
(Muanacongo 07/09/2007)
- Cent cinq soldats insurgés ont déserté les rangs du général déchu Laurent Nkunda ces dernières semaines dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), affichant leur volonté d’intégrer l’armée régulière, a-t-on appris mercredi auprès de l’ONU et de l’armée.
- Le général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda a déclaré mercredi à l’AFP être prêt à libérer des soldats loyalistes capturés ces derniers jours au Nord-Kivu (est) et souhaiter la reprise du dialogue avec les autorités de la République démocratique du Congo.
Par ailleurs, il ajoute « avoir accepté de laisser partir une centaine d’éléments de la brigade mixée Delta qui sont ici avec nous. Ils ne voient pas l’utilité de continuer à se battre et veulent rejoindre leurs familles. Ils prendront demain (jeudi) la route de Sake », a-t-il poursuivi. « Je demande à la Monuc (Mission de l’ONU en RDC, qui a une base à Kitchanga) de prendre en charge ces soldats et d’assurer leur transport vers Goma ».
Les communiqués diffusés et autres déclarations faites depuis deux jours nous laissent penser qu’assurément, la deuxième phase de tout conflit armé non gagné vient de commencer : La négociation.
Négociation qui à terme fera de belligérants en présence les protagonistes heureux d’un gigantisme « Qui perd gagne » car si l’ONU a de raisons de se réjouir de l’actuel cessez-le-feu observé entre les FARDC et les Nkundistes, les congolais doivent plutôt y voir la suite logique de l’humiliation dont ils sont victimes depuis la libération afdélienne.
Nul doute que notre « armée nationale » vient de subir, en ne réussissant pas à défaire les troupes de Laurent nkunda, un cuisant échec, échec d’autant plus prévisible qu’il était programmé par celui-là même qui en est le commandant suprême.
Kabila a joué et il a gagné car il peut, cette fois-ci le plus honorablement du monde, c’est-à-dire sous la bannière internationale, envoyer l’un de ces représentants à Kigali pour « négocier avec Nkunda la paix des braves ». Nous savons tous ce que cela signifie.
Nkunda a joué et il a gagné en réussissant à imposer un cessez-le-feu à toute une armée et au-delà à tout un peuple. De ce fait et après les événements de Bukavu de juin 2004, le nkundisme devient une Appellation d’Origine Contrôlée et ses exigences une préoccupation à prendre en compte par la communauté internationale dans le règlement de la question sécuritaire congolaise. Tout un programme surtout lorsqu’on connaît la sensibilité de cette communauté envers les ennemis de notre nation.
Les congolais, du moins ceux qui n’ont pas été tués dans cette nouvelle barbarie, ont également joué…à avoir peur, comme d’habitude. Pas dès lors étonnant qu’ils soient les seuls perdants de ce jeu macabre dont ils ne maîtrisent pas encore bien les règles. Mais nous savons tous combien cela ne nous fait ni chaud ni froid.
Alors pourquoi se prendre la tête ?
Jean-Eric Badibanga,










8 septembre 2007
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