Le président américain Barack Obama devrait insister sur la valorisation des objectifs démocratiques dans les pays africains lors de son discours au parlement ghanéen.

Les États-Unis projettent une politique plus contraignante en Afrique, qui serait parfois soutenu par la menace d’user de la force, pour mettre fin aux conflits en République démocratique du Congo et au Nigeria qui sont considérés comme parmi les principaux obstacles à la renaissance du continent.
L’hôte de la Maison Blanche doit s’adresser aujourd’hui devant le parlement du Ghana pour sa première visite du continent africain en tant que président avec un discours qui devrait insister sur le fait que la clé de la prospérité c’est la bonne gouvernance démocratie. Mais une partie importante de la nouvelle politique [pour l'Afrique] de l’administration Obama sera focalisée à mettre fin aux principaux conflits à travers des initiatives diplomatiques plus engagées après les années de dérive de l’administration Bush.
La Maison Blanche devrait prochainement nommer un envoyé spécial pour l’Afrique centrale chargé de s’attaquer à l’entrelacement des conflits qui ont frappé l’est de la RDC depuis 15 ans, et déstabilisé la région, convaincu que le succès ou l’échec [de la mission] dans l’un des plus grand pays du continent peut décider de l’avenir de l’Afrique centrale.
Selon un haut fonctionnaire américain, sous couvert d’anonymat, les Etats-Unis considèrent que le principal problème est le Front démocratique pour la libération du Rwanda (FDLR), qui est dirigé par[ndlr: notamment] des hommes recherchés pour le génocide en 1994 des Tutsis rwandais et qui ont fui au Congo où ils contrôlent des vastes étendues de territoire à proximité de la frontière avec le Rwanda.
D’après la source, la priorité sera d’anéantir la base dirigeante des FDLR par un mixage de pressions diplomatiques, notamment la perspective de procès pour crimes de guerre, et la mise en place d’une » force armée plus professionnelle » en remplacement des troupes mal formées servant pour le moment dans la plus grande mission de maintien de la paix de L’ONU qui a échoué à contenir le conflit. Selon toute vraisemblance, toutefois, la menace serait suffisante pour contraindre les FDLR à abandonner le combat, croit le haut fonctionnaire. Néanmoins, la mise en place de cette force n’a pas encore été débattue.
Le programme se concentrera également à lutter contre l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), un groupe rebelle ougandais particulièrement brutal également basés en RDC. Toujours selon ce haut fonctionnaire, pour qu’il y ait une pacification plus étendue, il faudra une diplomatie plus interventionniste pour presser d’autres pays, comme le Rwanda et l’Ouganda, qui participent à la déstabilisation de reconnaitre que leur sécurité est liée à la réussite en RDC.
L’administration Obama suit aussi le flux ininterrompu de violence dans le delta du Niger qui est une source importante d’importations de pétrole aux Etats-Unis notamment en raison du profond scepticisme sur les capacités de Président Umaru Yar’Adua qui est vu comme faible et indécis face à la dislocation de son pays.
Le conflit s’aggrave actuellement à cause de plusieurs groupes rebelles et d’une partie de l’armée qui agissent maintenant comme des seigneurs de guerre et les avertissements de certaines grandes compagnies pétrolières qui envisagent de se retirer complètement de la région.
Sur ce point, l’accent parait être placé uniquement sur un le plan diplomatique car les États-Unis veulent pousser le président Yar’Adua à s’attaquer sérieusement à la question de la paupérisation, la dégradation de l’environnement et de la corruption endémique qui ont dépouillé les habitants du delta ; ont permis aux groupes rebelles de naitre ; et engendré des bandes armées qui contrôlent maintenant des grandes étendues de la région.
En somalie, l’armée américaine fournie désormais des armes au fragile gouvernement de Mogadiscio qui tente de repousser les insurgés islamistes. D’autre part, les Américains ont été en étroite collaboration avec le régime répressif de l’Éthiopie lors de son intervention en Somalie.
Toutefois, il est à craindre que l’intervention américaine puisse se traduire par une plus grande militarisation du continent. S’attaquer au FDLR est susceptible d’implémenter le Commandement militaire des Etats-Unis pour l’Afrique (Africom), qui est de plus en plus impliqués dans les conflits sur le continent, y compris lors de la surveillance d’un attaque avortée de l’armée ougandaise sur les rebelles du LRA en RDC.
Daniel Volman, directeur de l’Institut de Recherche pour la Sécurité en Afrique (African Security Research Institute) – l’une des 36 d’organisations qui ont écrit une lettre ouverte au président Obama lui demandant d’inverser la politique américaine qui tend à militariser l’Afrique – a déclaré que l’implication croissante de l’Africom risque de déstabiliser d’avantage le continent.
« Cela encourage les gouvernements à s’appuyer sur l’usage de la force pour résoudre des conflits internes, pour éviter la démocratie, pour éviter d’aborder les questions internes aux quelles ces pays africains sont confrontés », a-t-il déclaré.
« Les Etats-Unis sont actuellement engagés dans un important nouveau programme militaire en Somalie, en fournissant des armes et des munitions au gouvernement somalien en place, encouragent les forces de maintien de la paix dans des pays comme le Burundi et le Rwanda à procéder à la formation militaire afin de ne pas y envoyer leurs troupes, cela incite ces gouvernements à rechercher la solution militaire au lieu de développer une solution politique aux problèmes existants. «
Il reste, cependant, de profondes divisions sur les autres aspects de la politique africaine, en particulier au Darfour. Avant son élection, Barack Obama avait promis une action forte contre le régime soudanais, mais le département d’Etat à ses propres désaccords sur la manière de régler cette crise. L’ambassadeur américain à l’ONU, Mme Susan Rice, estime que les dirigeants de Khartoum ne sont pas dignes de confiance et qu’il faut prendre une ligne dure vis-à-vis du Soudan alors que d’autres affirment que le conflit a été fort simplifié et qu’il est loin d’être fini.
Cependant, lorsque le Président américain s’adressera au parlement ghanéen, tout à l’heure, il mettra l’accent sur la démocratie comme voie de la renaissance de l’Afrique.
« Ce n’est pas une notion abstraite que nous essayons d’imposer à l’Afrique », avait-il déclaré lors d’une interview au journal en ligne » allAfrica.com » « Il ya une conséquence très pratique, pragmatique à l’instabilité politique et la corruption lorsqu’on se pose la question de savoir si les gens peuvent nourrir leur famille, éduquer leurs enfants. Et nous pensons que le continent africain est un continent plein de promesses extraordinaires et de défis. Nous ne serions pas en mesure de remplir ces promesses tant qu’il n’y aura pas de bonne gouvernance. «
Guardian NM
http://www.guardian.co.uk/world/2009/jul/10/obama-africa-democracy-ghana
Chris McGreal
Traduit de l’anglais par KD.
Kinshasa, 11/07/2009 (Guardian NM/MCN, via mediacongo.net)










12 juillet 2009
Actualités