DOSSIER BOSHAB 2

20 avril 2009

Au fil des jours

Nous continuons avec notre dossier Boshab. 

Election de Boshab : incapacité de Kabila à défaire les chaînes de la corruption
(Congolite 20/04/2009)

L’élection d’Evariste Boshab à la tête de l’Assemblée nationale: un non-événement

L’ex-directeur de cabinet du « raïs » Congolais, Evariste Boshab, vient d’être élu (ce matin 18 avril 2009) Président de l’Assemblée nationale Congolaise. Cette élection intervient quelques semaines après la démission du bureau dirigé par Vital Kamerhe sous l’instigation de « l’autorité morale » de l’ AMP. Une instigation coulée dans de bonnes sommes d’argent en dollar.

L’élection de Boshab après l’interview du « raïs » à New York Times

Cette élection intervient aussi après une sortie médiatique de cette même « autorité morale » au travers d’une interview accordée à New York Times. Interview au cours de laquelle « le raïs » disait ceci:
« Mobutu a dirigé ce pays pendant 37 ans. Il a créé une classe politique, une mentalité, et nous n’avons pas encore mis fin à cela. Les anciennes mauvaises méthodes sont toujours là : corruption, mauvaise gestion, etc. Notre plus grande erreur, c’est que nous n’avons pas trouvé assez de temps pour entraîner et former nos propres cadres. On n’a pas besoin d’un millier de personnes pour transformer un pays. Non, on n’a besoin que de 3, 4, 10 ou 15 personnes avec des convictions, déterminées et résolues. Ai-je ces 15 personnes ? Probablement 5, 6, voire 7, mais pas encore 15. » Comme c’est cette « autorité morale » qui a proposé l’unique nom de Boshab comme candidat de sa famille politique, il y a lieu de poser des questions sur la cohérence des discours qu’elle tient et les gestes qu’elle pose. Pourquoi? En faisant ce choix, elle est possible qu’elle classe Boshab parmi les 7 personnes « avec des convictions, déterminées et résolues » et partant, échappant à la corruption.

Or, il est établi que son ex-directeur de cabinet avait dû démissionner à la présidence pour une affaire de 32 millions de dollars US détournés à la SNEL (Société nationale d’électricité); dollars payés par le Congo-Brazzaville à cette société. Que ce monsieur (dont la place devrait être en prison) soit élu par ses pairs corrompus tout le temps que le dossier de la démission de Kamerhe a pris, cela prouve à suffisance que l’incohérence de « l’autorité morale » de l’AMP dit son incapacité à se défaire les chaînes des méthodes mobutistes qu’elle a décriées à New York Times. Ici, les tapages des voleurs criant au voleur se révèlent être une diversion pour la consommation extérieure. Il est possible que certains d’entre nous, ayant appris l’issue de cette élection qui devrait être connue d’avance -car « le raïs » ne pouvait pas demander la tête de Kamerhe pour avoir Mwamba ou Kikwama à la tête de l’Assemblée nationale- estiment que l’avenir du Congo est bouché.

L’avenir du congo serait-il bouché?

Non. Les luttes congolaises pour un autre Congo ne se mènent pas toutes au niveau du Parlement et du gouvernement. Il y a d’autres lieux où les Congolais(es) travaillent ensemble pour la transformation de la face de notre pays. Un exemple. Au Congo même, la Synergie des ONGs de la société civile n’a pas baissé les bras après l’arrestation de certains de ses membres. Elle venait d’écrire (le 09 avril 2009) au Procureur général de la République pour porter plainte contre l’Agence nationale de Renseignement (pilotée par Darwezi Mukobe) du chef d’arrestation arbitraire, de détention illégale, torture et mauvais traitement. Cette plainte cite deux noms des tortionnaires: Kalev Mutond et Daniel Mukalay. Il n’y a pas eu que cette plainte. La Synergie a fait appel à ses partenaires internationaux dont la FIDH (Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme). Une délégation de cette la FIDH a déjà contacté le Procureur de la République au sujet de ladite plainte.

Qu’importe le résultat final de cette plainte; elle participe de la lutte contre la peur: la peur de désigner les responsables des maux de nos populations; la peur de se défendre contre les abus du pouvoir en place; la peur de prendre des risques pour la défense des valeurs de la paix, du respect des textes et des personnes humaines.
Cette plainte témoigne aussi de l’urgence qu’il y a à chercher l’efficacité dans un travail fait en groupe et/ou en réseau. (Il y a des Congolais qui font partie de la FIDH et qui, à partir de l’Europe, suivent au quotidien l’actualité politique de notre pays et échangent avec leurs partenaires appartenant aux pays de vieille tradition démocratique.)
Un tel travail ne conduit pas à des résultats spectaculaires du jour au lendemain. Mais il peut suffire d’un changement à la tête du pays pour que tout soit dévoilé. L’exemple de l’Amérique d’Obama est plus que parlant: les méthodes d’interrogatoire des années de Bush viennent d’être révélées. Il n’est pas très sûr que les à-plat-ventristes Congolais demeurent éternellement impunis.
Donc, il y a lieu de dire qu’au Congo même, il y a des choses qui bougent dans le sens du changement. Les essais de refondation de certains partis politiques congolais (dont l’UDPS), la dernière libération des détenus (arbitraires) de la prison d’Uvira, etc. participent, tant bien que mal, du souci que portent plusieurs d’entre nous de voir le Congo changer de face.

L’illusion que pourrait donner l’élection de Boshab est celle de réduire l’ensemble du peuple Congolais au petit nombre de députés siégeant au Palais du peuple. Ou celle de croire que tous nos concitoyens sont devenus inconscients et aveugles. « Les petits restes » veillent et brisent le silence. Ceux d’entre nous qui ont eu la chance de visualiser le film « Katanga Business » savent qu’il y a des compatriotes qui n’ont plus la langue en poche.
Plusieurs de nos compatriotes ne font plus confiance à cette classe politique. Ben Clet Kankonde, l’ Apostropheur du journal Le Potentiel, en témoigne quand il écrit: « Qu’ils s’étranglent, costumes décomposés en mille et une pièce détachées ; qu’elles s’étripent le chignon, pagnes retroussés au vent, les candidats et candidates membres du Bureau n’impressionnent que les membres de leur famille biologique. Et accessoirement ceux des familles politiques. Quant au reste de citoyens congolais, ils se disent non concernés par des batailles qui se livrent sur Mars pour … la survie d’une race. » (Lire l’Apostrophe du Le Potentiel de ce samedi 18 avril 2009 intitulée « Des candidats pour rire ») Ce même journal qui publie un article intitulé « Evariste Boshab: la victoire de la raison » soutient dans son Apostrophe qu’ « en deux ans de règne, les députés ont montré leurs performances en matière de corruption et de détournement des deniers publics. Grâce aux médias, le peuple des électeurs a découvert à quelle sauce il est quotidiennement bouffé au Palais dit du peuple. » (Ces médias qui sont souvent a-historiques, coupagistes et complaisants; capables de nous dire hier que Boshab a détourné l’argent de la SNEL et de le présenter aujourd’hui comme un grand professeur d’Université et constitutionnaliste de formation, sans histoire!)

Même si ne pas faire confiance à cette classe politique ne signifie pas résister demain à ses sollicitations de corruption. Ici, il y a un problème fondamental qui se pose: celui de l’image d’une femme ou d’un homme réussi(e) chez nous. Dans l’imaginaire du Congolais moyen trône l’image du riche, quels que soient les moyens et les méthodes utilisés par acquérir la richesse. Un criminel, un prédateur ou un bandit de grand chemin peut être adulé du moment qu’il est riche ou arbore les signes extérieurs de la richesse. Et plusieurs d’entre nous courront derrière cette image de l’homme ou de le femme réussi(e). Un nouveau leadership, aux interstices des hommes et femmes politiques et des compatriotes de la Société civile, capable de reformater notre imaginaire par la formation et l’éducation, capable d’inventer de nouveaux lieux d’apprentissage en commun, devrait constituer un objectif à court terme pour « les petits restes ». En attendant, l’élection d’ Evariste Boshab est un non-événement célébré avec pompe par « les nouveaux prédateurs ».

J.-P. Mbelu

« le: Avril 19, 2009, 12:01:17 » 

© Copyright Congolite 

Elections au Bureau de l’Assemblée nationale: L’AMP rafle tous les postes / La victoire, et après ?…
(Le Potentiel 20/04/2009)

Le «match» Alliance de la majorité présidentielle (AMP)-opposition n’a pas eu lieu la nuit de vendredi 17 avril à samedi 18 avril 2009 dans la salle de Congrès du Palais du peuple lors des élections pour le renouvellement du Bureau de l’assemblée nationale. En effet, l’AMP a, comme au Bureau sortant, raflé tous les sept postes. Cela par une majorité écrasante pour tous les candidats endossés. La consigne a été respectée.

Vendredi 17 avril matin, dès 8 h00’, les environs du Palais du peuple sont quadrillés par des éléments de la police congolaise. Les membres de la presse, arrivés avant cette heure, ont gagné la salle de Congrès, pratiquement, problème. Après, l’accès à la ceinture de sécurité et à l’enceinte du Palais du peuple a été conditionné par la possession d’un macaron délivré par le service de protocole de la chambre basse du parlement, ont laissé entendre les policiers dont les officiers. Sur l’ordre de la hiérarchie, non autrement identifiée. C’est dire qu’en dehors des députés nationaux, invités parmi lesquels les membres du gouvernement et du personnel de l’Assemblée nationale ainsi de la presse officielle et «alliée», personne d’autre ne pouvait avoir accès au Palais du peuple. C’est ainsi qu’en dépit de l’insistance, des membres des partis membres de l’AMP et autres sympathisants des candidats ainsi que la plupart de professionnels des médias ont été tenus loin du cordon sécuritaire, sous un soleil de plomb.

Ayant compris qu’il arrive souvent que les agents de l’ordre fassent preuve d’un zèle hors du commun, les professionnels des médias ont attendu calmement que les esprits de leurs «anges gardiens» s’apaisent. C’est aux environs de 15h00’ qu’ils ont été admis dans l’enceinte du siège du parlement. D’autres «indésirables» ont finalement gagner l’hémicycle du Palais du peuple vers 18h00’. Heureusement, pour la presse, la séance électorale, prévue pour 10h00’, a été repoussée à 13 h00’ pour ne débuter qu’à 14h00’.

Le président du Bureau sortant, Vital Kamerhe, est au perchoir. Son bureau organise ces élections avec le concours de la commission technique de l’assemblée nationale instituée à cet effet.

PRESENTATION DES CANDIDATS

L’heure est à la présentation des candidats aux différents postes. C’est l’un des moments chaux. Surtout pour les cinq candidats présidents du Bureau. Chacun a pris au moins cinq minutes pour son cursus et ses intensions une fois élu. L’ordre alphabétique oblige, Evariste Boshab, candidat du Parti du peuple pour la reconstruction et le développement (PPRD) pour le compte de l’AMP, ouvre les «hostilités» sous les applaudissements frénétiques des députés de son obédience et d’autres sympathisants. Justifiant sa candidature, il a fait valoir que son souci, notamment, est de rendre réellement l’Assemblée nationale un miroir de la démocratie. Pour cela, sous son mandat, la chambre basse du parlement ne deviendra jamais la une caisse de résonance. Il n’a pas manqué de souligner, entre autres, l’importance qu’il attache au social de ses pairs à améliorer, à la transparence dans la gestion financière et au contrôle parlementaire appelé à être plus rigoureux pour la bonne gouvernance. Cela après avoir relevé le fait que plusieurs parmi ses pairs s’adonnaient déjà à faire la comptabilité de ses défauts. Qu’à cela ne tienne, une fois au perchoir, a-t-il laissé entendre, il ne manquera pas de se dépasser, par des conseils de ses électeurs, tout en étant président de tous les députés, toutes tendances confondues. Applaudissements et autres cris d’allégresse.

Idambito Bakaato lui succède à la tribune. Doyen d’âge parmi les candidats, il s’est dit engagé, entre autres, à redorer le blason terni de l’Assemblée nationale, promouvoir la démocratie et le débat démocratique, arrêter l’hémorragie fiscale et mettre le député à l’abri du besoin. Il quitte le podium avec des applaudissements timides.

Vient le tour de Kanku Bukasa wa Tshibuabua. Après avoir remercié le travail abattu par le Bureau sortant, il s’est désisté. Non sans relever qu’aucune recommandation de l’assemblée nationale n’a été appliquée par le gouvernement et que cette institution est soumise aux pressions politiques. Avant d’ajouter qu’il fallait élire un Bureau dont les membres font preuve d’indépendance d’esprit, en déplorant en même temps le fait que être député, aujourd’hui, est devenu synonyme de corrompus, d’égoïstes et de jouisseurs. Il a finalement demandé à ceux qui lui ont fait confiance de reporter leurs voix sur le candidat François Muamba. Il regagne sa place, hué par les uns, ovationné par d’autres.

Pour sa part, Gilbert Kiakwama, candidat de l’opposition, enflamme la salle dès qu’il est invité à la tribune. Sifflé et applaudi de manière frénétique à la fois, le sens de sa candidature qu’il donne dans un français châtié n’est pratiquement pas suivi. Son propos est à peine audible car le brouhaha persiste. Et Vital Kamerhe intervient pour permettre à tout le monde de suivre. Toutefois, son message est de même passé. Il fait remarquer qu’ils se connaissent tous et qu’ils ne doivent pas se voiler la face. «Nous devons réinventer la manière de faire la politique en République démocratique du Congo», a-t-il dit en ayant, notamment, le sens de l’Etat et en faisant preuve de loyauté d’abord envers le peuple congolais. Répétition des mêmes onomatopées.

De son côté, également de l’opposition, François Muamba, dernier à prendre la parole, se dit candidat de large rassemblement. La plénière suit «religieusement» son mot. Bien que des applaudissements, parfois nourris, fusent du côté des membres de l’opposition. «Une fois élu, je serai président de tous les députés, favorisant le libre débat démocratique, sans tabou ni faux-fuyant», lance-t-il. Lui aussi est déterminé à veiller à ce que l’Assemblée nationale ne devienne une simple chambre de résonance. Le secrétaire général du Mouvement de libération du Congo (MLC) voudrait restituer sa dignité à la fonction et au statut de député. Il s’engage à préserver l’acquis du débat démocratique, veiller au respect de la légalité constitutionnelle, respecter la séparation du pouvoir …, note-t-il.

Après les candidats présidents, ceux aux postes de premier et deuxième vice-présidents, de rapporteur et rapporteur adjoint ainsi que de questeur et questeur adjoint défilent, tour à tour, à la tribune pour leur présentation. Les applaudissements proviennent selon le camp de chacun.

C’est vers 21h30’ que cette présentation des candidats prend fin. Commence, alors, l’élection proprement dite par la signature des bulletins de vote par le président de la commission technique de travail chargée d’assurer les opérations de vote, sur lesquels est apposé le sceau officiel de l’assemblée nationale. Pour éviter la fraude ou tentative de fraude. Avant de se retirer dans l’isoloir, chaque électeur obtient sept bulletins de vote pour tous les candidats. Les membres du Bureau étant élus par ordre de préséance selon le règlement intérieur de l’assemblée nationale, on commence par la présidence.

LE NOUVEAU BUREAU ELU

Ici, 484 votants, c’est Evariste Boshab (PPRD) qui est élu à une majorité écrasante. Il obtient 329 voix contre 75 à François Muamba, 54 à Idambito Bakaato et 15 à Kiakwama. S’agissant de la première vice-présidence, le choix se porte sur Mbuku Laka Boris (ARC) en qui 273 électeurs manifestent leur confiance. Pour la deuxième vice-présidence, Charles Bofassa Djema, l’un des neuf candidats, se retire de la course pour des raisons de convenance personnelle. Ce poste est occupé par Mme Madiko Mulende (Palu) avec 271 voix. Quant aux postes de rapporteur et de rapporteur adjoint, ils reviennent respectivement Makonero Wildor Wildor et à Mme Sophie Kakudji Yumba. Enfin, concernant la questure, les suffrages sont allés vers Dieudonné Bolenge Balea élu questeur et à Robert Bopolo Bongeza. A noter que les opérations de vote, débutées à vendredi15h30’, ont pris fin samedi à 10h00’.

L’UNAFEC SALUE L’ELECTION DE BOSHAB

Le président de l’Assemblée provinciale du Katanga et leader de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec), Gabriel Kyungu, a aussitôt salué l’élection du professeur Evariste Boshab au poste de président du Bureau de l’Assemblée nationale.

« Cette victoire doit être considérée comme un camouflet infligé aux détracteurs de tous bords qui croyaient, à tort, en la désintégration de la famille politique du chef de l’Etat qu’est l’Alliance de la majorité présidentielle », a-t-il affirmé devant la presse. A son avis, elle démontre que « le président Joseph Kabila est confortablement assis au sein de sa famille politique ». « Je félicite le professeur Boshab et son équipe. Je leur souhaite une fructueuse carrière sous la protection du Tout Puissant pour l’accomplissement de cette lourde tâche d’intérêt national », a déclaré de son côté Me Maj Kisimba Ngoy, ministre des Affaires foncières et membre de l’Unafec dont un membre a été élu rapporteur adjoint au Bureau de l’Assemblée nationale, en la personne de Mme Sophie Kakudji Yumba.

Par DIOSSO OLIVIER

AMP : la victoire, et après ?…

Je ne croyais pas si bien dire dans mes réflexions, lorsque je tenais à faire remarquer que la victoire de l’AMP autour du renouvellement du Bureau de l’Assemblée nationale tenait à plusieurs éléments. Notamment, le respect de la consigne, la cohésion de l’alliance, l’engagement sur fond des convictions politiques.

Je me réjouis de constater que la première condition a été observée. Cette victoire de l’AMP découle avant tout du respect de la consigne. Comme le disait le président élu de l’Assemblée nationale, le Professeur Evariste Boshab, avant le vote, « la Majorité devrait prouver qu’elle est majorité ». Cette condition a été remplie.

La deuxième porte sur la cohésion de l’alliance. Sur ce point, je me permets de relever qu’elle n’a été respectée qu’aux deux tiers. Seuls l’AMP et le PALU ont présenté une liste unique, l’UDEMO ayant préféré faire route à part. Il s’agit là d’une attitude légitime mais à ne pas sous-estimer.

Quant aux troisième et quatrième conditions, je me dois de m’imposer une certaine halte, tant il s’agit bel et bien du propos de ce jour. Certes, l’AMP a gagné. Une victoire de la raison, écrivais-je dans ma précédente réflexion. Il aurait été irraisonnable qu’une majorité au pouvoir, contrôlant les ¾ de l’Assemblée nationale ne puisse rafler la mise.

Ainsi, mes pronostics n’ont pas été démentis. Mais faudra-t-il pour cela verser dans la naïveté et dire que la « mission est accomplie » ? Je réponds par la négative.

Cette victoire, si je puis me permettre de le souligner, est celle de Joseph Kabila, autorité morale de l’AMP et président de la République. Son rappel de troupe le mercredi 16 avril, dans sa ferme privée à Kingakati, a été déterminant à l’élection, au premier tour, du Professeur Boshab au perchoir de l’Assemblée nationale.

Le président de la République, autorité morale de l’AMP, a eu ce réflexe nécessaire, tenu un discours pathétique et convaincant qui a touché à la corde sensible, réveillé la responsabilité d’appartenir à une même famille politique.

En cet instant précis, il me revient à l’esprit l’interview que le président de la République a accordée à un journal américain, New York Times, pour le citer. Le chef de l’Etat se plaignait, passez-moi le terme, de l’absence, autour de lui, d’un noyau de collaborateurs honnêtes et sincères, engagés avec conviction pour l’accompagner dans sa lourde tâche.

Le président de la République posait là un problème réel : celui des ressources humaines. Il s’agit de la carence d’un brain trust compétent et expérimenté.

Puis-je me permettre de m’interroger si dans le bureau qui vient d’être élu pour accompagner le président de l’Assemblée nationale, existent ces personnalités engagées, voire mûres politiquement pour rencontrer les préoccupations de l’autorité morale de l’AMP ? Des personnalités à même de s’inscrire dans la dynamique du président de la République pour gagner les défis des 5 chantiers de la République ? Je crois qu’elles répondent à ces critères pour avoir mérité de la confiance du président de la République.

Bénéficiant de ce quitus, le Bureau de l’Assemblée nationale doit s’inscrire dans le schéma de la reconstruction nationale. Pour ce faire, il ne doit pas devenir la caisse de résonance du gouvernement ni des béni oui-oui de la présidence de la République ou d’autres forces centrifuges qui oeuvrent dans l’ombre. Car il ne s’agit pas seulement d’un changement d’hommes. Il doit être d’un changement des politiques et des méthodes de travail. C’est sur ce plan que sont attendus le professeur Evariste Boshab et son équipe.

Par Modeste MUTINGA 

© Copyright Le Potentiel 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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