des

secteurs déterminants pour l´économie du Congo. Elle éclaire

pertinemment sur leurs comportements pendant la guerre civile et leur

contribution effective et possible pour faire évoluer la République

Démocratique du Congo d´une économie de guerre à une économie de paix.

Pour des renseignements supplémentaires, n’hésitez pas à contacter Dr

Karin Müller à office@oenz.de ou consultez le site www.oenz.de – Source: Eurac

Les entreprises allemandes au Congo 

Après des décennies de guerres et de démantèlements étatiques , la République Démocratique 

du Congo se trouve dans une phase de reconstruction. Les processus de réformes commencés 

qui doivent maintenant être aménagés avec un gouvernement élu, n´en sont malgré tout 

encore qu´au début dans le domaine de la réglementation et de la lutte contre la pauvreté et 

sont massivement soutenus par des investisseurs internationaux. Mais il est encore impossible 

pour le moment de prévoir leur réussite. 

La responsabilité de réalisation du processus de reconstruction appartient en premier lieu au 

gouvernement congolais. Cependant dans cette situation une grande responsabilité revient aux 

entreprises et investisseurs étrangers. La société congolaise attend de ces derniers qu´ils 

jouent non seulement un rôle économique mais aussi un rôle politique et social déterminant. 

Cette étude explique clairement quelles sont les attentes réelles envers les entreprises. 

Quelle marge de manœuvre ont les entreprises pour assurer efficacement la transition d´une 

économie de guerre à une économie de paix ? Ceci est une question centrale pour le Réseau 

Oecuménique d´Afrique centrale et pour le Forum des Droits de l´Homme. La sécurité 

juridique, le respect, la protection et la promotion des droits de l´Homme sont d´une 

importance capitale puisque la paix a besoin des droits de l´Homme et inversement. 

La défense des droits de l´Homme aussi bien civiques, politiques qu´ économiques, sociaux et 

culturels est certes une tâche principalement nationale, mais pas seulement. La déclaration des 

droits de l´Homme fait remarquer d´ores et déjà dans son préambule la responsabilité de 

« tous les organes de la société ». Les entreprises en font partie. De plus en plus d´entreprises 

reconnaissent cette responsabilité. Mais qui, toutefois demande à ceux qui violent les droits de 

l´Homme, ceux qui soutiennent tacitement ou ceux qui en tirent profit de s´expliquer? D´après 

un rapport d´expertise des Nations-Unies, beaucoup de ces profiteurs travaillaient dans la 

République Démocratique du Congo. Jusqu´à présent il manque d´instruments internationaux 

efficaces qui garantissent que chacun soit évalué de la même manière. Si une entreprise prend 

ou non ses responsabilités relatives aux droits de l´Homme est jusqu´ici toujours largement 

laissé aux codes volontaires de conduite et aux conventions multinationales. 

L´étude présente différentes entreprises allemandes travaillant dans des secteurs déterminants 

pour l´économie du Congo. Elle éclaire pertinemment sur leurs comportements pendant la 

guerre civile et leur contribution effective et possible pour faire évoluer la République 

Démocratique du Congo d´une économie de guerre à une économie de paix. 

Les entreprises au Congo 

La forêt pluviale/Siforco 

La déforestation d´une part menaçante et d´autre part déjà réalisée de la forêt pluviale 

congolaise signifie également une intervention importante dans l´habitat naturel de ses 

habitants. Une nouvelle loi forestière a toutefois été adoptée en 2002 grâce à un fort soutien 

aussi bien de fond que financier de la part de la Banque Mondiale mais sans participation des 

communautés locales. Les mécanismes de transposition relatifs sont actuellement mis en 

place pas à pas. L’objectif de cette réforme dans le secteur sylvicole est l´exploitation durable 

de la forêt, l’augmentation des revenus de l’état, donc par cela la lutte contre la pauvreté et la 

poursuite du développement du pays. Parallèlement à l´introduction de cette loi forestière, un 

moratoire a été publié sur la poursuite de l´octroi de nouvelles concessions aussi bien qu´un 

examen de légalité par rapport aux concessions déjà existantes. Celui ci ne sera apparemment 

pas respecté. Conformément à une nouvelle loi forestière, les concessionnaires doivent alors 

négocier avec les communautés locales pour déterminer les performances de développement 

que doivent fournir les entreprises. C´est cependant un commerce aux conditions initiales très 

inégales puisque les communautés locales n´ont pas été et ne sont pas incluses dans le 

processus de réforme du secteur sylvicole et ont encore moins été informées des performances 

qu´elles pouvaient au moins exiger. Le fait que les intérêts des entreprises et des populations 

ne coïncident pas est pour le moins évident. 

Siforco qui est une filiale du groupe allemand Danzer est la plus grande entreprise travaillant 

le bois au Congo et un des plus grands propriétaires de concession dans la forêt pluviale 

congolaise. D´autre part, la scierie de Siforco au Maluku est le plus gros investissement 

allemand au Congo. L´influence de Siforco sur la manière d´exploiter économiquement la 

forêt tropicale, sur les rapports de force dans ses secteurs de concession et aussi sur la future 

politique forestière congolaise est considérable. Siforco est un adversaire déterminant de la 

politique forestière en vigueur. L´entreprise par contre fait des efforts pour renforcer son 

engagement social auquel en outre d´après la loi forestière elle est obligée et augmenter sa 

crédibilité écologique par une certification après du Forest Stewardship Council (FSC) . La 

relation de Siforco entre les organisations congolaises et des fractions de la population n´en 

reste pas moins conflictuelle. Mais ce que la transposition de mécanismes internationaux de 

certification pourrait représenter aussi pour les particuliers au Congo n´est pas encore clair. 

Banques/Procrédit 

Dans la République Démocratique du Congo, aucune institution bancaire ne fonctionne 

correctement. Alors que justement dans les petites entreprises, le besoin d´un secteur financier 

fonctionnant et fiable est immense. Même les microcrédits existants ne couvrent pas ce 

besoin. 

Après seulement deux ans d´activité, Procrédit est devenu la banque ayant la plus grosse 

clientèle du Congo. C´est une filiale de Procredit-Holding, en partie allemand et à laquelle 

KfW participe aussi. Ses crédits pour les petites entreprises sont donnés d´après des échelles 

strictes qui correspondent à des aspects rentables ainsi qu´à l´évaluation d´une compatibilité 

des droits de l´Homme et droits sociaux. 

Médicaments/Pharmakina 

Le Congo ne dispose d´aucune santé publique fonctionnelle. La population souffre 

énormément dans les secteurs de guerre de la propagation sans fin d´épidémies curables. Il y 

a une forte demande de médicaments abordables et sûrs qui ne peut être totalement couverte 

par des œuvres caritatives et par le gouvernement. 

La Pharmakina allemande à Bukavu à l´est du Congo est le premier fournisseur sur le marché 

de médicaments contre la malaria. La Pharmakina a développé et diversifié sa production 

pendant les années de guerre. Des médicaments contre le Sida sont fabriqués depuis 2005 

avec un partenariat public-privé avec le gouvernement fédéral. Ceux-ci ne peuvent toutefois 

pas encore être vendus puisqu´il manque la permission de l´OMS. 

L´entreprise a été et continue à être handicapée dans son activité par la guerre et un arbitrage 

national. Son activité n’est pas encore intégrée dans les cadres d’une nouvelle santé publique 

congolaise ou d’une nouvelle politique de développement régionale au Bukavu. Pharmakina 

est la seule des entreprises domiciliées au Congo qui soit membre de Global Compact. 

Industrie minière/Somikivu 

L´industrie minière extractive est l´épine dorsale de l’économie congolaise. La suppression 

industrielle du minerai de Nobium Pyrochlore dans la mine de Luesche à l´Est du Congo par 

l´entreprise allemande Somikivu, a été pendant la guerre un facteur d´exportation important. 

La direction allemande sur place était également active dans le commerce de minerais de 

tantale (Coltan), ce qui a entraîné des impasses politiques compliquées, de sorte que la mine 

de pyrochlore de Luesche a ajusté la production à la fin de guerre. La direction d´entreprises 

est passée à un entrepreneur local qui administre l’entreprise d´après ses propres convenances. 

L´entreprise reste malgré tout la propriété allemande. 

Energie/Inga-Damm und Kivu-See 

Le manque en alimentation énergétique est un des plus grands obstacles techniques pour un 

essor économique dans la République Démocratique du Congo. 

La maintenance et l’élargissement des barrages de l´Inga en aval du fleuve du Congo ainsi que 

l’utilisation des gisements de gaz de méthane dans le Kivu-See à la frontière Est du pays sont 

considérés comme deux projets futurs pour une augmentation de la production d’électricité du 

Congo. Des firmes consultantes et des techniciens compétents dirigent la réalisation de ces 

projets. 

Les projets s’insèrent tous les deux étroitement dans un modèle, selon lequel les pays voisins 

de la République Démocratique du Congo profiteraient également du potentiel énergétique 

élevé du pays, seraient donc un élément de coopération régionale, mais également un foyer 

potentiel de nouvelles tensions face aux ressources. 

Conclusions 

Les cinq différents exemples montrent l´importance majeure d´un engagement économique 

pour la reconstruction de la République démocratique du Congo. C´est pourquoi le 

gouvernement fédéral et l´économie allemande devraient considérer dans toute sa complexité 

la coopération au développement allemande avec la République Démocratique du Congo, les 

institutions privées allemandes et les initiatives privées au Congo. Un dialogue entre les 

institutions et les initiatives respectives est ici essentiel. Afin de soutenir de manière efficace 

la population congolaise dans son développement, une synergie entre les initiatives privées et 

publiques allemandes et congolaises doit être réalisée. La coopération conceptuelle avec 

l´économie privée, notamment dans la politique de développement, d´énergie et climatique 

devrait être aménagée ainsi qu´être étendue à la promotion d´un développement durable dans 

les pays en voie de développement. Les exemples de Siforco et de Pharmakina montrent à 

quel point il est important que le gouvernement fédéral s´engage à l´échelle mondiale et tout 

particulièrement la Banque Mondiale. 

office@oenz.de 

www.oenz.de 

 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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