De la loyauté

27 juillet 2007

Actualités

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(Le Soft 26/07/2007)
L’article de J.A («Jusqu’où ira Kamerhe?», J.A n°2426, 8-14 juillet 2007) a ceci de correct: il montre la rude bataille qui a lieu dans le sérail. Il/elle est loin de traduire un déficit de loyauté de la part de Vital Kamerhe. Que le Président de l’Assemblée Nationale éprouve le sentiment qu’il n’a pas toujours l’écoute du Chef de l’État et s’en confie, rien de plus humain, mais rien ne ressemble à de la trahison. Au contraire.

Un petit tsunami… C’est le journaliste français François Soudan qui estime ainsi la réaction à Kinshasa suite à son article «Jusqu’où ira Kamerhe?» (J.A, n°2426, 8-14 juillet 2007). Des Chefs d’État amis et le Président Joseph Kabila Kabange n’ont pas caché leur surprise. L’un d’eux a eu ces mots: «C’est dangereux. Si moi, je n’ai pas réglé le problème, mon entourage pourrait être tenté de le faire…» C’est dire jusqu’où François Soudan, habitué des palais et des services, a poussé loin, trop loin son brûlot. Un plan de mise à mort? Un article – surtout celui dans «Jeune Afrique» – n’est jamais naïf. Il vise un but. Que cherchait «Jusqu’où ira Kamerhe»? Petite radioscopie de ce numéro de «pleins feux».
D’abord la photo de une. Si Kamerhe avait voulu s’offrir une pub ou si J.A avait voulu faire une promo pour un ami, «le patron du parti au pouvoir» – que Kamerhe n’est pas -, «le n°2 de facto du pays» -, il aurait pu choisir ou faire choisir une meilleure iconographie. Celle parue en une n’aurait pu faire l’affaire. Venant au texte, Kamerhe n’aurait pu suggérer une telle titraille: «Jusqu’où ira Kamerhe? (…) homme pressé… et ambitieux». Ou encore: «le n°2 de facto du pays nourrit de grandes ambitions. Pour le pays certes. Mais aussi pour lui-même». Si on avait voulu ouvrir le feu sur le Président de l’Assemblée Nationale de R-dC, nul n’aurait mieux trouvé. Revenons aux photos, prises en contre plongée – Kamerhe dominant, sonnant l’ambition à mille lieues ou perché sur une marche d’un Palais du Peuple désert! L’effet recherché est garanti: Kamerhe, l’ambitieux, est en réalité un homme seul. La date même de parution du texte n’est pas exempt de reproche: l’édition venait directement après celle qui portait le Chef de l’État en couverture. Quel conseiller en comm était capable d’une telle bourde? De là la provenance du coup. Si J.A avait voulu rendre service à l’ami Vital, un texte sur le Président de l’Assemblée nationale aurait pu figurer dans l’édition avec le Chef de l’État. Jamais à part. Pas en tout cas dans l’édition venant directement après: cela fait désordre. Comme si celle-ci venait porter une ombre à celle-là. La presse porte le meilleur comme le pire. Pour avoir été ministre de l’Information, Kamerhe le sait.
Quand on plonge dans le texte, c’est plus fort encore: il s’agit bien d’un texte sur commande. La chute – «s’il veut aller loin, il se doit de mettre de l’ordre dans son agenda, d’accorder moins facilement sa confiance et d’apporter un peu de rigueur à une vie privée que l’éloignement de sa famille (…) a rendu passablement brouillonne». Qui parle? Certainement pas le journaliste qui doit faire montre de détachement. À quel genre journalistique appartient cet… exploit? Soudan parle de «portrait». Pas sûr… Tout comme le coup de fil de la Première Dame de la R-dC aux abois appelant secours! Kamerhe ne saurait être l’auteur d’une telle confidence. Et si par impossible, il l’était, ce n’est certainement pas pour la voir retranscrite dans un journal, et dans un article portant sur lui. Quand Soudan écrit que Kamerhe s’est opposé à la désignation du Président comme successeur de son père défunt, quel fou aurait pu être le Président de l’Assemblée nationale pour se lâcher tant? Pour rédiger ce brûlot, Soudan a eu des entretiens, plusieurs, avec plusieurs ténors, opposants et partisans du régime et a croisé ses notes. S’il a trouvé angle à son texte, c’est en connaissance de cause. Aucune cour d’aucun monarque n’a jamais compté que des amis. Le Roi Soleil a eu Mazarin face à Colbert, Louvois, Fouquet, le mal-aimé et le protégé de Mazarin et d’Anne d’Autriche, l’un parrain, l’autre, mère du jeune roi, mais Fouquet a été arrêté par d’Artagnan. L’article de J.A a ceci de correct: il montre la rude bataille qui a lieu dans le sérail. Il/elle est loin de traduire un déficit de loyauté de la part de Vital Kamerhe. Que le Président de l’Assemblée Nationale éprouve le sentiment qu’il n’a pas toujours l’écoute du Chef de l’État et s’en confie, rien de plus humain, mais rien ne ressemble à de la trahison. Au contraire.

Par T. KIN-KIEY MULUMBA.
lesoftonline.net 26/07/2007

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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