Le samaritain de Kinshasa

29 mai 2009

Au fil des jours

 

 Comment est-il possible qu’ une chose pareille arrive encore aujourd’hui ? 

par le P. Marcello Storgato, xavérien 

 

 

Je remercie p. Rino Benzoni pour m’avoir fait parvenir  le témoignage de Simon Koroma, un jeune du Sierra Leone qui se  trouve dans la maison du noviciat xavérien de  Kinshasa, au  Congo.

 

 

Le jeune Simon  avait  su du tremblement de terre dans la région italienne des  Abruzzi (Italie)  et il avait voulu manifester toute  sa solidarité pour les victimes et pour la population frappée par le séisme. 

 

Ensuite il raconte  l’expérience vécue le jeudi saint passé, le  9 avril 2009. 

 

 » C’est la toute  première fois qui m’arrive une chose pareille : un pauvre papa abandonné est mort dans mes bras par faim et soif. Le matin  de jeudi saint, mon maitre p. Mario m’a envoyé à porter un don aux enfants et aux vieux abandonnés et infirmes, auxquels je dédie un peu de mon temps  et d’attention le samedi et le dimanche. 

 

Sur le chemin ver la maison, peu après 12 heures, j’ai croisé un homme évanoui, à terre et agonisant sous la l’immense chaleur. Je me suis vite hâté en cherchant de faire quelque chose. Je me suis tourné vers des ouvriers qui travaillaient sur la route, voisins à cet  homme mourant: mais rien à faire. J’ai pensé d’appeler la police ; mais elle était  engagée à extorquer de l’argent à des chauffeurs sur la grande route, les policiers  m’avaient dit qu’ils n’avaient pas de  temps pour le pauvre homme. J’ai alors cherché quelqu’un des tants d’organisations internationales qui sont présentes sur le territoire de Kinshasa. J’ai vu arriver une voiture de médecins de l’Onu : je les ai arrêtés et j’ai expliqué ce que c’était passé. Malheureusement ils m’avaient dit qu’ils n’avaient pas  de moyens avec eux  et ils ont continué pour leur route. Ils auraient au moins pu prendre l’homme et l’amener au centre de médical plus proche… 

 

À la fin, merci à
la Providence, j’ai vu passer mon maitre, qui rentrait lui aussi à maison. Je suis couru à sa rencontre et
 je l’ai arrêté tout en lui expliquant ce qui était arrivé. Nous avons chargé cet homme sur la voiture et nous l’avons transporté au service médical de
la Croix rouge. Mais au long de ce court chemin,  le pauvre est mort dans mes bras, après avoir pu boire à petits coups de l’eau fraiche. J’ai cherché alors dans ses poches, pour pouvoir chercher ses identités. Mai j’ai trouvé  seulement un petit livre de prières et le numéro de téléphone de son fils, qui  l’avait abandonné. 

 

Je me demande : comment peut-il être qu’ici encore  on peur  mourir de faim et de soif? Peut-être il y a un  manque d’engagement de la part des gouvernantes, des politiciens, des organisations humanitaires. 

 

C’est une souffrance qui afflige pas seulement les pauvres, les détenus, les enfants abandonnés et les âgés, mais aussi les jeunes et les adultes diplômés et avec  un travail. À Kinshasa la foi chrétienne a une forte influence, mais je me rends compte qu’ici, à Kinshasa il a même tant de douleur. Ils m’ont frappé les mots de mon maitre qui m’avait dit : « Si tu n’avait pas eu le courage de t’arrêter, soit aussi pour une tentative extrême, tu aurais été comme le prêtre de la parabole évangélique». La même chose aurait été pour moi, si j’avais ignoré ce frère mourant sur la route. Que le Seigneur ressuscité l’accueille dans son règne de miséricorde » (Simon Koroma) 

 

Le récit du jeune africain Simon, qui se prépare à devenir mon confère missionnaire, me rempli d’une profonde émotion. Moi aussi chaque jour, je me pose cette même question : Comment est-il possible qu’on meure de faim et de soif ? Qu’on meure sur des routes et sur les chemins de nos mers ? Qu’on repousse  » les désespères » de ces bateaux-charrettes de la mer,  sans même leur demander le nom, sans regarder leurs faces, et écouter leurs raisons ? 

 

Je sens dire que tout cela est possible,   et  que cela  est fait pour pouvoir gagner quelque vote en plus. Mais serait-il vraiment un  » gagne »? 

 

Et à la fin, « que sert  à un homme (ou parti)  de gagner le monde entier…  s’il perd »  toute son humanité ? 

 

Le vrai samaritain  n’a pas de peur : il voit, il s’approche, il s’arrête auprès de chaque frère qui a du mal à vivre pour faim et soif, et pour manque de amour. 

 

Encore plus en  ce temps de crise, et… d’élections ! 

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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