POINT CHAUD

15 novembre 2007

Actualités

Nkunda peut–il continuer à défier impunément à la fois Kinshasa autant que Washington et New York ?
(Digitalcongo.net 14/11/2007)

Laissons parler les faits, peut-être seront-ils plus à même de répondre à cette question.
Vendredi 26 octobre 2007, Joseph Kabila Kabange est reçu en grande pompe sur le perron de la Maison-Blanche par son homologue américain George Walter Bush, avant de passer avec lui en revue les problèmes de brûlante actualité en République démocratique du Congo. Le tête-à-tête Joseph Kabila Kabange – George Walter Bush, ce sont soixante-quinze minutes d’un entretien qui s’est focalisé en grande partie sur la question de la récurrente insécurité créée et entretenue au Nord-Kivu, plus particulièrement dans le territoire de Rutshuru, tout proche de la ville de Goma.

Au centre de cette insécurité : Laurent Nkundabatware, général dissident des FARDC déclaré criminel patenté pour les nombreuses atrocités dont il s’est rendu coupable avec ses fidèles sur d’innocentes populations, au prétexte qu’il se bat pour défendre la cause de ses frères d’ethnie, les Banyamulenge, qui seraient menacés de connaître un génocide. Imaginaires constructions machiavéliques propres à des esprits qui ne pensent qu’aux tueries comme mode d’expression pour parvenir à leurs fins !

Le Gouvernement de Kinshasa issu des urnes l’an dernier au terme des élections qui se sont déroulées sur toute l’étendue du territoire national a hâte de se débarrasser de l’épine Nkunda qui constitue l’un des obstacles majeurs au lancement de son programme de reconstruction nationale dans une partie de la République prise en otage par ce criminel de grand chemin qui s’enhardit – osons l’affirmer sans ambages – du soutien que lui procure le régime en place à Kigali.

Cette situation a été longuement exposée par Joseph Kabila au cours de son entretien avec l’homme qui dirige le plus fort pays du globe.

« Vous êtes un homme de parole : vous avez promis d’emmener le peuple congolais aux urnes, vous avez tenu votre promesse, je vous assure de tout mon soutien … ». C’est la substance de la déclaration faite par George Walter Bush à son hôte congolais le 26 octobre dans le salon ovale de son bureau. Un soutien qui s’est traduit, ainsi que l’a voulu le président Us, par l’envoi de deux émissaires quarante-huit heures plus tard, d’abord à Goma, puis à Kinshasa, et enfin à Kigali. Ce ballet diplomatique d’information a fait croire à plus d’un observateur politique que Washington, autant d’ailleurs que Ban Kin-Moon, le nouveau locataire du Palais de verre de Manhattan, siège des Nations Unies, s’est associé aux émissaires américains en les faisant accompagner de Hailé Menkerios, l’un de ses adjoints au secrétariat général de l’ONU.

On a voulu croire que le Président Bush et le Secrétaire général des Nations Unies voulaient de la sorte administrer au monde la preuve qu’ils entendent maintenant remettre les pendules à l’heure au Nord-Kivu ; d’autant plus que quelques jours auparavant, le Gouvernement américain avait décidé de reconduite les sanctions de gel des avoirs prises en 2006 à l’encontre de plusieurs personnalités, dont Laurent Nkunda, Ignace Murwanashyaka des FDLR, Khawa Panga Mandro accusées de contribuer financièrement aux violences qui se perpètrent au Kivu et en Ituri.

Un responsable de la Maison Blanche avait commenté cette décision en déclarant que son Gouvernement a reconduit ces mesures pour « soutenir fermement les efforts du Gouvernement du Président Kabila pour faire face à la menace représentée par les forces négatives opérant tout particulièrement dans l’Est du Congo, et pour offrir aux Congolais des opportunités économiques ».

Plus que jamais on a assisté ainsi à une kyrielle de démonstrations de la clarification des relations jusque-là nébuleuses entre Kinshasa et Washington.

Et les événements ont pris un coup d’accélérateur par la suite. Positivement d’abord, puis négativement.

Positivement d’abord, parce que moins de dix jours après l’arrivée de cette mission conjointe des émissaires de George Bush et de Ban Ki-Moon, plus exactement vendredi 9, samedi 10 et dimanche 11 novembre, une conférence internationale dite sur la sécurité dans la Région des Grands Lacs s’est tenue à Naïrobi sous les auspices de la communauté internationale.

Outre le Rwanda et la République démocratique du Congo, l’ONU, les Etats-Unis d’Amérique et l’Union Européenne ont été associés à cette rencontre consacrée, comme l’ont voulu ses initiateurs, à rechercher les voies et moyens de mettre un terme à l’insécurité prévalant depuis une décennie dans la partie orientale de la République démocratique du Congo et qui s’est soldée par une catastrophe humanitaire d’une grande ampleur dans cette région.

Dans le cadre de cette réunion, les ministres des Affaires étrangères de la RDC et du Rwanda ont signé un document visant à ramener la paix et la stabilité dans la Région des Grands Lacs. Un document qui a été également contresigné par les représentants des Nations Unies, des USA, de l’UE en tant que témoins.

Négativement ensuite. Car ce document a été déconsidéré avec mépris par Laurent Nkunda. A preuve : l’attaque qu’il a lancée lundi 12 novembre contre la position tenue à Njulo par les Forces armées de la RD Congo à 15 km de Goma, et située à proximité d’un camp de déplacés, et ce, deux jours seulement après les belles et inutiles signatures apposées sur le document de Naïrobi. Une façon, on ne peut plus, de signifier son anti-conformisme aux décisions prises dans le cadre du retour de la paix à l’Est du pays. Et pourtant, les FARDC ont massé près de 20.000 hommes au Nord-Kivu, contre 4.000 insurgés ralliés à Nkunda. Dieu seul sait ce qui va se passer quand le pot de fer va lancer son offensive contre le pot de terre. Ce qui ne manque pas d’offrira à Azarias Ruberwa et aux siens de crier à tue-tête que Kinshasa cherche à massacrer les Banyamulenge !

Les questions qui viennent à l’esprit sont les suivantes : pourquoi ce silence de Washington et de Manhattan après cette dernière démonstration de mépris de Nkunda? Tout se passe comme si Bush a oublié sa promesse à Joseph Kabila. Ou encore, comme si ces belles paroles n’étaient qu’un simulacre de bonnes intentions, alors que la Maison-Blanche soutiendrait, ainsi que l’insinuent des analystes qui observent des accointances des Américains avec ceux qui souhaiteraient secrètement le démembrement de la RDC par Nkundabatware interposé. Ce plan de démembrement du Congo-Zaïre avait été concocté du temps de Bill Clinton.

Le plan de liquidation des FDLR et le prétendu exil que l’on cherche au profit de Nkunda ne sont simplement que des arbres qui cachent la forêt. C’est ce que fait croire le journal berlinois de grand tirage et de forte notoriété «Tageszeitung » du samedi 3 novembre 2007 quand il en a fait un large écho. Dès lors, on paraît assister, si les soupçons se confirment, à un bal des chauves où dansent masqués, d’une part, des partenaires – les Rwandais et leurs mentors les Américains – et d’autre part des Congolais. Si tel n’est pas le cas, que Washington donne la preuve du contraire.

D’ici là, disons simplement comme les Anglais : « Wait and see » !

Cl.Vidibio/MMC

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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