Congo Actualité n° 72 – Supplement

1 octobre 2007

Congo Actualités

25 Septembre 2007 – News RDC – Supplément                                     

SOMMAIRE

POLITIQUE INTERNE – ÉCHOS DES PROVINCES: – Nord Kivu : L’insécurité – La chronologie des derniers combats  -Sud Kivu – Kahemba 

RELATIONS INTERNATIONALES – LA SOCIÉTÉ CIVILE DU KIVU ANALYSE LA SITUATION -Mémorandum de la Communauté Hundé – Déclaration du S.I.C. – RAPPORT FINAL DU GROUPES DES EXPERTS DE L’ONU POUR LA RDC

 

 

POLITIQUE INTERNE 

Le 31 juillet, a pris fin le délai accordé par le Sénat à Jean-Pierre Bemba pour des soins médicaux au Portugal. Toutefois il n’est pas encore rentré au Pays mais il a indiqué qu’il souhaitait rentrer avant le début de la séance parlementaire le 15 septembre, afin d’honorer ses obligations professionnelles et il a précisé que les questions liées à sa sécurité n’étaient pas encore résolues.[1] 

 

Le 1er août, le conseiller spécial du président Joseph Kabila en matière de sécurité, Guillaume Samba Kaputo, est décédé en Afrique du sud à la suite d’une crise d’hypertension artérielle. Originaire du Katanga (sud-est de la RDC) et considéré comme un fidèle du chef de l’Etat, M. Samba Kaputo avait été élu député national lors des élections législatives du 30 juillet 2006. Il avait été plusieurs fois gouverneur de province et ministre, avant de devenir en 2002 directeur de cabinet adjoint du président Kabila. Le chef de l’Etat en avait ensuite fait son conseiller spécial en matière de sécurité.[2] 

 

Le 18 août, le conseiller juridique du président Joseph Kabila, Gaston Nawej Katok, est décédé en Afrique du sud. Malade, M. Nawej avait été transféré le 6 août dernier à Johannesburg après avoir été hospitalisé à la clinique Ngaliema de Kinshasa. Juriste formé à l’université Lovanium de Kinshasa, puis magistrat, M. Nawej avait été avocat général de la République après avoir assumé les fonctions de secrétaire permanent du Conseil supérieur de la Magistrature. Considéré comme un fidèle du président Kabila, il avait été nommé en mars dernier conseiller pour les questions juridiques et administratives.[3] 

 

 

 

 

 

 

ÉCHOS DES PROVINCES

 

Nord Kivu

 

L’insécurité 

 

Le 9 août, le photographe reporter congolais Patrick Kikuku Wilungula a été assassiné par des hommes armés non identifiés à Goma, chef-lieu de la région nord-orientale du Nord-Kivu. les assassins auraient volé l’appareil photo numérique de Kikuku avant de s’enfuir, laissant sur place l’argent et le téléphone cellulaire de la victime. Patrick Kikuku Wilungula travaillait pour l’Agence de presse congolaise (Apc) au Nord-Kivu et pour l’Hebdo de l’Est, paraissant dans la capitale, Kinshasa.[4] 

 

Le 13 août, le chef de la localité de Nyamilima, à 40 kilomètres au nord-est de Kiwanja, en territoire de Rutshuru a été abattu dans l’après-midi à son bureau. Ses présumés assassins seraient des éléments FDLR. Ensuite, il y a eu échange des tirs entre les assaillants et les militaires de la brigade mixée Bravo qui sont intervenus. Une fillette d’une dizaine d’années a également été tuée.[5] 

 

Le 25 août , le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en RDC, William Lacy Swing, a effectué une visite au Nord Kivu où il a visité les déplacés internes du camps de Nyanzale, situé à 130 kms au Nord Est de Goma. Ce camps – qui existe depuis janvier 2007 – abrite approximativement 16.000 personnes ayant fuit l’insécurité causée par les combats entre les FARDC et les militaires du dissident Laurent Nkunda avant le processus de mixage, ainsi que les attaques perpétrées contre les civils par les combattants hutu rwandais FDLR.
Les déplacés du camps de Nyanzale font partie des quelque 170.000 nouveaux déplacés internes que compte la province depuis le début de l’année 2007 et des 640.000 déplacés internes que totalise la province du Nord Kivu. «La première chose que nous devons faire pour rétablir la paix dans cette partie du pays», a-t-il dit, «est de continuer à aider le Gouvernement Congolais et les autorités militaires à finaliser le processus de brassage, et encourager tous les groupes armés étrangers à rentrer chez eux».
[6]
 

 

Le 28 août, un membre de la Croix Rouge de Kisharo a été retrouvé mort dans une rue de la localité de Katwiguru, à environ 90 kilomètres de Goma. Il avait été enlevé le 18 août par des FDLR.[7] 

 

Le 10 septembre, des casques bleus ont découvert trois fosses communes contenant environ 27 corps dans la zone de Rubare, en territoire de Rutshuru, à une soixantaine de kilomètres au nord de Goma. La zone était le quartier général d’un bataillon, commandé par Innocent Nzalunida, de la brigade mixée Bravo, composée d’éléments fidèles à l’ex général Laurent Nkunda. Déjà le 18 août, alors que les éléments nkundistes de la brigade Bravo venaient de quitter Kishero et Katwiguru (à une trentaine de km au nord de Rutshuru), des Casques bleus en patrouille avaient découvert six cadavres portant des traces de blessures par balles, à moitié enterrés, dans les camps abandonnés par ces militaires.[8] 

 

La chronologie des derniers combats   

 

Le 27 août,  au moins quatre militaires congolais de l’escorte du Colonel Yav de la brigade « mixée » Charlie, des Fardc, ont été tués dans l’attaque de leur véhicule par des « hommes en uniforme », à Matanda, une localité du territoire de Masisi située à environ 50 kilomètres au nord-ouest de Goma, capitale du Nord-Kivu. Certaines brigades « mixées » sont commandées par des officiers des FARDC et d’autres par des militaires de l’ex-général Nkunda.[9] 

 

Le 28 août, une position de la brigade Charlie a été attaquée tôt le matin à Rubaya (à environ 60km au nord-est de Goma, capitale du Nord-Kivu) par un groupe important d’hommes en armes ». Or, les militaires de la brigade « mixée » Charlie qui ont été attaqués sont issus de bataillons loyalistes au sein des FARDC. Ils ont été délogés de Rubaya par plusieurs éléments pro-Nkunda venus de Mushaki, Karuba et Ngungu, des localités voisines du même territoire de Masisi. Face à la suprématie numérique des assaillants, les éléments FARDC ont « été obligés de se replier vers Masisi-centre (à environ 20 km de Rubaya), pour chercher des renforts. Rubaya est passé sous contrôle des militaires pro Nkunda.[10] 

 

Le 30 août, des militaires de Laurent Nkunda ont attaqué une position de l’armée régulière à Katale (Nord-Kivu), à 65 kilomètres au sud-ouest de Goma, près de Masisi centre. Les échanges de tirs à l’arme lourde ont duré plus de quatre heures, avant une accalmie. La localité de Katale constitue la base de la brigade mixée Charly que dirige le colonel Yav.[11] 

 

Le 30 août, le ministre congolais de la Défense, Tshikez Diemu, a déclaré, au cours d’une conférence de presse à Kinshasa, que le gouvernement de la RDC réitère son engagement pour une solution pacifique et négociée de la situation dans l’Est du pays. Il a toutefois envisagé d’autres mesures au cas où la solution pacifique montrait ses limites et il a annoncé l’envoi de renforts militaires au Nord-Kivu. M. Chikez a indiqué que « la relève des brigades « mixées » serait assurée par des brigades intégrées, déjà en cours d’acheminement vers le Nord-Kivu.[12] 

 

Le 30 août, Bwambale Kakolele, un proche de l’ex-général tutsi congolais Laurent Nkunda a déclaré que leurs troupes observaient une « trêve », conditionnée à la satisfaction de revendications et qui sera rompue en cas d’engagement de renforts de l’armée. Il a affirmé que le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), le mouvement politico-militaire de Nkunda, se battrait « jusqu’à ce que les accords conclu en janvier avec (le général) John Numbi à Kigali soient respectés par le gouvernement ». Nkunda estime que le gouvernement n’a pas respecté ses engagement, en ne formant que cinq brigades sur les six prévues, en refusant de « mixer » le commandement de l’armée au Nord-Kivu et en retirant aux brigades mixées la tâche de traquer les rebelles hutus rwandais et en bloquant, de ce fait, le retour de milliers de Tutsis congolais réfugiés au Rwanda voisin. Il a ajouté que « la seule chose qui préoccupe actuellement leur mouvement, c’est d’assurer la sécurité des communautés rwandophones (Tutsis et Hutus congolais parlant le Kinyarwanda, langue du Rwanda) qui sont menacées d’exactions (…) par l’armée gouvernementale ».[13] 

 

Le 31 août, quatre civils ont été tués et six blessés lors d’accrochages à Ngungu, une localité occupée depuis des semaines par des troupes ralliées à l’ex-général Laurent Nkunda. Louis Mashagiro, député du Masisi, a affirmé que les insurgés fidèles à Nkunda avaient été attaqués par des FDLR. Un officier des Forces armées de RDC (FARDC) a de son côté affirmé que les hommes de Nkunda avaient été délogés par des troupes loyalistes de la 14e brigade venues du Sud-Kivu. Les insurgés n’ont pas opposé beaucoup de résistance et ont fui.[14] 

 

Deux brigades brassées sont arrivées au Nord Kivu en provenance de Kisangani et de l’Ituri. Le gouverneur du Nord Kivu, Julien Paluku, a rassuré que ces brigades intégrées ne viennent pas combattre les soldats mixés mais renforcer la sécurité dans la province.[15] 

 

Le 3 septembre, les combats ont repris entre soldats loyalistes et insurgés après trois jours d’une fragile trêve émaillée d’accrochages. De nouveaux affrontements ont éclaté dans la zone de Sake, territoire de Masisi, autour des villages de Karuba (environ 8 km à l’ouest de Sake) et de Kimoka, (à 5 km au nord de Sake), à 40 kilomètres au sud-ouest de Goma, le long de la route de Minova et Bukavu. Selon plusieurs sources sur place, les combats opposent des militaires FARDC de la 14e brigade intégrée coalisés avec leurs camarades de la brigade mixée Echo, à des militaires non mixés proches de Laurent Nkunda, commandés par le colonel Mulomba.[16] 

 

Le 4 septembre, des tirs ont été entendus dans la localité de Nkokwe, à 50 kilomètres au nord de Goma, dans la partie sud du territoire de Rutshuru. Le commandant de la 9ème brigade intégrée a attribué l’attaque aux militaires de la brigade mixée Bravo commandée par le colonel Makenga. Ces militaires fidèles à Laurent Nkunda provenaient de Runyoni. L’armée et les rebelles se sont affrontés également entre Jomba et Runyoni, dans la zone de Rutshuru (à 80 km environ au nord de Goma), près de la frontière rwandaise.[17] 

 

Le 5 septembre dans la soirée, de très violents combats ont éclaté entre la 15e brigade des Fardc et les militaires de Nkunda dans les collines surplombant Sake

Le 6 septembre, Bwambale Kakolele, un proche de Nkunda, a affirmé que ses troupes étaient dans Sake, tandis que des habitants ont affirmé que la ville était toujours aux mains des loyalistes. La Monuc a facilité la mise en place d’un cessez-le-feu entre les troupes de Nkunda et du gouvernement à 12H30 (10H30 GMT). Les hommes de Nkunda, qui ont essayé de prendre Sake dans la matinée, ont accepté de se replier sur les collines surplombant la ville et la Monuc a déployé des Casques bleus partout dans Sake. La Monuc a prévenu les troupes de Nkunda qu’elle ne tolèrerait aucune nouvelle tentative de prise de Sake. Des milliers de civils ont quitté la ville, prenant la route de Goma.[18]    

 

Le 7 septembre, les combats ont repris dans les collines de Kokwe et Ruvuru (à une dizaine de km à l’est de Rumangabo), dans le territoire de Rutshuru. En revanche, dans le territoire voisin de Masisi, aucun nouvel accrochage n’a été signalé. Le cessez-le-feu était respecté à Sake et la ville était toujours sous le contrôle des Fardc et des Casques bleus.[19] 

 

Le 7 septembre, la situation s’est calmée dans la localité de Sake, toutefois, les activités sont encore paralysées, la majorité de la population ayant fui la localité. Les portes des maisons en majorité sont restées fermées. Les boutiques, le marché, et même le centre de santé n’ont plus fonctionné. Des habitants continuaient à abandonner leurs maisons de peur d’autres affrontements. La majorité de ces habitants sont actuellement dans des familles d’accueil aux quartiers Mugunga, Lac-vert, Ndosho et à Goma-centre , sans assistance.[20] 

 

Le 8 septembre, la Monuc a appelé les éléments dissidents à quitter immédiatement les positions qui menacent les zones urbaines, afin que les populations déplacées par les affrontements puissent regagner leurs foyers, et à se préparer pour intégrer le processus de brassage. Dans le cadre du processus national de réforme de l’armée, dit de « brassage », les combattants de toutes les factions belligérantes de la dernière guerre en RDC (1998-2003) doivent être démobilisés, identifiés, formés puis répartis dans de nouvelles brigades dites « intégrées » avant leur déploiement à travers le pays.[21] 

 

Le 10 septembre, des échanges de tirs avaient déjà opposé les troupes insurgées à des miliciens Maï Maï ainsi que des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) près de Kitchanga, fief de Nkunda. Le 11 septembre, des affrontements ont opposé des miliciens locaux Maï Maï à des soldats dissidents de Laurent Nkunda à Rubaya, une localité située à une quarantaine de kilomètres au nord de Goma. « Même si les Maï Maï ou les FDLR ne combattent pas au côté des FARDC, ils les appuient sur le terrain et on ne voit pas clairement les autorités (de RDC) se démarquer d’eux. S’ils continuent à harceler les positions de Nkunda, la trêve ne va pas durer longtemps », a déclaré une source sécuritaire occidentale, sous couvert d’anonymat.[22] 

 

Si la trêve instaurée le 6 septembre entre militaires loyalistes et nkundistes semble respectée, plusieurs accrochages ont opposé les derniers jours les troupes de Nkunda et des miliciens locaux Maï Maï et/ou des rebelles hutus rwandais des FDLR. Les miliciens locaux Maï Maï se sont majoritairement regroupés au sein des Patriotes résistants du Congo (Pareco), un mouvement créé en mars 2007 au Nord-Kivu avec pour principal objectif de lutter contre Nkunda. Les dernières violences débutées au Nord-Kivu depuis la fin du mois d’août, ont conduit au déplacement de plus de 10.800 familles (plus de 50.000 personnes) qui se sont regroupées dans des camps proches de Goma, à Mugunga.[23] 

 

Le 17 septembre, les soldats dissidents ralliés à l’ex-général Laurent Nkunda se sont retirés des abords de Sake, se sont repliés à environ 3 km du village et leurs anciennes positions ont été immédiatement occupées par des Casques bleus. Ce retrait des troupes nkundistes n’a toutefois pas été observé autour de Katale, Rubaya, Mushaki, Ngungu (territoire de Masisi), Rumangabo, Jomba (territoire de Rutshuru).[24] 

 

 

Sud Kivu

 

Le 7 septembre, dans un communiqué, les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) condamnent sans réserve les crimes commis contre les populations civiles innocentes congolaises et les réfugiés rwandais en RDC par le groupe criminel «Rastas», actif surtout au Sud Kivi et à la solde du régime fasciste de Kigali. Les Fdlr n’accepteront jamais qu’on fasse endosser ces crimes aux FDLR qui rappellent, encore une fois, qu’elles n’ont rien à voir avec ce groupe «Rastas», composé de criminels financés, armés et entretenus par le régime fasciste de Kigali pour semer la mort dans le Kivu et jeter le discrédit sur les FDLR mêmes. Les FDLR demandent instamment au Conseil de Sécurité de l’ONU, à l’Union Européenne et à l’Union Africaine que s’ils sont réellement disposés à résoudre une fois pour toute la crise de la région des Grands Lacs Africains, ils doivent aller déraciner le mal à la source, c-à-d au Rwanda.[25] 

 

Le 8 septembre, deux civils condamnés à mort pour l’assassinat du journaliste Serge Maheshe ont écrit à la Haute Cour militaire de Kinshasa pour dédouaner les amis de la victime, également condamnés à mort dans cette affaire. Freddy Bisimwa et Masasile Rwezangabo, condamnés à mort le 28 août par un tribunal militaire de Bukavu, avaient avoué être les assassins de Maheshe et avaient désigné Serge Mohima et Alain Shamavu, amis de la victime et témoins oculaires du crime, comme étant les « commanditaires » de ce crime. Les deux témoins, qui n’ont cessé de clamer leur innocence, avaient été condamnés à la peine capitale pour « association de malfaiteurs ». Bisimwa et Rwezangabo « se rétractent » et affirment que contrairement à ce qu’ils ont déclaré lors du procès, les deux témoins « ne sont pas les commanditaires du crime ». Ils affirment en outre qu’ils ont été « influencés par des magistrats » qui leur auraient « promis la liberté s’ils citaient (les) amis (de la victime) comme commanditaires ».[26] 

 

Le 14 septembre, dans la forêt de Bijabo, à plus de 150 km au sud de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, plusieurs positions de l’armée congolaise ont été attaquées par des soldats dissidents réfractaires au brassage et aux ordres du colonel tutsi congolais Venant Bisogo. Les accrochages entre l’armée régulière et des soldats dissidents « banyamulenge » (Tutsis du Sud-Kivu) sont fréquents dans cette région de hauts plateaux.[27] 

 

Kahemba

 

Le 18 juillet, la commission parlementaire qui s’était rendue à Kahemba au mois de mars 2007 a rendu public son rapport qui a été discuté au niveau de l’Assemblée nationale. 

Au regard des témoignages recueillis auprès des populations, la commission confirme l’occupation du territoire congolais par la partie angolaise. Dans leur rapport, les députés affirment «que les villages concernés par ce conflit avec l’Angola se situent entre la borne 20 et 21 et qu’il s’agit des villages congolais habités par des citoyens congolais et que ces villages sont aujourd’hui sous contrôle des forces angolaises. Les députés rejettent ainsi les conclusions techniques de la «Commission mixte angolo-congolaise» qui signale qu’il n’y a pas eu violation du territoire congolais par les troupes angolaises. La Commission a, toutefois, exigé la mise en place d’une autre commission mixte, véritable et crédible entre la RDC et l’Angola afin de régler définitivement ce différend frontalier et qui pourra bénéficier de l’assistance d’anciennes puissances coloniales, à savoir le Portugal et la Belgique.[28] 

Sur base des éléments techniques qui partent du 7ème parallèle sud pour délimiter les frontières, les experts de la commission mixte technique congolo-angolaise, le 11 avril à Lunda Norte, avaient conclu que les bornes 21 et 23 sont conformes à celles reprises dans le traité de 1891 et que la paillote de la police angolaise où flotterait le drapeau angolais est construite à 120 m de la frontière, au sud de la borne 21, c’est-à-dire en territoire angolais. Le même rapport précise que la localité de Shakadiata se trouverait à cheval entre les deux pays, Shayimbwanda et Shayingi se trouveraient en territoire angolais,  tandis que Shakombe et les autres villages situés entre les bornes 20 et 23 (Shashidingi, Shashidi, Shawono et Mwamushiku), se trouveraient en territoire congolais. 

Fort de ces éléments techniques, le gouvernement congolais avait clôturé le dossier à son niveau, donnant raison au gouvernement angolais. Les experts ont également constaté que des villages indiqués sur la carte de 1960 ont disparu sur le terrain ou se trouvent ailleurs qu’aux coordonnées initiales. Il s’agirait donc de  populations congolaises qui se seraient déplacées vers le territoire angolais, du moins pour les deux villages de Shayimbwanda et Shayingi et que, lors des élections congolaises, on les aurait tout simplement suivies là-bas. 

Les experts ont demandé que l’on puisse faire un distinguo entre les déclarations des populations et les données scientifiques et géographiques sur les différents traités signés entre Etats. C’est sur ce point que la commission parlementaire et les experts de la commission mixte technique congolo-angolaise divergent. Si les parlementaires se basent sur un terrain plus politique, les experts de deux pays s’appuient sur les éléments scientifiques. Il va de soi que si l’affaire est amenée devant les institutions juridiques internationales, les arguments utilisés seront plus scientifiques que politiques.[29] 

De sa part, le député national Christophe Mboso N’kodia Pwanga, a démontré au cours d’un point de presse et avec preuves à l’appui, que les localités de Shayimbwanda, Shohono, Shakadiata… aujourd’hui au centre de la controverse n’ont jamais fait partie de l’Angola. Il a exhibé à cet effet plusieurs cartes administratives de la RDC, parmi lesquelles celle datée de 1957 obtenue auprès des chefs traditionnels de Kahemba, celle du 12 avril 1960, peu avant l’accession du pays à l’indépendance, celle de l’Eglise Catholique intitulée «Carte des diocèses et des implantations pastorales de l’Eglise catholique au Congo» et l’Atlas du Père Léon de Saint Moulin dénommé «Atlas de l’organisation administrative au Congo» de 2005. Pire encore dans la carte administrative d’Angola, on ne voit nulle part à la frontière commune avec sa province de Lunda Norte une quelconque localité parmi celles revendiquées aujourd’hui. Pour les parlementaires du Kwango, prétendre que les localités précitées sont angolaises, constitue ni plus ni moins qu’un acte de haute trahison.[30]   

 

Le 30 juillet, le président angolais José Eduardo dos Santos s’est entretenu à Luanda (Angola) avec son homologue de RDC, Joseph Kabila, sur la situation conflictuelle à la frontière commune et il lui a demandé de bien vouloir collaborer «dans la lutte commune contre le phénomène de l’immigration illégale, qui atteint des proportions alarmantes, à la manière d’une invasion silencieuse».[31] 

 

 

RELATIONS INTERNATIONALES

 

Le 3 août, des incidents ont eu lieu entre les forces armées congolaise et ougandaise dans les eaux du Lac Albert. Ces incidents ont coûté la vie à deux soldats congolais des FARDC et à un civil, un britannique répondant au nom de Carl Nefdt. En plus, les FARDC avaient réussi à faire prisonniers quatre soldats ougandais. Carl Nefdt, ingénieur de nationalité britannique, travaillait pour le compte de la société pétrolière canadienne Heritage Oil Corp qui est installée en Ouganda depuis plus de dix ans. En effet, une embarcation de Heritage Oil, en provenance de l’Ouganda, venait de tomber en panne et secourue par la marine des Fardc qui la tenait à l’œil. Les militaires ougandais sont intervenus, tirant sur les FARDC qui ont riposté. Pour éviter que la situation ne se détériore, les parties congolaise et ougandaise ont convenu de se réunir pour examiner les faits et éviter que ce genre d’incidents ne se reproduisent. Au terme des discussions, les FARDC ont libéré les soldats ougandais. Néanmoins, il a été convenu de se mettre d’accord sur le tracé lacustre pour éviter de violer les eaux territoriales de chaque Etat. Il faut aussi remarquer qu’en juillet 2006, Héritage a signé un contrat de production partage avec la Rdc. Ce qui lui permet d’exploiter le pétrole dans le versant congolais à partir des eaux congolaises avec des installations placées en Ouganda. Les choses sont claires. Les enjeux sont là, et le pétrole, après l’or de l’Ituri, oppose déjà l’Ouganda à la République démocratique du Congo.[32] 

 

Le 10 août, dans sa résolution 1771, le Conseil de Sécurité de l’Onu a reconduit jusqu’au 15 février les dispositions relatives à l’embargo sur les armes, les mesures de contrôle du trafic aérien et les sanctions individuelles contre certaines personnes. L’embargo sur les armes, qui date de 2003 et est applicable depuis 2005 sur tout le territoire de la RDC, vise uniquement les multiples milices armées qui sévissent aux frontières du pays. Il ne s’applique pas aux unités de l’armée et de la police du pays, dès lors qu’elles « ont achevé le processus d’intégration », « opèrent respectivement sous le commandement de l’état-major intégré des Forces armées ou de la police de RDC », ou « sont en cours d’intégration », en dehors des provinces du Kivu et du district de l’Ituri (est). La résolution reconduit aussi les sanctions individuelles -gel des avoirs financiers et interdiction de voyager- à l’égard des personnes qui seraient considérées comme entravant la mise en oeuvre de l’embargo. 

La résolution proroge également l’exigence d’un contrôle strict, à exercer par tous les pays de la région, de tous les aérodromes civils ou militaires et de tous les déplacements aériens, notamment par la vérification des documents de bord, des licences des pilotes et des plans de vol.[33] 

 

 

LA SOCIÉTÉ CIVILE DU KIVU ANALYSE LA SITUATION

 

Mémorandum de la Communauté Hundé

 

Le 3 août, les chefs coutumiers et notables la communauté Hunde des territoires de Masisi, Rutshuru, Walikale, Nyiragongo et Goma en province du Nord-Kivu et Kalehe en province du Sud-Kivu, ont adressé un mémorandum à Son Excellence, le Secrétaire Général des Nations Unies. 

Ils dénoncent pour la énième fois le complot ourdi par le Rwanda contre la RDC, un complot qui menace leur peuple, leurs institutions coutumières, leur patrimoine foncier et leur appartenance au peuple congolais. 

Ils ne s’opposent pas à la jouissance des droits des populations d’origine rwandaise qu’ils ont accueillies en qualité de réfugiés ou immigrés. Toutefois ils dénoncent le complot ourdi par les dirigeants du Rwanda, leur pays d’origine, qui les utilise pour revendiquer, à tort, une partie du territoire congolais correspondant exactement à leur territoire, y injecter une partie de sa population et entretenir une rébellion permanente au sein de la classe politique congolaise, dans le but de fragiliser le pays et créer ainsi les conditions qui lui permettront d’arriver à la balkanisation du Congo. 

Profitant de la rébellion que le RCD a lancée en 1998, le Rwanda a entrepris d’injecter dans l’Est du Congo sa propre population qu’il présente comme des congolais qui s’étaient réfugiés au Rwanda, lors des troubles qui ont endeuillé la contrée entre 1987 et 1996. Même les réfugiés rwandais arrivés au Congo en 1959 et que le HCR, par sa lettre du 03 juillet 1965 adressée au Gouverneur Benezeth Moley, avait installés à Bibwe (Masisi) et à Ihula (Walikale) et qui sont volontairement rentrés au Rwanda à leur propre demande (cfr lettre du 22/06/1995), ont été ramenés au Congo au prétexte qu’ils sont congolais. Actuellement, ils cherchent à installer sur les terres de Kalehe, Masisi, Walikale et Rutshuru, leurs frères qu’ils ont fait venir du Rwanda, de l’Ouganda, de la Tanzanie avec leur bétail. 

Ils vont jusqu’à exiger que d’autres qui seraient encore dans des camps à BYUMBA et KIBUYE au Rwanda viennent les rejoindre. Les autorités rwandaises remplissent ces camps de leurs citoyens qu’ils amènent au Congo au motif que ce sont des congolais. Une fois que les camps sont vides, ils recommencent la même opération et déversent le contenu des camps déjà pleins au Congo. Si ces gens sont réellement des réfugiés congolais, qui les avait reçus au Rwanda comme réfugiés? Quand? Et quelles en sont les preuves? Quelles sont leurs collines au Congo et leurs chefs coutumiers? 

Les chefs de la communauté hunde savent pour leur part que ceux que le Rwanda amène au Congo sont ses propres citoyens et que seul une petite partie parmi eux avait été réfugiés au Kivu et sont volontairement rentré chez-eux en 1994 à la victoire du FPR en 1994. À ce moment là, de nombreux Tutsis sont rentrés au Rwanda, non pas pour s’y réfugier, mais pour s’y réinstaller en tant que citoyen rwandais. Pour preuve ils jetaient leurs cartes d’identité zaïroises à la frontière, avant de regagner leur pays natal qui les accueillait sans la moindre formalité. 

Leur retour permettra d’augmenter leur nombre en vue de réaliser la conquête du Kivu. Ils envisagent, comme ils l’ont exprimé en 1981 dans leur lettre adressée au Secrétaire Général de l’ONU, de faire organiser un référendum d’autodétermination, opération que l’arrivée des infiltrés venus du Rwanda est destinée à faciliter. Leur objectif est de créer un Etat à eux sur ces terres qu’ils comptent soustraire à l’autorité du gouvernement congolais. Ils ont déjà mis en place leur armée composée des militaires rwandais, actifs et démobilisé, ainsi que des éléments qui ont refusé le brassage. Parfois, ils ont même créé leur propre administration, en y excluant les chefs coutumiers locaux. 

Après ce constat, les Autorités Hunde affirment que la question de la nationalité des membres de la Communauté rwandophone au Congo est encore un problème ouvert, malgré l’existence d’une loi y relative. Elles rappellent que, dans le passé, les Congolais ont accueilli Hutus et Tutsis, réfugiés et immigrés, sans distinction et sans aucune difficulté. Elles expriment leur disponibilité à vivre avec ceux d’entre eux qui, voulant vivre au Congo, aspirent à la paix, à la cohabitation pacifique des peuples et au respect des convenances sociales. Elles ne sont nullement opposées à ce que la nationalité congolaise leur soit accordée individuellement et sur demande. Elles disent bien «accordée», car il est clairement établi que nombre d’entre eux sont bel et bien rwandais. C’est pourquoi, les Chefs Hunde conseillent aux autorités du Congo d’opter pour une politique de naturalisation individuelle adressée à ces réfugiés et immigrés, hutu et tutsi, réellement et sincèrement attachés au Congo, prêts à le servir. Ils s’opposent, par contre, à tout transfert par le Rwanda de sa population vers les territoires congolais au prétexte mensonger qu’elle est congolaise. 

En ce qui concerne l’ex général Laurent NKUNDA, les autorités Hunde affirment qu’il se sert de son mouvement, le Conseil Nationale pour la Défense du Peuple (CNDP) pour:   

- Chasser la population autochtone de leurs champs et villages au profit de ses partisans étrangers soit disant réfugiés ; 

- Brûler la population vive dans leurs villages disant qu’il poursuit les Interahamwe qu’il n’a pas pu poursuivre pendant le règne du RCD ; 

- S’ériger en chef de l’Etat dans une partie du Nord-Kivu en 

- Percevant des impôts et taxes ; 

- Hissant un drapeau de la République du Volcan en chantier par lui ; 

- Imposant un hymne en Kinyarwanda pour sa psedo-république ; 

- Chassant les chefs administratifs, coutumiers et même sécuritaires au profit des hommes de son choix devant donner rapport à lui et non plus au gouvernement ni local, ni central ; 

- Procédant au recrutement des hommes de troupes qui, en grande partie sont des enfants et des démobilisés rwandais. 

Les Chefs Hundes craignent que les Hutu et Tutsi rwandais ne s’affrontent sur le territoire congolais et c’est ainsi qu’ils demandent à la Communauté Internationale de bien vouloir rapatrier tous les réfugiés Hutu rwandais et les FDLR, mais aussi les militaires Tutsi rwandais et d’autres étrangers qui se trouvent au coté de NKUNDA, car tous font des exactions sur le peuple congolais. 

Ils invitent aussi le Conseil de Sécurité à faire une mise en garde au gouvernement de Kigali (Rwanda), pour l’amener à la démocratisation du Pays qui, seule, peut permettre le retour des réfugiés rwandais vivant à l’étranger. Un dialogue inter rwandais pourrait faciliter le retour aussi des groupes armés rwandais (les Fdlr, ex Far et Interahamwe) encore présents au Kivu.[34] 

 

Déclaration du S.I.C.

 

Le 13 août, le groupe de réflexion Source Indépendante du Congo (SIC) rend publique une déclaration du titre: «Le dossier table ronde inter-communautaire au Nord et au Sud-kivu: un arbre qui cache la foret…». Selon le SIC, la table–ronde «inter-communautaire» adoptée par le gouvernement sous l’initiative du Ministre de l’intérieur, Monsieur Dénis Kalume est une idée qui ne correspond à rien sur le terrain et rejetée par les populations du Nord et du Sud – Kivu. 

En dernière analyse, il y a une tentative délibérée de remettre en cause les résultats des élections. Le fait de tant insister sur la tenue d’une table ronde « inter-communautaire » alors que le problème inter-ethnique ne se pose pas à ce point, traduit une volonté manifeste et délibérée d’imposer à la population les perdants des élections par le biais d’un forum « inter-communautaire ». 

L’inconstitutionnalité de la procédure tient au fait qu’on va désigner les délégués à la tête du client en lieu et place des élections directes. Quels sont ces problèmes qui ne peuvent pas être traités au sein d’une Assemblée provinciale ou une Assemblée Nationale démocratiquement élues? Cette manière de contourner les institutions issues des élections révèle l’ambition de vouloir remplacer le pouvoir élu par un pouvoir dont on ignore la finalité et la nature. 

Cette façon de toujours ramener le problème politique de la République Démocratique du Congo à l’ethnie ou à la communauté est une attitude avilissante pour la population; l’on retire aux personnes humaines leurs mérites et leurs responsabilités personnelles pour n’en faire que des membres d’une ethnie et tout s’arrête à ça. 

Ceci risque de corroborer les thèses des Pays agresseurs qui aimeraient justifier tout leur coup de force contre la RDC par la soi-disant haine ethnique et la défense des soi-disant «minorités». 

Ceci ne rappelle-t-il pas cette fausse lecture des guerres en République Démocratique du Congo qui induit la «Communauté Internationale» en erreur sur les guerres au Congo: plutôt que de parler des invasions étrangères, l’on a parlé des guerres ethniques et des guerres civiles; ce qui a occasionné le pillage du Congo pendant de longues années tout en empêchant à la «Communauté Internationale» d’intervenir. 

A monsieur le Ministre de l’Intérieur Denis Kalume nous disons: quand vous aurez intégré les démobilisés, quand le gouvernement aura payé les fonctionnaires, les militaires et les autres forces de l’ordre; quand vous aurez assuré la sécurité des biens et des personnes, quand, avec le ministère de la Défense, vous aurez mis en déroute les forces négatives à savoir les factions du CNDP et les Interahamwe, ainsi que le groupe des 47 à Minembwe (les insurgés et les infiltrés), alors venez nous parler du forum «inter-communautaire». 

 

 

RAPPORT FINAL DU GROUPES DES EXPERTS DE L’ONU POUR LA RDC

 

Le Groupe d’experts de l’Onu pour la RDC s’est intéressé aux principales filières de transfert d’armes en violation de l’embargo imposé à la République démocratique du Congo par les résolutions 1493 (2003), 1596 (2005) et 1698 (2006), notamment à la contrebande, à la circulation interne illicite et au stockage de matériels sous embargo et au détournement de stocks légitimes en RDC vers des destinataires illégitimes. 

Le Groupe est à même de confirmer que la source de financement la plus profitable aux groupes armés demeure l’exploitation, le commerce et le transport de ressources naturelles. Le transporte est effectué surtout par voie aérienne, à cause du mauvais état du réseau routier. 

En matière d’aviation civile, le Groupe d’experts a continué ses investigations pour l’identification de transport illicite d’armes et de munitions, la surveillance des aéroports et de l’exploitation des aéronefs. 

Le Groupe sait que c’est au Gouvernement de la RDC qu’incombe la responsabilité de la surveillance des matériels sous embargo, des services des douanes, de l’immigration et de l’aviation civile et d’exercer un contrôle sur les ressources naturelles et les activités bancaires. 

Selon le Groupe, le Gouvernement de la RDC pourrait bénéficier d’une importante assistance internationale sous forme de conseils et de financement de réformes techniques et administratives, mais encore faudrait-il qu’il le demande. 

 

L’aérodrome national de Bukavu/Kavumu enregistre en moyenne un trafic de l’ordre de 35 mouvements par jour. 

Bien que tous les services étatiques de contrôle soient sur place, cet aéroport demeure une vraie passoire; chacun pour fermer les yeux sur les anomalies perçoit des redevances sur les compagnies, les passagers et les expéditeurs de fret. Ces pratiques se constatent également sur les aérodromes de destination. 

Les compagnies basées à Bukavu transportent des minerais (or, cassitérite, coltan, wolfram, …) pour le compte de comptoirs sis dans cette ville et ayant des correspondants dans les mines pour l’achat ou l’extraction directe desdits minerais à travers d’agences de fret dont les principales sont Delta Force, Atral, Zalia pour la destination Kamituga; Agefreco Air, Congocom Air et Stellavia pour la destination Namoya; Agefreco Air, Congocom Air, Grace Express, Lokole et Acosha pour les destinations Shabunda et Lulingu. À l’aller, les avions transportent des marchandises diverses. Au retour, les cargaisons sont constituées de minerais à raison de 2 000 kilogrammes par vol en moyenne. 

L’or extrait des gisements miniers du Sud-Kivu est regroupé à Bukavu par l’Établissement Namukaya avant d’être livré à Bujumbura. Guy Liongola, basé à Tessenderlo (Belgique) l’importe régulièrement vers la Belgique. Selon des dossiers que le Groupe a pu consulter, M. Liongola a reçu au total 34 933 kilogrammes d’or entre le 11 août 2006 et le 10 février 2007.   

À l’exception des exportations vers la Belgique assurées par M. Liongola, toutes les filières d’importation d’or du Sud-Kivu passent par Bukavu et Uvira et aboutissent auprès du représentant à Bujumbura de la société Machanga Ltd., basée à Kampala. Cette société a pratiquement un monopole sur l’or burundais et sur celui importé illégalement pour la plupart du Sud-Kivu. Avant de ne plus pouvoir opérer en raison des sanctions financières ciblées dont elle fait maintenant l’objet, Machanga Ltd. vendait tout cet or à Emirates Gold à Dubaï. 

 

L’aéroport de Goma, avec près de 40 mouvements par jour en moyenne, est devenu le premier aéroport de l’est de la République démocratique du Congo du point de vue du trafic. Près de 40 avions tous types confondus se partagent le trafic enregistré à Goma. 

Les compagnies aériennes basées sur cet aéroport sont affrétées par des comptoirs sis à Goma principalement pour le transport de minerais (cassitérite, coltan, wolfram, etc.). 

Le réseau aérien tissé autour de Goma a pratiquement les mêmes têtes de ligne que Bukavu, plus la destination Walikale qui est sa destination principale. 

Les filières d’approvisionnement de tous les principaux minéraux précieux et semi-précieux provenant du Nord et du Sud-Kivu sont l’objet de détournements dont tirent parti les groupes armés. 

En 2006, les exportations totales de cassitérite par les 17 comptoirs du Nord-Kivu ont atteint environ 2 904 tonnes correspondant aux 5 306 tonnes environ d’oxyde d’étain livrées à Goma. La quantité de cassitérite extraite dans des centaines de petites mines dans les provinces suivantes et envoyée à Goma figure ci dessous: 

 

Province                                                                                                         Quantité (en tonnes) 

Katanga . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186,4 

Maniema . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 722,5 

Nord-Kivu et Sud-Kivu. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  4.255,6 

Orientale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146,1 

Total  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  5.310,6 

 

Le tableau ci-dessous indique la quantité totale de cassitérite achetée ou négociée en 2006 par des entités basées dans six pays : 

Pays                                                                                                               Quantité (en tonnes) 

Belgique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2. 296 

Hong Kong (Chine) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . … 10,2 

Kazakhstan. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . …. .27,4 

Malaisie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . …. .73,8 

Rwanda . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ….. .429,0 

Royaume-Uni . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . …. .67,5 

Total . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2.903,9 

Il en résulte que la destination de 2.406,7 tonnes reste inconnue.[35] 

 

 




[1] Cf Radio Okapi, 01.08.’07 et AFP – Lisbonne, 01.08.’07. 

[2] Cf Belga – 7×7, 01.07.’07. 

[3] Cf Belga – 7×7, 20.08.’07. 

[4] Cf Misna, 10.08.’07. 

[5] Cf Radio Okapi, 13.08.’07. 

[6] Cf Sylvie van den Wildenberg / MONUC, 27.08.’07. 

[7] Cf Radio Okapi, 26.08.’07. 

[8] Cf Misna, 13.09.’07 et AFP – Kinshasa,13.09.’07. 

[9] Cf AFP – Kinshasa, 27.08.’07 et Radio Okapi, 28.08.’07. 

[10] Cf Belga – 7×7, 28.08.’07; Radio Okapi, 28.08.’07 et AFP – Goma, 28.08.’07. 

[11] Cf AFP – Kinshasa, 30.08.’07. 

[12] Cf AFP – Kinshasa, 30.08.’07 et Radio Okapi, 31.08.’07. 

[13] Cf AFP – Kinshasa, 30.08.’07. 

[14] Cf AFP – Goma, 31.08.’07. 

[15] Cf Radio Okapi, 01.09.’07. 

[16] Cf AFP – Goma, 03.09.’07 et Radio Okapi, 03.09.’07. 

[17] Cf Radio Okapi, 04.09.’07 et Misna, 04.09.’07. 

[18] Cf AFP – Goma, 06.09.’07. 

[19] Cf AFP – Goma, 07.09.’07. 

[20] Cf Radio Okapi, 08.09.’07 et AFP – Goma, 08.09.’07. 

[21] Cf AFP – Goma, 08.09.’07. 

[22] Cf AFP – Goma, 11.09.’07. 

[23] Cf AFP – Kinshasa,13.09.’07. 

[24] Cf AFP – Kinshasa, 18.09.’07. 

[25] Cf COMMUNIQUE DE PRESSE N° 02/SE/CD/FDLR/SEPT/2007 DES FDLR. 

[26] Cf AFP – Kinshasa, 17.09.’07. 

[27] Cf AFP – Kinshasa, 18.09.’07. 

[28] Cf Nina Yacoubian / MONUC, 19.07.’07. 

[29] Cf Le Potentiel – Kinshasa, 16.05.’07 et 19.07.’07; L’Avenir – Kinshasa, 19.07.’07 et Radio Okapi, 19.07.’07. 

[30] Cf Le Phare –
Kinshasa, 23.07.’07.
 

[31] Cf AFP – Luanda, 30.07.’07. Luanda a toujours affirmé que les populations congolaises s’étaient déplacées ces dernières années et que se trouvaient maintenant en territoire angolais. 

[32] Cf Le Potentiel – Kinshasa,  09.08.’07. 

[33] Cf AFP -
New York, 11.08.’07. 

[34] Cf Cdfafrique / afrikblog. Com, 10.08.’07. 

[35] Cf Conseil de Sécurité de l’Onu – Rapport final du groupe d’experts pour la RDC, 18.07.’07. 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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