EN QUEL PAYS VEUT-ON POUSSER LES HUTU A RENTRER ?

27 juin 2009

Au fil des jours

 Une partie du peuple rwandais, quinze ans après les massacres de 1994, et dix-neuf après le début de la guerre, n’a pas encore de place dans son pays ainsi que dans les projets des grands de la terre. En janvier-février 2009, au Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo, l’opération « Umoja wetu » a vu l’armée rwandaise (RDF) et l’armée congolaise (FARDC) s’unir pour « traquer » les Hutu rwandais installés dans l’Est de la RDCongo et organisés dans les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) et les contraindre à rentrer désarmés au Rwanda. Maintenant c’est la traque au Sud-Kivu qui a commencé, dans le cadre de l’opération « Kimya II », pour ce peuple qui attend de rentrer chez lui dans la dignité et la tranquillité. Et la population congolaise paie encore une fois les frais d’une situation dont la solution n’est pas militaire, mais politique. Voici le témoignage et la réflexion d’un citoyen rwandais.

EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

Après « Umoja wetu » au Nord-Kivu, « Kimya II, au Sud-Kivu

Au Nord-Kivu, lors de l’opération appelée « Umoja wetu » (Notre union), déclenchée le 20 janvier 2009 et qui a pris fin officiellement le 25 février, il n’y a pas eu de combats entre les FDLR et la coalition rwando-congolaise. Les FDLR n’ont fait que des embuscades pour retarder l’avancée de la coalition et n’ont combattu qu’une fois, en février, à Katoyi, dans le territoire de Masisi, quand ils furent encerclés. Alors il y eut beaucoup de morts et de blessés du côté des troupes rwandaises et très peu du coté des FDLR. Alors que les autorités ont déclaré que l’opération Umoja wetu a eu un succès de 80%, les FDLR sont toujours là, seulement ils se sont déplacés plus à l’intérieur dans la forêt et ils se sont divisés par groupes. Peu d’eux sont rentrés au pays.

Et maintenant préparée par l’arrivée de troupes nombreuses, une opération analogue, appelée « Kimya II » (Silence), est déclenchée au Sud-Kivu. Officiellement, elle n’est réalisée que par les FARDC avec l’appui logistique de la MONUC1, mais les populations sont depuis longtemps inquiètes de voir dans ces troupes une forte présence rwandaise, fraichement arrivée, et donc autre que les troupes du CNDP. Quant aux FDLR, ils sont décidés à se battre, s’ils sont attaqués, mais ils déclarent aux FARDC : « Nous avons marié vos sœurs, comment pouvez-vous attaquer vos beaux-frères, vos sœurs, vos neveux ? Nous avons été appelés de nos pays d’asile2 par Laurent Désiré Kabila, nous avons combattu avec vous contre les forces philo-rwandaises du RCD, nous avons même sauvé votre actuel Président des mains du FPR3 à Pweto, comment se fait-il que maintenant vous nous considérez vos ennemis ?

Bien avant le début de cette deuxième opération, la population a commencé à souffrir des exactions des militaires FARDC, ainsi que d’incendie de villages, de viols, et même de massacres que la voix officielle attribue régulièrement aux FDLR, alors que, pour certains cas au moins, les témoignages disent autrement4. Il y a les FARDC mal payés, il y a des gens corrompus par le régime de Kigali, il y a des RDF infiltrés, des groupes de bandits… leur méfaits permettent de continuer à salir les FDLR, pour que l’opération bénéficie de l’appui de la Communauté internationale5. Concernant les vols, il faut considérer que les réfugiés rwandais cultivaient, faisaient de l’élevage et vendaient leurs produits aux marchés ; contraints à fuir, ils sont restés sans moyens de survie.

Des opérations aux buts cachés

Est-ce possible que les Rwandais auteurs des massacres de Congolais à Kasika, Makobola, Katogota pendant la guerre de 1998, puissent maintenant leur apporter la paix6 ? Rappelle-t-on que le 6 novembre 2008, plus de quatre cent congolais de 14 à 40 ans ont été massacrés par l’armée rwandaise de Laurent Nkunda à Kiwanja, au Nord-Kivu ?

Ces opérations dans l’Est de la RDCongo ont des buts cachés que les Congolais découvriront par après. Sous prétexte d’« Umoja wetu », beaucoup de militaires rwandais sont entrées au Congo7 ; or, seulement un nombre très réduit a regagné son pays, tandis que les autres se sont mélangés au CNDP et ont intégré les FARDC8. Des témoins signalent à Bukavu plusieurs entrées nocturnes, par la frontière ou à travers le lac, de militaires rwandais, qui par après prennent la direction de la forêt9.

L’année dernière, le Président Kagamé, en s’adressant à tous les jeunes, Tutsi et Hutu, ayant raté leur diplôme cette année-là, leur a dit : « Ne vous découragez-pas, la fin de l’école n’est pas la fin de la vie ! Je vais vous donner du travail ». Ils ont été « invités »10 à s’enrôler et ont suivi une formation militaire donnée par des gens des USA. Ils sont déjà entrés au Congo : une partie, mélangée à la Garde présidentielle de Paul Kagame, s’est dirigée vers la forêt, une autre est restée à Bukavu. Leur mission : assassiner et endosser la faute aux FDLR. Ils parlent les langues du Kivu.

Ainsi se poursuit le dessein de renforcer la présence du Rwanda à l’intérieur des institutions congolaises, dans le but d’installer un pouvoir Hima11 au Congo. Comme certains Congolais se laissent corrompre, il est facile de leur faire la guerre. Ainsi, le projet d’annexer l’Est du Congo au Rwanda chemine-t-il vers sa réalisation.

AU RWANDA

Le sort des rapatriés

Les rapatriés « volontaires », suite aux opérations « Umoja wetu » et « Kimya II », sont surtout des femmes, des enfants, des vieillards, que le Haut Commissariat de l’ONU aux Réfugiés (HCR) transporte au Rwanda. Là, après avoir passé quelques jours dans un camp de transit, ils sont envoyés vers leur colline d’origine, munis d’un kit d’insertion12.

Lorsque ces personnes quittent le camp, les autorités du camp demandent par téléphone à des gens du FPR se trouvant sur la colline de destination des rapatriés s’ils acceptent leur arrivée. Si la réponse est négative, la police arrête ces personnes en route et les met en prison, en les accusant d’avoir participé au génocide. Certains rapatriés retrouvent leur champ ; et comme beaucoup de maisons ont disparu, la plupart d’eux ira habiter dans des maisonnettes que l’Etat a construites tout au long de la route.

Les femmes réfugiées rentrant au Rwanda en provenance du Congo sont poursuivies, car, dit-on, lorsqu’on tue un serpent, il faut tuer aussi ses petits13. Dans l’ex-Commune de Cyimbogo, les militaires ont faussement accusé et injustement emprisonné deux jeunes hommes, Niyibizi, fils de Rwanze Gushira, et Kazee, fils de Nyandwi14. A cette occasion, le responsable d’Ibuka15 a prononcé des paroles qui ont effrayé la population : « Dans le temps, les Tutsi ont dominé les Hutu, et jusqu’à présent il faut qu’il en soit ainsi ! ».

Quant aux combattants FDLR qui ont accepté de rentrer au pays, leur sort demeure incertain ; certains d’entre eux ont été emprisonnés. Les démobilisés du FPR et les démobilisé des FDLR ont des cartes différentes. Sur la carte de ces derniers il est écrit : « Il s’est séparé des rebelles ». C’est ainsi qu’il y a des retours au Congo de réfugiés rapatriés16.

Le gacaca continue

Dans les prisons rwandaises, les prisonniers sont entassés sans pitié17. Les prisonniers sont en train de périr en prison, depuis qu’on a suspendu l’assistance de leurs familles18. Les arrestations continuent. Le « gacaca », la juridiction populaire qui juge les Hutu accusés de génocide, déclare viser vérité et réconciliation, en réalité c’est une justice de vengeance des Tutsi contre les Hutu, qui s’exerce avec l’appui financier et moral de la Communauté internationale. Gacaca aurait dû se terminer fin 2007, mais il a continué, en s’occupant des accusations concernant les dégâts matériels. Après avoir dépouillé autant que possible les Hutu de leurs biens, les rescapés19 corrompus sont en train de casser les jugements, pour qu’ils soient emprisonnés à nouveau.

Ainsi, le gacaca reprend-il de plus belle. On cherche à juger de nouveau ceux qui ont été relâchés. En particulier, sont visés maintenant les fonctionnaires de l’ancien régime, qui jusqu’à présent étaient restés au pays sans être inquiétés, travaillant même pour le FPR. Au Rwanda toute personne qui réfléchit, qui peut partager avec d’autres ses réflexions devient un danger et on cherche à la mettre à l’écart20. Le président Kagamé sait bien que la majorité des personnes arrêtées au Rwanda sous accusation de participation au génocide sont innocentes  Pendant qu’on les emprisonne, les teneurs du pouvoir se protègent21.

Tout à fait récemment, Human Rights Watch a écrit une lettre au Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), installé à Arusha22, en Tanzanie, en lui demandant de s’occuper aussi des crimes commis par le FPR. Le Ministre rwandais de la Justice a réagi en disant que ce serait une tautologie, car les criminels du FPR, le Rwanda les a déjà jugés…

Se taire, mourir, ou devenir esclaves

Les personnes ayant des parents ou des enfants à l’étranger, particulièrement réfugiés au Congo, sont persécutées, en vue de contraindre leurs membres de famille exilés à rentrer au pays. Les hommes chargés de recenser ces familles, demandent aux « nyumbakumi » de leur signaler s’il y a des opposants parmi les dix familles dont ces derniers sont chargés. La liste des opposants est transmise aux militaires, qui la nuit passent à coté des maisons de ces personnes visées, en écoutant leurs discours ou leurs échanges au téléphone. S’ils découvrent qu’elles parlent de leurs parents exilés ou avec eux au téléphone, ils les arrêtent23. Celui qui sort de sa maison après 20h00 sera fortement battu.

Choisis par le Président d’Ibuka, les « Intore » ont comme tâche fondamentale celle de terroriser la population en vue des élections présidentielles de 201024, et, en espèce, de donner les noms des familles ayant des frères au Congo et de les surveiller. Ils doivent donner rapport journalier de tout ce qu’ils ont entendu derrière les portes. D’autres espions traversent le lac la nuit vers Bukavu pour capter des informations. Dans chaque cellule (qu’on appelle akagari), un homme, responsable d’un escadron de la mort, est chargé d’éliminer des opposants25.

Le 7 mai 2009 au secteur de Cyato, a eu lieu une réunion, dirigée par le premier responsable d’Ibuka, à laquelle n’ont participé que des Tutsi de père et de mère. Il y avait plus de deux cent personnes : les responsables d’Ibuka et les responsables des escadrons de la mort de chaque secteur. Ils ont tenu en synthèse ce discours26 : « Tous ces Hutu qui, selon vous, ont de mauvaises pensées, et ceux que vous voyez être forts, doivent avoir un dossier de participation au génocide et être arrêtés. Ceux qui ont des champs ou de l’argent, il faut les emprisonner rapidement, avant que les élections n’aient lieu. Nous arrêterons d’abord deux personnes par secteur, la semaine suivante nous en arrêterons quatre, après un mois, huit, et ainsi de suite, jusqu’à ce que tous soient arrêtés27. Ils doivent faire pour nous  des travaux, tels que aménager des terrasses pour cultiver nos collines, cultiver, construire nos maisons. Les Hutu sont forts ; si nous ne les emprisonnons pas, nous ne pourrons pas les faire travailler pour nous comme « Tigistes »28. Le gacaca doit donc recommencer, pour que ceux qui n’ont pas été emprisonnés, le soient, et que ceux qui ont été libérés puissent être à nouveau emprisonnés ».

Toute une population intimidée et appauvrie

L’intimidation règne dans le pays. Chacun a peur d’exprimer son avis sur la situation même avec son proche29. En ce même mois d’avril, lors d’une visite à Byumba, le président Kagame a déclaré que celui qui n’est pas à mesure de suivre ses instructions, n’a qu’à partir, et que celui qui détourne les biens publics sera emprisonné. Or c’est le groupe qui gère le pays qui s’enrichit outre mesure. Dans les écoles, au moment de la recréation, les élèves tutsi se retrouvent selon leurs “familles”, c’est-à-dire les élèves tutsi des classes supérieures. Leur chuchotement inquiète les élèves hutu. Des associations de nature ethnique ne vont pas dans le sens de la justice et la réconciliation30.

Bien que l’initiative généralisée de la « mutuelle de santé » garantisse désormais les soins primaires, l’écart entre riches et pauvres s’agrandit du jour au jour31. A Kigali les maisonnettes des Hutu, la population pauvre, ont été détruites pour faire place à des villas, et cette population a dû partir à l’intérieur avec un maigre dédommagement32. Aucun petit vendeur n’ose plus vendre aux bords des rues, et même beaucoup de petites boutiques ferment à cause des taxes trop élevées33. Les paysans sont obligés de couper leurs bananeraies, sous prétexte qu’elles causeraient la malnutrition ; alors que c’est par sa bananeraie que la famille trouve un peu d’argent liquide.

Même parmi les Tutsi, les Banyamulenge, les originaires du Burundi, ceux qui ont toujours vécu au pays, tous ceux qui n’appartiennent pas au groupe de pouvoir venu de l’Ouganda, sont de plus en plus marginalisés. Tout celui qui veut être droit est menacé et mis à l’écart.

Un régime qui jouit de l’appui international

Malgré cela, la Communauté internationale continue à utiliser deux poids et deux mesures et ne cesse d’appuyer le régime de Kigali34. Les signes sont nombreux.

- Ces années de guerre depuis le 1er octobre 1990 ont vu beaucoup de sang versé d’un côté et de l’autre : pourquoi identifier les uns aux victimes et les autres aux bourreaux, au lieu de promouvoir un processus de véritable reconstruction des faits dans la vérité et la justice, en vue de reconstruire ensemble le pays ?

- Pourquoi n’ont pas eu de suite les deux mandats d’arrêt lancés, l’un par le juge français Bruguière contre neuf cadres dirigeants du FPR35, et l’autre par le juge espagnol Merelles contre quarante officiers parmi les principaux collaborateurs de Paul Kagamé36 ?

- Alors que le FPR Inkotanyi a utilisé des enfants pour s’emparer du pouvoir au Rwanda, comment se fait-il qu’aucune institution internationale ne l’ait inquiété jusqu’à présent ?

- Pourquoi le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), censé enquêter tous les responsables du drame rwandais depuis octobre 1990 jusqu’à décembre 1994, ne vise que les Hutu ?37

- Pourquoi les USA ont-ils longtemps appuyé le rebelle philorwandais Laurent Nkunda, dont l’armée, en deux ans de guerre au Nord-Kivu, a fait beaucoup de morts et presque deux millions de déplacés ?38

- Depuis la publication, en décembre dernier, du rapport onusien sur l’agression du Rwanda au Congo à travers les forces de Nkunda, les Pays-Bas et la Suède avaient suspendu les aides budgétaires envers le Rwanda. Pourquoi les autres bailleurs de fond n’ont-ils pas voulu faire de même ?

- L’accord de décembre 2008 entre le président congolais Joseph Kabila et le président rwandais Paul Kagamé a fait à ce que Nkunda soit arrêté et que l’opération de la traque des FDLR commence en janvier 2009 au Nord-Kivu39. La Communauté internationale appuie cette opération et refuse d’écouter la voix des réfugiés hutu au Congo : on les « traque » : sont-ils tous des tueurs ? Quoi dire des enfants nés au Congo après l’exil, des jeunes qui étaient enfants en 1994, des femmes, des vieux et de tant d’adultes, qui ont été aussi victimes des malheureux événements rwandais ?

Conclusion

Il est incompréhensible qu’on veuille rapatrier les Hutu par force, alors que certains de ceux qui ont été rapatriés sont en train de rentrer au Congo. On ne peut pas forcer quelqu’un à rentrer chez lui : c’est un crime et l’histoire le prouvera. Les Hutu rwandais au Congo veulent rentrer chez eux, mais ils ne peuvent pas être forcés au retour, alors que leurs conditions de sécurité et de dignité au Rwanda ne sont pas assurées40.

Leur retour, que ces opérations de guerre au Nord et au Sud-Kivu déclarent viser, se réalisera non par la violence, qui est en train de faire de nouvelles victimes et de nouveaux déplacés, mais par un changement dans le pays. L’unique solution pour ramener la paix au Rwanda est que les représentants de tous les Rwandais se mettent à une même table pour parler de l’avenir de leur pays, comme d’autres peuples ont fait41, pour bâtir un pays où chacun se sente libre et protégé.

Que la Communauté internationale évite de soutenir la criminalité contre les Hutu partout dans le monde et surtout à l’Est de la RDCongo, en considérant que les Hutu aussi ont été créés par le même Dieu que les autres êtres humains et ont donc droit à la vie, droit de revendication, droit d’expression, droit à l’assistance de tout genre.

Que le Communauté internationale exerce une pression sur le gouvernement rwandais, afin que :

- se réalise un véritable dialogue interrwandais, en vue de bâtir le futur du pays dans la paix ;

- une amnistie générale soit accordée à tous les ex-FAR (l’armée du précédent régime) et même à tout le monde, pour que le peuple rwandais tout ensemble reconstruise le pays.

- un véritable multipartisme soit installé dans le pays, désormais à la veille des élections présidentielles de 2010, et qu’elles se passent dans la transparence et la liberté.

Fait dans la Région des Grands Lacs, le 10 juin 2009.

Mujyanama

1 La force ONU en République Démocratique du Congo.

2 Le gén. Sekatende nous a appelés du Centrafrique, de l’Angola, du Gabon, du Congo-Brazzaville.

3 Front Patriotique Rwandais, le parti-armée, composé en très grande majorité de Tutsi exilés, qui a abattu le régime d’Habyarimana et a pris le pouvoir au Rwanda le 17 juillet 1994.

4 Par ex., le massacre du 22 mai 2009 à Civanga, qui fit douze morts parmi les passagers d’un camion de commerçants, est à attribuer au 99% aux militaires du CNDP, l’ancien mouvement rebelle de Laurent Nkunda ; la voix officielle l’a attribué aux FDLR. Le 30 mai 2009 le Ministre congolais de l’Information a défendu aux journalistes de donner la parole aux FDLR.

5 Le mauvais comportement d’un certain nombre de militaires des FARDC a provoqué quelque part un rapprochement entre les FDLR et les Mayi-Mayi, les forces spontanées de résistance de la population congolaise.

6 Un citoyen congolais témoigne d’avoir vu tout récemment parmi les troupes nouvellement arrivées à Kasika un Commandant tutsi aller prés du tombeau du Mwami assassiné lors du massacre d’août 1998 qui fit plus de mille morts. Après avoir fait le signe de la croix, il s’est recueilli en silence pendant vingt minutes. La population en l’observant se disait : « Ce n’est pas de sa parenté. C’est que son cœur est inquiet par rapport à ces événements-là ».

7 Ceux venus par la frontière de Goma se sont dirigés vers Lubero, Nyabyondo (Masisi) et Walikale.

8 Le CNDP est l’ancienne armée du rebelle philo-rwandais Laurent Nkunda, rapidement intégrée dans les FARDC.

9 Un réfugié témoigne de les avoir vus à Mwenga.

10 Au Rwanda l’invitation est un ordre ; la refuser signifierait se déclarer opposant. Si une personne refuse ou réclame face à une requête du pouvoir, on lui dira : « Ah, tu veux attendre les Hutu pour les servir ! ». Parfois, peu de jour après, la personne sera portée disparue.

11 Le groupe auquel appartiennent les Tutsi au pouvoir au Rwanda. Le rapport de l’ONU de décembre 2008 a confirmé l’appui rwandais à la guerre de Nkunda au Congo.

12 Chaque famille ayant plus de six enfants reçoit de l’HCR un sac de maïs, un sac de haricots, une bâche, des casseroles, des assiettes ainsi que des couvertures.

13 C’est ainsi qu’au secteur Cyete, on a cherché à tuer M.me Mukandinda Bahakwa Béatrice, qui venait de rentrer du Congo avec ses enfants. Son mari, rentré au pays en 2008, avait été assassiné. En ce 2009, suite aux difficultés de la vie au Congo, la veuve aussi était rentrée, avec ses enfants. Une nuit, alors qu’elle était à la toilette, elle a vu arriver chez elle Muhigirwa Innocent, responsable de l’escadron de la mort du secteur, avec des soldats. Elle est immédiatement descendue vers le fleuve Ruzizi, où des pécheurs l’ont sauvée en lui faisant regagner au nouveau le Congo. Les enfants sont restés dans les mains de la famille élargie. Au mois de mars dernier, dans ce même secteur Cyete, une femme, dont le mari, Bizimana, était réfugié au Congo, a été emprisonnée avec ses deux enfants, Mulimbo, de 18 ans et Bunyenyeri, de 20 ans. Lors de sa détention, Mulimbo a été tellement battu qu’il se trouve maintenant à la maison en de mauvaises conditions. Dès que Bizimana est rentré au Rwanda, sa femme a été relâchée, mais lui aussi a été fortement battu et reste en prison. En cette circonstance, le Chef de la Police a déclaré à la population : « Vous continuez à être orgueilleux ! Vous n’avez pas encore considéré les cadavres, vous n’avez pas encore accepté ! ».

14 Les militaires les ont accusés d’avoir volé un fusil au Camp militaire. Après les avoir traînés loin de leurs maisons, ils les ont frappés devant la population qu’ils avaient réunie, en les accusant du vol. Comme ils niaient d’avoir volé, les mi- litaires les ont retenus et sont partis perquisitionner leurs maisons. Après avoir mis des cartouches sous leurs lits, ils ont appelé les jeunes et la population environnante : « Venez voir ce qu’ils ont nié ! ». C’est ainsi qu’on les a emprisonnés.

15 Ibuka signifie : « Rappelle-toi ! » C’est l’association des rescapés Tutsi qui prépare les accusations contre les Hutu. Le FARGE (Fond d’aide aux rescapés du génocide) a comme but d’aider les Tutsi aux études secondaires et supérieures.

16 Le 27 avril 2009, Radio Okapi a informé que cent citoyens rwandais sont installés à Nyabibwe, localité à Nord de Bukavu sur le bord du lac Kivu. Ils sont revenus du Rwanda au Congo après avoir été rapatriés lors de l’opération « Umoja wetu ». Le 29 avril, lors de son journal matinal, Radio Iriba a signalé la présence de familles rwandaises (femmes et enfants), au quartier Panzi, à la périphérie sud de Bukavu. Ce sont les familles de combattants hutu capturés lors de la même opération. Ils sont revenus au Congo, ont déposé leurs familles et sont partis vers la forêt à une destination inconnue. Le Conseil de sécurité provincial envisage de capturer encore ces réfugiés pour les transmettre à l’Immigration au Rwanda.

17 Bien qu’officiellement le 19 janvier 2007 le Rwanda ait aboli la peine de mort, les conditions de détention dans le pays sont très pénibles et l’emprisonnement à vie équivaut à une condamnation à mort.

18 Pour les prisonniers, on n’accepte que de l’argent, à confier aux assistants sociaux de la prison ; les prisonniers achètent ce dont ils ont besoin au prix de la prison.

19 Seulement les Tutsi ont droit à cette appellation et aux facilitations qui en découlent.

20 C’est ainsi que le 14 mai 2009 dans le secteur Mururu beaucoup de personnes ont été arrêtées. C’est aussi le cas de Bisengimana Elisée, Mukezamfura Alfred, Jean-Pierre Kagubari, Nibirori Agnès, Kubwimana Viateur, Ntakirutimana Faustin, Pius Nzeyimana, Pascal Habarugira, Ntampaka Justin, Mbarushimana Fidel, Habyarimana Emmanuel, Nduwamungu Tatien, Munyangabe Théodore, le Sénateur Safari Staney, les Gén. Majors Munyakazi Laurent, Paul Rwarakabije et Mahoro: accusés d’avoir participé au génocide, ils subissent des peines de prison allant de 20 à 30 ans et certains même à perpétuité.

21 Le 18 juillet 2008, la constitution rwandaise a été revue pour y insérer un article permettant à la justice rwandaise de poursuivre le président Paul Kagamé et ses proches collaborateurs, malgré l’immunité dont ils jouissent. Cela en vue d’éviter que la justice internationale s’occupe d’eux à propos de l’assassinat des ex-Présidents rwandais Juvénal Habyarimana et burundais Cyprien Ntaryamira et de les acquitter enfin.

22 Censé juger les crimes commis au Rwanda entre le 1er octobre 1990 et le 31 décembre 1994, ce tribunal n’a jugé jusqu’ici que des Hutu.

23 Ces familles hésitent même à utiliser le téléphone, de peur d’être accusées de parler avec leurs conjoints au Congo.

24 Voici les noms de quelques-unes de ces Intore: Nyaminani, fils de Munganga ; Mvuyekure Gaspard, fils de Mbasho, Kavumbi Jean-Marie Kanyamikenke ; Habanabashaka fils de Rusenyanteko ; Mbarubukeye Emmanuel, secteur Kamembe ; Habiyambere Pierre, secteur Kamembe ; Mukundiyukuzi Didas, secteur Gihundwe.

25 Voici quelques-uns de leurs noms : au Secteur de Mururu : Gaponda, fils de Munyandamutsa ; au Secteur de Mutongo : Mananga ; au Secteur de Cyete : Muhigirwa Innocent. Ils sont tous des Tutsi.

26 De source directe.

27 La méthode est la discrétion. En juillet 1996, au stade de Gisenyi, le président ougandais Yoweri Museveni avait donné l’exemple de l’enlèvement d’une chique du pied : on écarte doucement la peau de tout côté et par après on l’enlève. Dans ce sens, le président Kagame a dit récemment : « Nous neutraliserons tous ces méchants ».

28 TIG : ce sont les « travaux d’intérêt général » auxquels sont assignés les prisonniers. A 5h00 du matin, ils prennent un gobelet de mais et un de haricots et par après ils partent travailler jusqu’au soir. Ils logent dans des camps où les visites ne sont pas permises.

29 Le 26 avril dernier, le Gouvernement a interrompu les relations avec la radio BBC Gahuza miryango, gêné par les nouvelles qu’elle diffusait.

30 Par exemple, « Agahozo », association de femmes veuves Tutsi ; les Associations et les Camps d’encadrement des enfants tutsi orphélins.

31 Le rapport de 2007 du PNUD sur le Rwanda, « Transformer la vision 2020 en réalité », indique que le Rwanda se trouve parmi les 15 pays les plus inégalitaires du monde.

32 Désormais à Kigali on ne peut bâtir qu’en matériaux durables, condition que les Hutu ne peuvent pas remplir, car toute l’économie est monopolisée par le cercle (akazu) de Paul Kagame.

33 A remarquer qu’aucun homme ne peut marcher en ville avec des babouches ; de même, est défendu l’usage de sachets en plastique.

34 Les Etats-Unis d’Amérique en particulier considèrent Paul Kagamé intouchable. Pour sa part, Paul Kagamé a signé avec eux un accord bilatéral dans lequel il garantit l’impunité aux ressortissants américains qui pourraient être inquiétés par la Cour Pénale Internationale ; il a aussi appuyé l’initiative USA de la guerre à l’Irak.

35 Accusés de participation à l’attentat du 6 avril 1994 à l’avion du Président Habyarimana.

36 Le Président Paul Kagamé n’a pas pu être inquiété, car il jouit de l’immunité.

37 Le procureur du TPIR, le canadien Louis Alburt, qui avait commencé l’enquête sur l’attentat à l’avion du président Habyarimana, a été obligé de démissionner, suite aux pressions des USA, de la Grande Bretagne et du Rwanda (cf. Journal de R.F.I. du 20.11.2008). Carla Del Ponte, qui avait la même intention, a dû aussi démissionner.

38 Pourtant, les USA contestent la remise en liberté des responsables des FDLR, Calixte Mbarushimana et Ignace Murwanashyaka et disent souhaiter que tous les seigneurs de la guerre dans la Région des Grands Lacs soient arrêtés.

39 Cela a fait « remonter les actions » du Président rwandais qui a pu vêtir les habits d’un bâtisseur de paix dans la Région. Le 26 janvier 2009, les Ambassadeurs américain et britannique sont allés exprimer au Premier Ministre congolais leur soutien au programme de la traque des FDLR. De cette manière ils continuent à dissimuler leur complicité dans le génocide rwandais.

40 Luc Marchall, Ancien Commandant de la Minuar, la force ONU au Rwanda, à Kigali, a écrit : « La seule façon pour le Rwanda d’assumer un jour le lourd héritage qui est le sien est de pouvoir regarder son passé en face et de l’intégrer lucidement dans son futur » (de la Préface au livre : « Le Rwanda : le triomphe de la criminalité politique ».

41 Ex.: le Congo-Kinshasa, le Congo-Brazzaville, le Centrafrique, où le dialogue a apaisé les différents conflits.

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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