
Le président du Rwanda, Paul Kagame a déploré mardi à Kigali « la lenteur ou le manque de coopération » de plusieurs Etats, dont la France, qui abritent des personnes soupçonnées d’implication dans le génocide de 1994 au Rwanda. Dans certains pays, « les principaux auteurs du génocide circulent librement », a affirmé M. Kagame lors de sa conférence de presse mensuelle.
Selon Kigali, au moins 44.204 Rwandais présumés génocidaires vivent librement à l’étranger, notamment en Europe.
« Au cas où ils (des Etats) ne se sentiraient pas capables de juger ces auteurs du génocide, nous leur demanderions de les extrader au Rwanda pour qu’ils soient jugés sur les lieux du crime », a déclaré le chef de l’Etat rwandais.
Kigali espère « un geste de bonne volonté » de la part de ces pays afin que tous les suspects puissent être traduits devant la justice, ajouté M. Kagame.
Un Rwandais, reconnu coupable par contumace de participation au génocide de 1994, Isaac Kamali, a été arrêté en juin en France alors qu’il rentrait des Etats-Unis, en possession d’un passeport francais.
M. Kagame, qui accuse régulièrement Paris d’avoir joué un rôle dans le génocide de 1994, ce que la France dément, a exprimé mardi des doutes quant à une éventuelle extradition de M. Kamali vers le Rwanda.
Le Rwanda s’est engagé dans un processus visant à l’abolition de la peine de mort pour tous les crimes, y compris de génocide. Cette mesure vise à rassurer les pays qui ont peur d’extrader vers le Rwanda des personnes accusées de participation aux massacres de 1994, par crainte qu’elles soient condamnées à la peine capitale.
Les principaux responsables présumés du génocide de 1994 sont jugés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) basé a Arusha, dans le nord de la Tanzanie. Le génocide au Rwanda a fait, selon l’ONU, environ 800.000 morts, essentiellement au sein de la minorité tutsie.










11 juillet 2007
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