LEUR STYLE DE VIE ME FASCINAIT

7 décembre 2007

Interview

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5 Questions au nouveau Diacre des Missionnaires Xavériens Fabien Kalehezo  

Fabien Kalehezo est un congolais. Il est au Théologat International des Missionnaire Xavériens à Parme, où il a suivi toute sa formation théologale. Il est âgé de 28 ans.  Ce soir 7 décembre 2007 émettra sa Profession  Perpétuelle dans la famille religieuse des Missionnaires Xavériens de Parme. Il n’est pas seul, il est accompagné par trois autres compagnons. Samedi 8 décembre 2007, fête de l’Immaculée Conception,  Fabien sera ordonné Diacre, toujours dans le Sanctuaire  du Bienheureux Guido Maria Conforti de Parme.  Nous l’avons contacté et lui avons posé quelque questions

 

Kakaluigi : Avec la Profession perpétuelle tu entres définitivement et volontairement dans la famille des Missionnaires Xavériens, fondé par notre Père le Bienheureux Guido Maria Conforti. Que veut dire pour toi être missionnaire aujourd’hui ? Fabien Kalehezo : Etre missionnaire aujourd’hui, pour moi c’est être une présence, présence d’une réalité invisible, présence d’amour, d’espérances e de fraternité pour l’homme e à coté de l’homme. Présence qui renvoie à Dieu. La figure du missionnaire aujourd’hui n’est pas comme celle d’antan où on pensait que le missionnaire était celui qui quittait son pays en quête des âmes à sauver, qui portait une civilisation…le missionnaire n’est pas seulement celui qui porte mais aussi celui qui reçoit, n’est pas seulement celui qui convertit mais qui se laisse convertir aussi par la mission. C’est la mission qui nous rend missionnaire, la mission forme le missionnaire. Je pense que le missionnaire est celui qui s’insère dans l’histoire, dans la culture d’un peuple qu’il rencontre pour être comme le levain dans la patte et sa première terre à évangéliser serait son cœur. Seulement celui qui a évangélisé son cœur peut évangéliser le cœur d’un autre.  

Kakaluigi : Mais comment est née ta vocation à devenir missionnaire ?  

Fabien Kalehezo : Ma vocation missionnaire est née dans un contexte bien précis. Je suis né et j’ai grandi dans des paroisses tenues par les missionnaires xavériens : Baraka, Fizi, Cimpunda. Leur témoignage, leur style de vie me fascinaient. Ce qui m’a encore fait prendre conscience de la mission et m’a séduit davantage c’est l’idéal de notre fondateur Guido Maria Conforti : « faire du monde une seule famille », donc l’idéal de la fraternité universelle.  Annoncer que tous les hommes sont frères malgré les différences des races, des langues, des religions et des cultures. Ma famille aussi a joué son rôle considérable dans ma vocation : la foi de mes parents, leur témoignage de vie chrétienne et leur engagement dans la paroisse comme catéchistes.  

Kakaluigi : Dans un cheminement vocationnel ne manquent  jamais des moments critiques, où tout sombre et le découragement semble t’emporter loin . Il y a eu dans ta vie des moments pareils ? Fabien Kalehezo : Certainement. J’ai fait dans mon cheminement l’expérience de doute, de découragement, de joie et d’enthousiasme. L’expérience de doute renforçait mon choix. Le doute pour moi était une interpellation, une invitation à me fier beaucoup plus du Seigneur. Je tombais dans le doute chaque fois que je comptais sur mes propres forces. Mais je trouvais beaucoup plus de consolations, de courage e de confirmation dans la parole de Dieu. Ces parole du saint Paul qui m’ont toujours accompagné : « Le Seignuer est fidèle : il vous affermira et vous gardera du Mauvais ».( 2ts 2,3). C’est la foi à la fidélité de Dieu qui me donnait force d’aller de l’avant . Le grand découragement que j’ai eu c’est quand j’ai appris que mon grand frère était attaqué par la sclérose et que cette maladie l’aurait porté à la mort. J’aurais voulu être à coté de lui, l’assister.  

Kakaluigi : Et les moments beaux de ta formation ?  

Fabien Kalehezo : Il y a beaucoup de moments beaux de ma formation, et le plus beau étais chaque fois que je prenais conscience d’être à la place qu’il faut, être à la place juste ; quand je prenais conscience de la grandeur et de la richesse de la vocation missionnaire. Cette prise de conscience me rassurait que je ne perdais pas mon temps, me donnait la sérénité et inondait mon cœur de joie.  

Kakaluigi : Tu es missionnaire pour l’Eglise universelle. Mais tu émanes de l’Eglise locale de la RDC : Quel message donc  à adresser à ton Eglise particulière du Congo ? Fabien Kalehezo :A l’occasion de ma profession perpétuelle, le message que j’adresse à l’Eglise du Congo, de Bukavu et surtout aux jeunes est que désormais l’Eglise du Congo n’est pas seulement l’Eglise de mission mais l’Eglise en mission. Elle a des filles e des fils missionnaires éparpillés dans le monde entier. L’Eglise congolaise a  quelque chose à  apporter dans l’annonce de l’Evangile. Elle a des potentialités énormes et un rôle bien déterminé dans l’annonce : elle est la fille aînée de l’Eglise en Afrique noire, sa liturgie, l’exemple d’inculturation d’Evangile dont elle fait preuve, le témoignage e le courage de la prophétie dans la situation d’instabilité politique e de guerre dans le pays. Les fils et filles du Congo sont appelés à mettre  toutes ces richesses et expériences au service des autres Eglises. Enrichir ces Eglises par notre expérience e notre témoignage de foi. Aux jeunes, je dis que Jésus a besoin de leur jeunesse, de leur vitalité, de leur force e enthousiasme pour répandre son règne aux extrémités du monde et pour construire un monde plus juste, plus humain et plus fraternel.  

Kakaluigi : Le message est lancé. Pour une Eglise, celle congolaise,  toujours jeune et pleine de vitalité qui vit la mission  et qui veut faire de la mission son identité. Pour les jeunes congolais. filles et garçons,  qui sont invités à mettre toute leur vitalité au service de la mission. La mission n’est pas une chose du passé, mais elle est toujours actuelle. Dans la vocation universelle à la mission de tous les croyants, la vocation spécifique missionnaire est toujours valable et nécessaire.  

© kakaluigi 2007  

 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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