
Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a « pris acte » de l’engagement de l’opposant et ex-rebelle Jean-Pierre Bemba de s’abstenir de toute action de déstabilisation, a déclaré mardi le commissaire européen au Développement Louis Michel. M. Michel, qui a rencontré le 13 juillet le sénateur Bemba au Portugal, où il est accueilli depuis trois mois, a rapporté mardi la teneur de son entrevue avec le chef de l’opposition congolaise à M. Kabila, lors d’un entretien au palais présidentiel à Kinshasa.
« Jean-Pierre Bemba m’a tenu des propos très apaisants. Il m’a autorisé à rapporter son engagement à ne plus jamais recourir à la lutte armée, (…) a réaffirmé qu’il reconnaissait la légitimité des institutions élues (…) et qu’il souhaitait rentrer (en RDC), avec une sécurité minimum », a dit M. Michel.
« Le président Kabila a pris acte de ces engagements », tout en précisant qu’il n’avait pas chassé l’opposant mais que M. Bemba avait souhaité se rendre au Portugal pour des soins, a indiqué M. Michel. Le sénateur Bemba, adversaire malheureux de Joseph Kabila à la présidentielle de 2006, se trouve depuis le 11 avril au Portugal. Il avait quitté Kinshasa sous escorte de blindés de l’ONU, trois semaines après de sanglants affrontements entre sa garde rapprochée et l’armée régulière.
Il est visé par une demande de levée de son immunité parlementaire par le parquet général, qui voudrait le poursuivre pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » après les sanglants affrontements de mars. Toutefois, le Sénat ne semble pas prêt d’accéder à cette requête, selon plusieurs sources parlementaires, et l’un des principaux obstacles au retour en RDC de M. Bemba demeure du ressort de garanties sécuritaires.
Louis Michel s’est par ailleurs déclaré préoccupé par la dégradation de la situation humanitaire et sécuritaire dans l’est de la RDC, où les tensions intercommunautaires ont augmenté. Depuis la mi-janvier au Nord-Kivu, plus de 130.000 civils ont fui leurs villages, victimes d’attaques de rebelles rwandais, de miliciens locaux et aussi de militaires des brigades « mixées », constituées pour moitié d’ex-soldats insurgés ralliés au général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda.
« Le président Kabila est très conscient des difficultés. Il a affirmé sa détermination à poursuivre le +brassage+ (processus de réforme de l’armée) » et à favoriser « toutes les voies de dialogue » pour régler les problèmes politiques et sécuritaires dans l’est, a déclaré M. Michel. Le commissaire européen devait quitter Kinshasa dans la soirée pour regagner Bruxelles.










19 juillet 2007
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