Nkunda appelle à un « cessez-le-feu » dans les combats au Nord-Kivu RD CONGO

11 octobre 2007

Actualités

AFP

Le général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda a appelé mercredi soir à un « cessez-le-feu » au Nord-Kivu, province de l’est de
la République démocratique du Congo (RDC) où de violents combats opposent ses troupes et l’armée régulière. « Nous sollicitons
la Monuc (Mission de l’ONU en RDC) pour instaurer un nouveau cessez-le-feu, car les villages sont brûlés et désertés dans le Masisi », territoire où les combats à l’arme lourde se déroulent depuis quatre jours, a-t-il dit.

« Il est important qu’il y ait un cessez-le-feu. Moi je le respecterai », a-t-il ajouté, affirmant qu’en cas de refus du côté gouvernemental, « les FARDC (Forces armées de RDC) porteront la responsabilité (…) de massacres de la population de Masisi ». Les FARDC ont gagné du terrain sur les troupes dissidentes ces derniers jours et annoncé mercredi la mort de 101 combattants, dont 85 soldats insurgés, après la reprise de la localité de Karuba (Masisi), à une quarantaine de km de la capitale provinciale Goma. 

Le général déchu, visé par un mandat d’arrêt pour « crimes de guerre » depuis septembre 2005, a reconnu que ses troupes avaient perdu le contrôle des villages de Ngungu, Karuba, Kiluku, Ndingo et Bwirunde, situés à 40 à 50 km à l’ouest de Goma, au cours des derniers jours. Il a cependant refusé d’indiquer l’ampleur des pertes dans ses rangs. « Je ne donne pas le bilan car ce sont des Congolais qui meurent des deux côtés », a-t-il dit. 

« J’ai attendu pendant un mois (l’ouverture d’un dialogue). C’est le gouvernement qui a continué à m’attaquer », a affirmé l’officier dissident, qui avait annoncé lundi la rupture d’une trêve instaurée le 6 septembre sous forte pression de
la Monuc, après dix jours de combats sur plusieurs fronts au Nord-Kivu. L’officier déchu s’est aussi dit prêt à envoyer 500 hommes dans un « centre de transit » au Nord-Kivu, en vue de leur intégration au processus national de réforme de l’armée, dit de « brassage ». 

« Il faut qu’on obtienne d’abord un cessez-le-feu du gouvernement et cela (le brassage) sera fait », a-t-il affirmé. « La semaine dernière, 500 militaires (insurgés) étaient déjà préparés pour aller à Mushaki (à environ 30 km au nord de Goma) au centre de transit », a-t-il assuré. « Le principe est acquis, mais les modalités restent à discuter ». 

C’est la première fois que l’officier tutsi congolais accepte le principe du brassage, qui va éloigner ses troupes du Nord-Kivu en les envoyant en formation dans des camps répartis à travers le pays. Nkunda s’était jusqu’à ce jour opposé à laisser « sans protection » la minorité tutsie congolaise tant que des rebelles hutus rwandais « génocidaires » auraient des bases en RDC. Mercredi, des affrontements se sont poursuivis dans la zone de Karuba jusqu’à la tombée de la nuit, pour la quatrième journée consécutive. 

« Les FARDC ont consolidé leurs positions à Karuba et les troupes de Nkunda ont fait mouvement vers Mushaki (plus au nord) », où
la Monuc dispose d’une base mobile et où des centaines de déplacés, essentiellement tutsis, se sont réfugiés ces dernières semaines, a indiqué dans la soirée le major Prem Tiwari, porte-parole militaire de
la Monuc au Nord-Kivu. 

Mercredi à Kinshasa, le porte-parole de
la Monuc, Kemal Saïki, a déclaré que « l’initiative de l’attaque (venait) de l’ex-général Nkunda et de ses éléments », tout en affirmant que
la Monuc, qui apporte un soutien logistique aux FARDC, privilégiait « la recherche de solutions pacifiques ». Pour protéger les civils,
la Monuc a décidé de déployer « une base permanente à Mugunga » (à 15 km au nord-ouest de Goma), où « 64.000 déplacés » s’entassent dans des camps ou au sein de familles d’accueil. 

Le Programme alimentaire mondial (PAM) s’est « alarmé » mercredi de la détresse de milliers de civils déplacés par les derniers combats, qui ont contraint l’agence à différer des distributions de vivres. L’ONU a recensé depuis la fin 2006 plus de 371.000 déplacés internes au Nord-Kivu, où la poursuite des violences rend difficiles, voire impossibles dans certaines zones, les distributions de vivres et les soins aux populations. 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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