A dix jours de la rentrée scolaire 2007-2008, beaucoup de parents et élèves ne savent pas comment les choses vont se passer. L’école sera-t-elle gratuite ? A-t-on définitivement tourné la page de la prise en charge des enseignants par les parents ? Quels frais de scolarité sont autorisés par le Gouvernement ? Les professionnels de la craie vont-ils effectivement reprendre le travail le 3 septembre comme décidé par l’exécutif ?
Dans ce climat de confusion, les prises de position des différents partenaires de l’école viennent jeter de l’huile au feu. Tout d’abord la lettre, datée du 21 juin 2007, du ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel –EPSP- fixant les frais de scolarité dans le secteur public qui donne lieu à des interprétations diverses. Le ministre Maker Mwangu Famba autorise seulement la perception de 100 FC pour le minerval, 100 FC pour l’assurance scolaire, les frais donnant accès au Tenafep (pour les finalistes du primaire), les frais de participation aux Jurys, les frais d’administration. Le ministre s’était abstenu de parler de la suppression hic et nunc de la motivation des parents. Tirant peut-être les leçons des échecs de ses prédécesseurs comme Kutumisa Kyota, Elysée Munembwe, Constant Ndom Nda Ombel et Musafiri. Bien que promise par le Premier ministre Antoine Gizenga le jour où il sollicitait son investiture devant les députés nationaux, la gratuité de l’école pour l’exercice 2007-2008 a été annoncée par le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, qui partageait un verre avec ses électeurs du Sud-Kivu à Bukavu. Vital a déclaré que, sur ordre du Chef de l’Etat, la prise en charge des enseignants par les parents est supprimée dès ce mois de septembre. Une telle mesure n’est pas sans conséquence sur la rentrée scolaire. Celle-ci peut même être compromise. Les écoles conventionnées catholiques, à l’origine de la prise en charge, n’entendent pas baisser facilement pavillon. A l’approche de la date du 3 septembre, la perception des frais d’inscription et des acomptes de la motivation roule à merveille. On explique cette résistance par l’absence de mesures d’accompagnement de la suppression de la prise en charge. Pour le Gouvernement, le simple fait de faire passer de 864 à 35.216 FC le salaire de l’huissier suffit pour ramener le sourire aux visages des enseignants. Au-delà des insuffisances épinglées par le Syndicat des enseignants du Congo (Syeco) de l’ex très célèbre Jean-Pierre Kimbuya, notamment le non respect de la tension salariale, il y a lieu de souligner que le salaire de 35.216 FC est loin de répondre aux attentes des enseignants en proie à d’énormes difficultés insupportables au quotidien. La raison est simple. Avec la prise en charge, les enseignants faisaient fortune. Ils ne recevaient pas moins de 200 cents Usd. La seule mesure d’accompagnement qui puise les satisfaire reste l’application de l’Accord de Mbudi, l’octroi de la prime, le transport, le logement, les allocations familiales, etc. Procéder autrement correspond à flouer à la fois les élèves, leurs parents et les enseignants.
Pour rien au monde, ces derniers accepteraient de perdre la motivation des parents qu’ils considèrent comme un acquis à sauvegarder. C’est ainsi que les syndicalistes se mettent à critiquer la bourse de 30 Usd accordée aux étudiants finalistes de graduat et licence des Universités et Instituts supérieurs publics. On parle du gaspillage dans la mesure où la bourse n’a pas aidé les étudiants dans leur formation. A l’ISC, les boursiers avaient pris d’assaut toutes les buvettes longeant l’avenue du 24 novembre.
Les tenanciers des débits de boisson alcoolique se sont faits du magot. A l’IFASIC, en dépit de la démolition de pubs par les bulldozers de Kimbuta, la bière a coulé à flot. Les étudiants ont chanté, dansé et bu. On se demande si d’autres ne se sont pas livrés à la débauche pour enfanter un jour des bâtards. Même ambiance partout. Si on peut comprendre la joie qui est la leur, on a difficile à la partager.
Plusieurs observateurs qualifient l’opération d’une corruption individuelle. De l’avis de ces syndicalistes, cet argent aurait servi à l’amélioration de conditions d’études, au paiement des enseignants, à l’achat de livres pour garnir les bibliothèques, etc. Car, poursuit-on, ce n’est pas le non paiement de la bourse qui empêche les enfants d’étudier.
C’est plutôt le manque de moyens pour payer les frais qui serait en grande partie responsable de la déperdition scolaire.
Alfred Mwari









23 août 2007
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