Interview: Kiakwama très critique envers l’action du gouvernement Gizenga

29 février 2008

Interview

untitled.bmpDans une interview accordée à Radio Okapi, Gilbert Kiakwama, président du groupe parlementaire des Chrétiens démocrates, qualifie le bilan du gouvernement Gizenga de « catastrophique » après un an.

 

Radio Okapi: Quel bilan fait l’opposition des 12 premiers mois du gouvernement Gizenga ?

Gilbert Kiakwama : Le peu que l’on puisse dire, cest que les 12 premiers mois du gouvernement sont une catastrophe. Ce gouvernement s’est surtout signalé par son immobilisme.

R.O. : Comment qualifiez-vous cet immobilisme ?

G. K.: Lorsque les Congolais sont allés aux élections, tout le monde avait les yeux tournés vers l’avenir, se disant qu’un espoir allait naître après les élections. Aujourd’hui je crois que pour peu que vous viviez dans la ville, vous vous rendrez compte que cet espoir est totalement en train de s’évanouir. C’est le brouillard total. On parle beaucoup de chantiers, mais ce sont des chantiers de promesses plutôt qu’autre chose. On ne sait pas où est passé le gouvernement. Lorsque dans tous les secteurs rien ne marche, c’est cela que j’appelle immobilisme. Si on parle du secteur sécuritaire, vous vous souviendrez qu’il y a à peine un mois, on est allés faire une grosse conférence sur la paix, la sécurité et le développement. Un mois après, tout est à recommencer comme si rien ne s’était passé. La seule chose qu’il faut retenir, entre temps, c’est qu’il y a eu des perdiems qui ont été versés. Toujours sur le point sécuritaire, hier encore, on a ouvert une table ronde pour repenser notre secteur sécuritaire. Là aussi, on remarque qu’on a parlé de l’armée et de la police, mais on a oublié l’ANR et la DGM. Du point de vue politique, une fois de plus, ce gouvernement n’a pas de vision. On ne sait pas, de la présidence et du gouvernement, qui fait quoi?

R.O. : Pourquoi, selon vous, ça ne démarre pas ? C’est la tête, l’équipe entière ? Ou le programme qui ne marche pas ?

G. K : Ça ne marche pas parce que la majorité n’a pas été constituée autour d’un programme. La majorité a été constituée simplement pour avoir une majorité au Parlement. Dès lors, cette majorité mécanique ne sait pas ce qu’elle doit faire, ni ce qu’elle doit demander à son gouvernement. C’est ça le problème de fond. Il n’y a aucune vision, il n’y a aucun programme, dans aucun secteur. Si nous parlons simplement du secteur social, c’est très grave. Je crois que le peuple gronde. Les routes, non seulement il n’y en a plus, mais ce sont toujours les mêmes entreprises incompétentes pour réhabiliter nos routes qui reçoivent les contrats. On vous parle des contrats miniers. Ces contrats miniers léonins que tout le monde a dénoncés. On dit : on va les revisiter. Quand on finit les visites, on va les classer. On dit qu’il ne faut pas y toucher parce que, sinon, on va avoir des procès. Les médecins menacent de reprendre la grève. Les enseignants, ceux des universités, sont déjà en grève. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, le matin ils sont là, mais l’après midi on n’atteint pas le point d’achèvement. C’est encore un mirage. On parle beaucoup de Chinois, nous attendons ces Chinois, nous les aimons beaucoup. Mais une fois de plus, on ne sait pas quand ils commencent, où ils commencent et avec qui ils commencent.

R. O. : Ne pensez-vous pas que le gouvernement pourrait se rattraper dans les 4 ans qui lui restent ?

G. K. : Vous pensez qu’un gouvernement, l’action qu’il fait, c’est seulement dans les 4 ans ? Lorsqu’on n’a pas pris la bonne direction, lorsqu’on n’a pas pris les bonnes mesures au départ ? On ne peut pas arriver simplement à rectifier en comptant sur les quatre années à venir. Le problème, je n’ai jamais cessé de le dire, c’est de prendre la bonne direction. Et la bonne direction, c’est laquelle ? C’est d’éviter les erreurs que les anciens gouvernements, que les anciens régimes ont déjà commises. Or, chaque fois qu’on leur dit de faire attention à telle erreur, que ces erreurs là, le pays a déjà payé… Au lieu d’écouter ceux qui ont travaillé avant, tout ce qu’ils trouvent à dire, c’est que nous n’avons pas de leçons à leur donner. Ce gouvernement n’écoute personne, il n’écoute pas l’opposition, il n’écoute pas le peuple, il n’écoute que lui-même.

R.O. : En tant qu’opposition, votre rôle est aussi de faire des propositions. Que doit faire le gouvernement, selon vous ?

G. K. : Depuis le début de leur prise de fonctions, nous avons dit : faites le service minimum. C’est ce que nous avons. Les fondamentaux. Quels sont les fondamentaux ? Est-ce que vous connaissez le nombre de soldats que vous avez, le nombre de policiers, le nombre de services de sécurité? Première question.

Deuxièmement, en ce qui concerne les régies financières pour les recettes, pour le renforcement du budget, nous avons dit : réorganisez, suivez au quotidien ce qui se passe à l’Ofida, à la DGRAD, aux Impôts. On ne nous a pas écoutés. Nous avons dit : vous cherchez de l’argent ? Allez le chercher là où il est. On a donné les secteurs : les télécommunications, les mines, le bois. On ne nous a pas non plus écoutés. Donc, ce gouvernement n’en fait qu’à sa tête. Malheureusement, il ne fait rien. 

 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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