Lettre du CADDHOM au Président Sarkozy

18 janvier 2008

Actualités

Objet : Plaidoirie pour un tribunal pénal spécial pour
la R.D.Congo 

Excellence Monsieur le Président de
la République Française, 

Monsieur NICOLAS SARKOZY 

Palais de l’Elysée 

75008 Paris 

 

Excellence Monsieur le Président, 

 

C’est un grand honneur pour le Collectif d’Actions pour le Développement des droits de l’Homme au Congo-Kinshasa, CADDHOM en sigle, de venir auprès de votre excellence présenter le souci de milliers de Congolais qui vivent depuis dix ans des horreurs des guerres : massacres, viols des femmes, assassinats et autres violences des seigneurs des guerres, rebelles congolais et voisins venus du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi.

 

Depuis 1996, le CADDHOM a suivi, mené des enquêtes et proposé des solutions par des recommandations, en vain. Ce qui nous avait valu la traque et l’exil. Les atrocités ont continué et au jour d’aujourd’hui,
la République Démocratique du Congo fait un décompte macabre de plus de 4 millions de morts et plus de 500 000 personnes de sexe féminin de 3 mois à 70 ans violées par les militaires des armées rwandaise et ougandaise, aidées et appuyées dans cette entreprise criminelle par les rebelles du Rassemblement Congolais pour
la Démocratie(RCD) de RUBERWA, du Mouvement de Libération du Congo(MLC) de Jean-Pierre BEMBA, Union des Patriotes Congolais de Thomas LUBANGA, de Germain KATANGA, CNDP de NKUNDA, FDLR des Milices hutus Rwandais qui habitent l’Est du Congo depuis le génocide Rwandais et bien d’autres Milices.

 

Malgré des rapports des organisations des droits de l’homme, des missions diplomatiques, des cris d’appel au secours des femmes violées ; les populations civiles congolaises sont restées livrer à la merci des ces criminels sans foi ni loi pendant ces dix dernières années.

 

L’intervention Française à Bunia, en Ituri en 2003, avait permis de sauver des vies humaines. Mais, il faut une action plus engagée pour que
la Mission des Nations Unies au Congo ne reste une simple opération de décompte des morts.

 

Aujourd’hui, une année après la sortie des élections libres et démocratiques de son histoire,
la RD Congo replonge dans les atrocités d’une nouvelle guerre animée par le général NKUNDA, pourtant sous mandat d’arrêt international depuis deux ans.

 

Cette nouvelle guerre a mis sur les routes de l’exil plus de 800 000 personnes depuis deux ans déjà. Si cela continue à être possible, c’est par ce que les crimes commis en RD Congo restent impunis par la volonté des Etats dits civilisés et respectueux des droits humains comme
la France,
la Belgique et les USA qui continuent à accueillir sur leurs territoires certaines de ces personnes, présumées responsables des crimes commis dans la région des grands lacs africains.

 

Excellence Monsieur le Président de
la République,

 

Depuis votre élection, votre dynamisme a changé beaucoup de choses sur le plan international en tant qu’un homme de résultat, de combat pour la dignité humaine, de développement socio-économique d’un plus grand nombre des populations afin de se gérer et se développer comme vous l’avez dit dans votre discours à Dakar, au Sénégal.

 

Pourtant, avec ce qui se passe en RDCONGO, rien de tel ne peut arriver pour l’épanouissement de tous. Mais plutôt pour des hommes qui prennent les armes sachant que leurs crimes les amèneront à la fortune pour les uns et au pouvoir pour les autres.

 

Et cela se perpétue grâce à l’impunité organisée à travers des conférences et forums dits de paix alors que celle-ci ne sera jamais durable et ne réconciliera jamais les peuples. Le chef de guerre qui se sent lésé, reprendra des armes au lieu de chercher le pouvoir dans l’argumentation démocratique et dans les urnes comme cela se passe dans toute démocratie digne de ce nom.

 

Le problème de
la R.D.du Congo reste aujourd’hui l’impunité des crimes commis qui ont permis et permettent aux responsables des rébellions et autres milices de se refaire une nouvelle vie politique, financière et sociale sur les morts des populations civiles innocentes.

 

Voilà pourquoi le CADDHOM a conçu ce programme pour lutter contre l’impunité en RDCONGO.

 

Excellence Monsieur le président,

 

Le CADDHOM vient donc auprès de votre excellence, vous prier de bien vouloir intervenir au sein de l’ONU pour qu’il soit créé un tribunal pénal international spécial pour
la RDCONGO. Lorsque les chefs militaires responsables des crimes sauront que leurs actes ne resteront plus impunis ; ils réfléchiront par deux fois avant de reprendre les armes.

 

Aujourd’hui, seuls Thomas LUBANGA et NGANDA, des apprentis criminels, se retrouvent à
la Cour Pénale Internationale de
LA HAYE. Les grands criminels, leaders militaires et politiques se prélassent dans des villas et passent leurs temps à savourer les butins de leurs crimes. Ce qui pousse les autres comme NKUNDA à reprendre des armes et à jeter sur les chemins de l’exil plus de 800 000 personnes.

 

Certes, il est difficile de régler un tel conflit basé sur des dogmes, de l’ethnicisme et de « l’aigrisme ». Toutefois, le CADDHOM reste convaincu que la création d’un tribunal pénal spécial pour
la RDCONGO découragera des personnes animées de l’esprit d’accéder à la haute classe et aux pouvoirs politiques par la violence et les armes en RDCONGO.

 

Un Tribunal Pénal Spécial pour
la RDCONGO (TPSC)  est donc nécessaire pour annihiler de tels projets mais aussi pour créer une bonne harmonie sociale entre les populations. Il n’y a pas de paix sans justice. Et il n’y a pas de réconciliation entre les peuples dans l’impunité.

 

Voilà pourquoi, après la deuxième guerre mondiale, il y avait eu le tribunal de Nuremberg. Après les guerres de Sierra Leonne et Yougouslavie ; il y a eu des tribunaux. Et à côté de
la RDCONGO ; après le génocide Rwandais, le TPIR.

 


La RDCONGO a besoin de ce tribunal pour sortir du cercle infernal des violences, massacres, viols, assassinats, tortures, de l’exil forcé et de la misère noire de la population. Ce tribunal devra être installé au Congo ou ailleurs en Afrique pour que ces personnes ne puissent pas être nourries pour ce qu’elles avaient fait avec l’argent des contribuables européens mais de vivre la vie qu’elles ont créée aux populations dans les prisons africaines même si ce ne sera pas comme celle de la majorité de leurs victimes.

 


La RDCONGO est le deuxième pays francophone au monde et, elle a besoin de
la France pour deux raisons :

1                   
La France est le pays fondateur des droits de l’homme et reste le moteur mondial

2                   
La France est la garante de la francophonie et du français dans le monde.

 

Excellence Monsieur le Président de
la République,

 

Le CADDHOM croit que sa lettre constituée des doléances qui sont aussi aujourd’hui celles de la majorité du peuple Congolais, retiendra votre attention et vous prendra un peu de votre temps si précieux. Nous sommes prêts à venir donner des plus amples informations à votre gouvernement.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président de
la République, l’assurance de nos sentiments distingués.

 

 

 

Didier MWATI BULAMBO                                       Thierry KYALUMBA KABONGA    

 

 

              Président.                                                                           Vice Président 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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