Par Le Potentiel
Le décès du président de la République du Gabon, Albert-Bernard Bongo, alias El Hadj Omar Bongo, relance la sempiternelle question de « la maladie » des chefs d’Etat africains. Sa maladie a été entourée de mystère jusqu’à sa mort, en passant par son hospitalisation à Barcelone, toujours tenue secrète.
Même l’annonce de sa mort a semé de la confusion. Le peuple gabonais ne saura jamais de quoi est mort son président, si ce n’est que ce qui est contenu dans un communiqué transmis à la presse par le Premier ministre gabonais. Lui aussi a donné l’impression de ne pas maîtriser la situation.
Bien avant le président Bongo, le décès d’autres illustres chefs d’Etat africains a été entouré d’un mystère du même genre. Houari Boumédienne, alors président de l’Algérie est mort en 1974, après avoir été transporté en urgence à Moscou. Le peuple algérien n’a pas su de quoi il souffrait exactement.
Le camarade Agostinho Neto de l’Angola a connu également le même sort. Transporté en urgence dans la capitale russe, Moscou, il mourut en 1979. Le peuple angolais a été tenu à l’écart de sa maladie.
Plus près de chez nous, le Maréchal Mobutu Sese Seko a été fortement marqué par sa maladie. Mais jamais, il n’y a eu un bulletin de santé pour faire allusion de la gravité de son état de santé afin que le peuple zaïrois soit informé de la maladie de son président. Ce n’est que plus tard, à sa mort au mois de septembre 1997 à Rabat, très marqué par sa défaite politique, que l’on a su qu’il était soumis à un traitement rigoureux de prostate. Dans un cas comme dans un autre, les peuples des chefs d’Etat concernés sont demeurés dans l’ignorance totale. Ils sont informés par des canaux étrangers, toujours au parfum. Au plan interne, chut : « secret d’Etat ». Entre-temps, motus et bouche cousue. Ridicule !
Plus grave, malgré leur maladie, ces dirigeants africains ont toujours refusé de lâcher les brides. Ils ont « gouverné jusqu’à ce que mort s’ensuive ». Comme s’ils voulaient tout simplement laissé un message du genre : « après moi, c’est le déluge ». Hormis le cas de Habib Bourguiba de la Tunisie, forcé de rendre le tablier devant son incapacité physique manifeste.
Cette résistance engendre un autre problème : celui de la succession. Le Gabon risque de connaître une période de flottement si jamais les dispositions constitutionnelles ne sont pas respectées. Et pourtant, ce problème ne devrait jamais se poser si l’on sortait du cadre des institutions « personnalisées ». Tout le problème des pays africains se situe à ce niveau. C’est-à-dire, le drame de disposer des constitutions sur mesure et de ne pas posséder des institutions nationales « dépersonnalisées ».
Le travail « révolutionnaire » à faire en profondeur se situe à ce niveau pour un véritable changement de mentalité afin que les « maladies » des chefs d’Etat africains ne soient pas une question tabou. A ce moment, le problème de la succession au sommet de l’Etat ne se poserait pas et se règlerait selon les dispositions constitutionnelles afin de mieux assurer la continuité de l’Etat.










10 juin 2009
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