La République Démocratique du CONGO et le RWANDA: une Diplomatie piégée

27 juillet 2007

Actualités

(UCDP 26/07/2007)
La nécessité d’une ouverture surveillée des frontières :
Au risque d’être une nouvelle Albanie, de paupériser davantage sa population la R D Congo ne peut emprunter la voie de l’autarcie. Dans le processus de recherche des différentes voies pour son développement, la R DC doit s’insérer dans le commerce mondial en développant ses potentialités dans le commerce sud-sud et plus tard pouvoir prétendre peser d’un poids proportionnel à son étendue et à son effectif.


La RDC doit s’ouvrir tout en veillant à réduire le plus possible la porosité de ses frontières, compte tenu du développement de la communication sans fil et des nouvelles technologies de l’information. De tous les points d’entrée dans le territoire national, nous nous focalisons sur les frontières géographiques. Tout au tour de celles-ci, la RDC compte neuf voisins chacun avec ses particularités sociales et géographiques.

La nature des reliefs montre tantôt les limites de chaque pays, tantôt elle ne permet pas de reconnaître d’emblée la séparation entre deux pays. On en arrive à voir des lignes frontalières qui varient au grès des changements de gouvernements ou encore selon le nomadisme des populations frontalières. Ces populations s’installent dans le pays voisin pour une durée tellement longue qu’elles ont le temps de voir venir une deuxième génération et d’avoir la conviction illusoire d’être chez elle. Cette illusion s’estompera avec pleurs et cris de colère le jour où l’administration du pays voisin se souviendra de son devoir de protéger ses frontières.

Sur le plan socio culturel et économique, il y a des situations structurelles et parfois ponctuelles que les lois des deux pays voisins doivent gérer avec beaucoup de circonspection. De part et d’autre de toutes nos frontières, il y a des familles consanguines. Dans le cours normal de leur vie , elles enfreignent soit les lois des deux pays pour conserver et enrichir les liens sacrées de la famille. Les habitants d’un pays sont souvent tentés de traverser la frontière pour bénéficier des avantages sociaux inexistants chez eux. Des services marchands sous-tendant des relations commerciales frontalières peuvent se révéler mieux organisés et plus rentables d’un seul côté. Des commerçants véreux des deux cotés peuvent organiser la pénurie des produits de première nécessité avec comme conséquences immédiates une hausse exponentielle des prix. L’effet d’entrainement fait que cette hausse ne se limite pas aux produits raréfiés mais elle sera générale. Les conséquences sont très néfastes si les revenus ne suivent pas le même sens de progression..

Le climat de bon voisinage et d’amitié que la RDC doit entretenir avec ses voisins, doit être différent de celui qu’il doit vivre avec le Ruanda ;

- différent, non pas du fait de son peuple, mais plutôt parce que ses gouvernants se doivent avant tout de respecter les congolais ;

- Odifférent parce que nous savons que les dirigeants actuels du Ruanda ont voulu, veulent et voudront toujours annexer une partie de notre territoire ;

- différent parce que qu’ils arment , protègent et utilisent le terroriste ruandais Kundabatware et ses complices rénégats Mutebusi et consorts- ( La presse congolaise devrait s’interdire de les désigner par Général pour l’un et Colonel pour l’autre, titres militaires qu’ils ont acquis suite au désordre qui a régné dans le pays à une certaine époque ) ;

- différent parce que le Ruanda est la source des affrontements tribaux entre les Hemas (tutsis ) et les Lendu, les Alur…

- différent pace que le Ruanda veut rendre pays infréquentable aux investisseurs étrangers ;

- différent parce que savons que le Ruanda envoie des éléments dûment formés au terrorisme en RD du Congo en les faisant passer pour des combattants du FDLR afin de créer et entretenir l’insécurité dans la région et de transférer la responsabilité à cette organisation hutu ;

- différent parce que le Ruanda , mine de rien , a installé furtivement des ilots de non droit à l’Est de la République Démocratique du Congo servant comme postes avancés pour un futur établissement de son administration .

La relance de la C.E.P.G.L. est-elle opportune ?

Les mandats d’arrêt internationaux émis contre Kundabatware et Mutebusi sont la résultante d’une procédure judiciaire militaire régulière comme ça se fait dans toutes les vielles démocratie de ce monde . Tous les gouvernements ayant ce genre d’organisation politique, doivent respecter cette décision de la justice congolaise ;en premier , nos voisins et ensuite tous les pays avec lesquels la RDC partage des relations diplomatiques ou encore membres d’interpol. Ils doivent normalement aider le gouvernement congolais à mettre les fauteurs de trouble hors d’état de nuire.

Dans ce contexte post-conflit, le Ruanda aurait dû arrêter tout soutien à ses agents de déstabilisation cités ci-haut. En leur assurant la protection et probablement leur accordant le statut comme exilé politique , le gouvernement ruandais en leur assurant une base arrière, montre qu’il n’est pas prêt à rétablir les relations harmonieuses entre nos deux pays. Pour continuer à déstabiliser notre pays, Kagame a ouvert les portes à ses soient disant ‘’ frères de sang’’. Le gouvernement congolais devra interpréter ceci comme un message à ‘’tous les frères de sang’’ de Kagame actifs en RD Congo.

En 2006, Kigali par le canal de son ministre des affaires étrangères Murigande avait émis le souhait de la réouverture de la mission diplomatique à Kinshasa, avec la conviction de l’occurrence d’une nouvelle plaidant pour cette réouverture après les élections législatives et présidentielle. Les ruandais misaient sur la réapparition de la CEPGL ( Communauté Economique des Pays des Grands Lacs , organisme international à vocation sous-régionale a été créé le 20/09/1976 par la signature à Gisenyi d’un accord de coopération entre 3 pays – Burundi – République Démocratique du Congo et le Ruanda – anciennement unis sous la loi coloniale belge . A l’époque , il était question de promouvoir les voies et moyens pour une bonne coopération économique, commerciale, scientifique, militaire, culturelle et touristique.

Aujourd’hui, dans un contexte relationnel flou, on veut réactualiser la CEPGL dont l’arrêt des activités était nécessité par les conflits tribaux entre tutsis et hutus au Ruanda et au Burundi depuis les années 90. L’initiateur de cette idée qui est le lobby libéral belge, ne doit pas être bien inspiré. Nous nous efforçons quand même de lui rappeler qu’après la 2ième guerre mondiale, à la veille de la reconstruction de l’Europe, et de la Société des Nations, la neutralisation des instincts belliqueux de l’Allemagne et du Japon avait conditionné le retour de ces deux pays sur la scène politique internationale. Ce lobby va devoir attendre ( si les autorités congolaises accepteront d’approfondir cette idée) que les différends entre la R.D.Congo et le Ruanda fassent l’objet d’une étude sérieuse .

Dans la région des grands lacs, tous les pays sont indépendants. Le rétablissement d’un climat propice au développement d’une coopération saine dans la région doit être assis sur une base solide . Cette base est la reconnaissance mutuelle entre voisins du droit à la souveraineté et à l’autonomie ; du droit à la stabilité .

Entre la R. D. du Congo et le Ruanda , cette base préalable est inexistante !!!

Le Ruanda ne reconnaît pas au Congo-Kinshasa une existence pacifique, donnée essentielle à son épanouissement. Les plaies causées par les conflits armées entre 1997 et 1999 sont encore béantes. Renouer une quelconque coopération avec ce pays est un pari très risqué. Le calme dont fait preuve le Ruanda actuellement est une mise en veilleuse de son ignoble appétit. Le souhait de réouverture de leur mission diplomatique à Kinshasa est une caresse ‘dans le sens du poil avec du parfum pour mieux amadouer la proie et la croquer le moment venu. Cette mise en veilleuse appelle non pas une extinction mais plutôt un réveil. Celui-ci pourrait intervenir après l’installation des diplomates ruandais à Kinshasa. Après cette installation, pendant 10 ans au moins, le temps de remettre au goût du jour les danseurs Ntore pour le bien du tourisme des deux pays , les caresses ruandaises continueront et la mission diplomatique à Kinshasa leur servirait bien d’un mini QG pour téléguider leur future opération de sabotage de la vie kinoise. Ce mini QG leur avait fait défaut lors de l’opération aéroportée de James Kabarebe sur Kitona . En acceptant la réouverture de cette mission diplomatique sans des sérieuses précautions, le gouvernement congolais ne permettrait-il pas aux ruandais de reculer pour mieux sauter et capturer ce qu’ils n’avaient pas pu avoir la première fois ?

La relance de la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs arrive pour mettre les congolais devant un fait accompli. En ce sens qu’en acceptant d’occuper la place qui est sienne au sein de cet organisme, le Congo-Kinshasa renoue de facto avec le Ruanda. La réouverture des ambassades de part et d’autre des nos frontières ne posera plus problème.

Nous pensons qu’en acceptant de participer aux activités de la CEPGL aujourd’hui, le Président Kabila :

- Contredirait ses pairs de la SADEC et demanderait ainsi indirectement la réintégration du Ruanda en son sein . Pour rappel, lors de ses assises du mois d’Août 2005 à Gaboronne , les chefs d’Etat membres de la SADEC avaient rejeté la requête de réintégration du Ruanda pour cause de ses intentions reconnues d’annexer une partie du Congo Kinshasa ;

- Conforterait Mr Kagame dans sa ruse d’utiliser le FDLR et les Interhamhue comme spectre du terrorisme sur le sol congolais ;

- Reconnaitrait que les décisions de justice de son pays ne mérite pas d’être respectées car il aurait ainsi accepté que les mandats d’arrêt internationaux émis à l’encontre des renégats Kundabatware et Mutebusi n’étaient pas sérieux ;

- Aurait complètement oublié non seulement sa participation physique dans la libération de l’aéroport de Kinsangani mais aussi le calvaire des nos sœurs et frères de l’Est.

- Aurait accepté de mécontenter les congolais qui l’ont choisi pour un avenir meilleur afin encore de développer l’AMOUR DE LA PATRIE. Le mécontentement populaire constitue un terreau pour la culture de l’incivisme populaire. Les puissance étrangères tel que les Etats-Unis et la CEE par la Belgique, la France et la Grande Bretagne interposées sont souvent enclines à proposer aux pays faibles des solutions pour leur organisation socio politique . Des solutions du genre gouvernement d’union nationale après une élection au suffrage universelle ou encore n’ayant aucun programme économique si non que le timing des rendez-vous avec les hiérarques du F.M.I. Ces solutions ont souvent transformé le pays en un espace ingouvernable. La relance des activités de la CEPGL en fait partie. Le mécontentement populaire qui pourrait en résulter, engendrera non seulement la perte de confiance aux autorités éluées mais aussi le développement de l’incivisme populaire. Dans les pays économiquement avancés, les gouvernements s’appuient sur la force de travail tant manuelle qu’intellectuelle de la population, au sein de laquelle s’incrustent de façon continue l’amour de la patrie et l’esprit civique. Dans tous ces pays, le système démocratique a été instaurée et maintenue jusqu’à ce jour et demain grâce à l’esprit civique de la population qui est constamment entretenu par la rigueur de la loi. Nous sommes conscients que c’est dur, mais tout pays faible qui veut aller loin avec son peuple doit faire du développement de l’esprit civique, une priorité.

ET DEMAIN . . . ?… ?

** A l’Est , du nord au sud, la République Démocratique du Congo doit gérer des lacs et leur environnement, non pas avec le Ruanda et le Burundi uniquement, mais aussi avec l’Ouganda et la Tanzanie. Avec cette dernière , la R.D. du Congo partage une véritable mer intérieure qu’est le lac Tanganyka. Autour de celui-ci et des autres , lac Edouard et lac Kivu, existent des trafics de toutes sortes qui nécessite une bonne réglementation qui concernera la gestion de toutes les ressources lacustres. Cette gestion exigera la présence des scientifiques des pays de la région autour de la table. Cette coopération qu’on espère franche, pourra être très bénéfique pour toute l’humanité. Selon le rapport annuel 2007 du Musée royal de Tervueren ( Belgique ), le lac Tanganyka est du plus haut intérêt pour l’étude des changements climatiques. Le développement durable aura beaucoup à y gagner. ! ! !!!!!!. Faudrait-il que l’Union Européenne ou le Commonwealth ou encore les Etats-Unis puisse nous montrer combien l’élargissement de la CEPGL nous est important ou nous pouvons y aller par nous même ? Ce, bien sûr, pour la République Démocratique du Congo, après avoir tenu compte de certains points soulevés dans les paragraphes précédents.

** Un des pays de l’Est de l’Afrique pourra bien se servir de la langue swahili pour créer une communauté culturelle ou autre …. Cette communauté devra englober les iles des Comores et peut-être avoir son siège dans l’île de Zanzibar. Du simple fait qu’elle aura pour objet d’organiser ne fut-ce qu’un pan de la vie des peuples, une telle communauté ne pourra voir le jour sans la garantie de l’existence des préalables juridiques évoqués ci-haut.

Nous avons foi en l’avenir ! ! !.

TSIKU Ta-Ma. M. Roger. – Commission consultative UCDP / Europe

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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