LETTRE OUVERTE AUX ABBES, AUX RELIGIUEX DES DIOCESES DE BUKAVU, KASONGO, UVIRA

9 avril 2009

Au fil des jours

A l’occasion du Jeudi Saint « kakaluigi » écrit une lettre ouverte à ses amis et frères dans le Sacerdoce des diocèses de Kasongo, Uvira et Bukavu, c’est à dire des endroits où il a travaillé au cours de son expérience missionnaire en RDC. Loin de se faire maitre, kakaluigi partage avec ses amis les sentiments de cette journée consacré au Sacerdoce.  Son témoignage devient ainsi une page où son cœur plein d’amour pour cette terre congolaise l’emporte sur le raisonnement. On peut lire alors son souci: celui de voir un clergé plus converti à l’évangile.

Mes chers confrères dans le Sacerdoce: abbés et religieux ,

Bonjour à vous tous et que la paix et la joie soient mes souhaits fraternels pour des Joyeuses Pâques de résurrection ! Je trouve ce moment d’intimité, dans cette semaine sainte, pleine de rendez-vous assez importants et impérieux, pour pouvoir dialoguer en toute franchise amicale avec chacun de vous, comme un grand frères avec ses petits sans m’imposer et sans être un maitre, mais dans le seul souci de vouloir vous partager mes sentiments d’un amis et frère qui a vécu longtemps (et continue à vivre) le joie et les espoir de nos églises et de nos terres congolaises.

Je souhaite que cette rencontre de communion profonde réciproque puisse constituer pour chacun de vous un encouragement et un réconfort dans l’accomplissement d’un devoir toujours plus exigeant et qui rencontre quelquefois des obstacles.

Nous voila en ce Jeudi Saint.

En ce Jeudi Saint 2009 ma pensée, en tant que votre confrère dans le Sacerdoce, s’envole vers chacun de vous, et vous rejoint là où vous œuvré avec votre ministère sacerdotal, pour vous faire parvenir mes sentiments fraternels de proximité et d’encouragement, mais aussi vous partager mes réflexions, faites de sentiments, d’émotions, et de convictions.

Le jeudi Saint c’est notre journée, chers confrères dans le Sacerdoce des Diocèses de Bukavu, de Kasongo et d’Uvira. Les sentiments qui instamment en ces jours remplissent mon cœur en les faisant palpiter de joie immense, se refont à ceux que j’avais vécu au moment de mon Ordination Sacerdotale il y a 43 ans. J’ai pensé ainsi de m’adresser à vous confères des ces 3 Diocèses Congolais et je vous unis tous ensemble, car mon amour ne s’est pas éteint, ayant, comme vous le connaissez très bien, œuvré longtemps comme missionnaire de Jésus Christ dans chacun de ces territoires.

Mes chers confrères dans le Sacerdoce je souhaite à chacun « Bon Jeudi Saint ».

Avant tout je vous invite à revenir aux significations profondes du Jeudi Saint et, en même temps, je vous demande d’avoir le courage de savoir vous mettre un peu à l’écart de vos occupations, pour penser à vous-mêmes et essayer d’entrer dans les profondeurs de votre être et de vous vérifier. Ainsi vous pourriez reconnaître honnêtement et sans compromis de lâcheté quelconque vos fragilités et vos faiblesses.

Chaque année le Jeudi Saint me fait revivre les émotions profondes du jour de mon ordination sacerdotale et affiche devant mes yeux mon identité sacerdotale et de ma mission : d’être prêtre par volonté di Dieu et d’être prêtre pas pour moi-même ou pour ma famille ou ma tribu mais pour ce « lavement de pieds » à accomplir à des frères de toute condition, dont Jésus encore une fois nous donne l’exemple à suivre.

Parfois les événements contingents de la vie au quotidien nous nous apportent doutes, flottements, incertitudes qui mettent en cause notre identité sacerdotale et qui minent notre mission auprès de fidèles. Les tentations d’une vie facile et matérialiste deviennent plus davantage continuelles et pressantes et nous manquons parfois de la force nécessaire pour les écarter. Elles mettent en cause notre identité et notre mission, et sans y trop penser nous prenons très souvent des attitudes très ambigües et des comportements qui scandalisent et qui éloignent nos fidèles. Notre temps sécularisé semble nous mettre terriblement à l’épreuve dans notre foi et nos convictions et nous ne faisons que continuer à respirer cette air polluè.

En ces derniers jours je viens d’apprendre, et j’en souffre beaucoup, que des profonds malaises semblent miner vos relations réciproques et par conséquent semblent ainsi créer des véritables scandales aux milieu des fidèles.

Je suis loin et je ne connais pas bien les diverses situations qui sont crées parmi vous en ces dernières années et pourtant ce que je viens d’écrire loin de moi d’être un jugement ou une remarque, mais c’est seulement la stigmatisation d’une situation qui, en ne pas intervenant en ce moment, pourrait bien amener a la faire pourrie davantage.

Il nous faut avouer en toute humilité que parfois nous-mêmes nous sommes à l’origine de ces divisions profondes, dues surtout à incompréhensions, mais aussi à ambitions et manières tri balistes et collinistes de voir et de gérer le pouvoir de nos relations réciproques. C’est vraiment triste voir des prêtres parler mal publiquement de l’un ou de l’autre confrère. C’est triste aussi voir des prêtres qui pensent seulement à leur famille et voir certains curés qui gèrent leurs paroisses un fief de leurs familles respectives.

Ces divisions, malheureusement, ont chaque fois leur retombée auprès de notre laïcat et ne font qu’empirer une situation venimeuse de soupçons, de « on dit », de profondes blessures intérieures pleines de haine et nous, en tant que hommes de sans partis et de sans tribu, nous exposons a devenir des causes de scandales et de divisions plus profondes.

Reprendre souffle

Le lavement des pieds du jeudi saint est là pour nous enseigner l’humilité d’un « service », qui va au delà des races, des collines, des familles. Le service de Jésus s’adresse à tous, avec les mêmes soucis et les mêmes intérêts. Pour lui l’autre c’est l’autre e n’importe s’ils est marqué par des signes, « shi », « lega » « kibangubangu », « kivira », « kibembe » ou « kifulero ». Qui est capable pouvoir, entre nous tous prêtres de Dieu, comme le Christ: «  Je suis venu pas pour être servi ou pour m’en servir, mais seulement pour servir ». La grandeur donc de servir Dieu et, en Lui, servir les hommes.

Le Jeudi Saint nous pousse aussi à revenir sur nos engagements sacerdotaux de donation sans limites de notre cœur, de notre affectivité, et de vie plus accueillante. Le climat sécularisé de notre temps nous pousse à planifier le tout.

« En effet, dit le Pape Benoit XVI, la culture sécularisée a pénétré dans l’esprit et dans le cœur d’un certain nombre de personnes consacrées, qui y voient une forme d’ouverture à la modernité et une modalité d’approche du monde contemporain. Cela a pour conséquence que, à côté d’un élan de générosité indubitable, capable de témoignage et de don total, la vie consacrée court aujourd’hui le risque de la médiocrité, de l’embourgeoisement et de la mentalité de consommation. »

Reprendre souffle pour que l’évangile soit crédible. Reprendre souffle pour que chacun se fasse habiter davantage du nécessaire et qu’il se libère de toutes les chaines du superficiel. De grâce, Ça suffit, mettons fin et oublions nos querelles, nos jalousies, nos mensonges et cherchons d’être compréhensifs entre nous pour pouvoir en être avec nos collaborateurs et fidèles laïcs. Le diocèse c’est à nous tous et pas a une seule personne.

Conclusion

Rien est impossible à Dieu… Soyez parfaits comme votre Père qui est cieux. Qui veut me suivre, renie soi-même, prends la croix…Je vous ai lavé les pieds pour que vous faites de même… Le plus grand dans le Royaume c’est celui qui se fait serviteur des autres…

Essayons donc de nous convertir pour que notre vie devienne davantage un sermon vivant. Charitas Christi urget nos.

Je paraphrase le Pape Jean Paul II qui disait que « Le chemin de la tolérance et du dialogue, que le concile Vatican II a heureusement engagé, doit être poursuivi avec constance». Mais «Cela ne doit pas faire oublier le permanent devoir de repenser et d’affirmer avec tout autant de force les lignes maîtresses, inaliénables, de notre identité » sacerdotale.

Bonne fête du Sacerdoce, mes amis et frères, et que Bon Dieu nous garde de tout mal et nous souffle constamment son Esprit de lumière et de force en nous remplissant des dons du Jeudi Saint.

Faites ceci en mémoire de moi.

En toute fraternité

Fait à la Paroisse Saint Paul de Fondi (Latina) ce jeudi saint 09 avril 2009

P. Luigi Lo Stocco

www.kakaluigi.unblog.fr

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

Voir tous les articles de kakaluigi

Inscrivez vous

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez vous Poster un commentaire

carrosserieautopro |
ThinkBlog |
Dipersés... fRaNce aMéRIqUe... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | madame dousse
| Les diplomes du club
| blog de jiji22