Démocraticides, les médias ?

23 juin 2009

Billet du jour

Par  Ben-Clet (Le Potentiel)

Jugement sans appel. Les médias de la RDC sont pourvus les uns de gènes démocraticides et les autres de gènes infantilisants. C’est le comble pour le peuple.

Il s’agit du peuple congolais en pleine maturation démocratique ; un peuple suffisamment politisé qui ne rate plus aucune occasion, à voix parfois étouffée, d’exprimer sa colère contre la traîtrise des «médias de la honte».

C’est-à-dire des médias qui dorlotent toute la faune des puissants (politiques, économiques, religieux, etc.). Des médias qui ont décidé de manipuler, dans l’intérêt exclusif de leurs sponsors, la conscience d’honnêtes citoyens.

Pourquoi ces médias ostensiblement libérés de la pensée unique et inique «M-P-Rienne» – autrement dit mobutiste – à la date historique du 24 avril 1990, pourquoi ces médias prennent-ils le plaisir d’étouffer, à leur tour, la libre expression démocratique et ce, une décennie après feu le «dictateur» Joseph Désiré Mobutu ?

Et pourtant, ces médias ont, cette année-là, acquis leur indépendance et testé leur autonomie. A l’instar de tous les ex-Zaïrois, constitutionnellement déclarés militants du Parti-Etat. Idée que traduisait si bien la devise «Olinga, olinga té» (Que tu le veuilles ou non), tu es fiché militant du Parti-Etat, à partir du moment où tu acquiers le statut de fœtus dans le ventre de ta mère !

Dommage ! L’histoire se répète en mal dans ce pays. Globalement, les médias congolais, 19 ans après la solennelle ouverture démocratique, souffrent de démocrature et d’infantilisme.

Ils ont sournoisement développé ces deux terribles pathologies, alors que se sont ancrés parallèlement, 19 ans déjà, sur l’ensemble du territoire national, l’idéal et le vécu démocratiques.

«Démocrature» : une institution locale d’enseignement vient d’affirmer, le 18 avril 2009, qu’écrite ou audiovisuelle, la presse congolaise ne remplit pas correctement son rôle d’éducatrice des masses ou de défenderesse de la démocratie.

«Infantilisme» : depuis que le paysage médiatique est dominé en RDC par l’audiovisuel (de misère), la société subit l’hymne à la dépravation des mœurs chez les jeunes, boostée par le catch américain, des films nigérians et tanzaniens faisant l’apologie du fétichisme et de la sorcellerie, de la pub alcoolisante, du «binzambe-zambisme», des byzantinismes entre musiciens locaux.

Mais que font les pouvoirs publics ? Rien sinon se mobiliser pour la cueillette des taxes destinées aux plus habiles des dirigeants. All right but caution !

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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