Par Le Potentiel
Le projet de la loi financière pour l’exercice 2008 va être incessamment déposé à l’Assemblée nationale. A en croire le porte-parole du gouvernement, cette mouture du budget a été approuvée par le Conseil des ministres.
C’est un secret de polichinelle de dire que la grosse part du budget provient des apports extérieurs. La part de la RDC se chiffrant à quelque 53 ou 55 %. Rien d’étonnant. Il s’agit d’une tradition qui explique le déplacement vers Washington, en septembre dernier, des ministres en charge des questions économiques et financières.
Ils avaient pour mission de solliciter l’aval des institutions de Bretton Woods quant au projet gouvernemental du budget 2008. Il se fait que l’entérinement attendu a été recalé. Mais les officiels ont préféré garder la langue de bois.
Des sources indépendantes ont, pourtant, révélé que le gouvernement congolais n’avait pas pu convaincre les bailleurs de fonds sur sa capacité à mobiliser les ressources internes à la hauteur des dépenses envisagées au cours de l’exercice 2008.
Bien plus, les partenaires auraient demandé aux autorités de Kinshasa de renvoyer au deuxième trimestre de 2008 l’augmentation des salaires. L’on ne serait pas loin d’une éventuelle impasse, soutiennent certaines sources bien informées. Lesquelles rappellent les échecs successifs des Programmes économiques du gouvernement, à savoir PEG 1, PEG 2, PRC, etc.
Aujourd’hui, plus qu’hier, la tradition de la main tendue au FMI et à la BM est ressentie comme une servitude. Les conditionnalités qu’elles imposent sont globalement jugées offensantes pour la souveraineté des Etats. Car, en réalité, elles placent les gouvernants dans un dilemme entre, d’une part, leurs exigences techniques et, d’autre part, les préoccupations sociales des populations au regard des promesses faites par les dirigeants pendant la campagne électorale.
C’est peut-être en raison de cet antagonisme d’intérêts que la RDC s’est tournée vers la Chine. Pékin a littéralement manifesté sa disponibilité à soutenir le pays grâce à des milliards de dollars. Cette générosité fait tache d’huile. D’autres pays, l’Egypte, notamment, s’invitent au chevet de la RDC.
Il est donc temps d’opérer des choix en matière de financement du développement. Cela revient à faire preuve de courage politique. Soit que la RDC continue à collaborer avec les bailleurs des fonds traditionnels ; auquel cas elle doit impérativement se plier à leurs «injonctions». Soit qu’elle diversifie également sa coopération multilatérale en se jetant dans les bras de nouveaux partenaires, apparemment moins exigeants mais plus coopératifs, en mulitpliant les projets de développement que les premiers traînent à financer.
Dans un cas comme dans l’autre, la transparence dans la gestion des ressources, extérieures ou intérieures, destinées à faire redémarrer le pays doit demeurer de mise. C’est la condition sine qua non de tout effort volontariste des gouvernants vers la croissance et le progrès national.
19 novembre 2007
Au fil des jours