Les quinze collaborateurs compétents que recherche le président de la République sont-ils dans sa cour ?

10 juin 2009

Actualités

 Serait-ce un casse-tête chinois pour le Chef de l’Etat de dénicher, alors qu’il semble en éprouver toutes les peines, la quinzaine de collaborateurs qu’il juge sûrs à l’épauler dans les lourdes tâches de conduire actuellement la reconstruction du pays ?

On le sait: le régime actuel c’est du 1+4 light qui pèse comme une chape de plomb sur le Président. Et si les partis avaient la main moins lourde ? Selon toutes les projections et dans la situation politique présente, Joseph Kabi­la Kabange sera réélu en 2011 cela ne fait l’om­bre d’aucun doute.

D’une part. D’autre part, la majorité actuelle à la Chambre basse restera acquise à sa personne jusqu’à la fin de la légis­lature même si elle sera jour après jour plus resserrée. Il y aura donc toujours entre 270 et 280 Députés pour voter les lois essentielles, cela va sans dire. Pour s’assurer une vic­toire confortable, le Chef de l’Etat doit se choisir ses hommes. Dans deux interviewes au « New York Ti­mes » et au « Soir » de Bruxelles qui ont fait grand effet dans les chan­celleries, le président s’est plaint de ne pas disposer d’hommes pour redresser le pays. « Si j’avais quinze personnes, le travail de transfor­mation du pays serait plus facilité. Je vais chercher les 15 personnes qu’il me faut et les mettre à la bonne place d’ici fin juin », promet­-il au « Soir » lors d’une interview à Matadi.

Le Président en a dit en­core plus: « Pour choisir quelqu’un, il faut avoir une bonne connaissance de la personne. Et pour avoir cette connaissance, il faut travailler avec cette personne. Je ne peux pas chan­ger mes conseillers tous les trois mois ». Décryptons: le Président recherche du personnel politique à lui, pour relever les défis de la reconstruction. Or, si le 1+4 n’est plus, la plupart de ceux qui forment l’équipe gouvernementale sont des chefs de partis ou des personnes dé­signées par ceux-ci. Or, c’est Kabila et Kabila seul qui a été élu par le peuple. A l’heure du bilan, c’est lui et lui seul qui sera jugé par le peu­ple… Les choses sont plus claires.

Quinze cerveaux recherchés : Kabila dégoûté sonne la fin de la récréation….

Il y a très clairement problème… Puis – c’est le Chef de l’Etat qui se confie à la même journaliste du « Soir » – d’annoncer les changements. A l’époque – devant des vétérans du PPRD – il avait parlé de « chambardements ». Le Président parle des « changements » qu’il « compte opérer d’ici le mois de juin ». Le but de ces « changements »? dénicher ces personnes des. Il le dit: « Je vais chercher les 15 personnes qu’il me faut et les mettre à la bonne place ». Puisqu’il ne peut plus reculer. « Moi, en tout cas, je ne peux plus reculer… Je ne peux qu’avancer ».

Depuis son avènement au pouvoir en 2001 qu’il n’avait pas prévu, le Président n’a jamais, stricto sensu, eu ses hommes à lui pour gouverner le pays. D’un jour à l’autre, à la suite de l’assassinat de son père, le fils s’est vu propulser à la haute charge de l’Etat. La guerre fait alors rage dans le pays occupé dans sa partie orientale. En catastrophe, le fils prend les commandes du pays avec des équipes héritées d’un père dont la nature, le tempérament, la conception du pouvoir, la vision, etc., sont – c’est une lapalissade -loin de ressembler à l’idée que le fils se fait et cela ne tarde pas à se vérifier.

S’il réussit, peu à peu, à reprendre la main, ce n’est pas sans dommages.  Autant dire tout sauf la sérénité et la cohésion susceptibles d’engendrer la confiance nécessaire à la réalisation d’actions attendues par le Peuple. On connaît la suite: les contradictions, la haine, la guerre en pleine ville-capitale de Kinshasa… Les élections auraient pu clairement départager les protagonistes. Dans un contexte de démocratie naissante, le législateur a voulu voir grand, trop vite: il a instauré un mode de scrutin dit de proportionnelle intégrale où des partis politiques sans influence s’arrogent le droit de siéger à la Chambre basse en y déléguant des Députés sur qui ils n’ont aucune emprise ou qui sont élus du seul fait de figurer sur une liste d’un gourou sans brandir un début de mérite personnel.

C’est cette même foire qui a lieu lors de la formation des Exécutifs. Là où on attendait la compétence avérée – les cerveaux, les hommes d’exception, les vrais techniciens susceptibles de relever le défi de la reconstruction nationale – le clientélisme bat son plein. De là, tout s’explique… La proportionnelle instaure un régime républicain parlementaire strict de type italien ou israélien avec des majorités qui ne peuvent être que le résultat de savantes coalitions.

Cela annonce des compromis si l’on veut mettre en place un gouvernement, espérer mettre en oeuvre un programme de gouvernement et assurer la pérennité de celui-ci. Le moins que l’on puisse dire est que ce n’est pas chose facile.

Quand la France se singularise par une certaine stabilité, l’Italie qui en est à la IVème République, a vu en vingt ans, douze gouvernements se succéder. Au milieu de la semaine, un texte paru dans un tabloïd kinois fait état du chantage dont le Chef de l’Etat ferait l’objet au sein de sa propre majorité. L’éternel problème… La question pour la Majorité présidentielle est son absence avérée de cohérence.

Le tandem

Au fond, le problème n’est pas de savoir Si le Pouvoir détient le Pouvoir. En clair si le Pouvoir dispose de la majorité nécessaire pour gouverner et voter les lois essentielles. Il faudra certes au Pouvoir tenir sa majorité à bride, mieux la ressembler pour mieux la mobiliser. La Majorité présidentielle aura toujours en effet entre 270 et 280 Députés loyaux pour approuver l’action gouvernementale. La question est plutôt de savoir si cette majorité au sens où elle fonctionne présentement est susceptible de conduire à la transformation sociale dont le pays et le peuple ont besoin et que le Président veut réaliser. Parmi les promesses de campagne, Joseph Kabila Kabange a annoncé précisément la transformation de la société r-dcongolaise. Au lendemain de son élection, il a reprécisé ces promesses connues sous le vocable de cinq chantiers…

On peut rêver: ces cinq chantiers  visent  à faire de la Rdc une sorte d’Emirat Arabe, un Dubaï. Rien en effet ne manque à ce pays de cocagne, qui a tout- sol, sous-sol, population, volume, etc.-pour franchir le pas. S’il y a quelque chose qui manque, c’est la cohérence pour impulser une vision commune. La question qui se pose  se pose donc au niveau de la classe politique dirigeante. En clair, Joseph Kabila Kabange a-t­-il du personnel politique à lui, sur qui il exercerait une réelle emprise ou fait-il face à un conglomérat de chefs des partis politiques chacun ayant ses préoccupations propres, son âme propre, son identité propre, donnant le sentiment d’être un maillon de la chaîne quand chacun a les yeux braqués ailleurs et constitue un élément bloquant ?

Il est vrai qu’hier, le Président avait su mettre en place un tandem, sorte de locomotive du kabilisme­ joséphisme, sur qui il avait entière confiance.

Ce tandem Augustin Katumba Mwamba-Guillaume Samba Kaputo avait fonctionné à merveille depuis les négociations de Sun City. Gouverneur du Katanga nommé par Kabila Père, Augustin Katumba Mwanke avait rejoint Kinshasa dans le déchirement avec celui qui allait prendre les commandes de l’Etat. Ayant fait ses classes sous Mobutu qui en fit le tout jeune gouverneur ou vice-gouverneur de province (province Orientale, Bandundu, Bas-Congo), puis vice-ministre à divers ministères, le Prof. Samba Kaputo, un ancien de Makanda Kabobi où il fut directeur de cabinet d’Alphonse Kangafu Vingi Kudumbagana avait tout pour réussir dans ce tandem formé avec l’ancien directeur de banque d’Afrique du Sud, l’ingénieur mécanicien Katumba Mwanke, lui aussi ancien de la territoriale recommandé auprès du « Mzee » par un ancien ministre des Finances Mawapanga Mwana Nanga au cas où il recherchait un homme de confiance pour prendre la tête de la riche province minière du Katanga.

Le même Mawapanga avait auparavant recommandé l’ingénieur à son successeur Fernand Tala-Ngai au ministère des Finances et du Budget. Le tandem avait vocation et avait reçu mission de faire germer une génération Joseph Kabila, constituée de vrais cerveaux, hommes des sur qui le régime reposerait.

Mais « le Prof » a trop vite et trop tôt quitté la terre laissant l’ingénieur désemparé au moment où le kabilisme-josé phisme avait grand besoin de se renforcer. Ceux qui ont rencontré Augustin Katumba Mwanke au lendemain de cette perte et qui évoquent aujourd’hui encore cette perte témoignent du dépit qu’il ressent des pratiques politiques dans notre pays.

L’accélération

Il n’a pas oublié que s’il fut cité fin 2002 par le rapport Kassem- du nom de ce fonctionnaire onusien égyptien – c’est suite à des dénonciations calomnieuses d’anciens gestionnaires d’entreprises ­d’Etat mis à l’index pour mauvaise gestion et désireux de régler de vieux petits comptes.

A l’heure du bilan, bien de chantiers demandent à être ouverts et ce n’est pas à tout le monde que le peuple demandera pourquoi l’eau ne coule pas à Kinshasa quand le majestueux fleuve est tout proche, pourquoi les rues, avenues et boulevards de la Capitale restent des ténèbres quand le barrage d’Inga est à un jet de pierre.

Les grands chantiers d’infrastructure doivent certainement voir le jour notamment cendre la mobilité à nos Concitoyens par la construction des routes. Mais s’il y a une priorité à tout, elle est celle qui permettrait de faire couler à gogo l’enjeu dans nos maisons et rendrait nos nuits moins ténébreuses.

Si le Président de la République parcourt désormais le pays dans tous les sens, c’est qu’il recherche des solutions pour son peuple quand des scandales de gestion de l’Etat donnent de la nausée au peuple. Quand le peuple croupit dans la misère et que les routes se dégradent à vue d’oeil, on assiste dans le pays à la constitution d’empires financiers.

On comprend pourquoi le fameux point d’achèvement apparaît comme un vue de l’esprit pour notre pays, un mirage derrière lequel on court en croyant l’apercevoir, mais qui disparaît chaque fois que l’on croit s’en approcher. Le temps est vraiment venu pour Kabila de reprendre la main. Lui seul est mis face à l’obligation de résultat. Lui seul a été élu par le Peuple de R-dC tout entier à qui il doit donc rendre compte. Trois années de gestion de l’Etat confisquée par les partis politiques, le bilan est déplorable sur toute la ligne.

Cette expérience qui refuse toute liberté et toute décision au Président de la République sous prétexte d’accords politiques pré-électoraux a peut-être désormais vécu; elle doit en tout cas s’arrêter; elle ne saurait, dans tous les cas, se poursuivre sans casser la machine.

Il est en même temps grand temps qu’on réfléchisse fondamentalement sur le mode électoral le mieux adapté aux réalités propres du pays donnerait plus de chance à des regroupements politiques plus représentatifs et plus stables et non une proportionnelle qui a certes pour elle l’avantage d’assurer une meilleure représentativité du peuple mais qui a le désavantage de rendre trop faibles les gouvernements.

(DN/Th/GW/Yes) KKMU/Le Soft

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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