Message aux Grandes Puissances:SUR LE REGIME DE PAUL KAGAME AU RWANDA

14 juillet 2007

Au fil des jours

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Le document qui suit est le témoignage d’un citoyen rwandais qui ne pourrait pas signer sans se mettre en danger. Le langage est celui d’une plainte qui dénonce les causes qui sont à l’origine des souffrances du peuple et qui veut indiquer aux Grandes Puissances le chemin d’une vraie implication dans la pacification de l’Afrique des Grands Lacs.

 

1. SURVIVRE DANS LA PEUR

Visite au gacaca

Inspirés de la tradition rwandaise, animés par des magistrats non professionnels et financés par la Communauté Internationale, les gacaca (prononcer gatchatcha) sont chargés de juger la plupart des responsables présumés du génocide de 1994. On a fait recours à cet ancien système de résolution des controverses dans le but déclaré de réconcilier le peuple rwandais dans la vérité et diminuer le nombre des prisonniers accusés de génocide dont regorgeaient les prisons.[1] La réalité est bien différente. Aux gacaca, les mensonges, l’esprit de vengeance et les emprisonnements injustes sont en train de rouvrir les cicatrices et de semer la haine ethnique, au profit du pouvoir en place. Selon des voix qui courent, des difficultés financières obligeraient les gacaca à conclure leurs travaux cette année-ci, au lieu de la prochaine. Ainsi, le pouvoir est en train de foncer, afin de mettre rapidement en prison tous ceux qu’il vise. C’est comme une explosion, on emprisonne à tort et à travers. Des gens qui ont sauvé des vies sont accusés de les avoir tuées. Si un rescapé[2] a quelque chose contre un Hutu, il peut l’accuser au gacaca de n’importe quoi. C’est une semaine avant le procès qu’on avertit la personne qu’elle est accusée et qu’elle doit comparaître au gacaca, sans lui dire la cause. Il ne lui reste que de chercher des amis qui puissent témoigner à décharge et aller comparaître, mais il est presque inutile de les amener, car au gacaca il existe seulement le devoir d’accuser. Les neuf juges sont assis sur une rangée. On appelle les accusés selon l’ordre de la liste qui a été préparée. L’accusé entre et s’arrête devant les juges. Derrière lui, la foule assise sur l’herbe. Quelqu’un est déjà préparé pour l’accuser, on dit « pour le charger ». Si l’accusé cherche à se défendre, dans l’assemblée d’autres gens sont préparés pour crier, l’insulter et l’empêcher de parler. Ceux qui voudraient le défendre sont indignés, mais ne peuvent rien dire, ou, s’ils essaient de dire quelque chose, leur voix est couverte par les réactions du groupe qui soutient l’accusation.  Des gens sont préparés aussi pour malmener les gens qui réagissent indignés. Dans le gacaca il n’y a pas d’avocat, ni de possibilité de faire recours à la justice ordinaire. 

Parmi les juges, il y a des secrétaires, qui n’écrivent que les témoignages à charge. Ensuite, les juges se réunissent dans une chambre pour « étudier le dossier » et « porter jugement ». Ils y restent normalement une vingtaine de minutes, après quoi, ils reviennent et, pour la plupart des cas, ils disent: «Vous n’avez pas gagné le procès et vous êtes condamné». Normalement il s’agit d’une condamnation à 25-30 ans de prison. La police est là et observe, de même que la « local defense », qui, si l’accusé est condamné, l’arrête immédiatement, le transfère à la brigade et le lendemain à la prison. Le condamné peur recourir à un gacaca de niveau supérieur, mais souvent inutilement, c’est pourquoi beaucoup y renoncent. Il peut arriver qu’une famille riche donne de l’argent aux juges, aux policiers et alors on peut espérer en un acquittement. Une femme a vendu sa maison pour que son mari soit acquitté. Ce sont des cas rares. Plusieurs femmes et filles acceptent des relations sexuelles avec les chefs civils et militaires, pour sauver leurs familiers. Pendant les trois mois que les prisonniers libérés passent dans les Centres de rééducation (« Ingando »), on leur demandera, entre autre, d’éviter des querelles avec leurs femmes violées par ces chefs.  Tout Hutu cité dans les enquêtes est présumé coupable et trouver des témoins à décharge est très difficile, à cause du climat d’intimidation. Si au gacaca on demande à un juge hutu de présider le procès et qu’il pose des questions pour connaître la vérité, il sera facilement accusé d’avoir accepté la corruption, ou bien de divisionnisme, de minimiser le génocide ou d’idéologie génocidaire et mis en prison. : « C’est un Hutu – dira-t-on – qui veut protéger les gens de son ethnie ». Ainsi, ont été injustement emprisonnés quatre Présidents Hutu des gacaca. Le gacaca est l’un des moyens utilisés par le FPR, dirigé par Paul Kagame, pour neutraliser toute personne ne partageant pas son idéologie. « Watawaondoa wabaya wote !  » (on enlèvera tous les méchants !), déclare-t-on dans l’armée rwandaise, désormais appelée RDF (Rwandan Defense Force).   

Un peuple opprimé

En arrivant au Rwanda, on peut s’étonner de certains progrès réalisés: les routes principales bien entretenues, l’ordre et la propreté des centres ville, la construction d’édifices nouveaux, la diffusion de l’informatique, la discipline de l’armée et de la police … Ce sont des progrès réalisés surtout avec l’aide internationale et par l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RDCongo, comme prouvé dans les différents rapports de l’Onu. Souvent il ne s’agit que d’une apparence qui cache mal la peur et la pauvreté des populations des périphéries et des villages. - Les Hutu sommes soupçonnés à chaque instant : les intimidations, les arrestations arbitraires, les enlèvements des Hutu sont monnaie courante au Rwanda. Plusieurs rwandais opposants ou riches, faussement accusés d’être des collaborateurs des FDLR ou d’autres forces d’opposition en exil, sont arrêtés arbitrairement ou enlevés. La plupart des prisonniers libérés par l’arrêt présidentiel (les malades, afin qu’ils ne meurent pas en prison et les « ndemeye », ceux qui ont accepté d’avoir commis le génocide) seront arrêtés à nouveau après avoir appliqué les instructions reçues en prison, d’aller attribuer le génocide à des innocents visés à cause de leurs femmes ou filles, de leurs positions politiques ou de leurs biens. C’est ainsi que plusieurs personnalités tant civiles que militaires préfèrent aller souffrir à l’étranger. - Femmes et filles Hutu sont obligées à des relations sexuelles, avec la menace toujours incombant du SIDA, pour obtenir un emploi ou un document, ou la libération des leurs membres de famille. - Les autorités militaires, juridiques et civiles demandent souvent aux prisonniers accusés de génocide, en échange de leur libération, d’aller au Tribunal Pénal International pour le Rwanda (T.P.I.R.) d’Arusha ou au gacaca témoigner faussement contre des Hutu influents qui peuvent constituer un obstacle à leur pouvoir. 

-.Dans des réunions populaires du 17/02/2007, les autorités ont accusé les Hutu de Gisenyi, Ruhengeri, Byumba et Cyangugu de collaborer avec les « Abacengezi » (les infiltrés des FDLR[3]). L’affaire des abacengezi est en réalité un prétexte, qui permet à Kagame de continuer les tueries et les enlèvements des Hutu, sans reproche de la part de la Communauté internationale. Même des Congolais passent des années dans les prisons rwandaises sans procès équitable. - Les journaux qui informent selon la vérité sont souvent poursuivis et leurs responsables accusés d’avoir insulté le pouvoir et arrêtés. C’est le cas des journaux UMUSESO, UMURABYO, UMUTEKANO. Nous les Hutu disons: «C’est fini! Nous serons opprimés à jamais, car l’opinion internationale n’écoute pas notre voix». 

Abolie la peine de mort, on meurt à feu lent Le Rwanda va vers l’abolition de la peine de mort, sauf pour les traîtres du pays, les violeurs et les pédophiles. Cette abolition apparaît comme le fruit de la volonté du pouvoir de donner une bonne image au monde pour se faire accepter. C’est aussi le moyen pour voir s’attribuer les procès qui ne pourront pas avoir lieu au Tribunal Pénal International pour le Rwanda, d’Arusha. Ceux qui ont eu la prison à perpétuité en échange de la peine de mort, selon la nouvelle loi sur l’abolition de la peine capitale, ne pourront pas avoir de réduction de peine, donc ce sera une mort lente. Nous nous disons : « Au moins subir la peine de mort, que de rester dans les prisons rwandaises toute sa vie ». 

Ethnies niées, haine entretenue 

Pour éviter des conflits ethniques et favoriser la réconciliation et l’unité du peuple rwandais, on dit qu’au Rwanda les ethnies n’existent plus, mais la ségrégation est bien évidente. Seulement on change de vocabulaire. On dit « rescapé » au lieu de Tutsi ; « celui qui est venu du Congo et de l’Uganda » pour indiquer les Tutsi qui ont conquis le pouvoir dans le cadre du FPR[4]; les Hutu sont appelés « ibipinga » (opposants). Le pouvoir en place encourage en réalité la séparation ethnique. On apprend aux enfants à l’école que l’ennemi est le Hutu. Les enfants Hutu et Tutsi sont ensemble sans problèmes à l’école primaire, mais à l’école secondaire le conflit ethnique apparaît très fort. Le campus universitaire est d’abord l’apanage des rescapés, puis des Tutsi venant de la RDCongo et de l’Uganda, enfin des Hutu. Les rescapés viennent d’abord, car leurs association Ibuka soutient leurs revendications. Pour ce qui est des postes de travail, la hiérarchie est la suivante: ceux qui sont venus de l’Uganda et du Burundi, les rescapés, ceux qui sont venus du Congo. Le Hutu, que ce soit à l’école ou au travail, ne sera jamais favorisé, même s’il déploie toutes ses énergies. Au contraire, il doit chercher à travailler sans émerger ou se faire remarquer, de peur de susciter la jalousie. Le soi-disant assainissement ou reforme continue dans tous les services publiques, en vue de neutraliser les « ibipinga » (opposants) Hutu qui manquent de diplôme, pour faire place aux Tutsi qui viennent de terminer leurs études dans de différentes universités du monde.  Il y a des Tutsi qui sont contre les injustices du pouvoir. Ce sont surtout les pauvres, qui demandent à leur voisin du sel ou un bidon d’eau et qui ne partagent pas les fausses accusations, mais ils ne voient pas la manière de se déclarer. 

Genocide: de drame de tout un peuple à outil de pouvoir

Au niveau international, on présente souvent le Rwanda comme le Pays d’une nouvelle génération politique, d’une saine administration, de la bonne gouvernance et de la relance économique. Le FPR et le Président Paul Kagame sont présentés comme ceux qui ont pu stopper le génocide de 1994 et libérer le Pays de la dictature de Juvenal Habyarimana. Toutefois, actuellement au Rwanda, la minorité piétine la majorité[5] et a tracé un vaste programme pour protéger le pouvoir qu’elle avait perdu en 1959 et reconquis en 1994 : toute personne qui s’oppose à ce pouvoir n’a qu’à disparaître. Les Hutu qui se trouvent dans le Gouvernement ne peuvent rien faire.  L’idéologie du génocide est devenue une arme utilisée par Paul Kagame et le groupe au pouvoir pour écarter ceux qui le dérangent. Chaque rwandais est obligé d’accepter ce pouvoir sans revendication aucune, sous peine d’être enlevé, emprisonné ou, par grâce de Dieu, s’exiler. Il y a même des Tutsi qui disent qu’il faut abattre tous les Hutu. Lors des élections présidentielles de 2003, Faustin Twagiramungu fut empêché de faire sa campagne ; les responsables des cellules, les militaires, les « local defense » étaient passés à chaque porte pour interdire à la population de participer à son meeting ; plusieurs personnes furent tuées, enlevées par des inconnus à cause de leurs positionnements politiques. Le 01/02/2007, Journée nationale des héros rwandais, le Président Paul Kagame a déclaré qu’il n’acceptera pas de renversement du pouvoir en place, car ils l’ont reconquis après avoir perdu beaucoup de leurs sur les champs de bataille.  Le 7 avril 2007, jour du XIII anniversaire du début du génocide, Paul Kagame a dit qu’il regrette que nous ayons pu traverser la frontière pour fuir le pays : c’est pour lui un péché que Dieu leur pardonnera, parce qu’il n’y avait pas moyen de l’empêcher. Il est triste, a-t-il dit, de voir des gens rentrer de l’exil lavés et nourris, alors qu’ils ont tué des Tutsi. Quelqu’un lui a demandé : « Et l’avion qui portait Habyarimana ? ». « Qu’est-ce qu’il y avait dans l’avion ? Rien ! ». 

Un autre film en préparation

Ces derniers temps, les habitants du côté de Cyangugu voient un grand groupe de gens, parmi lesquels beaucoup de Blancs, en train de tourner un film sur la présumée implication de l’armée française dans le génocide de 1994 pendant la période de l’Opération Turquoise. On demande aux  gens de se déguiser en militaires d’Habyarimana, en Interahamwe, etc. en train de traverser la frontière, pour se réfugier en RDCongo. On a donné beaucoup d’argent et celui qui amène une ancienne uniforme des FAR[6] reçoit 500 $. Cette troupe est allée demander à une femme de la campagne d’accepter d’être violée, moyennant 500 $ pour la reprendre ; comme elle a refusé, on a cherché des prostituées en ville. On a brûlé un véhicule tout neuf, pour montrer l’action des Interahamwe. Il est clair qu’il s’agit là d’une instrumentalisation de la population en vue d’une lecture manipulée des évènements de 1994.   

2. LE REGIME DANS LA REGION DES GRANDS LACS

Le régime de Kigali continue à déstabiliser la Région des Grands Lacs 

Presque tous les Pays de la Région des Grands Lacs d’Afrique ont entamé un processus d’ouverture politique et de démocratisation, par la tenue d’élections libres et transparentes et le dialogue avec les mouvement rebelles. C’est le cas de la RDCongo, du Burundi et même de l’Ouganda. Les peuples de l’Afrique Centrale cherchent la paix avec toute leur énergie, mais il doivent lutter contre un plan de déstabilisation de la région, entretenu par l’actuel régime rwandais, soutenu par une certaine lobby internationale. Il semble bien que le Président Paul Kagame et le FPR sont impliqués dans: - l’attentat contre l’avion où sont morts les présidents du Rwanda Juvénal HABYARIMANA et du Burundi Cyprien NTARYAMIRA et tous les passagers, à Kanombe-Kigali le 06/04/1994. - l’assassinat du Président de la R.D.Congo, Laurent Désiré KABILA, le 16/01/2001. 

- la mort de plus de 4.000.000 de Congolais entre le 02.08.98 et fin 2002. - le génocide contre les Hutu au Rwanda depuis le 01/10/1990 et en R.D.Congo depuis octobre 1996 jusqu’en 2002.  - le coup d’Etat loupé en avril 2006 au Burundi, qui a risqué de coûter la vie au Président Pierre NKURUNZIZA et à d’autres autorités burundaises[7]- la guerre que Laurent NKUNDA mène dans les localités congolaises de Masisi et Rutshuru au Nord-Kivu, avec sa base arrière à Ruhengeri au Rwanda; la guerre dans la province congolaise d’Ituri, dont la base arrière se trouve à Ruhengeri et en Ouganda, en collaboration avec le président Museveni; celle qui se déroule à Minembwe, dont la base arrière se trouve à Cyangugu, toujours au Rwanda. Les militaires Tutsi au sein de l’armée congolaise se disent « Congolais d’origine rwandaise » mais ils sont au service de KAGAME, BAGAZA, RWAKABUBA, BIZIMA KARAHA, Moise NYARUGABO, Azarias RUBERWA, KANGUTA MUSEVENI, AMAMA MBABAZI, James KABAREBE, Jean BIKOMAGU, NZEYIMANA Pierre. C’est avec eux que collaborent aussi des officiers supérieurs congolais et de hauts politiciens de l’opposition. 

Les récentes attaques

La population de l’Est de la RDCongo observe maintes fois des militaires de l’armée rwandaise traverser la frontière congolaise et se diriger vers Minembwe, Walungu, Masisi, Nyabibwe, Rutshuru, Ituri et les forets de la R.D.Congo.  Par ses militaires éparpillés partout, son service militaire de renseignement (D.M.I.), les militaires congolais rwandophones, les officiers militaires congolais corrompus, les politiciens du R.C.D.[8], Paul Kagame essaie de déstabiliser l’Est de la R.D.Congo. Son régime y provoque des violences, pour qu’il y ait, en guise de réaction, des massacres de Tutsi qu’il fera appeler génocide et pour montrer à la Communauté internationale que le président Joseph KABILA ne sait pas maîtriser la situation. C’est ainsi que Paul Kagame pourra recommencer la guerre en R.D.Congo pour y arrêter un nouveau génocide. Le plan vise à remplacer le président Joseph KABILA par Bizima KARAHA. Immédiatement après, une nouvelle rébellion serait déclenchée, avec des attaques foudroyantes à Kinshasa, au Shaba, à Kisangani, pour s’emparer de la R.D.Congo avant toute intervention internationale. Ainsi ils pourront continuer à piller les richesses et corrompre, avec elles, les grandes puissances. 

Rasta et FDLR

Les viols de femmes et de jeunes filles, les tueries et les pillages enregistrés dans le territoire de Walungu et dans les alentours, au Sud-Kivu, sont l’œuvre d’un groupe armé dénommé « Rasta » et continuent jusqu’à présent sous le commandement des colonels MURENZI et Eric MUROKORE et du capitaine KAZORA. 

Les Rasta, c’est un ensemble de militaires Hutu et de bandits congolais. Les Hutu appartenaient à l’Armée du régime Habyarimana (FAR). Sortis des prisons rwandaises ou rentrés  au pays depuis la RDCongo, ils sont encadrés par l’Etat major de l’Armée rwandaise et envoyés au Kivu pour le déstabiliser par la violence. Ils acceptent dans le but de gagner de l’argent[9] et de s’assurer la confiance du pouvoir en place[10]. Des complicités locales facilitent la réalisation de leurs crimes. Ce sont le Président Paul Kagame, le général James Kabarebe et son Etat major qui, par l’intermédiaire de certains officiers congolais corrompus, les envoient dans l’est de la R.D.Congo pour continuer à salir la réputation des réfugiés Hutu, à tout instant assimilés aux Interahamwe[11].

Les réfugiés Hutu, qui ont fui le Rwanda après le génocide de 1994, sont organisés dans les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), la formation politico-militaire qui a signé à Rome le 31.03. 2005 l’engagement à rentrer au Rwanda, sous protection internationale. Ils désirent rentrer au Rwanda dans le respect des leurs droits fondamentaux, mais le FPR les considère comme ses ennemis et ils ne peuvent pas rentrer au pays, faute de sécurité.

La majorité des réfugiés hutu cohabitent pacifiquement avec la population autochtone et même avec les Tutsi dans plusieurs coins de l’Est de la RDCongo, comme à Masisi, Rutchuru, Walikale, au Nord-Kivu ; à Itombwe, Minembwe, Lemera, Mulenge, dans la Plaine de la Ruzizi, à Fizi, au Sud-Kivu ; à Misisi, Kabalo, Kongolo, Lunga, Moba, Kalemie, Nyunzu, au Katanga. Toutefois, certains parmi les FDLR, corrompus, ont rejoint les Rasta ou collaborent avec eux dans la perception de taxes, l’occupation du territoire et les violences perpétrées contre la population. La stratégie est celle de créer une haine tripartite entre la population congolaise et les Hutu, ainsi qu’entre cette population et son Président Joseph Kabila. Cela dans le but de convaincre la Communauté internationale que ce dernier n’est pas à la mesure d’assurer la sécurité de la population sur toute l’étendue du pays et de faciliter la conquête rwandaise de l’Est de la RDCongo, sous couvert d’une rébellion locale. Nous sommes conscients que c’est la population qui est toujours victime de la violence et de la soif de pouvoir. 

3. LES APPUIS INTERNATIONAUX 

Un pouvoir protégé de loin 

Malgré les multiples témoignages, jusqu’à présent une grande partie de la Communauté internationale refuse de reconnaître que la population rwandaise est l’otage du Front Patriotique Rwandais (FPR)[12] et de Paul Kagame, qui constituent une menace permanente, pas seulement pour le Rwanda, mais aussi pour la Région des Grands Lacs. Tout au contraire, les Pays occidentaux maintiennent leur soutien politique, économique, diplomatique et militaire à l’actuel régime rwandais. Les visites répétées de certains occidentaux dans la Région des Grands Lacs, notamment en Ouganda et au Rwanda, ont comme objectif le soutien à ces deux régimes, pour continuer à bénéficier du pillage des ressources de la R.D.Congo.  Les grandes puissances d’où sont provenus les missiles utilisés par le FPR pour abattre le 06/04/1994 l’avion des Présidents du Rwanda et du Burundi[13], se voient maintenant obligées de protéger à tout prix l’actuel régime rwandais, pour que ne soit pas dévoilée la vérité sur cet événement qui a marqué le début du génocide au Rwanda et la guerre en R.D.Congo. C’est ainsi qu’elles continuent d’étouffer et d’intimider le TPIR, afin qu’il ne mène pas d’enquête sur le crash de cet avion et continuent à soutenir que c’est le défunt président HABYARIMANA qui a planifié le génocide. Entre temps, Kagame et le FPR, pour distraire l’ONU, ont ouvert eux-mêmes une enquête sur la mort d’Habyarimana, quand il semble que ce sont eux mêmes qui l’ont tué et qui empêchent le TPIR d’achever son enquête à ce sujet. L’ONU, l’UE et toute la Communauté internationale devraient eux-mêmes constituer une commission indépendante pour une véritable enquête sur cette tragédie. Les grandes puissances continuent jusqu’à présent à utiliser Paul Kagame et le FPR dans le pillage des richesses de la R.D.Congo et font sourde oreille pour les plus de quatre millions de Congolais, sans compter les réfugiés Hutu, morts à cause de deux guerres consécutives (1996-1997 et 1998-2002). Elles continuent à crier haut et fort, et avec raison, leur indignation à propos du génocide de 800.000 rwandais (Tutsi et Hutu) d’avril-juillet 1994, mais elles se taisent, injustement, sur les massacres congolais que quelqu’un ose qualifier de génocide. 

4. RECOMMANDATIONS AUX GRANDES PUISSANCES Les grandes puissances doivent savoir que leurs représentants qui viennent au Rwanda ne peuvent pas recevoir, de la part de la population, une information objective et complète sur la situation réelle, car dire la vérité sur le régime signifierait risquer la vie.

Nous demandons aux grandes puissances et à l’O.N.U. : 

- de cesser de soutenir le pouvoir oppressif et déstabilisateur de Paul Kagame et du FPR ;  - d’ouvrir les yeux sur la vraie nature des gacaca, qu’elles ont financés, de cesser de les soutenir ou bien d’exiger que les Hutu aussi soient autorisés à dénoncer les Tutsi qui les ont tués ; 

- de pousser ce régime à ouvrir un dialogue avec les citoyens vivant à l’extérieur ; - de stopper dans le plus bref délai le transfert de prisonniers Hutu d’Arusha au Rwanda, car c’est inacceptable que Paul Kagame se porte plaignant et en même temps juge ;. 

- de faire pression pour que les prisonniers politiques qui croupissent dans les prisons rwandaises  soient relâchés sans délai et sans conditions;  - qu’elles créent les conditions pour un retour en patrie dans la dignité de la population Hutu réfugiée en R.D.Congo. L’option militaire n’est pas une véritable solution ; c’est plutôt une amnistie générale qui faciliterait le retour des réfugiés et une cohabitation pacifique[14] ; -         si le régime continue de refuser une véritable et immédiate ouverture, que ces puissances enlèvent l’immunité de Paul Kagame, en soutenant les mandats d’arrêt lancés par le magistrat français Bruguière. 

CONCLUSION 

Nous, populations de la Région des Grands Lacs Africains, en particulier celles de la  R.D.Congo et du Rwanda, nous ne cessons de déplorer le soutien international à certains régimes dictatoriaux de l’Afrique Centrale. Nous voulons habiter en paix dans la Région, avec toutes les ethnies et les peuples qui s’y trouvent et il est temps que les Puissances internationales mettent la justice et la paix dans la Région au dessus de tous leurs intérêts. Fait dans la Région des Grands Lacs, le 20 juin 2007. Un citoyen rwandais 

Témoignage reçu par:  Réseau Paix pour le Congo – Strada Cavestro n° 16 -Loc. Vicomero – 43056 San Polo – Torrile (Parma), Italie – e.mail: muungano@libero.it 


[1] Cf. revue Dialogue n. 241, janvier-février 2007, 23-36.

[2] Les survivants Tutsi du génocide d’avril-juillet 1994.

[3] Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda, l’organisation, surtout Hutu, des opposants du régime, dont la branche armée se trouve surtout dans l’Est de la RDCongo.

[4] La guerre de conquête du pouvoir de la part des exilés Tutsi en Ouganda commença le 01.10.1990 à Kagitumba, au nord du Rwanda.

[5] Depuis 2003 jusqu’aujourd’hui, les élections se déroulent sous le strict contrôle des militaires.

[6] L’armée du régime du feu Président Habyarimana.

[7] Il ressemblait à celui qui a causé la mort du président Ndadaye Melchior et de ses proches collaborateurs en 1993. A cette époque-là, le Burundi servait comme centre de recrutement et d’entraînement de jeunes du Sud-Kivu, du Burundi, du Rwanda et même de la Tanzanie, qui devaient aller au Rwanda combattre à côté du FPR. Comme le président Ndadaye était un obstacle à  ces opérations, il devait mourir. A l’origine de cet assassinat il semble bien que se trouvent Paul Kagame, le FPR avec Jean Bikomagu, Chef d’Etat Major de l’armé burundaise et responsable du parti UPRONA

Aujourd’hui encore le président burundais Pierre Nkurunziza est visé par Kagame et ses compagnons du Burundi, d’Uganda et de la R.D.Congo, car son pouvoir empêche que le Burundi serve comme base-arrière des attaques de Kagame et son armée à l’Est de la R.D.Congo, surtout au Sud-Kivu et au Katanga.

[8] Rassemblement Congolais pour la Démocratie, le mouvement rebelle créé par le Rwanda en août 1998 en RDCongo pour couvrir l’avancée rwando-ougandaise de 1998. Sa branche militaire était l’ANC.

[9] L’argent du rachat des personnes enlevées sera à leur bénéfice.

[10] Parmi eux il y a des gens qui ont désespéré de la vie et tellement prostrés, suite à la peur et l’injustice qui règnent au Rwanda, qu’ils peuvent accepter de tuer n’importe qui.

[11] La milice essentiellement Hutu auteur des massacres des Tutsi pendant le génocide de 1994. Les mots Interahamwe, génocide, gacaca sont devenus un jeu de carte que le Président Kagame utilise pour les différents soutiens de la part des Occidentaux, pour protéger efficacement le pouvoir retrouvé, et ainsi semer l’insécurité dans la région, où il rêve d’installer tôt ou tard l’empire Hima.

[12] Le Front Patriotique Rwandais (FPR), alias APR, est le groupe essentiellement Tutsi qui a attaqué le Rwanda le 1er octobre 1990, est arrivé à prendre le pouvoir le 17 août 1994 et le garde jusqu’à présent.

[13] Selon une hypothèse, les missiles, de fabrication russe, provenaient d’une livraison officielle d’armes par l’U.R.S.S. à l’Ouganda en 1987. Selon une deuxième hypothèse, les missiles soviétiques tirés contre l’avion venaient du golfe persique, avaient été récupérés en Irak par les Etats Unis et donnés à l’Ouganda qui les aurait, à son tour, livrés au FPR.

[14] Une somme symbolique d’indemnisation ou la simple demande de pardon devant la communauté de la part des présumés coupables, sans exception, pourrait marquer la fin du passé et le début de la réhabilitation du pays et de la communauté rwandaise. 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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Une réponse à “Message aux Grandes Puissances:SUR LE REGIME DE PAUL KAGAME AU RWANDA”

  1. Sylvain Dubois Dit :

    Il est toujours intéressant de lire des avis différents de nos croyances, mais celui-ci, même s’il a l’avantage d’être étayé et écrit clairement, ne sort malheureusement pas des thèses soutenues constamment et intentionnellement par le pouvoir français, depuis son intervention de 1994 et son fameux corridor humanitaire.
    Continuer aujourd’hui à soutenir que l’avion d’Habyarimana ait été abattu par le FPR, est de plus en plus compliqué, et la pression de l’état français pour faire accroire cette thèse ne va plus tenir longtemps.
    Et rien que cette accusation contre le FPR, qui est défendue, parmi d’autres, décrédibilise tout le reste du témoignage, et c’est dommage. L’intérêt de ce témoin rwandais est flagrant, et la vérité aura toujours du mal à sortir de tels partis pris.

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