TRIDUUM PASCAL 2009

10 avril 2009

Evangile

crucifixionrubens.jpgLa croix des croix des hommes 

Vendredi 10 avril 2009 

Le vendredi Saint est le jour de la douleur, des larmes, de la compassion, du silence devant la mort, de la contemplation et l’adoration  de la croix, de la méditation plus intense.

 

Le Vendredi Saint c’est une croix qui se dresse sur cette océan immense de croix qui remplissent notre pauvre terre : les croix de toutes violences et guerres, les croix du mépris et des ambitions humaines, les croix  de la pauvreté et de la famine, les croix des camps des refugiés mais aussi les croix des immigrés… Notre terre est pleine de croix qui auront un sens si elles peuvent se référer à l’unique croix du salut, celle du Christ.

Aujourd’hui en Italie c’est une véritable vendredi saint, avec ces 270 cercueils des victimes du tremblement de terre alignées, une à coté de l’autre, pour l’extrême salut de la nation toute entière. C’est une journée de deuil national pour pleurer tous ensemble, mais aussi pour implorer le repos de l’éternité sur ces frères et sœurs qui ont succombé aux terribles secousses de ce tremblement de terre.  Voila encore des croix, qui suivent celle du Christ et qui se dressent comme signes de mémoire et de monition. 

 

Je vous propose une  méditation de Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari, décédée à 88 ans le 14 mars 2008. Sa vie fut un « hymne à l’amour de Dieu » a déclaré le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’État, à l’homélie de la messe des funérailles qu’il a présidée en la basilique Saint-Paul-Hors-les-Murs, à Rome le 18 mars 2008.  

« Le vendredi saint, Jésus nous donne, par sa mort, une leçon sublime, divine, héroïque sur l’amour. Il avait tout donné: sa vie auprès de Marie dans la pauvreté et l’obéissance. Trois années de prédication où il a révélé la Vérité, rendu témoignage au Père, promis l’Esprit Saint et fait toutes sortes de miracles d’amour.

Trois heures sur la croix d’où il pardonne à ses bourreaux, ouvre au larron les portes du Paradis, nous donne sa Mère ( lire te texte de l’hymne Stabat Mater) et finalement son Corps et son Sang qu’il nous avait peu avant mystiquement donnés dans l’Eucharistie. Il lui restait sa divinité.

Son union avec le Père, sa très douce et ineffable union avec lui, qui l’avait rendu si puissant sur la terre en tant que Fils de Dieu et si royal sur la croix, ce sentiment de la présence de Dieu devait disparaître de son âme; l’union ne devait plus être ressentie; il devait se sentir désuni en quelque sorte de Celui avec qui il affirmait être un: « Le Père et moi nous sommes un » (Jn 10,30). En lui l’amour était anéanti. La lumière éteinte. La Sagesse se taisait.

Il s’est donc fait rien pour nous faire participer au Tout. Ver de la terre (cf. Ps 22,7) pour faire de nous des fils de Dieu. Nous étions séparés du Père.

Il était nécessaire que le Fils, en qui nous sommes tous récapitulés, éprouvât la séparation du Père. Il devait expérimenter l’abandon de Dieu pour que nous ne soyons jamais plus abandonnés (lire les textes sur la « Nuit de Mêre Teresa ». Il avait enseigné que personne n’a de plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis.

Lui, la Vie, donnait tout de lui-même. C’était le sommet, la plus belle expression de l’amour.

Son visage est caché derrière les multiples souffrances de nos vies qui ne sont rien d’autre que Lui. Oui, parce que Jésus abandonné est l’image du muet: il ne sait plus parler. Il est l’image de l’aveugle: il ne voit pas; du sourd: il n’entend pas. C’est l’homme épuisé qui gémit. Il est au bord du désespoir. Il est l’affamé d’union avec Dieu. C’est l’image du désenchanté, du trahi, on dirait un raté. Il représente le peureux, le timide, le désorienté. Jésus abandonné est ténèbres, mélancolie, contradiction. Il est l’image de tout ce qui est étrange, incompréhensible, de ce qui est à la limite du monstrueux, car c’est un Dieu qui crie: « Au secours! ». Il est le solitaire, le délaissé… Il apparaît inutile, exclu, traumatisé…

Nous pouvons donc le reconnaître en chaque frère souffrant. Alors, en approchant ceux qui lui ressemblent, nous pouvons leur parler de Jésus abandonné.

Et pour ceux qui se voient semblables à lui et acceptent de partager son sort, il devient: pour le muet, la parole; pour l’ignorant, la réponse; pour l’aveugle, la lumière; pour le sourd, la voix; pour l’épuisé, le repos; pour le désespéré, l’espérance; pour celui qui est séparé des siens, l’unité; pour l’anxieux, la paix. Grâce à lui, les personnes se transforment et le non-sens de la souffrance acquiert un sens. Il avait crié sa question à laquelle nul n’avait répondu, afin que nous ayons une réponse à chacune de nos questions. Le problème de la vie humaine est la souffrance. Quelle que soit sa forme, aussi terrible soit-elle, nous savons que Jésus l’a prise sur lui et transforme, par une alchimie divine, la souffrance en amour. Je peux dire par expérience que dès que nous accueillons avec joie une souffrance, pour être comme lui, puis nous continuons à aimer en faisant la volonté de Dieu, la douleur, si elle est spirituelle, disparaît, et si elle est physique, son joug devient plus léger.

Notre amour pur, au contact de la souffrance, la transforme en amour; d’une certaine façon, il la divinise, comme si se poursuivait en nous si l’on peut s’exprimer ainsi la divinisation que Jésus a faite de la souffrance. Et, après chaque rencontre avec Jésus abandonné aimé ou accepté, je trouve Dieu de façon nouvelle, dans un rapport plus intime, plus ouvert, dans une unité plus pleine.

La lumière et la joie resplendissent à nouveau; et avec la joie, la paix qui est le fruit de l’Esprit. La lumière, la joie, la paix particulières, qui émanent de ceux qui étreignent la souffrance, frappent même les personnes les plus difficiles et les désarment. Cloués sur la croix, nous devenons mères et pères d’âmes. Son effet est donc une grande fécondité. Comme l’écrit Olivier Clément: « Et l’abîme un instant ouvert s’emplit du grand Souffle de la résurrection ».

Les manques d’unité disparaissent, les déchirures sont recousues, la fraternité universelle resplendit, on assiste à des miracles de résurrection, un nouveau printemps naît dans l’Église et dans l’humanité. »

Pâques : Christ de l’angoisse (Auteur : Joseph Folliet )

Christ de l’angoisse, de l’abandon et de la solitude;
Christ dans le jardin nocturne où passe déjà le vent de la trahison;
Christ dont la douleur veille tandis que toutes amitiés dorment :
aie pitié des agonisants dans les minutes qui précèdent la mort,
quand leurs mains tirent les draps.
Et donne-leur conscience  de leur sacrifice uni au tien, pour le rachat de l’humanité.

Aie pitié de ceux dont toutes les heures sont des agonies :
des angoissés, au souffle contenu et à la poitrine serrée dans l’étau de leurs fantasmes;
des scrupuleux, ployant sous la croix pesante  de leurs péchés imaginaires;
des peureux, terrifiés par leurs fantômes intérieurs;
des persécutés, qui cherchent à droite et à gauche les embûches de leurs ennemis;
des malades imaginaires,  dont nul ne prend au sérieux la vraie maladie;
de tous ceux  qui heurtent sans cesse du front le mur de leur inconscience,
et à qui leur agonie perpétuelle interdit l’accès à la joie.

Envoie-leur l’ange de la consolation, afin que,au moins, ils puissent connaître la joie douloureuse d’unir leur agonie à la tienne.

 © kakaluigi 2009 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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