Lettre ouverte du Caddhom

28 décembre 2007

Au fil des jours

LETTRE OUVERTE AUX CONFERENCIERS POUR LA PAIX AU KIVU. 

 

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, 

                                                                                           

C’est avec enthousiasme que le CADDHOM a appris l’organisation prochaine d’une conférence pour la paix au Kivu, conférence qui réunira pour la première fois, les filles et fils de cette partie de la RDCONGO meurtrie par les guerres venues d’ailleurs et soutenues par des enfants du pays.

 

Le CADDHOM soutient cette initiative de son Excellence le Président de la République du Congo, M. JOSEPH KABILA KABANGE de permettre aux leaders politiques et sociaux de discuter du virus du mal politico-socio-militaire qui ronge la paix, la démocratie et le développement du Kivu en particulier et de la RDCONGO en général.

 

Certes, c’est une noble action, mais qui ne doit pas escamoter la vérité selon laquelle aucune paix n’a jamais été basée sur l’impunité des crimes commis et les violations massives des droits de l’homme.

 

Car, le traumatisme subi par les violences et l’impunité des criminels poussent les plus pacifistes des hommes à se rendre justice. Comment voulez-vous qu’un papa regarde les images du violeur de sa femme, de sa fille défiler à la télévision comme si de rien n’était arrivé ??!! Dans toute violence, s’il n’y a pas de justice ; il ressort que c’est la victime qui avait tort. Et cela lui ruine la vie entière.

 

Lorsque la paix est conclue sur l’impunité, l’histoire nous apprend qu’un autre aventurier prendra les armes, violera, massacrera et détruira des familles entières pour accéder à un poste de pouvoir ou à la jouissance du butin de ses crimes. Au Congo, le crime paye bien.

 

Le CADDHOM sait que les conférenciers seront dictés par le souci de la paix et de réconciliation communautaire ; mais rappelle toutefois, et prend pour siennes les déclarations du 15 mai 2003 à New York, de l’ex-procureur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), Mme CARLA DELPONTE avait dit aux Rwandais que « pour qu’il y ait une réconciliation et une paix durable dans un pays, il faut que les crimes commis soient reconnus et les auteurs poursuivis. » Cette juriste avait eu le courage de dire la vérité aux Rwandais malgré les pressions des diplomates américains sur Koffi ANAN et elle-même.

Dans le conflit congolais, il y a trop de bégaiements pour qualifier les actes commis. Tantôt c’est la MONUC avec William SWING qui bégaye, tantôt c’est le gouvernement Congolais et Rwandais. Par contre, vous, ne faites pas cette erreur. L’histoire ne fait pas de cadeau.

 

Pour que la conférence pour la paix au Kivu puisse baliser une paix véritable et durable, l’on ne doit pas amnistier personne. Le 5 millions de morts ne se sont pas suicidés. Les 500 000 femmes ne se sont pas faites violées par des gorilles de montagne ou des Orang-outangs. Ce sont des hommes qui ont commis et continuent à commettre ces crimes ignobles qui ont détruit de milliers de vies.

 

Or, la déclaration universelle des droits de l’homme, en son article 30, le dernier qui conclu d’ailleurs, stipule qu’« Aucune disposition de la présente déclaration ne peut être interprétée comme impliquant un Etat, un groupement ou un individu, un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés ». 

 

Ainsi, vous devez avoir la main au cœur et décidez de ne pas permettre que tels crimes restent impunis. Pour le CADDHOM, tout individu accusé d’avoir commis un crime contre l’humanité, un crime de guerre, un crime de génocide, un viol de femme, qui qu’elle soit : TUTSI, HUTU, MUNTU doit répondre de ses actes devant la justice.

 

C’est seulement ainsi que vous ferez amendes honorables à cette population meurtrie. Souvenez-vous de la phrase qui introduit l’émission MEDIAS D’AFRIQUE/ RFI de Alain FOCCARD : « Nul n’a le droit d’effacer l’histoire d’un peuple, car un peuple sans histoire est un peuple sans âme. »  L’histoire vous jugera.

 

Bonne chance à tous les participants et bon aboutissement ! 

 

Pour le CADDHOM, 

D. MWATI BULAMBO – Président. 

 

Collectif d’Actions pour le Développement des Droits de l’Homme Au  Congo-Kinshasa. 

CADDHOM. – France 

Agrément n° 0772013380. J.O. du 02/08/2003 

43, avenue A.DE ST EXUPERY 

77000 MELUN/ Région Parisienne / France. 

Tél. (+33) 06 20 23 07 51           E-mail : caddhomfrance@yahoo.fr 

 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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