Gizenga pris à la gorge par 3 grands dossiers

15 août 2007

Actualités

Par  Le Potentiel

Le Premier ministre Gizenga a passé son premier test le 22 février 2007. C’était lors de la présentation du programme du gouvernement. Le 15 septembre 2007, il est attendu à l’Assemblée nationale pour un second test avec l’état des lieux à faire sur l’exécution du Budget 2007 ainsi que le dépôt du projet de loi budgétaire 2008. Il doit également s’expliquer sur la situation sécuritaire au pays, et inévitablement préparer ses collaborateurs à d’éventuelles interpellations sur des questions liées aux dossiers Kahemba et Bas-Congo. Il a donc devant lui trois grands dossiers à préparer pendant ces trente jours.

 

15 août 2007 – 15 septembre 2007. Si toutes les échéances sont formellement respectées, le gouvernement Gizenga devra se présenter dans trente jours à l’Assemblée nationale. Le 15 septembre, en effet, marque la rentrée parlementaire pour la session d’octobre. Aussi, en conformité à l’article 126 de la Constitution, le gouvernement est appelé à déposer le projet de loi des finances qui « comprend notamment le budget ».

En plus de cette obligation constitutionnelle, le gouvernement est appelé à faire l’état des lieux sur la situation sécuritaire. Cet aspect du problème est très important au regard de l’évolution de la situation qui suscite plusieurs interrogations au risque de préoccuper les partenaires extérieurs sur la capacité du gouvernement à assurer la sécurité et l’intégrité territoriale.

Evidemment, avec la rentrée parlementaire, le gouvernement devra se préparer à affronter les élus du peuple. Au moment où ces derniers allaient en vacances, il venait d’être constatées des contradictions flagrantes dans la gestion de l’Affaire Kahemba et des mesures à prendre pour que les responsables des massacres de Bas-Congo soient punis.

Il s’agit donc de trois importants dossiers qui sont en face de Gizenga. Ils influeront incontestablement sur les leçons à tirer après six mois de gestion.

DEUXIEME TEST

Il revient à dire que pendant ces trente jours, le gouvernement Gizenga devra se préparer pour subir son deuxième test et convaincre. Le premier, en effet, s’est déroulé au mois de février lors de la présentation du programme, disons du Budget 2007. Compte tenu des circonstances atténuantes dont il bénéficiait, compte tenu des réalités politiques du moment après la période de transition, des questions qui avaient été soulevées en ce temps avaient été reportées au mois de septembre. Une partie remise pour permettre au gouvernement Gizenga d’entrer en fonction et de se pénétrer des réalités nationales.

Ensuite, le temps lui avait été accordé pour nouer des négociations avec les institutions de Bretton Woods en vue d’obtenir l’effacement de la dette. Opération qui devrait générer des ressources financières à affecter au programme du gouvernement. A ce sujet, le Premier ministre avait promis de réajuster le budget 2007. Le temps du test s’approche pour que le Premier ministre fasse l’état des lieux de l’exécution du budget 2007. Or, il s’avère que les négociations avec le FMI et la Banque mondiale n’ont pas eu lieu, du moins tel que l’on les attendait. Le Premier ministre devra donc fixer l’opinion nationale sur le réajustement du Budget 2007 et si la dette extérieure de la RDC a été effacée et comment.

Cependant, l’exécution du Budget 2007 suscite des problèmes. En ce qui concerne les 40% de la retenue ou rétrocession, aux provinces, c’est selon, un accord est toujours attendu. L’on espère que la rencontre du 20 août apportera une solution satisfaisante. Mais en attendant, il y a des risques que certaines provinces se « rebellent » et agissent conformément aux prescrits de la Constitution. Telle éventualité handicaperait l’exécution du Budget 2007. Entre-temps, le gouvernement devra songer à déposer le 15 septembre 2007, le projet de Budget 2008 en conformité avec l’article 126 de la Constitution. Entre ces faits, il y a le front social avec l’application de l’Accord de Mbudi, la gestion de la rentrée scolaire. Il revient au gouvernement de donner des assurances pour éviter toute perturbation sociale.

SECURITE ET INTERPELLATION

L’exécution du Budget 2007 constitue le premier grand dossier qui est sur la table du Premier ministre. Le second porte sur la sécurité et les interpellations possibles des membres du gouvernement.

En effet, la dernière mesure portant suspension des opérations armées contre les FDLR engendre de nombreux commentaires. La réaction de la Monuc et la surprise des partenaires extérieurs portent sur la capacité ainsi que la volonté politique du gouvernement à rétablir la sécurité

En fait, la question est celle de savoir si le gouvernement a déjà envisagé d’autres stratégies visant à mettre un terme à l’insécurité dans cette partie du pays, au-delà, dans toute la région de l’Afrique des Grands Lacs. Car, il est important de souligner, une fois de plus, que cette question intéresse au plus haut point les partenaires extérieurs au sen de l’Onu et de l’Union européenne. Plus d’une fois, ils ont tiré la sonnette d’alarme et invité le gouvernement congolais à s’assumer pleinement en donnant des signaux forts. Mais voilà que dans le dernier rapport des experts de l’Onu sur le trafic des armes dans l’Est du pays, ce sont des accusations qui sont portées contre le gouvernement congolais. Il est accusé de « manque d’autorité et de volonté politique ». En donnant l’impression de retarder la solution visant la démobilisation, le désarmement et le rapatriement des forces négatives, le gouvernement congolais n’a pas d’autre alternative que de proposer à la communauté internationale « ses nouvelles stratégies » pour en découdre définitivement avec les forces négatives. Cela devrait se faire avant le 15 septembre. Surtout qu’au niveau du Sénat, des missions d’enquête ont été diligentées au Nord et Sud-Kivu. Il faudra donc s’attendre à des révélations qui obligeraient le gouvernement à apporter des précisions et à donner des assurances sur sa politique en matière de sécurité et de protection des biens et des personnes.

Enfin, la rentrée parlementaire actionnera sûrement le mécanisme d’interpellations des membres du gouvernement. En effet, les dossiers Kahemba et Bas-Congo ont été clôturés sur un goût d’inachevé et de contradictions entre le gouvernement et l’Assemblée nationale. Certes, en ce qui concerne l’affaire Kahemba, l’Angola et la RDC ont convenu de faire appel aux anciens colonisateurs pour régler cette question à la satisfaction de tous. Mais à la dernière séance des députés avant les vacances parlementaires, le souhait avait été émis pour que le ministre d’Intérieur soit entendu. Il y a lieu donc que le gouvernement se prépare en conséquence.

Il en est de même des Massacres du Bas-Congo. A ce sujet, il a été entendu que des poursuites judiciaires devraient être engagées pour que des coupables soient punis. Jusqu’à ce jour, il nous revient qu’il n’y a qu’une seule personne qui a été mise en examen. Des éclaircissements s’imposent.

Comme on peut le constater, ces trois grands dossiers tiennent le gouvernement Gizenga à la gorge. Ils entreront en compte dans les leçons à tirer, et éventuellement des options qui pourraient être levées dans cet élan général de donner une nouvelle impulsion à l’action du gouvernement. 15 août 2007 – 15 septembre 2007, le compte à rebours a commencé.

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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