Insécurité au Nord-Kivu: Nkunda est à neutraliser !

10 octobre 2007

Actualités

anr0faycanjdyo0caq4uzj2cadoprxmca1kydpxcalu3yuvcaejgo50catjx033ca3g8ds4catm4ow0ca7l1btvcamdsuw4ca3vp6dwcant43l1caal3bgzcaam1ozocawxkcm6ca53cj3tcaihkd1b.jpgL’Avenir Quotidien – par  Omer Nsongo die Lema
* Il entreprend la démolition de l’Accord de Lusaka signé en 1999 ; on le laisse faire ; * Il entreprend la démolition de l’Accord global et inclusif signé en 2002 ; on le laisse faire ; * Il remet en cause les acquis du processus électoral (Constitution et Elections proprement dites) financé à un demi milliard de dollars Us par les partenaires extérieurs ; on le laisse faire ; * Il rejette le brassage qui permet à la Rdc de se doter d’une armée forte et républicaine, brassage assuré par les partenaires extérieurs ; on le laisse faire ; * Il recrute les enfants- soldats, recrute en même temps – et cela dans des camps des réfugiés – des réfugiés tutsis congolais ; on le laisse faire ; * Il est impliqué formellement dans les exactions contre les populations hutues congolaises ; on le laisse faire ; * Des charniers ont été récemment découverts dans les zones militaires sous son occupation ; on le laisse libre…

C’est que l’homme doit tirer de quelque part sa force ! Serait-ce du Rwanda, et du Rwanda seul ? Le doute est permis. L’une des raisons de l’admettre est, notamment, dans les affirmations émanant de  » source diplomatique « , selon le journal belge  » La Libre  » dans sa livraison d’hier, sous la signature de Marie-France Cros.  » …la solution semble à portée de la main, mais il y a des blocages politiques. Il est arrivé que Nkunda aille à une réunion avec des chefs des Fardc (…) et que, pendant ce temps, ses hommes soient attaqués, sur ordre de ceux-là même avec qui il discute. Certaines personnes ne veulent à aucun prix que cela s’arrange tant elles aspirent à éliminer Nkunda « , rapporte la consoeur ! Or, il y a de cela une quinzaine de jours, en marge de la 62ème Assemblée générale des Nations unies, il s’est tenu à New York une réunion du  » 3 P+2 « , structure composée d’Etats-unis, France, Royaume Uni, Belgique et Afrique du Sud. A en croire le même journal belge dans sa livraison du 29 septembre 2007, ces pays qui coordonnent leurs positions sur la  » problématique des réfugiés et des minorités  »  » ont aussi évoqué les manières de mettre hors d’état de nuire les milices encore actives dans la région, notamment les forces de Laurent Nkunda et les Forces démocratiques de libération du Rwanda, Fdlr « . Il est clairement dit : mettre hors d’état de nuire les milices, et au nombre de celles-ci  » les forces de Laurent Nkunda et les Forces démocratiques de libération du Rwanda, Fdlr « .

Parcours du général renégat

Qu’est-ce qui explique alors ce double langage face à un militaire, dont les actes commis sont passibles, sous d’autres cieux, de la révocation de l’armée sinon de la peine capitale ? L’homme, c’est connu de tout le monde, a librement refusé de prendre son grade et ses fonctions. C’était en 2003.  » Si j’ai refusé d’aller à Kinshasa, c’est mon droit. Ce n’est pas le Rcd qui m’a formé, ni m’a recruté comme militaire. Je n’avais donc aucune dette envers le Rcd « , a-t-il déclaré dans son interview à la presse kinoise en juin dernier. En 2004, il a levé à Goma et mené à Bukavu une mutinerie constituée exclusivement de soldats tutsi sous prétexte de voler au secours des Banyamulenge, victimes de génocide. La Monuc et les Ong humanitaires, comme Amnesty internationale ont démontré le contraire : il n’y a jamais eu génocide. En 2005, l’auditeur général de l’armée congolaise a lancé à son endroit un mandat d’arrêt après que le gouvernement ait pris acte de sa déchéance. En 2006, alors que le Congo est en plein processus électoral, il monte de toutes pièces le Cndp, détourne des Fardc des soldats tutsi, ridiculise au passage le brassage pourtant soutenu par les partenaires extérieurs et se proclame protecteur de la communauté tutsi. Pis, dans l’interview précitée, il a l’audace de revendiquer la réalisation du cahier des charges du Rcd et de conditionner la coexistence pacifique entre les tutsi et les autres tribus du Kivu par la neutralisation des … Fdrl !  » Certains aspects de notre cahier reprennent des revendications partagées à l’époque avec la direction du Rcd. Le Rcd s’en est détourné dès qu’il est arrivé au pouvoir. Nous, nous continuons encore à nous battre pour en obtenir la matérialisation « , a-t-il dit. S’agissant de la coexistence pacifique entre les tribus kivutiennes, il soutient que  » les Tutsis ne peuvent pas être au Congo aussi longtemps que les Fdlr Interahmwe trouvent des alliés sur place. Il faut que le Gouvernement congolais cesse de collaborer avec les Interahamwe et qu’il les mette hors d’état de nuire. Alors, les Tutsis vont trouver un terrain et se réconcilier avec eux-mêmes et avec leurs frères congolais  » ! Et pour se faire bien entendre et comprendre, il souligne que  » Le Cndp se bat pour une solution à un problème spécifique », donc le problème tutsi !

Négocier pourquoi ?

Ainsi, dans le cahier des charges pour lequel Nkundabatware réclame un dialogue avec le Gouvernement, il se trouve des revendications du Rcd pourtant résolues dans l’Accord de Lusaka signé en 1999 et l’Accord global et inclusif signé en 2002, revendications mises en application sous le  » 1+4  » ! S’il s’agit de la question de nationalité, celle-ci a été résolue avec la promulgation de la loi sur la nationalité ouvrant celle-ci à toutes ethnies et tribus se trouvant au Congo au 30 juin 1960 ! S’il s’agit de la question de représentation numérique dans les institutions du pays, la  » minorité tutsi  » aura été la mieux servie. Elle a eu un vice-président de la République en la personne de Me Azarias Ruberwa ; elle a eu des ministres, des députés, des sénateurs, des gouverneurs de province, des mandataires publics auprès des entreprises publiques etc. Elle a des grands officiers dans l’armée et dans la police ; elle a des grands responsables dans les services des renseignements ! Toutes ces réalités sont connues de tous partenaires extérieurs, indistinctement.

Que faut-il alors en plus pour contenter la communauté tutsi ? Négocier pour le cas Fdlr ? C’est une affaire d’Etats, a reconnu le ministre rwandais des Affaires étrangères, Charles Murigande, lorsqu’il a signé le communiqué final des négociations congolo-rwandaises menées à Kinshasa du 2 au 4 septembre 2007 en présence du représentant de l’Onu en Rdc, de l’Envoyé spécial de l’Union européenne pour les Grands Lacs, du chargé d’affaires des Etats-unis au Congo et du représentant spécial de l’Afrique du Sud pour la région ! En effet, au point 13, il est bien dit que  » Les deux parties ont convenu que la résolution de la question des ex-Far et Interahamwe ainsi que celle des réfugiés congolais vivant au Rwanda relève exclusivement de la compétence des Etats et non des individus ». Négocier pour le cas des mutins ? Autant que la Monuc, le Pouvoir congolais, en la personne du Président de la République, du Gouvernement et de l’Assemblée nationale, est formel : c’est le brassage ou le Ddr ! Négocier alors pour la cohabitation interethnique ? Là où Nkundabatware pose la condition irrationnelle de la neutralisation au préalable des Fdlr, Joseph Kabila propose le schéma réaliste d’une Conférence sur la Paix au Kivu !

Leadership dangereux

Aussi, lorsque Nkundabatware annonce, le premier,  » une offensive contre les Forces armées de la République Démocratique du Congo « , prétend que les Fardc les ont attaqués à Mweso et Kashua et ajoute que les forces loyalistes « étaient avec les Interahamwe », lorsqu’en plus il s’écrie  » Nous refusons aujourd’hui le cessez-le-feu « , comment ne pas croire en une instrumentalisation par une puissance ou des puissances face à laquelle ou auxquelles le Rwanda n’est qu’un nain ?  » Il joue un jeu dangereux », a laissé entendre le ministre congolais de la Défense nationale Tchikez Diemu qui a ajouté en substance :  » On l’attrapera comme une souris dans le petit trou où il est « . Il est à espérer qu’il ne se trouvera pas, ce jour-là, des esprits éveillés pour parler génocide, droits de l’homme etc. Car, c’est tout de même anormal que 4 millions et demi de congolais soient morts pour causes directes ou indirectes, 2 millions se soient retrouvés déplacés de l’intérieur, 400 mille contraints à l’exil ; des millions de dollars Us aient été engagés pour le Dialogue intercongolais, des milliards pour le fonctionnement du  » 1+4 « , un demi milliard pour les élections et une quinzaine de milliards Usd (bientôt) pour l’entretien de la Monuc ; tous ces sacrifices pour protéger une minorité que personne, en réalité, ne dérange ; si ce n’est son leadership. Un leadership dangereux…

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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