Un avion d’Air France disparu sans laisser traces?

2 juin 2009

Actualités

 REUTERS/HO/Airbus Industries

 Si plusieurs experts s’accordent à dire que la foudre a pu être l’élément déclencheur du crash de l’Airbus d’Air France, ils estiment peu probable qu’elle ait pu faire exploser l’avion. Même si les balises de détresse n’ont pas eu le temps d’émettre.

La zone traversée par l’avion d’Air France, disparu lundi entre Rio de Janeiro et Paris, est connue par les pilotes pour ses turbulences violentes qui, associées au foudroiement, pourraient expliquer l’accident, parmi la multitude des causes possibles, selon des experts.

« L’appareil se trouvait dans la zone de convergence intertropicale qui est connue pour ses fortes turbulences et ses orages violents. Les pilotes qui assurent la liaison entre l’Amérique du Sud et l’Europe ou l’Afrique du Sud et l’Europe le savent », a indiqué à l’AFP Robert Galant, expert aéronautique et enquêteur indépendant pour les accidents d’avions.

« Dans cette zone, les nuages montent très haut. Les avions sont équipés de radars météorologiques qui permettent de voir les zones de turbulences les plus actives et de les contourner. Il arrive de faire de grand détour pour les éviter », a-t-il expliqué.

Selon Air France, l’appareil disparu était entré dans une zone orageuse avec de fortes perturbations et aurait été vraisemblablement foudroyé. « Est-ce la cause de l’accident, on n’en sait encore rien », a remarqué M. Galan.

Le rôle de la foudre

La zone dans laquelle était l’A330 d’Air France n’est pas couverte par les radars, ce qui explique l’absence de localisation précise de l’avion. « Les radars couvrent toutes les zones habitées. Mais en plein milieu de l’océan, il n’y a plus de couverture radar », a expliqué M. Galan.

Pour compenser ces zones de non visibilité radar, les pilotes doivent communiquer tous les quarts d’heure avec les systèmes de contrôle par radio. Ce qui était le cas pour celui d’Air France.

La foudre et les turbulences ont pu provoquer des dysfonctionnements mais elles n’entraînent pas systématiquement des accidents, relèvent tous les experts interrogés.

« Un foudroiement est toujours possible, cela arrive relativement fréquemment », a remarqué pour l’AFP Yves Deshayes, du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL).

« La foudre peut avoir une conséquence mécanique, elle peut perforer l’appareil, mais normalement il peut continuer à voler. Elle peut aussi endommager le système électrique, se répercutant sur l’électronique de l’avion, ce qui est plus néfaste », a observé Vincent Favé, expert auprès des tribunaux pour les accidents d’avions, dans un entretien à l’AFP.

« Dans un avion, tout est métallisé, quand la foudre atteint l’avion elle s’évacue via le fuselage. Par contre il peut arriver après un foudroiement qu’il y ait des dégâts sur un certain nombre de systèmes, en particulier sur des systèmes de communication, de navigation », a expliqué M. Deshayes.

« Mais dans un avion les systèmes sont doublés, triplés voire plus, donc un foudroiement qui mette en jeu la sécurité du vol et l’état même de l’appareil, c’est extrêmement rare », a-t-il ajouté. Et de renchérir: « Ca peut expliquer qu’il n’y ait pas eu de contact radio, puisqu’un foudroiement touche en premier les choses électroniques, mais c’est tout. De là à dire que cela explique la perte totale de l’avion, c’est prématuré ».

« Il ne faut pas s’imaginer la foudre qui tombe sur l’avion et le fait exploser. Ca va induire un certain nombre de pannes, plus ou moins graves, mais à ma connaissance on n’a pas d’exemple d’avions qui ont explosé par un foudroiement », a-t-il insisté.

Les balises de détresse de l’Airbus A330 d’Air France,

disparu lundi sur le vol Rio-Paris « n’ont émis aucun signal » a indiqué un responsable du centre national d’études spatiales (CNES), exploitant du centre français de réception du système international Cospas-Sarsat.

« Aucune émission des trois balises qui équipent les A330 d’Air France n’a été captée par l’un des satellites et répercuté vers l’un des 24 centres de contrôle dans le monde qui constituent le système d’alerte aérien et maritime », a déclaré Philippe Hazane sous-directeur adjoint du CNES à Toulouse.

Ces balises, fixées dans tous les avions de transport, se déclenchent en situation de détresse, en cas de trajectoire particulièrement dangereuse ou au moment d’un crash, mais leurs émissions ne peuvent être perçues du fond de l’océan, a précisé le responsable du CNES.

« Si aucune émission n’a été perçue cela tendrait à prouver qu’elles ont été détruites avant de pouvoir émettre, donc que la catastrophe a été très rapide » a estimé M. Hazane.

Air France a connu une quinzaine d’accidents depuis les années 1960. Rappel des principaux.

6 mars 1962: un Boeing 707 d’Air France rate son décollage d’Orly et explose à Villeneuve-le-Roi (Essonne), faisant 130 morts.

11 septembre 1968: une Caravelle d’Air France reliant Ajaccio à Nice s’abîme en mer au large d’Antibes, tuant ses 95 occupants.

4 décembre 1969 : le vol 212 Air France s’abîme en mer peu après son décollage de Caracas (Venezuela) pour Pointe-à-Pitre. Les 62 occupants du Boeing 707 périssent dans l’accident.

27 octobre 1972: un Vickers Viscount d’Air Inter, reliant Lyon à Clermont-Ferrand, s’écrase sur le pic Picot, à Noirétable (Loire). L’accident fait 60 morts.

26 juin 1988: un A 320 d’Air France qui effectuait un vol de démonstration se crashe à proximité de l’aérodrome d’Habsheim (Alsace) faisant trois morts.

20 janvier 1992: le vol Paris-Strasbourg d’Air Inter s’écrase sur un flanc de montagne à proximité du mont Sainte-Odile. 87 passagers sont tués.

13 sept 1993: un Boeing 747 400 d’Air France manque son atterrissage à Papeete et finit dans le lagon. Trois blessés.

25 juillet 2000: le Concorde 4590 d’Air France à destination de New York s’écrase sur un hôtel à Gonesse une minute et vingt-huit secondes après son décollage. 100 passagers, 9 membres d’équipage et 4 personnes au sol qui se trouvaient dans l’hôtel sont tués.

2 août 2005: un A340 d’Air France, en provenance de Paris, atterrit en catastrophe sur une piste de l’aéroport de Toronto, au Canada, termine sa course dans un fossé et prend feu. Ses 297 passagers ont miraculeusement pu être évacués sains et saufs.

30 janvier 2007 : accident d’un Fokker 100 de Régional (groupe Air France) qui effectuait le vol AF7775 entre Pau (Pyrénées-Atlantiques) et Roissy-Charles-de-Gaulle provoquant la mort d’un conducteur de camion heurté par l’avion sur la route adjacente à l’aérodrome de Pau-Pyrénées.

27 novembre 2007 : un des deux moteurs du Boeing 777-300 d’Air France reliant Pékin à Paris lache. Atterrissage d’urgence à Saint Pétersbourg et grosse frayeur pour les 300 passagers.

1er juin 2009 : un Airbus d’Air France en provenance de Rio et à destination de Paris disparaît des écrans radar. Il transportait 216 passagers et 12 membres d’équipage.

Source; http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/les-precedents-accidents-d-air-france_764245.html

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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