Menace de confrontation militaire à l’Est: Le Conseil de sécurité accuse …

27 juillet 2007

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105463.jpg(Le Potentiel 26/07/2007)

Les inquiétudes persistent sur une éventuelle reprise des hostilités en République démocratique du Congo. La IIIème guerre pointe déjà à l’horizon et tout se passe comme si le décor était déjà planté. Dans sa dernière déclaration, le président du Conseil de sécurité lance un dernier rappel à l’ordre et désigne d’un doigt accusateur le gouvernement de Kinshasa, le général dissident Nkunda et les pays voisins de la RDC, connus pourtant sans qu’il les cite. Fuite en avant de la part de l’Onu, désengagement de la Communauté internationale devant des turpitudes alors que l’Onu est co-responsable dans cette démarche de la restauration de la paix et de la sécurité en RDC ainsi que dans la région ?

« Le Conseil invite le gouvernement à mettre au point, en collaboration étroite avec la Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc), un plan global pour garantir la sécurité dans l’Est du pays, notamment en accomplissant de nouveaux progrès dans le désarmement, la démobilisation et la réintégration des combattants congolais et le désarmement, la démobilisation, le rapatriement, la réinstallation et la réintégration des combattants étrangers, ainsi qu’en mettant fin à l’impunité, en promouvant la réconciliation, la cohésion sociale, le relèvement et le développement dans la région ». Ces propos sont ceux du président du Conseil de sécurité contenus dans sa déclaration du 23 juillet.

Déclaration qui relève des insuffisances dans l’action du gouvernement dans la perspective de ramener effectivement la paix au Kivu. Le Conseil de sécurité tient à démontrer ainsi à la face du monde qu’il revient en premier lieu au gouvernement congolais, et à lui seul, d’assurer la sécurité sur son territoire, de s’impliquer positivement dans l’opération de démobilisation, désarmement et réinsertion, de promouvoir la réconciliation nationale, la cohésion sociale et de relancer le développement du pays. Le Conseil de sécurité s’empresse ici de mettre le gouvernement congolais devant ses responsabilités pour que les choses soient bien dites et comprises.

En plus, le Conseil de sécurité accuse le gouvernement congolais de ne pas proposer « un plan global de collaboration étroite avec la Monuc pour garantir la sécurité dans l’Est du pays ». Accusation grave, comme si le Conseil de sécurité venait de prendre note de la passivité du gouvernement congolais à ne pas résoudre dans l’immédiat cette question d’insécurité. Aussi, s’empresse-t-il de se donner de la voix et de « laver les mains » pour qu’en cas de confrontation militaire, avec des effets d’entraînement sur toute la région, le gouvernement congolais en assume la responsabilité devant la Communauté internationale.

NKUNDA ET LE RWANDA ACCUSES AUSSI

Poursuivant dans le même élan, comme s’il voulait se disculper avant que les choses ne se gâtent, le Conseil de sécurité accuse également Nkunda et le Rwanda. « Le Conseil s’inquiète vivement du recrutement de combattants, y compris d’enfants, en violation du droit international applicable, à l’intérieur et en dehors de la République démocratique du Congo, en particulier par le forces fidèles à Laurent Nkunda.

Le Conseil engage les Etats voisins concernés à faciliter davantage la réinsertion effective des ex-combattants rentrant dans leur pays et à empêcher toute activité de recrutement sur leur territoire. Il reconnaît que de bonnes relations régionales, en particulier entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, sont un facteur important pour résoudre la crise dans les Kivu », précise encore le président du Conseil de sécurité dans cette même déclaration.

Les choses sont claires. L’Onu est bien informée que Laurent Nkunda continue à recruter des combattants, non pas seulement à l’intérieur de la RDC, mais également dans un pays voisin, le Rwanda en l’occurrence. Malheureusement, le même Conseil de sécurité n’évoque aucune sanction, bien qu’il ait brandi la violation du droit international, contre Laurent Nkunda. Moins encore à l’endroit du Rwanda qui est en train de violer également le droit international, en plus de la Charte de sécurité, de stabilité et de développement de la région des Grands Lacs qui l’est également violée. Le Conseil de sécurité laisse faire, peut-être par complaisance, préférant s’acharner contre le gouvernement congolais, convaincu certainement de « l’absence d’un leadership fort ».

LA PAIX OU RIEN

Evidemment, le gouvernement congolais est placé ici devant ses responsabilités. Quoi que l’on dise, il est condamné à relever le défi. Le Conseil de sécurité le fait savoir sans état d’âme. En aurait-il marre des turpitudes du gouvernement congolais ? Possible.

Il est vrai qu’il existe réellement une divergence d’approches pour ramener la paix au Kivu entre le gouvernement congolais et l’Onu soutenue par des partenaires extérieurs qui viennent d’accréditer la thèse de l’International Crisis Group. C’est-à-dire qu’il faut donner des signaux forts d’un leadership fort au sommet de l’Etat et de s’engager dans la voie du dialogue pour une solution politique. Le recours à la solution militaire ne peut être envisagée que dans un contexte international sous l’égide de la Monuc et des pays de l’Union européenne dans l’évidence où la faiblesse des FARDC en pleine restructuration ne peut conduire à une victoire militaire. La mise en place d’un « Plan global de désarmement » des groupes armés achoppe justement à ce niveau.

Il n’empêche que le Conseil de sécurité ne doit nullement se dédouaner, ni se disculper en ces moments précis. A cause justement du caractère dubitatif de certains de ses membres pour reconnaître l’agression contre la RDC, la crise congolaise a mis autant de temps que tout le monde connaît pour parvenir à un compromis. Preuve incontestable que la crise en RDC est au centre des intérêts régionaux et internationaux.

Voilà que l’on ré-assiste quasiment à un même scénario que celui qui a précédé les deux premières guerres d’agression contre la RDC. Comment interpréter autrement ce traitement de faveur à l’endroit de certaines personnalités qui font déjà l’objet d’un mandat d’arrêt international et quelques Etats de la région, si ce n’est que la politique de deux poids, deux mesures ? Scénario qui intervient toujours curieusement au moment où les bruits de bottes au Kivu annoncent déjà le déclenchement d’une troisième guerre en République démocratique du Congo.

Et pourtant, le Conseil de sécurité, en sa qualité de co-partenaire de paix et de développement, sait pertinemment bien qu’en ces instants cruciaux, il n’y a qu’une alternative : la paix ou rien. C’est le défi à relever ensemble avec le gouvernement congolais.

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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