Kindu de nouveau avec l’électricité

5 novembre 2007

Actualités

(Syfia Grands Lacs/RD Congo) La population de Kindu est désormais à nouveau approvisionnée en énergie électrique. Ce retour à des effets sur la vie quotidienne : l’eau coule toute la journée, notamment. Il donne aussi un coup de fouet à l’activité économique, en attirant des entreprises, petites et grandes.

Dans les bars et les hôtels de Kindu, capitale de la province du Maniema, dans l’Est du Congo, les bougies et lampes à pétrole font désormais place aux ampoules électriques. Dans les habitations, la population renoue avec les appareils électroménagers, jadis abandonnés par ceux qui ne disposaient pas d’un groupe électrogène ou d’une batterie suffisante. C’est la grande nouvelle de l’année à Kindu : le courant est revenu, et les groupes électrogènes sont de moins en moins nécessaires.
« Depuis le mois de mai, nous avons enregistré une augmentation considérable de la vente d’appareils électroménagers, dont les téléviseurs et les radios », témoigne Frédéric Cuma, gérant d’un magasin au marché central. Un autre commerçant ajoute : « Au début mars, j’avais importé une centaine de groupes électrogènes mais près d’une dizaine seulement ont été vendus, à des habitants de l’intérieur de la province ».

Retour des entreprises
Le retour du courant change les habitudes, de nuit comme de jour. Les rares cybercafés de la ville fonctionnent jusqu’à 20h00, les photocopieuses et les postes de secrétariat public aussi. Des petites, moyennes et grandes entreprises sont prêtes à s’implanter alors que certaines sont déjà en activité. « Je viens de ramener ma blanchisserie à Kindu, depuis que le courant ai été rétabli », explique un opérateur économique. D’autres petites unités de production, inconnues jusque là, ressurgissent : studios de reproduction photos, salles de cinéma, ateliers de couture utilisant des machines électriques, pâtisseries, boulangeries… Même la Regideso de Kindu fournit depuis mai de l’eau potable à ses abonnés 17h sur 24 chaque jour, grâce à la réalimentation par le courant électrique par la Snel. « Jusqu’en avril, nous fournissions difficilement de l’eau, et seulement à une petite partie de la population. Le gasoil qui faisait tourner nos machines étant rare, seul un château de 3000 m³ devait approvisionner tout le monde. Avec le courant de la Snel, notre station fonctionne sans relâche », explique Zacharie Atari, Directeur ai. de la Regideso Maniema.
La remise en état du réseau est une décision politique. Jadis, des centrales thermiques fournissaient du courant à une grande partie de la ville, mais durant la guerre de 1998, les infrastructures électriques ont été endommagées. « Les 12 cabines électriques ont été pillées », confirme le Directeur de district de la Snel – Kindu. « Aujourd’hui, ajoute Adoplhe Ndokini, Maire de Kindu, le courant est rétabli à partir de Kalima, tel que le Chef de l’Etat l’avait promis à la population pendant la campagne électorale. » C’est en effet la ligne Kalima -Kindu longue de 95 Km qui ramène le courant depuis la centrale hydroélectrique de Ruchuru Kuru, jusque dans la capitale du Maniéma.

Déjà trop peu ?
La population voit bien sûr dans cette reprise une lueur d’espoir. D’abord pour une amélioration de la vie quotidienne : l’année dernière encore, rares étaient les maisons éclairées le soir par des ampoules, et encore était-ce grâce aux groupes électrogènes, témoigne une habitante. Ensuite, pour le développement de Kindu. L’absence du courant dans la ville constituait en effet un handicap majeur. L’activité des hôpitaux était affectée : « Certaines interventions chirurgicales étaient devenus difficiles voire impossibles », confie une infirmière.
« L’électricité reste le nœud du démarrage de l’ensemble des activités pouvant faciliter le développement de notre ville », reconnaît Masudi Mendes, vice-gouverneur de la province du Maniema. Productrice du riz, la province ne comptait plus aucune rizerie. « Il y en avait près d’une cinquantaine, et elles avaient toutes dû fermer leurs portes. Comment fonctionner sans énergie électrique dans une ville où le carburant est deux voire trois fois plus cher qu’à Goma, principale ville d’approvisionnement ? », s’interroge Séverin Kizozo, président de la Fédération des entreprises du Congo de la province. Pas de savonnerie fonctionnelle non plus, bien que l’huile de palme y soit produite en quantité considérable.
Bref, tout le monde se réjouit, mais avec déjà une pointe d’appréhension. En mai, la quantité totale fournie était de 300 mégawatts pour près de 250 000 habitants. Aujourd’hui, la demande a au moins doublé. « Le besoin de se connecter à l’électricité augmente chaque jour pour la population, et ceux qui le sont déjà induisent un appel de charge de 500 à 600 mégawatts, difficilement supportable par la Snel », fait savoir Charles Kamalebo, directeur de la Snel pour le Maniema.

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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