Après 15 jours de suspension, les audiences ont repris devant le tribunal militaire de garnison de Bukavu, capitale du Sud-Kivu, dans une atmosphère tendue et devant un public nombreux, a constaté un correspondant de l’AFP.
L’auditeur (procureur) militaire a présenté huit nouveaux suspects, des civils interpellés récemment, qui ont rejoint dans le box des accusés deux militaires arrêtés au lendemain du crime.
Quatre hommes sont accusés d’ »entretien de bande armée » et d’ »assassinat » et les deux témoins du crime et amis de la victime comparaissent pour « association de malfaiteurs dans le but de préparer un assassinat ».
Deux femmes comparaissent aussi, l’une en raison de ses relations avec les présumés assassins et l’autre pour avoir vendu du chanvre à ces derniers.
Serge Maheshe, 31 ans, a été abattu par deux inconnus à Bukavu, alors qu’il s’apprêtait à monter dans sa voiture de service, marquée du sigle des Nations unies. Les tueurs se sont enfuis sans tenter d’ouvrir le feu sur les deux amis du journaliste, Serge Mohima et Alain Shamavu, qui se trouvaient à ses côtés.
Dès le lendemain du crime, la police a arrêté 19 personnes, dont deux militaires présentés comme les assassins présumés et qui ont été traduits le soir même devant un tribunal militaire.
La précipitation de la justice militaire avait été vivement dénoncée par des ONG de défense des droits de l’Homme. Le procès avait ensuite été ajourné à plusieurs reprises, pour permettre des compléments d’enquête.
Les deux témoins et amis de la victime ont été arrêtés le 30 juin, après avoir été désignés comme les commanditaires du crime par les autres civils incarcérés, dont plusieurs auraient avoué leur implication dans l’assassinat.
En dépit d’accusations jugées « invraisemblables » par leurs avocats, MM. Mohima et Shamavu ont été inculpés et incarcérés à la prison centrale de Bukavu.
Leurs avocats ont demandé mercredi la libération provisoire de leurs clients, une requête rejetée par le tribunal.
Par ailleurs, l’ensemble des avocats des accusés civils ont demandé à ce que leurs clients comparaissent devant une juridiction civile, estimant « incompétent » le tribunal militaire de garnison de Bukavu, sans obtenir de réponse pour le moment.
Le procès devrait se poursuivre dans les jours qui viennent.










12 juillet 2007
Actualités