Sauvons la démocratie

17 mars 2009

Billet du jour

Par  Le Potentiel

Ce qui n’était, jusqu’il y a quelques jours qu’une affaire interne à une formation politique, a dépassé la sphère étriquée des salons huppés de Kinshasa pour devenir désormais une affaire nationale. Il s’agit, sans nul doute, de la démission,  annoncée et non encore effective, du président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe.

L’Alliance pour la majorité présidentielle (AMP), sa famille politique d’origine, a déployé sa grande artillerie pour faire descendre de son piédestal le président de la Chambre basse du Parlement. Quel est donc l’irréparable qu’aurait commis le président de l’Assemblée nationale pour s’attirer toute cette hargne de ses compagnons de lutte ?

La déclaration politique des députés nationaux de la majorité présidentielle, lue au terme de sa réunion du dimanche 15 mars 2009, est bien éloquente.

En effet, ses déclarations, notamment celles tenues le 21 janvier 2009 sur les antennes de Radio Okapi, pourrait briser la cohésion au sein de sa famille politique. Ses compagnons les qualifient de « nature à jeter le trouble dans les esprits des populations congolaises en général, et celles de l’Est du pays, en particulier, et à conduire à leur soulèvement contre aussi bien, le gouvernement que le président de la République ». La sentence n’a pas tardé à tomber. Kamerhe n’avait plus sa place au perchoir de l’Assemblée nationale.

Mais, comment parvenir à cette fin lorsque l’homme fait de la résistance. L’AMP a choisi l’usure, en amenant à la démission les ¾ du bureau de l’Assemblée nationale. Esseulé, le président n’avait donc plus de choix que de rendre le tablier.

Revers de la médaille. Lundi 16 mars 2009, date d’ouverture de la session de mars de l’Assemblée nationale, Kamerhe procède – seul au perchoir – à l’ouverture solennelle de la session ordinaire de mars de l’Assemblée nationale. Il dit défendre une légalité pour, argumente-t-il, ne pas tuer la démocratie naissante.

D’où, des questions sur cet épilogue, véritable test de maturité pour la jeune démocratie congolaise. Qu’est-ce que le pays gagnerait finalement de la fronde qui bouillonne au sein de l’AMP ? Qu’en sera-t-il de la démocratie au terme de cette bataille ?

Autant d’interrogations qui poussent à dépassionner le débat pour que seule la RDC sort gagnante de cette épreuve qui, à la lumière des événements, n’est plus du seul apanage de l’AMP. C’est désormais une affaire nationale qui oblige à s’interroger sur le fondement même de la démocratie congolaise.

Devrait-on donc laisser le sort à la seule volonté des clans politiques qui se livrent – bien en dehors des intérêts nationaux une lutte acharnée – pour mieux se positionner sur l’échiquier politique ou devrait-on, en toutes circonstances, privilégier, au nom de l’équilibre des institutions, le seul intérêt de la Nation au-dessus de tout autre ?

Le plus évident est que l’incident créé par l’AMP ouvre bien une boite de pandore sur les véritables tenants du pouvoir en RDC. En déplaçant le débat d’une éventuelle démission du président de l’Assemblée nationale en dehors de l’hémicycle du Palais du peuple, c’est la démocratie qu’on s’apprête à livrer à l’immolation.

Prenons garde que la maison RDC ne subisse de graves dommages collatéraux. Sauvons alors les institutions nationales.

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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