Les images du CAREME 2009: Dimanche des Rameaux

5 avril 2009

Evangile

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HOSANNA ! HOSHA’NA ! DIEU, LIBERE-NOUS ! 

Une foule des pauvres, des anawim, qui l’accueillent, courant derrière un rêve de libération, de justice, de dignités perdues… le rêve du Messie politique, social, progressiste… Un rêve qui est toujours là…


Dimanche des rameaux,  5 avril 2009 

 

 

Matthieu 21, 8 

Le peuple, en foule, étendit ses vêtements sur la route ; certains coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route.  Les foules qui marchaient devant lui et qui suivaient, criaient : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui entre au nom du seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » 

 

Jean 12, 12 

La grande foule venue pour la fête apprit que Jésus venait à Jérusalem ; ils prirent les rameaux des palmiers et sortirent à sa rencontre. Ils criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d’Israël ! » 

 

 Jésus était un raté?

 Selon nos critères humains, Jésus était un raté. Il n’avait aucun diplôme, aucune éducation. Il n’a pas fait carrière. Durant les trois dernières années de sa vie d’adulte, il n’avait même aucun salaire, il vivait de dons. Il mendiait. Pas de coquette maison, ni de moyen de locomotion confortable. La plupart du temps il dormait à la belle étoile et se déplaçait à pied. Pas non plus de gens haut placés parmi ses amis, pas de relations dans le domaine de la culture, de la politique ou du monde des affaires. On le considérait comme un lunatique et un criminel. Il n’avait même pas la côte parmi les gens de son pays, de sa ville natale. Quand il avait prêché dans leur synagogue il avait failli se faire lyncher. Dans tous les critères selon lesquels nous mesurons habituellement le succès de quelqu’un, la vie de Jésus était un échec sur toute la ligne. Pourtant, Dieu est toujours du côté de la vérité si bien que nous ne le trouvons pas toujours là où nous le cherchons. 

 

Le triomphe de l’entrée à Jérusalem

 Le voila donc aujourd’hui entrer triomphalement dans la ville de Jérusalem, acclamé par les gens. Regardons ce peuple, en foule, en liesse qui étend ses vêtements sur la route ; certains coupent des branches aux arbres et en jonchaient la route. Jean parle de palmiers dans leurs mains. Des
foules qui marchent devant lui et qui crient : « Hosanna, hosanna » 

 

 

La fête des Rameaux

 

 Les Évangiles synoptiques évoquent seulement des rameaux. L’Évangile de Jean est plus précis : selon Jean, ce sont des rameaux de palmiers, des palmes. C’est pourquoi, dans le monde entier, on parle de dimanche des Palmes. De même, en latin, la langue officielle de l’église catholique, ce jour porte le nom de Dominica in Palmis. 

Mais cette fête des rameaux prend ses racines plus loin, dans la tradition même hébraïque. Les rameaux de palmier et le mot « Hosanna » évoquent la fête juive des récoltes. 

Les trois grandes fêtes juives sont :
- la
Pâque : Pessah’
- la fête de la moisson (ou fête des semaines) Shavouôte, 50 jours après la Pâque (devenue la
Pentecôte dans le christianisme)
- la fête de la récolte (ou fêtes des tentes, des cabanes, des tabernacles) la fête de Souccot (de soukka, hutte, cabane construite avec des branchages).

La fête de Souccot avait lieu à l’automne, après la récolte des olives, notamment. Elle se célébrait sous des huttes de branchages, de rameaux. Cette fête est présentée dans le Lévitique (XXIII, 39).  Hosanna ! C’est ainsi que s’exclamaient les Juifs, avec leurs rameaux composés de palmes, de myrtes mais surtout de saules, en procession lors de la fête de Souccot. En fait, ce cri reprend un verset du psaume 118 que l’on récitait lors de la fête des cabanes.

Le terme  qui provient du psaume 118 (verset 25) :Anna Adonai [Yahvé] hoshi-’ah-nna  qui pourrait se traduire ainsi :  sauve-nous, je t’en prie ! de grâce, sauve-nous ! de grâce, libère nous ! 

Mais revenons encore pour quelque instant sur ce terme assez important à pouvoir comprendre dans toute sa signification primitive. Aujourd’hui nous l’employons pour célébrer la gloire et la renommée d’une personne.    Le septième jour et dernier jour de la fête de Souccot était appelé jour de Hosha’na (ou Hosha’na Rabbah). Ce nom désignait aussi les rameaux. 

Le nom Hosanna a une prononciation comparable à celui Jésus : on dit en hébreu Hoshanna et Yéshoua. Le prénom de Jésus est d’ailleurs formé avec la même racine: le salut est Yahvé. 

L’entrée de Jésus à  Jérusalem c’est une reconnaissance explicite qu’en Lui il y a la présence de Dieu qui sauve, c’est-à-dire donc que Jésus est le véritable Messie. 

L’entrée de Jésus à Jérusalem n’est pas somptueuse, comme celle d’un roi ou d’un chef militaire, ou un chef d’état. Pas de gardes de corps, pas de militaires pour la sécurité, pas de suites, mais seulement des gens du peuple, les pauvres, qui savent bien reconnaître et qui savent bien discerner. 

 

Autre élément associé au dimanche des Rameaux : l’âne sur lequel est assis Jésus, ou plus précisément l’ânon. Symbole d’humilité, face au cheval ou à la mule. L’Évangile de Matthieu raconte (21,1-11) : Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem et arrivèrent près de Bethphagé, au mont des Oliviers, Jésus envoya deux disciples en leur disant : « Allez au village qui est en face de vous, vous trouverez alors une ânesse attachée avec son ânon près d’elle ; détachez-la et amenez-les moi (…) Cela est arrivé pour que s’accomplisse ce qu’a dit le prophète : « Dites à la fille de Sion : voici que ton roi vient à toi ; humble, il est monté sur une ânesse et un ânon, petit d’une bête de somme. » 

 

Le roi

 Jésus entre à Jérusalem comme roi, mais un roi bien différent que les rois de ce monde. 

Le visage de Dieu révélé par Jésus bouleverse les représentations car c’est un Dieu qui se définit comme don radical de soi. Jésus, en son humanité, nous  montre que la condition humaine est à vivre dans l’amour de Dieu  qui se donne en son Fils Jésus. 

 

Ce roi loqueteux dont Jésus prend les traits est la figure du roi sans pouvoir, qui demain sera maître du monde. Il sera comme l’un de nous, il sera l’un de nous, il sera nous tous ensemble. Dès maintenant il s’avance vers une société égalitaire où les hommes et les femmes  n’auront plus de raisons de rivaliser entre eux, ni de s’envier, ni de se faire du mal. Il n’y aura plus ni justes ni injustes, ni pauvres ni riches, ni compétition ni concurrence, ni nord ni sud, ni vaincu ni oppresseur.

 

Le don de soi doit être l’apanage de tout croyant et régir les rapports de la communauté. Pour Jésus, par contre, nous sommes engagés dans une marche vers le Royaume. Cette marche est joyeuse, même si on n’a pas de raisons d’être joyeux.

 

Un roi proche à l’homme. Personne ne peut prétendre que Dieu ne peut comprendre sa situation ou sa détresse. Il n’est pas de situation humaine dont Dieu n’ait fait l’expérience: la naissance, la joie, la peine, la souffrance et la mort. Les critères de Dieu ne sont pas ceux des hommes. Selon les critères de Dieu, Jésus a triomphé dans la seule catégorie vraiment importante : celle de l’amour pour l’humanité. 

 

© kakaluigi 2006

 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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