(La Libre 02/08/2007)
Le président du Mouvement de Libération du Congo et rival malheureux du président Joseph Kabila lors de l’élection présidentielle du 29 octobre 2006 a dénoncé par ailleurs l’insécurité et la dégradation de la situation politique en RDC.
Le chef de l’opposition congolaise, le sénateur Jean-Pierre Bemba, actuellement au Portugal, a indiqué qu’il souhaitait retourner à Kinshasa avant le début de la séance parlementaire le 15 septembre, dans un entretien à la presse publié mercredi.
« J’espère être rentré pour le 15 septembre afin d’honorer mes obligations professionnelles », a déclaré l’ancien vice-président Bemba à l’agence de presse Lusa depuis sa résidence portugaise de Quinta do Lago (sud). « Ce que je veux, c’est revenir en toute sécurité, avec le soutien de la communauté internationale, de l’Union européenne et, j’espère, celui de la République démocratique du Congo » (RDC), a-t-il affirmé.
M. Bemba, 44 ans, est arrivé au Portugal le 11 avril dernier, officiellement pour soigner une ancienne fracture à la jambe avec une autorisation du Sénat congolais lui permettant de quitter le territoire pour raisons médicales pour une durée de 60 jours, ensuite prolongée. Il avait quitté Kinshasa sous escorte de blindés de l’ONU, trois semaines après de sanglants affrontements survenus les 22 et 23 mars en plein centre-ville entre sa garde rapprochée – dont il refusait de se séparer – et l’armée régulière, qui avaient fait de 200 à 500 morts.
Le président du Mouvement de Libération du Congo (MLC, ex-rébellion muée en parti politique) et rival malheureux du président Joseph Kabila lors de l’élection présidentielle du 29 octobre 2006 a dénoncé par ailleurs l’insécurité et la dégradation de la situation politique en RDC, provoquée selon lui par « un ‘cocktail’ de groupes armés qui crée une grande insécurité dans le pays ».
« Je pense que jusqu’à présent les autorités de la RDC n’ont toujours pas démontré qu’elles détiennent effectivement le contrôle du pouvoir sur l’ensemble du territoire », a fait valoir M. Bemba. Mardi soir, il avait une nouvelle fois dénoncé le refus du pouvoir à Kinshasa d’autoriser son retour en RDC, après presque quatre mois d’exil au Portugal.
« Il n’y a pas de volonté du pouvoir régler cette situation », avait-il affirmé par téléphone à l’agence BELGA depuis Quinta do Lago. Il avait souligné que c’était le rôle d’un Etat démocratique d’assurer la sécurité des dirigeants de l’opposition. Mais « le régime (du président Kabila) est-il démocratique? Ne va-t-on pas vers une dictature », s’était-il interrogé en affirmant que la RDC était à un tournant de son histoire. « Ce sera peut-être la dernière dictature à s’installer en Afrique », avait-il lancé. L’ »autorisation de sortie » accordée par le Sénat au président du MLC pour séjourner au Portugal a pris fin mardi à minuit.
Mais le rapporteur adjoint du Sénat, Lola Kisanga, a assuré mercredi que le dépassement de ce délai n’affecte en rien la qualité de sénateur de M. Bemba, rapporte radiookapi.net Selon M. Kisanga, membre du Rassemblement congolais pour la Démocratie (RDC, une autre ancienne rébellion muée en parti politique et passée à l’opposition), si Jean-Pierre Bemba estime que les questions liées à sa sécurité ne sont pas encore résolues, il peut solliciter une prorogation de son séjour autant de fois qu’il le souhaite.
« J’estime que l’expiration de ce délai, librement demandé par l’intéressé, ne peut aucunement affecter ni son mandat, ni sa qualité. Le sénateur Jean-Pierre Bemba peut rentrer quand il veut. Et s’il souhaite que le Sénat lui accorde une autre autorisation, au terme d’attestation, pouvant couvrir son séjour, si son séjour l’exige, rassurez-vous, le bureau du Sénat ne peut pas le refuser. Parce que, au terme de l’article 109 de la constitution de la République, les sénateurs, comme les députés nationaux, ont le droit de circuler sans entraves, ni restrictions sur l’ensemble du territoire national et d’en sortir », a-t-il affirmé à la radio onusienne Okapi.
Le rapporteur adjoint du Sénat a ajouté que le retour de M. Bemba « ne dépend pas du Sénat, mais plutôt du sénateur lui-même et du gouvernement ». « A une question politique, il faut une réponse politique », a-t-il conclu, affirmant s’exprimer au nom du bureau du Sénat.
BELGA
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2 août 2007
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