Voilà le résumé d’une publication que nos amis et collègues de
Ökumenishes Netz Zentralafrika veulent partager avec nous.
L´étude présente différentes entreprises allemandes travaillant dans des
secteurs déterminants pour l´économie du Congo. Elle éclaire
pertinemment sur leurs comportements pendant la guerre civile et leur
contribution effective et possible pour faire évoluer la République
Démocratique du Congo d´une économie de guerre à une économie de paix.
Pour des renseignements supplémentaires, n’hésitez pas à contacter Dr
Karin Müller à office@oenz.de ou consultez le site www.oenz.de – Source: Eurac
Les entreprises allemandes au Congo
Après des décennies de guerres et de démantèlements étatiques , la République Démocratique
du Congo se trouve dans une phase de reconstruction. Les processus de réformes commencés
qui doivent maintenant être aménagés avec un gouvernement élu, n´en sont malgré tout
encore qu´au début dans le domaine de la réglementation et de la lutte contre la pauvreté et
sont massivement soutenus par des investisseurs internationaux. Mais il est encore impossible
pour le moment de prévoir leur réussite.
La responsabilité de réalisation du processus de reconstruction appartient en premier lieu au
gouvernement congolais. Cependant dans cette situation une grande responsabilité revient aux
entreprises et investisseurs étrangers. La société congolaise attend de ces derniers qu´ils
jouent non seulement un rôle économique mais aussi un rôle politique et social déterminant.
Cette étude explique clairement quelles sont les attentes réelles envers les entreprises.
Quelle marge de manœuvre ont les entreprises pour assurer efficacement la transition d´une
économie de guerre à une économie de paix ? Ceci est une question centrale pour le Réseau
Oecuménique d´Afrique centrale et pour le Forum des Droits de l´Homme. La sécurité
juridique, le respect, la protection et la promotion des droits de l´Homme sont d´une
importance capitale puisque la paix a besoin des droits de l´Homme et inversement.
La défense des droits de l´Homme aussi bien civiques, politiques qu´ économiques, sociaux et
culturels est certes une tâche principalement nationale, mais pas seulement. La déclaration des
droits de l´Homme fait remarquer d´ores et déjà dans son préambule la responsabilité de
« tous les organes de la société ». Les entreprises en font partie. De plus en plus d´entreprises
reconnaissent cette responsabilité. Mais qui, toutefois demande à ceux qui violent les droits de
l´Homme, ceux qui soutiennent tacitement ou ceux qui en tirent profit de s´expliquer? D´après
un rapport d´expertise des Nations-Unies, beaucoup de ces profiteurs travaillaient dans la
République Démocratique du Congo. Jusqu´à présent il manque d´instruments internationaux
efficaces qui garantissent que chacun soit évalué de la même manière. Si une entreprise prend
ou non ses responsabilités relatives aux droits de l´Homme est jusqu´ici toujours largement
laissé aux codes volontaires de conduite et aux conventions multinationales.
L´étude présente différentes entreprises allemandes travaillant dans des secteurs déterminants
pour l´économie du Congo. Elle éclaire pertinemment sur leurs comportements pendant la
guerre civile et leur contribution effective et possible pour faire évoluer la République
Démocratique du Congo d´une économie de guerre à une économie de paix.
Les entreprises au Congo
La forêt pluviale/Siforco
La déforestation d´une part menaçante et d´autre part déjà réalisée de la forêt pluviale
congolaise signifie également une intervention importante dans l´habitat naturel de ses
habitants. Une nouvelle loi forestière a toutefois été adoptée en 2002 grâce à un fort soutien
aussi bien de fond que financier de la part de la Banque Mondiale mais sans participation des
communautés locales. Les mécanismes de transposition relatifs sont actuellement mis en
place pas à pas. L’objectif de cette réforme dans le secteur sylvicole est l´exploitation durable
de la forêt, l’augmentation des revenus de l’état, donc par cela la lutte contre la pauvreté et la
poursuite du développement du pays. Parallèlement à l´introduction de cette loi forestière, un
moratoire a été publié sur la poursuite de l´octroi de nouvelles concessions aussi bien qu´un
examen de légalité par rapport aux concessions déjà existantes. Celui ci ne sera apparemment
pas respecté. Conformément à une nouvelle loi forestière, les concessionnaires doivent alors
négocier avec les communautés locales pour déterminer les performances de développement
que doivent fournir les entreprises. C´est cependant un commerce aux conditions initiales très
inégales puisque les communautés locales n´ont pas été et ne sont pas incluses dans le
processus de réforme du secteur sylvicole et ont encore moins été informées des performances
qu´elles pouvaient au moins exiger. Le fait que les intérêts des entreprises et des populations
ne coïncident pas est pour le moins évident.
Siforco qui est une filiale du groupe allemand Danzer est la plus grande entreprise travaillant
le bois au Congo et un des plus grands propriétaires de concession dans la forêt pluviale
congolaise. D´autre part, la scierie de Siforco au Maluku est le plus gros investissement
allemand au Congo. L´influence de Siforco sur la manière d´exploiter économiquement la
forêt tropicale, sur les rapports de force dans ses secteurs de concession et aussi sur la future
politique forestière congolaise est considérable. Siforco est un adversaire déterminant de la
politique forestière en vigueur. L´entreprise par contre fait des efforts pour renforcer son
engagement social auquel en outre d´après la loi forestière elle est obligée et augmenter sa
crédibilité écologique par une certification après du Forest Stewardship Council (FSC) . La
relation de Siforco entre les organisations congolaises et des fractions de la population n´en
reste pas moins conflictuelle. Mais ce que la transposition de mécanismes internationaux de
certification pourrait représenter aussi pour les particuliers au Congo n´est pas encore clair.
Banques/Procrédit
Dans la République Démocratique du Congo, aucune institution bancaire ne fonctionne
correctement. Alors que justement dans les petites entreprises, le besoin d´un secteur financier
fonctionnant et fiable est immense. Même les microcrédits existants ne couvrent pas ce
besoin.
Après seulement deux ans d´activité, Procrédit est devenu la banque ayant la plus grosse
clientèle du Congo. C´est une filiale de Procredit-Holding, en partie allemand et à laquelle
KfW participe aussi. Ses crédits pour les petites entreprises sont donnés d´après des échelles
strictes qui correspondent à des aspects rentables ainsi qu´à l´évaluation d´une compatibilité
des droits de l´Homme et droits sociaux.
Médicaments/Pharmakina
Le Congo ne dispose d´aucune santé publique fonctionnelle. La population souffre
énormément dans les secteurs de guerre de la propagation sans fin d´épidémies curables. Il y
a une forte demande de médicaments abordables et sûrs qui ne peut être totalement couverte
par des œuvres caritatives et par le gouvernement.
La Pharmakina allemande à Bukavu à l´est du Congo est le premier fournisseur sur le marché
de médicaments contre la malaria. La Pharmakina a développé et diversifié sa production
pendant les années de guerre. Des médicaments contre le Sida sont fabriqués depuis 2005
avec un partenariat public-privé avec le gouvernement fédéral. Ceux-ci ne peuvent toutefois
pas encore être vendus puisqu´il manque la permission de l´OMS.
L´entreprise a été et continue à être handicapée dans son activité par la guerre et un arbitrage
national. Son activité n’est pas encore intégrée dans les cadres d’une nouvelle santé publique
congolaise ou d’une nouvelle politique de développement régionale au Bukavu. Pharmakina
est la seule des entreprises domiciliées au Congo qui soit membre de Global Compact.
Industrie minière/Somikivu
L´industrie minière extractive est l´épine dorsale de l’économie congolaise. La suppression
industrielle du minerai de Nobium Pyrochlore dans la mine de Luesche à l´Est du Congo par
l´entreprise allemande Somikivu, a été pendant la guerre un facteur d´exportation important.
La direction allemande sur place était également active dans le commerce de minerais de
tantale (Coltan), ce qui a entraîné des impasses politiques compliquées, de sorte que la mine
de pyrochlore de Luesche a ajusté la production à la fin de guerre. La direction d´entreprises
est passée à un entrepreneur local qui administre l’entreprise d´après ses propres convenances.
L´entreprise reste malgré tout la propriété allemande.
Energie/Inga-Damm und Kivu-See
Le manque en alimentation énergétique est un des plus grands obstacles techniques pour un
essor économique dans la République Démocratique du Congo.
La maintenance et l’élargissement des barrages de l´Inga en aval du fleuve du Congo ainsi que
l’utilisation des gisements de gaz de méthane dans le Kivu-See à la frontière Est du pays sont
considérés comme deux projets futurs pour une augmentation de la production d’électricité du
Congo. Des firmes consultantes et des techniciens compétents dirigent la réalisation de ces
projets.
Les projets s’insèrent tous les deux étroitement dans un modèle, selon lequel les pays voisins
de la République Démocratique du Congo profiteraient également du potentiel énergétique
élevé du pays, seraient donc un élément de coopération régionale, mais également un foyer
potentiel de nouvelles tensions face aux ressources.
Conclusions
Les cinq différents exemples montrent l´importance majeure d´un engagement économique
pour la reconstruction de la République démocratique du Congo. C´est pourquoi le
gouvernement fédéral et l´économie allemande devraient considérer dans toute sa complexité
la coopération au développement allemande avec la République Démocratique du Congo, les
institutions privées allemandes et les initiatives privées au Congo. Un dialogue entre les
institutions et les initiatives respectives est ici essentiel. Afin de soutenir de manière efficace
la population congolaise dans son développement, une synergie entre les initiatives privées et
publiques allemandes et congolaises doit être réalisée. La coopération conceptuelle avec
l´économie privée, notamment dans la politique de développement, d´énergie et climatique
devrait être aménagée ainsi qu´être étendue à la promotion d´un développement durable dans
les pays en voie de développement. Les exemples de Siforco et de Pharmakina montrent à
quel point il est important que le gouvernement fédéral s´engage à l´échelle mondiale et tout
particulièrement la Banque Mondiale.
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10 juillet 2007
Actualités