Bon anniversaire, mon cher Congo

30 juin 2008

Billet du jour

3o juin 2008- Nous fêtons le 48e anniversaire de l’Independence de la RDCongo. Un arret obligatoire pour pouvoir réfléchir et prendre un nouveau élan. Nous attendons que les promesses commencent à se réaliser. Et que le « grand » pays puisse à son tour, en toute dignité, s’assoir avec les autres sans l’honte de se sentir marginalisé. La population congolaise a trop souffert. Elle continue à supporter les silences des politiciens qui craignent de perdre leurs places. L’Est du pays, malgré les différents programmes amani, continue enterrer ses morts innocents, et personne ose toucher les seigneurs de la guerre. La conquête de l’Independence de 1960 fut l’effort de tous. Mais ne fut pas la conquête de nos liberté, de nos dignités, de nos droits. Après 48 ans tout semble pire que jamais. Ca suffit voir l’état dans le quel vit au quotidien le congolais et la congolaise. Rien est changé, beaucoup s’est empiré. Faute de qui? Certainement de ceux qui ont eu le pouvoir dans leurs mains et qui en on profité pour leurs intérêts et pour armer leurs milices, sans se soucier beaucoup du bien commun et du bien être des populations.  Dans cet arrêt du 30 juin , autour des défilés somptueux qui vont se déroulé à Kananga et qui demandent surement des immenses dépenses pour le seul déplacement d’autorités et de militaires, il ne nous reste que voir, sans peine et sans pleurs, les visages de tants enfants et mères, et ceux aussi de nos vieux qui vivent dans une immense solitude, loin de tout soins. Ce sont eux à nous dire que le 30 juin ne leur appartient pas.  Et pourtant ces enfants et ces mères sont l’avenir du Congo. Et ces vieux? Oui, c’est toute une bibliothèque qui est en train de s’en aller pour toujours et qui se perd. 

30 juin 2008: Je n’ai jamais perdu l’espoir. Et pourtant j’ai bien connu les dures épreuves de guerres, de violences, de pillages, de meurtres. Je sens que rien est perdu, et que tout est possible. Je continue à rêver le Congo de demain, où tout le monde se sent à son aise.  Mais chaque jour je me cogne contre cette  volonté concrète  de vouloir se mettre ensemble pour faire quelque chose, sans penser à soi-même, et au delà de toute frontière tribale. Le pays, plus que jamais, a besoin d’hommes et femmes, capables de prendre en main  le pays et de le transformer. Oui il y a des petites lueurs qui par ci et par là brillent de lumières vives  et qui me remplissent de joie et d’espoir. Hélas ! Car tout peur s’arrêter à la longueur d’un défilé, ou d’un discours. Nous sommes habitué à écouter le langage de nos politiciens et de nos gouvernants, qui, malgré la leçon de l’histoire, continuent sur le chemins des slogans et le culte de leur personnalité. 

30 juin 2008. Je me souviens des musiques et des danses de jadis. Nous passions toute la nuit au rythme du cha-cha-cha pour dans une buvette de Kin La Belle, dont je ne me rappelle plus le nom. Nous étions archicomble de joie et satisfaction. Aujourd’hui, à 48 ans de distance, tout autre rythme caresse mes journée. Je continue à avoir peur et à paniquer, toujours en déplacement, pour trouver un abri où puis-je vivre en paix. Le rythme des armes est encore insistant. Mais jusqu’à quand ? L’heure de la récréation des palabres sur palabres est terminée avec les élections libres et transparentes de 2006. Mais elle semble se prolonger, par volonté de nos politiciens, au sein du Gouvernement Cizenga, du Parlement de Kamerhe, du Senat de Ngengo et, pire, au sein même de la Présidence. Et alors pourquoi fêter somptueusement ce 30 juin 2008 ? 

30 juin 2008. Combien de pauvreté et de misère partout, au bord des routes, dans les quartiers des grandes villes, dans les villages de l’intérieur. Partout on sur vivote et la « débrouillardise » congolaise n’émerveille plus personne.  Possible que le « bien de Dieu » mis dans le sous-sol du Congo, doit servir les poches de certaines personnes seulement qui continuent à s’enrichir davantage ? La crise alimentaire qui traverse toute la planète touche aussi notre pays. Les prix des denrées alimentaires de première nécessité continuent à monter, et mettent le populations dans une situation affreuse de famine et de mendicité. 

Ce 30 juin 2008 sonne sa sonnette d’alarme. Ne pas l’entendre c’est se condamner par ses propres mains. 

 

Et alors, bon anniversaire, mon cher Congo, RDC ! 

 

© kakaluigi, 2008 

 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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